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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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í >4

des superstitions.

le jour de la Conversion de 8. Paul, le jour de S. Ger.vais & de S. Prothais, le jour de S. Urbain, le jourde S. Medard , &c. il pleuvra fera beau-tempsvingt, trente, ou quarante jours de fuite, qu* il y aura cet-te année- mortalité , guerre, abondance ou disette devin, de fruits, de bled , de cerises, de prunes, &c.Ce qui a donné lieu à ces quatre vers superstitieux quel'on a faits sur le jour de la Conversion de S. Paul, &qui se trouvent dáns le Traité des Divinations de Pucer (a) :

Clara dies Pauli bona tempora dénotât antti ;

Si fuerint nebula , peretint anìmalìa quaque ;

Si fuerint vmti , dejîgnant pralia genti ;

Si nix & plftvìa , designant tempora car a.

En voici quatre autres de mëme nature qui íòntrap

avoit une si grande tendresse de consrìencè quil neûtpas voulu rien ordonner aux malades les jours de Diman-ches & de Pestes, que Vespres neussent été dites à faParoisse. Cétoit- renouveller le Pharisaisine qiie nô-tre Seigneur 'a blâmé si hautement au Chapitre t r. del'Evangile de 8. Matthieu.

Ne pas souffrir que les chevaux sortént de lEcuriele jour de la Peste, & celui de la Trahstatiort de 8. E-loi, ainsi quil se pratique en quantité de lieux i contreles réglés la véritable pieté, & de lhonneur qui estdeu à ce grand Evêque de Noyon , que les Laboureurs& les Maréchaux prennent ordinairement pour leur Pa-tron, & habillent même quelquefois en Maréchal, dansla pensée quil a été de cette profession , ce qui est uneerreur fort grossière.

Ne pas vouloir semer du bled le jour de saint Leger »

portez par Martin de Arles dans son Traité des Super- de peur quil ne vienne leger.

. . f . » - _1_ _ L T-/l« O tri- \Ta fíuvmlit* nno lâc \î ar\Av

stitions^ les deux premiers regardent la Peste de S. Vin-cent:

Vincenti fesà, fìsol radiet , memoresto ,para tuas cuppas quia multas colligis, uvas.

Èt les deux derniers,Paul

celle de la conversion de 8.

Clara dies Pauli multos segetes notât annì ;

Si fuerint nebula aut verni , sunt pralia genti.

Cest de cette source que sont venues ces observations :Telles Rogations , telles fanaijbns. Tel S. Medard , telAoust. Td S. Urbain , telles vendanges. Mutant d oragestn été , que de jours nébuleux eh Màrs. Autant debrouil-1 -** A- «o os** f j vkt.nit A* Aiìtt.d . nue A/> rrìseet a*a

Ne remplir que les Vendredis un poinçon de Cidredoux, afin quil conserve sa douceur & quil ne saigris-se point.

Sevrer les ensans le Vendredi-Saint, de crainte quilsne tombent en langueur.

Apprehënder le mois de Septembre, â cause quê lesgrandes Révolutions des Etats arrivent dordinaire versce mois-. Eri effet, (e) Bodin en rapporte un grandnombre dexemples notables dans fa République. Mais silon avoit bien examiné tous lès évenemens que les His-toires anciennes & modernes racontent, on trouveroitquil nest guere moins arrivé de changemens dans les au-tres mois de Tannée quen celui de Septembre. De sorteque j comme cest Dieu qui permet les Révolutions desEtats, pour des raisons qui nous font impénétrables, 8cque fa Toute-puissance nest attachée ni aux jours, mni aux faisons, ni aux annees, on doit être

lards apiés Paf que s & au mois dAoufi , que de rosées au aux mo * s » tn aux lailons, m amois de Mars, Le même Pucer (b) témoigne que Fre- persuade quil les permet aussi-bien en un temps quent tT Tv./. fíA ìnsTmif de la durée des nemes ì autre , aussi-Dien au mois de Janvier, qu au mois de

Septembre,

de ric III. Duc Saxe jugeoit de la durée des neigespar le nombre des jours qui restoient depuis le premierjour quil avoit neigé jusquà la nouvelle Lune suivante.

Ne pas vouloir couper ses ongles le Vendredi, ni se-mer , ni planter, ni labourer , ni faire voile, ni couperdu bois j ni remuer du bled dans les grenieres, ni fairedes Contracts à certains jours.

Manger un Cocq le Jeudi-Saint en mémoire de celuiqui ayant chanté par trois fois, fit souvenir S. Pierrede son péché; ce qui outre la Superstition, est une pré-

Croire, cornme sait Pierre Lénaudiere, dans IonTraité des Docteurs (f) au rapport de Rebusse (g) quele bois coupé le dernier vendredi de Septembre , âpres25. jours de la même lunaison , ne fera jamais mangédes Vers, & que si on en fait quelque Vase ou quelquemeuble, ce quon y mettra ne se corrompra jamais.

Enfirt simaginer, comme fait encore le même auteur»(h) quil y a trois jours de Tannée, sçavoir le dernierde Janvier & les deux premiers de Fevrier, il ne vient

varication du precepte de TEglise, qui défend de manger de janvier Sc les deux premiers ae vevrier, n ne vientde la chair ce jour- aùssi-bien que tous les autres jours point de filles au monde, & que les corps des garçons qui

naissent ces trois jours ne se corrompront point enterre avant le dernier jugement > ce quil dit être rappor- dans le livre de Natura rerum , & que Rebusse (i)

dc Carême

Serrer les cendres à certains jours de la Semaine ; afinque la lessive en soit meilleure.

Ne pas sortir de chez foi la veille dun voyage queTon a à faire, de crainte quil ne soit pas heureux.

Ne pas entrer chez foi le vendredi en revenant dunvoyagé parce que cest un signe de malheur.

Ne pas laisser un corps mort dans le logis il est

1 - - miAlniiP mal ^ fa faiTlilIp

estime ávec raison rdicule.

Chapitre iv.

mort, de peur dattirer par quelque mal à fa famille. e JDe s 0 M ervance des choses sacrées OU des Re-

Cueillir certaines herbes le jour de la S. Jean, pour r \ a r?

w a» siîrp rln mal. ^ h que s. Ce que c est. En quot on peut re-

connoitre quelle est superstitieuse c -

empêcher les Sorciers de faire du mal.

Pétrir le même jour de petits pains & les mettre sé-cher au plancher, afin de nêtre point mordu des chiensenragés.

Porter dans la nappe qui a servi le jour de Noël § lebled que Ton veut semer , afih quil vienne mieux &quil soit plus beau.

Ne pas Vouloir se baigner les Mercredis ni les Ven-dredis , qui est une Superstition positivement condam-née parle Pape Nicolas I. (c).

Refuser de faire des œuvres de charité ou de nécessi- les Dimanches & lés Pestes. Jai connu un Païsan,qui non pas de Cordonnier, comme celui de la Fable dePhèdre (d) , mais de Berger, sétoit érigé en fameuxMédecin , quoi quil n e fçeut ni lire ni escrire, qui

(a) P. 41. & 4».

(b) Ibid. p. 4*.

(c) Respóns. ad Consiilt. Bulgar. art. 6.

{d) L. 1. Fat. 14-

. . Exem-

ples de cette observance. Du port des Re-liques & des Evangiles.

Lábùs qui íè commet dans les choses sacrées, &particulièrement dans ìa parole de Dieu , dans lesReliques, & dans ies Croix, en les portant fur soid'u-ne maniéré superstitieuse » ou en sen servant avec demauvaises circonstances, est proprement ce que les Théo-logiens appellent I'Qbsrvance des choses sacré. s. S. Tho-mas en traite lorsquil examine cette Question (k) : Silest illicite de porter des paroles divines pendues au coû?

Et

(e) L. 4. C. t.

(f) Part. 4 . q. 14 .

(g) Comment. Leg. 30 ff. de Verborum signifie.(b) Ibid.

(i) Quod ridiculum esse puto. ibid.

\k) ». ». q. 96. a. 4.

?- *s 7 :