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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS,

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quils on fait le signal, ou marmote le mot par lui donné pour tel eífet. Mais faut toujours croire &

5, tenir pour certain , que les Diables ni les Sorciersj, eiirs fuposts ne peuvent rien fans la permission de Dieu , & pour ordinairement ne nuisent sinon à,, ceux qui son en'état de péché mortel, ou ne met-», tent assez fermement leur efperance en Dieu. Et si quelquefois Dieu permet que les Justes soient enfor-», celez ou autrement affligez , cest pour faire preuve,, de leur foi, patience Sc vertu , pour les punir Sc

i, purger de leurs fautes , pour les humilier Sc abaisser», devant divine Majesté, pour les faire plus meri- ter & leur donner une plus riche & plus noble cou- rortne de victoire. Or puisque fhomme fidele aidéà, de la grâce de Dieu, peut facilement résister au Dia- ble & le faire fuir : puisque le Chrétien se tenant en la sauvegarde de celui qui bride la fureur de ces es-», prits rebelles, ne les doit point craindre ; puisque», celui qui est bien avec Dieu est maître Sc supérieur,, de Sathan ; ce feroit une lourde pusillanimité de

craindre les Sorciers, qui ne font que ministres, est claves& goujats de ce Dragon Apostat, sor lesquels plutôt chacun doit huer avec cette maxime : (a)Celui qjjï craint Dieu naura peur deRIEN. Les Sorciers sont quelques vieilles masques, vilaines, puantes Sc insensées, Sc comme certifie,, Delrio, Mdleficœ omnes veneris mancipia fiant. Quel- ques hommes ignorans , assottez , médians, hebe-,, te z , qui pour leur vie fcelerate, sont livrez en sens réprouvé, bref, comme dit Greg. de Valent, hommes33 impura vita , qui néanmoins estiment miracles les pi-3, perles Sc prodiges que le Diable fait par leur entre- mise : comme dabondant ayant déceu , séduit &,, suborné quelques homrhes, il sefforce den attraper encore dautres par eux-mêrnes , fous lapárence de bienfait & de guérison, afin de les rendre tous con- sorts de fa damnation. Cest pourquoi il sollicite de recourir aux Sorciers, lesquels semblent guérir quand ils cessent de tourmenter, & fouverlt font perdre la

j, vie de lame 8c du corps ensemble. Quoi quils sas-

S , sent, cest toûjours à dessein de nuire davantage au corps ou à lame 8c montrer quils font, comme les loix Impériales les appellent, dénaturez adversaires,, du genre humain , 8c conjurez ennemis du salut commun. Jamais ils nôtent le mal dun corps,, quils ne le renvoyent en un autre : leurs cures font fausses 8c presque toûjours malencontreuses.jy Sathan ne fait jamais bien que pour prendre occa-3 , sion de mal-faire, Sc sil guérit le corps, ilassassi-.3, ne lame. Parquoi S. Léon Pape I. difoit, Serm.,, 19. de Paff. Bénéficia d&monum omnibus fiant nocen-3, tiora vulneribus. S. Jean. Chryfostome Hom. 21.33 ad Pop. déployé les voiles de son éloquence contre,3 ceux qui appellent à leur secours les Sorciers , Sc,, montre que nul ne peut recourir à eux , fans en- courir lire de Dieu. Joint que quiconque deman-,3 de conseil, aide, faveur, avis ou nouvelles de,3 quelque chose aux Sorciers ou Devins, il peche,3 mortellement. Levit. 19. & 20, Deuteron. 18.

,3 Efiai. 3. 8. 19. 28. & 44. Une des causes de

3 la mort de Saûl, est davoir demandé conseil I la

Devineresse. 1. Parai. 1 o. Ochoíìas mourut deses-33 peré après avoir consulté Beelzebuth. 4 .'Reg. 1. Auffi est-il illicite de prier un Sorcier de déliers, & ôter son maléfice & incantation. Bien peut-on contraindre, même par bastonnades, les Sorciers de trouver, lever, ôter, brûler OU rompre les ligatu- res & signes magiques, que parfois ils cachent en quelque lieu , parce quen les détruisant on- truít la paction & tacite invocation du Diable, qui nayant pas permission de nuire corporellement par soi-même, la recherche souvent pour nuire par ses Ministres, & par leurs signes maléfiques ; fi que

(a) 4. Reg. - 7 - Pf r6. & 90. Eccles. ^4. Esai. 4 i. Et quisest qui vobis noceat, si boni araaulatores fueritis? j. Pet. 5.. &ibi Lorín,

33 quand ils sont brisez, îa nuisance cesse toûjours,33 ou presque toûjours *. Soit parce que Dieu ne per-33 met pas au Démon de nuire librement, comme ii3, voudroit aux hommes , ni fans la coopération de33 1 homme méchant; Soit parce que le Démon-33 me a volontairement accoutumé de garder la pac-33 tion, pour plus finement piper'les hommes qui o-33 sent sy fier, quoi quil démorde aisément de ses3, marchez. Mais les plus asseurez , vrais & licites moyens pour dissoudre le maléfice, sont les reme- des surnaturels & Ecclésiastiques , comme se con-3, vertir à Dieu dun cœur contrit Sc humilié , re-3, doubler ses prières avec ferme foi , efperance & conscience pure, faire penitence, bien confesser ses,, pechez, qui le plus souvent font causes des male- fices, recevoir devòtement le très saint Sacrement de lEucharistie, jeûner, donner aumônes 3 prendre,, patience en son affliction pour lamour de Dieu, re- quérir les suffrages des personnes de pieuse Sc lâih- te vie , employer les exorcismes qui sc font selon linstitution de lÈglise , user dEau-benite , d.'A-,, gnus Dei , 8c du signe de la Croix, voyager en3, bonne dévotion aux lieux oh lotit gardées les Reli- ques des Saints, Sc leur mémoire est celebrée, invoquer fur tout le nom de Jésus, implorer la fa- veut & lintercession de la bienheureuse Vierge Ma-33 rie Sc du bon Ange-Gardien , ensemble des autres Saints. Mais si au lieu de. cela, quelque Prêtre attente de conjoindre itérativement en mariage au- cuns maleficiez , qui déja auroient été bien & ìe- gitimement conjoints & mariez en face dEglisc, il,3 encourra excommunication ipfio facío , 8c fera trois ans suspens a dìvinìs , & en outre puni comme3, partisan du Diable qui suggéré telle réitération,, pour injurier, profaner 8c avilir ce grand Sacre- ment. On peut voir à ce propos la Decretale Lau- dabilem , 8c la Decretale Litera , de frigid. & maies'iSur quoi Lotichius D. Divortmm dit ; Etfi triennalecohabitations peratda , impedimentum fiibíátum non fitdebent fie prœfentare Epificopo ad mpetrandam difipenfit-tiònem pro contraherido cum alio , vel cum alia. Au reste quant aux Canadiens Sc autres Païens,que le Diable regente à baguette, Sc tyrannise à sa poste,' le singulier Sc infaillible remede pour les libérer de son joug, Sc garantir de sa tyrannie, est la recep- tion du Baptême.

En idz3. Grégoire 15. par sa Bulle OmnipotentisDei , ordonna de grandes peines contre les Sorciers ,generalement contre tous ceux qui font paBe avec lesDémons , & qùi pratiquent quelque Superstition .

CHAPITRE VIII.

Sentimens deS Statuts Synodaux de Càhors \de Grasse & deVence , de Beauvais , deSens , de Nàmur , de Maçon , d'Evreux >de G eneve , d'Agen , de Noyon , & dunouveau Rituel de Reims } fur les Supersti-tions.

E Nfin les Superstitions ont été condamnées de nosjours par plusieurs Prélats de lEglisevPar de Solrniniac Evêque de Cahots, dans sesStatuts Synodaux du 22. Avril 1651. (b) Ayant apris quil se trouve en ce Diocèse des gens si misera- blés que davoir recours aux Sorciers Sc Devins, pour avoir par leur moyen guérison de leurs maladies 8c de celles de leur beftail , comme auffi pour trouver les,, choses perdues, & fe défendre dêtre blessez; damant quil est à craindre que par la continuation les esprits ne tombent enfin en une expresse Idolâtrie : nous en- joignons aux Recteurs, quen dénonçant excommuniez

?» à

(*)> í6.