des super
ks enchantements, les superstitions, les sortilèges & lesdivinations, & d’y adjouter foi.
CHAPITRE V.
Sentimens du Synode d'Ausbourg en i 54.8.du Concile de Trente , du Concile Provin-cial de Narbonne en 1 ssi. de Monluc Evê-que de Valence & de T)ie > du Synode deChartres en 1559. du Concile Provincialde Cambray , du premier Concile Provin-cial de Milan en 156 s. ér des statuts syno-daux de Lion en 1566. fur les Supersti-tions.
L E Synode d’Ausbourg en 1548. (a) veut „ Que„ l’on refuse la Communion à tous ceux qui fe,, rnestent de Superstitions, qui fe fervent de certaines,, bénédictions singulières & non approuvées, qui rejet-,, tent certains jours, qui usent de charmes diaboliques,
„ qui devinent les choses à venir par des Livres de ma-gie, ou autrement ; ou qui s’arrestent I ces sortes de,, folies contraires à la foi des Chrétiens, aux Comman-,, demens & aux Canons de l'Eglise; s’ils ne renoncent,, absolument à toutes ces Superstitions par l’avis de leur„ Confesseur, & s’ils ne font une penitence proportion-j, née à leurs crimes.
Le Concile de Trente condamne en divers endroitsdiverses sortes de Superstitions. Dans laSeíïìon 22. (b)il dit que la Superstition est la fausse imitatrice de lavraye pieté, & il enjoint aux Evêquesd’ôterabsolumenttoutes celles qui se pourroient rencontrer dans la célébra-tion de la messe : II leur enjoint encore dans la Session’ 5 - (0 de défendre aux Fideles tout ce qui les peut por-ter à la Superstition , & leur donner sujet de scandaletouchant la créance qu’ils doivent avoir du Purgatoire:Ensin il leur enjoint dans la même Session, de retran-cher toutes sortes de Superstitions de l’invocation desSaints, de la vénération des Reliques & de l’usage sacrédes Images, (d)
Le Concile Provincial de Narbonne en t 5 51. (e)
3 ” ^ Ue pìdncipal soin des Evêques doit être de
îEn prendre garde que les dogmes hérétiques & fcan-„ àleux, les sortilèges, les charmes, les Superstitions„ & toutes les autres tromperies du Démon ne gastent„ leurs Diocèses. C’est pour cela qu’il ordonne que„ chaque Evêque dans son Diocèse veillera soigneuse-„ ment sur son troupeau , afin d’en éloigner cri-,, mes, soit en visitant son Diocèse, soit dequelqu’autre„ maniéré.
Monluc Evêque de Valence & de Die , dans la re-formation qu’il fit en 1557 * (f) du Clergé de ces deuxDiocèses parle ainsi des Superstitions : ,, Et d’autant qu’il„ y a plusieurs personnes qui se servent diversement de„ charmes & de maléfices pour donner des maladies aux,, hommes & aux bestes & pour les leur ôter, pourde-,, viner les choses â venir, & pour retrouver celles qui,, ont été perdues ou dérobées ; que les uns fement des
(*) Stat. 19.
( 6 ) Decret. de observand. 8tevitand. in célébrât Mii&. Decer-nìt sancta Synodus ut Ordinarii locorum Epiícopi ea omnia prohi-bere atque è medio tollere sedulò curent ac teneantur, quae Super-stitio verse pietatis falsa imitatrix in tremendum Missae mysteriumiuduxit, Lee. Postremò ne Superstitioni locus aliquisdetur. edicto£c pœnis propositis caveant ne Saeerdotes ritus alios aut alias Caeri-monias & preces in Miflàrum celebratione adhibeant, praeter easquse ab Ecclesia probatse ac frequenti 8c laudabili ufu receptse fue-rint. Quarundam veto Miflàrum 8c candelarumcertumnumerum,qui mains à Superstitioso cultu, quam à vera religione inventusest, omnino ab Ecclesia removeant.
(c) Decret. de Pergatorio. Quae ad Superstitionem spectant,tanquam scandala 8c ftdelium offendicula prohibeant.
se) De invocat. venerat. 8c Reliquiis 88. Lc sacris imagin. Om-nis Superstitio in Sanctorum in vocatione, Reliquiarum venerationeLc Imaginum sacro ufu tollatur.
(e) Can. 57.
(f) Cap. zs. .
S T I T I O N 1 9
„ haines entre les personnes nouvellement mariées én„ proférant certaines paroles inconnues & nuisibles ; les„ autres usent de maléfices amoureux pour se faire aimer,, de ceux qu’ils souhaittent ; les uns cueillent des her-„ bes & des. racines pour d’autres usages, que pOur ceux„ pour lesquels la nature les a faites -, les autres par une„ coutume superstitieuse & magique observent les jours,
,, les mois & les heures, comme fi un certain jour ou,, une certaine heure pouvois changer la vertu des Plan-„ tes , ou leur donner de nouvelles facultez & de„ nouvelles forces. Il y a aussi de certaines fem-», melettes qui ont coutume de faire la même chose,, pour filer. D’autres enfin , abusant de la Reli-„ gion d’une maniéré sacrilege , ont recours aux,, charmes, aux maléfices, se à la magie pour se marier,
„ pour commencer des entreprises, pour obtenir se pour„ découvrir certaines choses. C’est pourquoy afin de„ déraciner ce pernicieux péché, qui vient de l’invention„ du Démon & de l’idolatrie, Nous Ordonnons expres-„ sement aux Curez de refuser la sacrée Communion aux„ Sorciers , aux malsaicteurs ou empoisonneurs , aux„ charmeurs & aux devins , jusqu’à ce qu’il ayent re-„ noncé aux Superstitions, aux divinations, & aux in-„ vendons du diable. Nous leur ordonnons aussi & à,, leurs Vicaires de les avertir souvent qu’ils ayent à s’ab-„ tenir de cet art damnable & mauvais , & à ne plus„ profaner avec témérité & irreligion , la parole de Dieu;
„ 8 c qu’ils se souviennent que tout ce que nous avons„ & tout ce que nous possédons est en la puissance de„ Dieu, & que c’est lui qui gouverne & qui faitmou-,, voir toutes choses selon son bon plaisir.
Le Synode de Chartres en 1559. que nous avonsdonné au Public à la fin de nôtre Traité. De Stelain jirchidiaconorum vifitarìonibus gejlanda à Parœ-cis, enjoint aux Curez. ,, d’annoncer à leurs Paroissiens„ que c’est un très-grand péché mortel que de confuí-„ ter les devins, & ceux qui usent dé maléfices, &
„ d’ajoûter foi à ce qu’ils disent ; comme aussi dé se„ servir de sortilèges, de Superstitions, & du conseil„ des Sorciers pour guérir les maladies & pour retrou-,, ver les choses perdues.
Le Concile Provincial de Cambray est 1565. (g) dé-fend toutes les Superstitions par ces paroles : „ Que„ les Evêques ôtent entierement toutes les Supersti-„ fions qui se sont introduites dans l’Eglise sous le,, nom de cérémonies , telles que sont Certains nom-,, bres de Cierges & autres semblables , après nean-„ moins qu’il est auront fait des recherches exactes, &„ qu’ils ayent soin que les Doyens Ruraux & les Paf-„ teurs des Eglises fassent leur raport aux • Synodes,, Diocésains de tout ce qu’ils fçauront devoir être cor-„ rigé en cette matière.
Le I. Concile Provincial de Milan en la même an-née a renfermé dans ce decret la condamnation de tou-tes fortes de Superstitions „ ( h) : Que les Evêques.,, punissent sévèrement & excommunient les Magi-,, ciens & les Sorciers qui se persuadent, ou qui pro-,, mettent aux autres qu’ils pourront par le moyen des„ ligatures, des neuds, des caractères, & des paroles,, secrètes, troubler les esprits des hommes; donner,, des maléfices ou en guérir ; changer la constitution„ & le tempérament des corps ; & par leurs enchante-,, mens commander aux vents, aux tempestes , à l’axr„ & à la mer. Qu’ils punissent de même généralement„ tous ceux qui par quelque genre de magie 8c de„ sorcelerie que ce soit, font des conventions & des„ pactes avec les Démons. Qu’ils chastient &' qu’ils„ exterminent tous ceux qui font profession de deviner,, par l’air, par l’eau, par la terre , par le feu , par les„ choses inanimées, par l’inspection des ongles & des,, lineamens du corps, par le sort, par les songes, par,, les morts, & par les autres mpyens que le Démon„ employé pour leur faire dire comme certaines des
„ cho-se) Tit. 6. c.6.
(X) Conflit. Part. 1. Tit. is.
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