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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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• DES SUPER

Et le Cardinal Tolet la nomme l’Observance des Reli-ques, Observantia Relìquiarum.

(a) Polman la fait consister dans l’ufage que; l’on faitdes choses sacrées pour produire des effets qu’elles n’ontaucune vertu , ni naturelle, ni divine, ni Ecclésiastiquede produire. Tel est le port des Evangiles , des Reli-ques , des billets ou brevets, des ceintures & des bras-selets fur lesquels il y a des paroles sacrées ou des Croixécrites , avec assurance de ne point mourir de.mort su-bite ni fans Confession , ni par le feu, ni par l’eau , den’être jamais blessé à la guerre , de fe maintenir tou-jours bien dans les bonnes grâces des Princes & desGrands de la terre , d’obtenir la santé de l’amé ou celledu corps, ou quelqu autre esset extraordinaire.

Pour reconnoître quand cela arrive , il faut entendreparler S. Thomas. „ (b) Dans tous les enchantemens *dit ce DoEleur Angélique , 8 c dans toutes les écritures„ qu’on porte fur foy , il faut bien prendre garde pre-,, mierement à ce que l’on dit, ou a ce que l'on écrit ;

„ parce que s'il y a quelque chose qui concerne l’invo-„ cation des Démons, cela est superstitieux & illicite,„ Secondement si ce que l’on dit, & ce que l’on écrit„ ne contient point de mots inconnus , & ne renferme„ point quelque chose d’illicite. Troisièmement qu’il„ n’y ait aucune fausseté , d’autant que l’effet que l’on„ en espere ; ne pouroit pás venir de Dieu , qui ne„ ssauroit être le témoin d’une fausseté. Quatrième-,, ment qu’il n’y ait quelque vanité mêlée avec les pa-„ rôles sacrées , par exemple quelque autre caractère„ que le signe de la Croix , ou qu’on n’ait confiance„ dans la maniéré d’écrire ou de lier ces paroles , ou„ dans quelque autre vanité qui ne marque pas le respect„ qu’on doit à Dieu , parce qu’il y auroit de la Su-„ perstition en cela.

s t i t i o n s.

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4. En les portant ou mêlées avec quelque vanité,par exemple., avec des caractères magiques, semblablesà ceux qui fe trouvent dans le même Ouvrage; ouafinde s’en servir pour de vains effets, comme pour fairetourner un sas , pour faire mouvoir un anneau fur unbrin de fil, ou pour d’autres semblables , pour la pro-duction desquels on fe sert des paroles de l’Ecriture-Sainte ; ou enfin dans la pensée que si elles n’étoìentécrites ou gravées par une certaine personne , à certain

jour , en certain temps

fur

d’une certaine maniéré ,

un certain papier , fur un certain parchemin , ou furune certaine autre matière, elles feroient inutiles.

Ainsi à l’égard des signes de Croix, quoique ce soitune chose louable & pieuse d’en porter sur foy , il yauroit néanmoins de la Superstition à n’en vouloir por-ter que dé ceux qui feroient faits d’une certaine manié-ré , ou pxx une certaine personne , ou avec l’Oraisonqui commence Barnaz,a , Leutìcts , Bucella&c. ou à n’en vouloir porter que pour donner quelquemaléfice ; que pour être préservé de quelque mal, ouque pour chasser quelque maladie par une voye indue.Car il est important de remarquer avec l’illustre Chan-celier de l’Université de Paris (f) , que toute obser-vance qui est le moins du monde suspecte on infectéed’Idolatrie , d’heresie , Ou d’apostasie , quelque sainteou salutaire qu’elle paroistè en dix , en vingt ou entrente de ses parties , doit passer pour entïerement su-specte ou infectée de l’un de ces trois crimes, à moinsqu’on ne distingue bieri ce qui est vil d’avec ce qui estprécieux.

.Quant aux Reliques, VAuteur.de la Somme appelléeAngélique , soutient qu’ón n’en doit point porter pen-dues au cou. Car s’étant proposé la question (g) , ilse répond, non. S. Thomas soutient au contraire qu’ilD ou il est visible que l’on peut pechér én quatre n’est pas défendu d’en porter ; & son opinion est suiviemaniérés, en portant fur foy des choses sacrées. presque de tous les Théologiens! Cependant il y au-

1. En les portant en conséquence d’un pacte tacite roit de la Superstition » à ne vouloir porter des Reli-ait exprès fait avec le Demón , comme font ceux qui ques que dans un Reliquaire fait d’une certaine matièreportent fur eux là mesuré de la playe du côté de nôtre ou d’une certaine figure, ou à y avoir tant de Cûnfian-Seigneur, dans la croiancé qu’elle leur procurera tous les ce que de croire qu’elles font capables toutes seules deavantages qui font marquez à la fin dé VEnchiridion nous obtenir le pardon, de nos pechez, & la grâce de la,

nomade precatiómtm Leohis Papa , parce qu’elle ne peutles leur procurer que par l’entremife du Démon (c).

a. En les portant accompagnées de mots inconnus,tels que font ceuX-ci, Authos, Anoftro , Noxio , Baj ,Gloj , Apen , qui se Usent dans le même Livré avec cet-te Préfacé que je renvoyé à la note (d),

5. Eri les portant jointes avec quelque fausseté,comme qui porteroit cette rytme , dont quelques vieil-les sorcières fe servent dans leurs enchantemens : Beata'virgo Jordanem t r ans vit tune S. Stephanus ei obvia-

vit (y eam interrogavit &c. ou V Oraison prétendue duPape Léon ; Crux Christi quam femper adoro , cire. S’i-maginant que le faux , l’impie , l’execrable préambule,qu’on voit ci-dessous, feroit véritable (e).

(<*) Bréviar. Theolog; p. 2. 2. n. Obíèrvantia Sacrorum , dìt-U , est adhibitio reì sacrse ad coníèquendum effecturii. cujus pro-ducendi non habet efficaciam naturalem, divinam, aut Eccleílas-ticam.

(b) Loc. cit.

(r) Voici les propres termes de ce détestable Livre : Hase estmeníùra plagie qux erat m latere Christi deláta Constantinopoliád Imperatorem Carolum Magnum in quadam capíùlá aurea , utReliqui* pretìoiissimx, ne ullus hostis posset riocere ei. F.jus au-tem tanta est virtus , Ut riec ignis , nec aqua , nec ventus, nectempestas , nec lancea, nec eniìs, nec diabolos poffint nocere ei,qui vel ipse leget, vel lévi jubebit , Vel secum féret. Pr*tereamulier dolore part’us non morietur quo die eam viderit , sed lù-bitò & facile liberabitur. Deinde quicunqué eam niensuramTe-cum geret, de suis inimicis victoriam reportabit, nequé injuriamaut detrimentum pati poterìt. Denique eo dìé quo quis eam le-gerit, improvisa morte non delebitur.

(d) Hxc sunt nómina omnipotentis Domirii nostri Jesu Cliris-. qure extracta sunt ex aliis ejusdem liominihnc Quisquis éa

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j. . r- r ■ -““umuius.

ruper ie portavent , iciat ie omne negotìum simm habiturum es-te , née nnnníim fieri TÍnfìe tir Ttrodiriotie r ir-u ,.. stem st coílo

née vmquam fieti poste Ut ptoditlone caputur.gent1 ab aliquo portabuntur, à ab omnibus diligetur.

{e) Hsc sunt verba quse Léo Papa Carolo Magnò Régi ac Im-peratori naìsit , quorum virtus est probáta. Qu*cumque ìgiturpersoua ea suprà le portaverit aut legerit , feu legi fecent, eo diei°tr’n a — 1 ne^ue ignis , ílcíjuÉ oíicnuO“

evadet pericula mala mortis .

persévérance finale , fans nous mettre en peine de fairede bonnes œuvres, ni de changer de vie. .

Pour ce qui concerne les Evangiles , il semble queles Peres de l’Eglife n’approuvent pas .qu’on les portependus au cou , pour guérir, les maladies. Car voicicomme en parle S. Jean .Chryfostome ( h ), s’il est vrayqu’il soit V Auteur de VOuvrage imparfait fur S. Mat-thieu , que quelques S ça vans lui attribuent, quoique léCardinal Belìarmin (i) & plusieurs autres ne soient pasde ce sentiment. ,, Quelques-uns , da-il, portent é-„ crite autour de leur coû une partie de 1 Evangiles„ Mais ne lit-on pas tous les jours l’Evangilë dans l’E-„ glife ; afin que tout le monde l’entende \ Si donccelui à qui on lit tous les jours VEvangile n’en pro-„ site point » comment en ptíura-t’il profiter & en être,j guéri, lorsqu’il ìe portera pendu à son coû ? Ert„ quoi consiste, je vous prie, la vertu de l’Evangile?

„ Est-ce daus les figures & les caractères des lettres iou dans f intelligence du sens qu’il renferme ? Si elle„ consiste dans les figures & les caractères des lettres »j, c’est bien fait que de le mettre autour de vôtre coû-„ Mais si elle consiste dans l’intelligence du sens qu’il

„ ren-

nem ullam patietur , sed in honore 2c senectute morietur , 8comnem honorem érit coníêquutus. Et si quíe mulier gravida por-taverit super se dicta verba , qu* partttrire non poterìt , cité pa-riet, 8c non poterit ire ad perditionem. ,

(f) Gerson in Opusc. advers. doctriîiam cujusdam Medici JLee. propos. 5. Omnis obíèrvatio. dit-il , quantumciimque í’anc-ta 8c salubtis videatur , in decem, aut viginti, aut triginta parti-culis si habéat unicam particulam de Idololatria , vel hreresi , velde apostasia siispectam , aut infectant , débit iota suspecta 8c in-fecta reputari, nisi fiat manifèstatio prétiosi à vili.

(s) V. Reliqui* , n. 4. Utrum Reliqui* Saftctorum debeantportari ad collum ? Il la te f ut en cette maniéré: Respondeo qUodnon.

{h) Homil. 44.

(i) Lib, de Scviptorib, Eccles. in S. Jo. Chrys.

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