DES SUPERSTITIONS. -z
,, thentiques, par toutes les Villes, Villages, & Sie-„ ges de vôtre Ressort & Jurisdiction , leur mandant„ qu’ils aient en chacun endroit soin, l’œil & bon regard„ par tout , pour diligemment enquêter , & informer„ de ces abus & crimes , aíìn de découvrir ceux qui„ en seront entachez & coupables pour les chastier, &j, íïgnamment enquérir contre ceux ou celles qui peu-„ vent être les plus diffamez d’être Devins, £n-„ chanreurs, Sorciers, Vandois, ou notez de sembla-,, blés maléfices & crime, & s'ils en fçavent aucuns,, qu’ils ayent à proceder très-rigoureusement contre„ eux, par toutes les peines, & châtimens feveres, &
,, exemplaires, en conformité defdites Loix divines &
„ humaines, fans y faire faute , à peine de s’en JJren-„ dre aux défaillants. Partant que chacun se gardeau-„ tant qu’il veut éviter l’indignation de Dieu, & de Nous.
Le Synode de Ferrare en 1612. renouvelle ce que leConcile de Trente a ordonné touchant les Superstitions.
(a) Voici comme il parle : „ On doit faire tous les ef-3, forts imaginables pour éloigner de la Religion Chrë-„ tienne toutes les Superstitions : Auífi est-ce ce que lej> saint Concile de Trente a très-expressement enjoint aux,» Evêques. C’est pourquoi s’il s’est gliflé quelques abus,, ou quelques Superstitions dansl’invocationdes Saints,
„ dans la vénération des Reliques, dans l'usage & le culte,, sacré des Images, il faut que les Curez ayent foin de,, les retrancher & de les abolir. Que si la malice des„ hommes les empefche d’en venir à bout, nous leur or-,, donnons de nous en donner avis , afin que nous ap-„ portions les remedes nécessaires à un si dangereux mal,„ & que nous fassions en forte qu’il ne fe repande davantage.
Monsieur le Gouverneur Evêque de S. Malo dansses Statuts Synodaux de Tannée 1618. (b) „ a fait ce,, Reglement contre toutes fortes de Superstitions : Tra-j> vaillans à la correction des vicieux pour en arracher le„ plus que nous pourrons d’entre les griffes du Diable,
nous devons principalement exterminer les Sorciers,„ Devins & Magiciens, lesquels pour ensorceler, devi-„ ner, exercer incantations, prestiges, illusions, impof-„ tures, & superstitieuses observations , pactizent avecs, ce malin & tortu Serpent, qui gyre toûjouis comme„ un Lion pour trouver proye & devorer les âmes :», ainsi qu’il fait par cet abominable crime, dont la peines» est le feu temporel en ce monde, & Teternel en l’au-» tre, selon que le prouve bien au long le sieur de Lan-„ cre Conseiller en son Tableau Et comme fut jugé,, par Arrest de Paris, le r. Mars 157a. & par Arrest„ d’Aix en Provence le dernier d’Avril 1611. confor-ts mément à la Loy, Nullus Arufpex , de Mâles. efi.3, Math. c. Mais si quelques Prêtres ou autres duj, Clergé se trovoient si horriblement médians que deu íè laisser aller à cette execrable & diabolique impiété,j, outre que tous Sorciers sont excommuniez eo ipfo , &,, dénoncez tels par chacun Dimanche, Nous les de-3 > clarons indignes du Sacerdoce , & les suspendons às, perpétuité de la fonction & office Ecclésiastique : A-j> jurans au nom de Dieu les Juges & autres Fideles33 Chrétiens qui les reconftoîtront, de les chasser hon-j> reniement hors des Eglises, & de toute société Ca-„ tholique, séparer du résidu du peuple, pour être en-3, fin dégradez , & livrez à la Cour séculière, suivant„ Texprès commandement de Dieu, qui dit en T Exode 22.Maleficos non patieris vivere -, Et au Levitique 20. l'hom-me ou la femme qui feront Sorciers ou Devins mourant deinort , er feront lapidez, de pierres. „ (c) Les Sorciers &„ Devins font paction expresse ou tacite avec Sathan,„ & T invoquent expressément ou tacitement: & lorf-■ „ qu’ils vont à leurs tenebreufes assemblées, où il présidé,, en forme d’un bouc de grandeur & figure monstrueu-,, fe, ils lui sont homage, le baisant sous la queue. Ils,, se donnnent & promettent obéissance à ce funeste bouc33 infernal , qui leur aprend à renier & renoncer leur
( a ) Tit. de Superstition. & Magic, artibus extermin. n. 6.
(b) Art. aï,
(c) On est aujourd’hui revenu de ces illusions, que cet Evêque unpeu trop credule rapporte ici comme ces choses bien avérées.
„ Créateur, mépriser la Vierge Marie, haassebecquer„ les Saints, fe mocquer des Sacremens, apostates de 1 a,, Foy & Religion Chrétienne, & abuser même des cho-,, ses saintes & sacrées à faire leurs maléfices: comme„ des paroles dé la Bible , del’Eau benite, des saintes„ Huiles , des cierges bénits , voire quelquefois de la„ tres-fainte Eucharistie : parce qu’il sçait bien qu’en,, blasphémant contre lá sainte Hostie, il blasphémé 8c.„ fait blasphémer contre Dieu , & qu’en instituant ses„ signes és choses sacrées, il pipera plus facilement. En,, contemplation de quoy le Docteur Horaee Gambara,, fait cet epiphoneme” : O •ìndignum facitíus ! e'o ergotroceffit hominis fur or ut quod Damones ipfi verentur , cre-dunt & contremifcunt , quod ipfi Damones aspicere non au-dent homo Damone ipfo , qtiatum ad hoc , pejor fiat , utSacrofdnbìa efca & potu vitali , calefii alimonia, pane vi~ta, efca vit a , vit a ipfa, poculo aterna salutis, convivìoDominico j viatico tuto peregeinationis nofira , PafchateChrifiianorum, : manna abfcondito , pane cceli -, pane -An~gelorum , Sacramento Sacramentorum , fpe falutis noflre ,falute nofira ipfa , in facrilegis abutatur Superflitìonibus \
O bone Iefu , iterum ludam ! Jldhuc Satellites éfi carnifi -ces crucifigentes ? Etìamnum membra diaboli in fanSlifli -mam carncm efi pretiofijfimum fanguinem tuum fievientesfuflines? Oudm vere firiptum efi ! miferationes tua superomnia opéra tua ? ,, Les Sorciers instrumens de Sathan,
,, pour leurs actions magiques, usent de moyens & si-j, gnes qui de leur vertu naturelle ne peuvent causer ni,, produire les effets qu’ils promettent, & ne sont au-,, torifez d’Ordonnance ni de disposition divine : com-» me quand ils portent, ou font porter des brevets, li-„ gatures , caractères , billets, crins de quelque beste,,, pierres, ou anneaux, avec des letrres ou figures inep-„ tes & billebarées, ou des noms barbares, inusitez &„ inconnus, ou quelques termes du vieil ou nouveau„ Testament écrits fur la peau, ou en parchemin qu’ilsappellent vierge , délié comme toile d oignon , ou„ meslez d’autre Superstition pour quelque occasion que„ ce soit, quand en marmotant certains mots ils appli-„ quent quelque chose au col d’un cheval pour lui,, guérir le farcin d’une jambe, ou le mordent en une„ oreille v pour le panser de quelque mal: quand ils em-„ ployent pour cause efficiente certain nombre ou autres„ fariboles improportionnées à l’effet : Quand ils disent,, tenir un Démon endos dans une phiole, pierre, mi-» toit, ou anneau, ne fe prenant garde, qu’au contraire» ce sont eux que les Démons tiennent pris & enclos„ dedans leurs piégés , garotez des liens 8c chaisnes de• 3> leurs abominations : Quand sous pretexte de medica-„ mens, ils murmurent quelques charmes qu ils appel-3, lent oraisons , versent de T eau sur certaine herbe, sè3, servent d’un osier fendu , ou d une mesure de cein-3, ture, ou exercent autres remedes que la discipline des„ Médecins condamne : même quand ils entreprennent33 de dire la bonne aventure comme ceux que Ton ap-33 pelle Bohémiens, ou soutenir que les herbes cueillies„ avant que parler , ont plus de vertu qu’autrement :•3 Quand en proférant le nom de quelque Saint, ou„ bourdonnant quelque verset d’un Psalme , ou autres33 paroles dont ils affeublent leur magie, ils empeschent le33 beurre de prendre , charment les chiens, estanchent3, & arrestent le sang, font sauter un liard hors d’un33 vase , tourner le faz, mouvoir un anneau, & f° n -3, ner les heures en un verre. Que si quelques effets3, en réussissent, c’est par l’artifice , ruse, astuce &,, ministère du Diable , lequel ì cause du damnable„ pact ,& ministère d’entre lui & les Sorciers concourt„ à telles applications, afin qu’ils lui ajoutent foi, &„ s’obstinent de plus en plus en leur perdition. Ainsi„ quand ils ruinent & degâtent les vignes, les arbres,, & les bleds, ou excitent des vents , grêles & tem-,, pètes , ou tuent hommes ou bêtes , ou leur don-nent des douleurs & maladies : ou fe mêlent de33 cheviller , nouer T aiguillette & maleficier, en po-33 fmt les signes, ou appliquant leurs poisons 8c pou-,3 dres diaboliques. Le Diable opéré tout cela soudain
D qu’ils