des super
àiâtes des pensées de nôtre esprit, & des délions intérieur esde notre volonté' , dr que par une tradition Magique , onpeut connoitre les unes dr les autres , dr qu'il ejlpermis d’enjuger avec certitude , c’est une erreur.”
„ Art. 28. Dire” que par le moyen de la Magie, nbuspouvons arriver a la vison de l’essence de Dieu dr de S Es-prit s bienheureux , ,, c’est une erreur”.
„ Fait, & après avoir été meurement & frequem-j, ment examiné par Nous & par nos Députez, arresté,, en nôtre Congrégation generale , spécialement tenue„ pour cet effet aux Maturins à Paris, le 19. jour du„ mois de Septembre au matin, l’an 1598. En foi de-„ quoi Nous avons fait sceller ces Présentés dn Sceau„ de nôtre Faculté”.
CHAPITRE IV.
Sent mens du Concile 'Provincial, de Rouen en1445- du Cardinal de Cusa , de Léon X.des Statuts Synodaux de Paris en 1 yr y. duSynode de Sens en 1524. du Concile Pro-vincial de Bourges en 1 p 8. d’AdrienVI. & du Car d. De Givry fur les Super-stitions.
L E Concile Provincial de Rouen en 1445. (a) a par-lé des Superstitions en cette maniéré : „ S’il se» trouve des gens qui ayent invoqué les Démons, &
„ qui soient legitimement convaincus de savoir fait, N ous„ voulons qu’ils fassent penitence publique avec une M itre„ fur leur teste, pour marque d’infamie perpétuelle. S’ilsabjurent leur erreur, l’Evêque Diocésain pourra les,, réconcilier avec Dieu, après nésnmoins qu’ils auront„ achevé leur penitence. Maïs en cas qu’ils demeurent„ opiniâtrement dans leur péché, s’ils font Ecclesiasti-„ ques, ils seront dégradés, & ensuite mis dans une pri-,, son perpétuelle ; s’ils font Laïques, on les abandonne-„ ra à la lustice séculière, afin qu’elle les punisse. Pour„ ce qui concerne les Sorciers & les autres Superstitieux,
„ comme font les charmeurs, & ceux qui attachent des„ billets & brevets au cou des hommes & des chevaux,
„ ou à d’autres endroits, le Saint Concile ordonne qu’ils» jeûneront un mois en prison pour la premiere fois, &
,, que s ils continuent d’user de superstitions, ils feront„ plus sevérement punis, selon qu’il plaira à l’Ordinaire„ des lieux.
Le Caadinal de Cusa Légat a Latere du Pape NicolasV, en Allemagne & Evêque de Brixen, employé unegrande partie du Sermon qu’il a fait fur ce paroles, IbantMagi quam viderant , dr c. pour combatte les Supersti-tions. (b) ,, l’Estoile , dit-il, que les Empoilonneurs„ & les Magiciens suivent, est celle dont il est parlé„ dans l’Apocalypse en ces termes” : Le troiséme Angesonna de la trompette , dr il tomba du Ciel une grande E-toile ardente comme un flambeau, qui tomba fur la troisémepartie des fleuves dr fur les fontaines. Cette Etoile s’appel-loit Abfynthe, dr un grandnombre d’hommes mourut. ,, II„ y a une infinité de Superstitions qui trompent les hom-„ mes par leurs lumières diaboliques, & qui leur font,, perdre le vrai fondement de la Foy Chrétienne. Ce-„ pendant celui qui a perdu ce fondement, est un en-„ fant de perdition. _ D’où vient qu’il est dit dans le„ Deuteronome, qu’il faut exterminer ks Snperstitions,,» & qu’on ne doit pas les souffrir. De forte que si vous„ voulez être bienheureux, il ne faut pas que vous re-„ gardiez les folies pleines de mensonge. Car Dieu hait„ ceux qui observent les vanitez, & selon les Loix Ci-„ viles, ils font punis de mort, & leur biens font con-„ fisquez. Ce n’est pas que quelques-uns d’eux ne„ trouvent quelquefois la vérité , soit par l’instigation„ des Démons, soit par hazard. Mais depuis qu’une„ fois ils font engagez dans la Superstition, ils tombent„ dans un grand nombre d’illuíions, & le Diable fait
( a 1 Cap. 6
(£) Tom. 1. Exercitat. lib. r. Cap. 8.
S T I T I O N S. 1
,, tout ce qu’il peut, pour les porter à l’idolatrie, Et„ quoiqu’il ne puisse rien faire que par la permission de,, Dieu, cela n’empêchë pas que Dieu ne lui permette,, quelquefois de guérir les malades , & de prédire les,, choses futures, afin d’éprouver ceux qui l’écoutent,, & ceux qui le 'voyent. Car la Superstition ne vient,, que de l’illusion du Diable. C’est pourquoi il est ne-„ cessaire de savoir que le Diable peut tromper & altérer,, rtos sens extérieurs, & que comme nous pouvons„ tromper la veuë par de véritables couleurs, les Esprits,, malins la peuvent tromper par de fausses figures & de,, vaines images, selon la remarque de S. Augustin dans„ la Cité de Dieu. Ce que l’on cherche dans le miroir„ d’Apollon, dans le manche & dans les pierres nettes,
„ dans l’ongle d’un enfant, appartient à la Geomancie.
„ La science des Aruspices consiste dans les entrailles des,, animaux que l’on sacrifie, & dans lesespatules. L’As-,, trologie Judiciaire est une espece d’augure. Le De-„ stin ou la Fatalité comprend le chant & le cry des„ oiseaux, les éternuëmens, les présages que l’on tire„ de la rencontre d’un homme qu’on ne cherchoit pas,
,, pour deviner les choses à venir. L’Augure a encore„ fous foy la Chiromancie, l’inspection des épaules, &
„ les forts que l’on employé pour trouver les choses,, cachées. Les Sorts se pratiquent, ou avec des livres,
„ ou avec des deZ , ou avec du plomb fondu, ou avec,, une rouë que l’on touche, soit pour trouver lesthre-„ sors cachez , soit pour découvrir les larcins, soit en„ faiíànt épreuve du fer chaud, de l’eau bouillante, du„ duel & d’autres choses semblables. Et tout cela est„ défendu par le dix-huitiéme & par le vingtsixiéme,, chapitre du Deuteronome. Il n’y a que Dieu & les„ Anges qui ayent pouvoir fur les Démons. Les hom»
„ mes l’ont aussi , non pas d’eux-mêmes à la vérité ;
„ mais par la grâce de Dieu , & autant qu’il plaist à„ Dieu de le leur donner. Voilà pourquoi ces Faisans-,, là se trompent, qui prétendent chasser le Démon par„ la force de certains caractères, de certaines paroles , &
„ de certains charmes. Et bien que le Diable quitte„ quelquefois ceux qu’il obsédé ou qu’il possede, en ne„ les tourmentant plus, il ne le fait néanmoins que pour„ tromper. Les Enchanteurs sont fous, lorsqu’ils veu-,. lent renfermer un Esprit dans un ongle ou dans un„ verre, parce qu’un Esprit ne peut être renfermé dans„ un corps. Les imaginations des Astrologues sont fol»
„ les, dautant que les choses corporelles ne peuvent agir„ fur les spirituelles. Pourquoi estes-vous si fols que„ d’implorer l’assistance du Soleil par le moyen des be-,, nedictions &des enchantemens, &deprierlanouvelle-„ Lune de vous secourir, en jeûnant pour cette fin le,, premier jour de la Lune? Le Seigneur qui est l’époux,, de vos âmes, a créé ces deux Astres, & vous êtes un,, idolâtre de vous arrêter aux brevets, aux caractères,
„ & aux noms Diaboliques qui vous sont inconnus.
„ Dieu seul vous doit suffire , & il n’y a que de l’il-„ lusion du Démon dans toutes ces choses. Tantôt le,, Démon vous paroit comme un enfant, & on vous fait„ accroire que vôtre enfant est changé, & le Démon„ s’évanouit. Tantôt Dieu permet au Démon de faire„ mourir vôtre enfant que vous aimiez peut être trop,„ afin d’éprouver si vous voulez l’abandonner pour ren»,, dre des honneurs divins au Démon en la personne de„ quelques vieilles , ausqueller vous demanderez la vie„ de vôtre enfant. O malheureuses vieilles, en qui l’on„ trouve tous les restes de Idolâtrie! Il n’est permis à,, personne d’ajoûter quoique ce soit au Culte divin, nì„ d’en rien retrancher de son autorité privée, & sans„ l’aveu & l’approbation de l’Eglise. C’est une Super-„ stition & une idolâtrie, que de rendre un Culte de„ Latrie à tout autre qu’à Dieu. C’est être idolâtre,„ que de faire pacte avec les Démons, que de leur offrir„ des Sacrifices, que de les consulter, que de chercher,, son salut dans les caractères , dans les ligatures, dans,, les paroles, & dans les autres choses que les Médecins„ condamnent. . Lorsque l’on invoque manifestement les„ Démons par le moyen des Morts, cela s’appelle Ne-
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