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DES SUPERSTITIONS.
avec certaines cérémonies afin de les conserver.
. ....... salutaires, que s’ils avoient été pris auparavant.
Qui font une croix à leur cheminée , pour empêcher Qui font dans la pensee qu un Sorcier ne peut oterte les poules ne sortent du logis. 'le maléfice qu’il a donné , tant qu’il demeure lié , en.
Qui mett-pnr rín kni( Konï íin. ifnrc fr»T!racrf*c. afin sis. nnsnn . on entre les mains de la Justice , mais qu il
Qui mettent du buis béni fur leurs fourages, afin de prison , ou entre les mains de la Justice , mars qules préserver des bêtes qui les gâtent, ou aux quatre faut qu’il soit en pleine liberte pour cela. Ce qui n’est
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coins de leurs terres ensemencées en bléprofiter davantage.
Qui croyent qu’un malade ne fcauroit mourir , parcequ’il est couché fur un lit garni de plumes d’ailes deperdrix.
Qui offrent à quelque Saint, ou à quelque Sainte dela cire & du poil d’un certain animal, dans la penséeque cette offrande avancera la guérison des malades enfaveur desquels on la fait.
Qui tournent trois tours autour d’une charuë, tenanten leurs mains du pain, de l’avoine & de la lumièreavant que de commencer à labourer une piece de terre,afin que leur travail soit plus heureux.
Qui exposent quelques ferremens ou quelque autremeuble hors de leur logis, quand ils ont égaré quel-qu’un de leurs bestiaux , afin qu’il revienne plus facile-ment, & que les loups ne lpi fassent aucun mal.
pour les faire nullement vrai-femblable , parce qu’il peut rompre sonmaléfice, s’il en a le pouvoir d’ailleurs, tant qu’il n’au-ra pas renoncé au pacte qu’il a fait avec le Démon.
CHAPITRE II
De l'Art notoire. Ce que c*est , & quel estl'usage que l'on en fait. Qu'il est Supersti-tieux. De l'Art de S. < Paul. De l'Artde s Esprits ou de l'Art Angélique.
que le Démon fit ì nos premiers parens lors-
_ qu’il les trompa en leur faisant esperer la science
du bien & du mal , il le sait en quelque façon par. , - , , . V Art notoire , par lequel il promet l’acquisition de cer-
- -- - n n . es P ou es autour de la cremaillere afin raines sciences par infusion & fans peine , pourvu que
qu’elles ne fe perdent point.
Qui s'imaginent qu’une femme qui est en travail d’en-fant fera plutôt délivrés de son fruit, fi elle chauffe lesbas & les souliers de son mary.
Qui, pour donner lieu de s’en aller aux gens qui lesincommodent, levent en haut les tisons qui font dansle feu , & ne les levent jamais au contraire , lorsqu’ilsveulent que la compagnie reste chez eux.
Qui, pour empêcher que le linge qui a servi à unmort pendant fa maladie ne cause la mort à ceux qui s’en
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l’on pratique certains jeûnes, que l’on récité certainesprières, que l’on révéré certaines figures, & que l’onobserve certaines cérémonies ridicules.
Erasme a fait un Colloque intitulé, Ars Notorìa, oùil dit entre autres choses.
1. Que par le moyen de cet Art un homme peut ap-prendre à peu de frais & fans beaucoup de travail tousles Arts Libéraux (b).
2. Qu’il a vû le livre qui enseignait cet Art, maisqu’il n’y a rien compris, parce qu’il n’a trouvé personne
ferviroient âpres lui , font une lessive exprès pour le qui ait pû le lui expliquer (c).
blanchir.
Qui croyent que l’aiguilte quî a servi à ensevelir unmort mise sous une table empêche les gens qui y fontassis de manger.
Qui ne veulent pas manger des volailles, ni d’autresanimaux, à moins qu’ils n’ayent été tuez avec du fer.
3. Qu’il y avoir dans ce livre diverses figures d’ani-maux , de dragons, de lions, de léopards, & quantitéde cercles , dans lesquels étoient dépeints divers caractè-res de Lettres Grecques, Latines, Hébraïques, & desautres Langues Etrangères (d).
, -^ ... .. ..... 4. Que le titre du livre promettoit la connoissance
C’est encore un des restes du Paganisme que le même des sciences en quatorze jours (e).
Pape reprend dans les Bulgares (à). 5. Qu’il n’avoit jamais connu personne qui fût deve-
Qui prétendent faire sonner l’heure avec une bague nu scavant par cet art , & que qui que ce soit n’en asuspendue dans un verre par le moyen d’un filet , à jamais vû ni n’en verroit jamais , qu’auparavant on eût
cause, disent-ils, qu’ils y a du rapport entre le mou- vû quelqu’un devenu riche en soufflant l’Alchimie 8 cvement du Soleil & le battement de l’artere qui sait cherchant la Pierre Philosophale (f ).mouvoir le filet ; comme si ce filet savoir s’il faut son- Et il conclut enfin qu’il ne scait point d'autre Artner » pat exemple , une heure ou treize heures après Notoire ni d’autres voyes pour devenir scavant, quemidi, cette diversité de compter les heures étant pu- le soin, l’amour & l’affiduité qu’on peut apporter àl’é-rement arbitraire , puisqu’en Francè on compte une tude des sciences (g). . „
heure, deux heures, trois heures, &c. après midi; & Voilà une condamnation formelle de 1 Art notoire»qu en Italie on compte treize heures, quatorze heures, fans 'aucun rapport à la Théologie , qui en. parle dunequinze heures , & ainsi des autres. Joint que quand maniéré un peu différents.
même la bague suspendue devroit marquer l’heure, el- Ceux qui font profession de cet Art, assurent que
le ne pouroit pas le faire naturellement , en frappant Salomon en est fauteur, que ce fut par son moyen qu’il
plusieurs coups contre le verre dans lequel elle est fus- acquît en une nuit cette grande sagesse qui l’a rendu fi
pendue , parce que le partage des heures du jour en célébré dans tout le monde , & qu’il en a renfermé les
douze ou en vingt-quatre est une chose destitution préceptes & la méthode dans un petit Livre qu’ils pren-humaine. nent pour guide 8 c pour modele.
^Qui enterrent Caresme-prenant ^ c'est-à-dire un Phan- - • -
tome qu us appellent Carefme-prenant, pour avoir moinsde peine à jeûner.
. Qui ne veulent pas que l’on dise que la lessivecoût ) mais cju clic joue, & cela pour uíie raison ex-travagante.
Qui font sortir lés veaux de f étable en arriérésou comme l’on dit, à reculons, lorsqu’on les a ven-dus, afin que leurs meres n’y ayent point de regret.
Qui ne veulent pas acheter des mouches à miel, maisfeulement les echànger ,. de crainte qu’elles ne profitas-sent pas, s’ils les achettoient.
Qiû croyent que lës remedes que les malades pren-nent après s’être confessez , & après avoir été com-muniez , ne font pas le même effet, & ne font pas si
Quoi qu’ils ne conviennent pas tous dans la maniéréde l’enseigner , & que les uns ayent des principes & despratiques que les autres n’ont pas
néanmoins voici lame-
ss) Ibid. c. f o.
(b) Audio Artem esté quamdam notoriam quae hoc prscstet uthomo minimo negotio perdiscat omnes disciplinas libérales.
(c) Vidi Codicem , sed vidi tantùm quod non effet Doctoriscopia.
Continebat liber varias animantium formas , Draconum,Leonum , Leopardorum , variosque circulos Sc ìn his descriptasvoces fartim Gracas , f arum 'Latine , partim Hebraicas , alias-que Barbaricaram L'mguarum.
(e) Pollicebatur titulus Disciplinarum cognitionem intra qua-tuordecim dies.
(f) Nostine quemquam per istam Artem notoriam evasiffedoctum ? neque quisquam alius vìdit unquam autviíurus est,nifl posteaquam viderimus aliquem per Alchimisticatn evasiffedivitem.
{£) Ego aliam artem non novi quam curam, amorem > &duitatem.