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DES
SUPERSTITIONS.
LIVRE TROISIEME.
CHAPITRE PREMIER.
divination en général. Ce que c'est. Que celle qui se fait en vertu dlun paéle avecle démon , est superstitieuse & condamnée par l'Ecriture, par les Conciles, par les Te~r es* par les Prélats de l’Eglise, & par les Empereurs Chrétiens. Que la divination estun péché mortel de foi.
A connoissance certaine & infailli-ble que Dieu a des choses futures,s’appelle proprement Divination ,parce qu’elle est en effet comme uneDivine aBion , une action propre &particulière à la Divinité. (zx) Se-lon ce que dit aussi Tertulliendans son Apologétique (b).
Cette Divination est adorable, parce qu’elle est Dieumême : Dieu se plaît quelquefois à la communiqueraux hommes , en leur révélant les choses à venir, &même celles qui dépendent de leur liberté. C’est ceque l’Apôtre S. Paul entend par le mot de Prophétie,ainsi que l’expliquent ses Interprètes (c) :
Mais il y a une autre efpece de Divination qui estmauvaise & illicite. Elle consiste dans la connoissanceque le Démon peut donner aux hommes , des chosescachées & éloignées de leur portée & de leur capaci-té naturelle. Et damant qu’il ne leur peut donner cet-te connoistance, que par le moyen d’un pacte exprèsou tacite qu’ils font avec lui, & que tout pacte faitavec le Démon, suppose de nécessité une Superstition,c’est à bon droit qu’elle est appellée superstitieuse, &qu’elle est mise par les Théologiens au nombre desSuperstitions.
S. Thomas en parle de cette maniéré (d): „ On„ est superstitieux, dit-il , non seulement lorsqu'on„ offre des Sacrifices aux Démons par idolâtrie, mais,, aussi lorsqu’on se sert d’eux pour faire ou pour con-,, noître quelque chose. Or toute Divination vient ou„ d’un pacte exprès sait avec eux pour connoître les„ choses futures , ou de ce qu’ils se mêlent dans les,, vaines recherches que l’on fait pour cela, asin de„ remplir de vanité les esorits des hommes. C’est de„ cette vanité dont il est parlé au Pseaume 39. II n’a„ point regardé les vanitez & les folies pleines de men-3j senges. Or on fait de vaines recherches pour connox-„ tre les choses futures, lorsqu’on s’efforce de les con-„ noitre par des voyes par lesquelles elles ne peuvent pas
(a) Cap. 41. Selon ces paroles d’Iíàïe: Annuntiate q use Venturasunt in futurum, 8c sciemus quiaDii estis.
(b) Cap. io. Idoneum opinor testimonium Divinitatis > verita*Divinationis.
(c) Cor. 12. Aliis per Spiritum datur prophetia.
(d) 2. 2. q. ps. a. 2, in Corp. '
7 » être connues. D’ou il est clair que la Divination est„ une efpece de Superstition.
Voilà pourquoi Dieu dans l’Ecriture-Sainte défendde consulter les Devins ; qu’il menace de mort & lesDevins & ceux qui les consultent , & qu’il protestequ’il les a en abomination (e).
(f) Il déclaré par la bouche de l’Ecclesiastique (g)que la Divination , les Augures & les Songes ne sontque des illusions, des mensonges, & des vanitez :
Il affeure dans Isaïe ( h) , qu’il rend inutiles les Divi-nations, & qu’il sait devenir furieux ceux qui se mêlentde deviner.
Il promet comme une grande grâce aux Israélites,qu’il n’y aura point ni de Devins, ni de Divinationsparmi eux (i) :
Enfin il nous donne des exemples de la punition qu’ilà exercée contre ceux qui ont eu recours aux Devins.Après que Saiil eut fait mourir tous les Magiciens &tous les Devins, il fut assez malheureux pour consulterune femme Pythonisse, qui rendoit des Oracles. Maisaussi est il remarqué dans le premier Livre des Paralipo-menes ( kj , que ce fut-là une. des causes de íâ mort. LeRoi Ochosias mourut encore , parce qu’étant tombémalade, il avoit envoyé d«s gens pour consulter Beeíze-buth le Dieu d’Accaron sur íâ maladie (/).
C’est
(e) Cap. 19. Lc 20. Non declinetis ad magos, dit-il dans le Lé-vitique , nec ab ariolis fcifcitemini , ut polluamini per eos. Ani-ma qu se declinaverit ad magos & ariolos , 8c fornicata fuerit cumeis , ponam faciem meam contra eam 8c interficiam eam de me-dio populi fui. Vir five mulier, in quibus Pythonicus , vel Divi-nationis fuerit fpiritus > morte morietur, lapidibus obruent eos :íànguis eorum sit super illos.
(/) C. 18. Non inveniatur in te , dit-il encore dans le Deutero-nome, qui ariolos fcifcitetur, nec qui Pythones consulat , necdi-vinos, aut quaerat à mortuis veritatem. Omnia enim hsec abomi-natur Dominus, 8c propter istiufmodi fcelera delebit eos in introi-tu tuo.
(g) Cap. 34. Divinatìo erroris, 8c auguria mendacia, 8cfomniamalefacientium, vanitas est.
(b) C. 44. Ego fum Dominus irrita faciens signa Divinorum 8cariolos in furorem vertens.
(z) Mich. p. Divinationes non etunt in te.
(k) Cap. 10. Mortuus est Saiil propter iniquitates lùas, eo quòdprsevaricatus sit mandatum Domini quod prceceperat, 8c non cusctodierit illud, fed infuper etiam Pythoniffam coníuluerit nec fpe-raverit in Domino.
(l) 4. Reg. 1. Numquid non est Deus inlscaël, nteatisadcon-fulendum Beelzebuth Deum Accaron ? Quamobrem hoc dicit Do-minus : De lectulo super quem afcendisti , non ddcendes. fedmoite morieris.
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