DES SUPERSTITIONS,
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„ qu’ils on fait le signal, ou marmote le mot par lui„ donné pour tel eífet. Mais faut toujours croire &
5, tenir pour certain , que les Diables ni les Sorciersj, eiirs fuposts ne peuvent rien fans la permission de„ Dieu , & pour ordinairement ne nuisent sinon à,, ceux qui son en'état de péché mortel, ou ne met-», tent assez fermement leur efperance en Dieu. Et si„ quelquefois Dieu permet que les Justes soient enfor-», celez ou autrement affligez , c’est pour faire preuve,, de leur foi, patience Sc vertu , pour les punir Sc
i, purger de leurs fautes , pour les humilier Sc abaisser», devant fà divine Majesté, pour les faire plus meri-„ ter & leur donner une plus riche & plus noble cou-„ rortne de victoire. Or puisque fhomme fidele aidéà, de la grâce de Dieu, peut facilement résister au Dia-„ ble & le faire fuir : puisque le Chrétien se tenant en„ la sauvegarde de celui qui bride la fureur de ces es-», prits rebelles, ne les doit point craindre ; puisque», celui qui est bien avec Dieu est maître Sc supérieur,, de Sathan ; ce feroit une lourde pusillanimité de
craindre les Sorciers, qui ne font que ministres, est„ claves& goujats de ce Dragon Apostat, sor lesquels„ plutôt chacun doit huer avec cette maxime” : (a)Celui qjjï craint Dieu n’aura peur deRIEN. „ Les Sorciers sont quelques vieilles masques,„ vilaines, puantes Sc insensées, Sc comme certifie,, Delrio, Mdleficœ omnes veneris mancipia fiant. Quel-„ ques hommes ignorans , assottez , médians, hebe-,, te z , qui pour leur vie fcelerate, sont livrez en sens„ réprouvé, bref, comme dit Greg. de Valent, hommes33 impura vita , qui néanmoins estiment miracles les pi-3, perles Sc prodiges que le Diable fait par leur entre-„ mise : comme d’abondant ayant déceu , séduit &,, suborné quelques homrhes, il s’efforce d’en attraper„ encore d’autres par eux-mêrnes , fous l’apárence de„ bienfait & de guérison, afin de les rendre tous con-„ sorts de fa damnation. C’est pourquoi il sollicite de„ recourir aux Sorciers, lesquels semblent guérir quand„ ils cessent de tourmenter, & fouverlt font perdre la
j, vie de l’ame 8c du corps ensemble. Quoi qu’ils sas-
S , sent, c’est toûjours à dessein de nuire davantage au„ corps ou à l’ame 8c montrer qu’ils font, comme les„ loix Impériales les appellent, dénaturez adversaires,, du genre humain , 8c conjurez ennemis du salut„ commun. Jamais ils n’ôtent le mal d’un corps,, qu’ils ne le renvoyent en un autre : leurs cures„ font fausses 8c presque toûjours malencontreuses.jy Sathan ne fait jamais bien que pour prendre occa-3 , sion de mal-faire, Sc s’il guérit le corps, ilassassi-.3, ne l’ame. Parquoi S. Léon Pape I. difoit, Serm.,, 19. de Paff. Bénéficia d&monum omnibus fiant nocen-3, tiora vulneribus. S. Jean. Chryfostome Hom. 21.33 ad Pop. déployé les voiles de son éloquence contre,3 ceux qui appellent à leur secours les Sorciers , Sc,, montre que nul ne peut recourir à eux , fans en-„ courir l’ire de Dieu. Joint que quiconque deman-,3 de conseil, aide, faveur, avis ou nouvelles de,3 quelque chose aux Sorciers ou Devins, il peche,3 mortellement. Levit. 19. & 20, Deuteron. 18.
,3 Efiai. 3. 8. 19. 28. & 44. Une des causes de
3 la mort de Saûl, est d’avoir demandé conseil I la
Devineresse. 1. Parai. 1 o. Ochoíìas mourut deses-33 peré après avoir consulté Beelzebuth. 4 .'Reg. 1.„ Auffi est-il illicite de prier un Sorcier de déliers, & ôter son maléfice & incantation. Bien peut-on„ contraindre, même par bastonnades, les Sorciers de„ trouver, lever, ôter, brûler OU rompre les ligatu-„ res & signes magiques, que parfois ils cachent en„ quelque lieu , parce qu’en les détruisant on dé-„ truít la paction & tacite invocation du Diable, qui„ n’ayant pas permission de nuire corporellement par„ soi-même, la recherche souvent pour nuire par ses„ Ministres, & par leurs signes maléfiques ; fi que
(a) 4. Reg. - 7 - Pf r6. & 90. Eccles. ^4. Esai. 4 i. Et quisest qui vobis noceat, si boni araaulatores fueritis? j. Pet. 5.. &ibi Lorín,
33 quand ils sont brisez, îa nuisance cesse toûjours,33 ou presque toûjours *. Soit parce que Dieu ne per-33 met pas au Démon de nuire librement, comme ii3, voudroit aux hommes , ni fans la coopération de33 1 homme méchant; Soit parce que le Démon mê-33 me a volontairement accoutumé de garder la pac-33 tion, pour plus finement piper'les hommes qui o-33 sent s’y fier, quoi qu’il démorde aisément de ses3, marchez. Mais les plus asseurez , vrais & licites„ moyens pour dissoudre le maléfice, sont les reme-„ des surnaturels & Ecclésiastiques , comme se con-3, vertir à Dieu d’un cœur contrit Sc humilié , re-3, doubler ses prières avec ferme foi , efperance &„ conscience pure, faire penitence, bien confesser ses,, pechez, qui le plus souvent font causes des male-„ fices, recevoir devòtement le très saint Sacrement„ de l’Eucharistie, jeûner, donner aumônes 3 prendre,, patience en son affliction pour l’amour de Dieu, re-„ quérir les suffrages des personnes de pieuse Sc lâih-„ te vie , employer les exorcismes qui sc font selon„ l’institution de l’Èglise , user d’Eau-benite , d.'A-,, gnus Dei , 8c du signe de la Croix, voyager en3, bonne dévotion aux lieux oh lotit gardées les Reli-„ ques des Saints, Sc oû leur mémoire est celebrée,„ invoquer fur tout le nom de Jésus, implorer la fa-„ veut & l’intercession de la bienheureuse Vierge Ma-33 rie Sc du bon Ange-Gardien , ensemble des autres„ Saints. Mais si au lieu de. cela, quelque Prêtre„ attente de conjoindre itérativement en mariage au-„ cuns maleficiez , qui déja auroient été bien & ìe-„ gitimement conjoints & mariez en face d’Eglisc, il,3 encourra excommunication ipfio facío , 8c fera trois„ ans suspens a dìvinìs , & en outre puni comme3, partisan du Diable qui suggéré telle réitération „,, pour injurier, profaner 8c avilir ce grand Sacre-„ ment. On peut voir à ce propos la Decretale Lau-„ dabilem , 8c la Decretale Litera , de frigid. & maies'’iSur quoi Lotichius D. Divortmm dit ; Etfi triennalecohabitations peratda , impedimentum fiibíátum non fitdebent fie prœfentare Epificopo ad mpetrandam difipenfit-tiònem pro contraherido cum alio , vel cum alia. „ Au„ reste quant aux Canadiens Sc autres Païens,que le„ Diable regente à baguette, Sc tyrannise à sa poste,'„ le singulier Sc infaillible remede pour les libérer de„ son joug, Sc garantir de sa tyrannie, est la recep-„ tion du Baptême.
En idz3. Grégoire 15. par sa Bulle OmnipotentisDei , ordonna de grandes peines contre les Sorciers ,generalement contre tous ceux qui font paBe avec lesDémons , & qùi pratiquent quelque Superstition .
CHAPITRE VIII.
Sentimens deS Statuts Synodaux de Càhors \de Grasse & deVence , de Beauvais , deSens , de Nàmur , de Maçon , d'Evreux >de G eneve , d'Agen , de Noyon , & dunouveau Rituel de Reims } fur les Supersti-tions.
E Nfin les Superstitions ont été condamnées de nosjours par plusieurs Prélats de l’EglisevPar de Solrniniac Evêque de Cahots, dans sesStatuts Synodaux du 22. Avril 1651. (b) „ Ayant„ apris qu’il se trouve en ce Diocèse des gens si misera-„ blés que d’avoir recours aux Sorciers Sc Devins, pour •„ avoir par leur moyen guérison de leurs maladies 8c de„ celles de leur beftail , comme auffi pour trouver les,, choses perdues, & fe défendre d’être blessez; damant„ qu’il est à craindre que par la continuation les esprits„ ne tombent enfin en une expresse Idolâtrie : nous en-„ joignons aux Recteurs, qu’en dénonçant excommuniez
?» à
(*)> í6.