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réciter a fi# hdnnetir. Et k la fin font quelques Aíiraclesarrivés par fia faveur. Mais tout ce qu’ils avancentpour 1 a justification de leur Larme n’est pas moins sus-pect & ne sent pas moins !a fable que F Histoire préten-due véritable de la Larme de Vendôme.
Enfin Calvin (a) témoigné qu’il y a une Larme du.Fils de Dieu à Thiers en Auvergne , une à S. Maxi-mal , qui tomba des yeux de ce divin Sauveur commeil lavoit les pieds de ses Apôtres , St une à S. Pierre lePuellier d’Orléans.
La supposition des fausses Images de la très-sainte Tri-nité , de J e s u s-C h r i s t j de la sainte Vierge &des autres Saints, est encore une Superstition. Car com-me, selon lá doctrine du Concile de Trente {b) , nousdevons quelque honneur & quelque vénération aux sain-tes Images, à cause de ce qu’elles nous representent,nous ne pouvons rendre à celles qui font fausses & quiportent dans nôtre esprit une idée contraire à la vérité,qu’un culte indeu , pernicieux & faux, & par consé-quent superstitieux.
De-là vient que l'Eglise, qui ne permet pas qu’on enpropose aucunes nouvelles , fans l’approbation des Evê-ques , a banni toute forte de fausseté du culte qu’onleur doit rendre.
(c) Le Concile de Trente & le Concile Provincialde Malines en i 6 oy. (d) rejettent celles qui peuventinspirer aux peuples une fausse doctrine , & leur donneroccasion de tomber dans quelque dangereuse erreur.
Le t. Concile Provincial dc Milan en 1565. (e) dé-fend absolument de representer dans les Images aucunesde ces Histoires , qui n’étant autorisées ni de P Eglise,ni des Ecrivains Ecclésiastiques, font seulement recom-mandables par la vainc opinion du peuple.
Le Concile Provincial de Cambray aussi en i;6§.(f) ordonne que l’on ôte , ou que l’on change lesImages qui ont quelque chose d'indécent , ou qui n’apoint de raport aux Originaux.
Le Concile Provincial de Tours en 1583. (g) neveut pas que l’on represente quoique ce soit dans lesTerûples, qui soit contraire à la vérité des saintes Ecri-tures , ou aux Histoires approuvées de l’Eglise, de crain-te que ce qui doit être beaucoup honoré de tout le mon-de , ne devienne méprisable.
Le Concile Provincial d’Avignon en 1594. ( h) &.'celui de Narbonne en 1609. disent qu’on doit bien pren-dre garde d’exposer dans les Eglises aucune représenta-tion fausse, apocryphe ou superstitieuse.
Enfin il y a de la Superstition à supposer de fauxSaints , & à honorer comme Saints ceux qui ne le fontpas en esset, d’autant que ce culte est indeu & perni-cieux. Le Diable se plaît extrêmement â cette Supersti-tion , & il rétablit autant qu’il peut, afin de faire tom-ber les Fideles dans l’erreur. Gabriel Biel Principal duCollege de Tubinge reconnoît cette vérité par ses paro-les que je cite (/').
(a) Traité des Reliq. vers le milieu,
(b) Sess. ij.
(r) Ibid.
(d) Tit. r4. Nullse saisi dogmatis imagines, & itidibus pericû-losi erroris occasionem prxbentes statuantur.
(s) Constit. p. 2. tit. 7. Historia: ( dit-il ) quibus neque Eccle-sia , neque probati Scriptores autoritatem ullam dederunt, sied íòlavulgi opinione commendantur, effîngi omnino prohibeantur.
(f) Tit. 20. c. 2. Si qu* erect* fuerint ac pr* se ferant quid-quam quod non deceat, neque prototypo congruat, tolli eas autnautari jubeto.
C?) Tit. it. Ne quid in Templis Scripturarum veritati, autprobatis Historiis Ecclesiasticis contrarium sculpatur aut pingatur,quamdistrictifiìmè prohibemus , ne quod ab omnibus íùmmo estnabendum in honore, hoc modo vilescat.
(b) Tit. 26. c. 7. Multò magis cavendum est ne quidquam fal-íum, vel apochryphum, iiiperstitiosumve ob oculos ponant.
(r) In can. Mil. lest/3 2. lit. 8cc. Sed St nimium oberrant quipro Sancto colunt qui Sanctus non est , nec vit* su* testimo-nium habet nisi Legendas vel penitus apocryphas , vel aliquandoab infidelibus aut saisis Christianis ob qu*stum , quo non Deus,sed Idolum avariti* colitur, consistas. In quú cultu profano Dia*bolus plurimum delectatur , Sc quantum valet, cooperatur, ut inerrorem pertrahat cultorem veritatis , Scc. Talismodi error estcym ad loca non coniecrata peregrinationes fiunt , vel ad Sanctosnoviter notos Sc incognitos , omiflis veteribus, quasi non postent
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Nous avons des exemples de ce faux culte dans Fan-tiquité. II y avoit autrefois à Carthage une femmenommée Lucille , qui étoit si dévoré à je ne sçay queîMartyr, qui néanmoins n’étoit pas encore reconnu pourtel, qu’elle baisoit un de ses ossemens avant que de pren-dre la sainte Eucharistie. De quoi ayant été reprise parl’Archidiacre Cecilien , elle en fut tellement outrée,qu’elle se sépara de la Communion de l’Eglise, &qu’eí-le assista de son crédit & de son bien le parti des Do-natistes, (kj suivant le raport de S. Optât.
S. Martin , Archevêque de Tours fit démolit unAutel que les peuples ignorans & superstitieux avoientérigé ì un infâme voleur qu’ils honoraient comme unsaint Martyr , les délivrant par ce moyen de la Super-stition ou ils étoient engagez , selon le témoignage deSulpice Severe (/).
Si Anselme, Archevêque de Cantorberyayant ap-pris que F Abbesse & les Religieuses de Rumesei dansle Diocèse de Wincestre en Angleterre , honoraientcomme Saint le Comte Valaef qui étoit mort il n’yavoit pas long-temps , (m), écrivit à F Archidiacre Es-tienne , & lui ordonna de leur dire de íà part & de lapart de leur Evêque , qu’il les interdirait, si elles de-meuraient davantage dans leur Superstition.
Le Venerable Guibert Disciple de S. Anselme , parleavec beaucoup de zele contre un prétendu s») saint Con-fesseur, dont la simplicité du peuple fit ensuite un Mar-tyr , (0) contre un Abbé nommé saint Piron, qui étantyvre, tomba dans un puits où il mourut ; contre un Ar-chevêque de Cantorbery , Predecesseur du bienheureuxLanfranc & de S. Anselme , que l’on honorait commeun Saint, parce qu’ayant été mis en prison & n’ayantpas voulu se racheter par argent , il avoit été mis Lmort , contre un Abbé de grande considération quîsouffrait que l’on erigeat un Autel, & que l’on renditde grands honneurs à un jeune homme qui étoit mortau service d’un Gentilhomme , le Vendredi Saint dansun village proche Beauvais ; Et contre plusieurs autresfaux Saints qui font dégradez par leur propre autorité %pour user de ses termes (p).
Du temps d’Alexandre III. qui mourut le ry. jourd’Août 1181. (q) selon la supputation d’Onuphre,'certaines gens honoraient comme Saint un homme quîavoit été tué plein de vin. fr) Mais ce Pape leur dé-fendit très-expressement de le faire.
(s) Guillaume de Neubourg raporte que le peuple deLondres rendit des honneurs comme à un saint Martyrde J e s u s-C hrist, à un certain Guillaume surnom-mé Barbelongue , qui se disoit le Sauveur des pauvres ,quoi qu’il eût été premierement tiré à quatre chevaux
6 ensuite pendu, pour avoir excité une sédition à Lon-dres contre les riches de cette Ville , & qu’il eût com-mis plusieurs autres crimes.
Mais si cette Superstition est condamnée par les paro-les & par la conduite des Saints Peres, & des EcrivainsEcclésiastiques, elle ne l’est pas moins par l’autorité desConciles. Celui de Laodicee , que Binius croit avoirété tenu fous le Pape S. Silvestre, dit anatheme aux Chré-tiens qui honorent les faux Martyrs (t).
Le 5. Concile de Carthage en 398. (v) ordonne auxEvêques de faire démolir les Autels qui seront erigezdans les champs Sc dans les chemins à la mémoire des
Mar-
invocantibus íe aut cóndignè colentibus ea impetrare qu® 3 mi-nus notis petuntur, ut dicit Henridus de Haísia,
(k) Lib. i. contr. Parmenian. post. med.
(/) C. 8. Vit. S. Martin. Martinus juffit ex eo loco altare, quodibi fuerat , siimmoveri, atque ita populum Superstitionis illius ab,solvit errore.
(m) Lib. 3. Epis. 52.
(») Lib. i. de Sanct. & eorum pignorib. c. u.
(o) Ibid. c. 2. n. y.
(f) Ibid. c, 3. n. 2. Quos fui ipsorum auctoritas exauctorat,
(q) In Chron. Èccíesiast.
(r) Lib. 3. Décrétai, tit. 45. de Reliq. 8c vener. 88.
(s) Lib. y. rer. Anglic. c. 18 8c 19.
(t) Can. 34. S:nt anathema qui ad Pseudo-Martyres acceflèrint(v) C. ,4. Plebes admoneantur ne illa loca fréquentent , ut quicté sapiunt, nulla ibi superstitione dqûncti teneantur.