7 o DES SUPER
„ participation de ï’Idolâtrie ? Celui qui espere en une„ statue inanimée, est malheureux ; mais celui qui es-„ pere en des préservatifs morts, est encore plus mal-„ heureux.
S. Cyrille Patriarche de Jérusalem (a), asseure que„ }es préservatifs & les caractères appartiennent au cultej, du Diable, & que nous devons les éviter aprés nôtre„ Baptême , de crainte que le Démon ne nous traite„ avec plus de sévérité qu’auparavant.
„ Lorsque nous sommes dans l’affliction, dit S. Ba-„ JUe (/>), nous avons plutôt recours à toute autre cho-,, fe qu’à Dieu. Avez vous un enfant malade, vous„ jetiez les yeux de toutes parts pour voir si vous ne„ trouverez point quelque Charmeur, ou quelqu’autre„ personne qui vous donne des caractères vains & inu-„ tiles pour les attacher au cou de vôtre enfant; ou bien„ vous allez chercher un Médecin & des remedes,fans vous„ mettre en peine de celui qui peut guérir vôtre enfant.
S. Grégoire de Nazianze , intime ami de S. Basile,rejette généralement tous les préservatifs, & veut que lesFideles fe contentent de l’invocation de la Tres-sainteTrinité, pour fe garentir de tout mal. „ Vous n’avez,, que faire , dit-il (c), de préservatifs ni de charmes.„ C'est une illusion dont fe sert le Démon pour s’insi-„ nuër dans les esprits des simples, & pour fe faireren-,, dre comme en cachette & clandestinement l’honneur„ qui est deû à Dieu. Contentez-vous de la Trinité.„ C’est un grand & un beau préservatif.
S. Gaudence Evêque de Bresse dit aux Néophytes,„ que les charmes & les ligatures font des efpeces d’Ido-,, latrie.
S. Ambroise (d) déclaré nettement que ceux qui met-tent leur confiance dans les préservatifs & les caractères,seront damnez : „ Qui confidunt in Phylacteriis & cha-„ racteribus damnabuntur.
S. Augustin (<?) témoigne „ que les 'ligatures & les, y remedes que la Medecine condamne, soit qu’ils con-„ sistent dans les enchantemens , ou dans certains cha-„ racteres, appartiennent à la Magie , & font des effets„ de quelque pacte avec les Démons.
On peut juger de l’aversion que ce grand DocteurLvoit pour ces fortes de remedes, par ce qu’il dit dansle premier Discours fur le Pfeaume 70. lorfqu'il appellemauvaises & infidèles (/) lesmeresqui ont recours aux li-gatures, aux sacrilèges & aux charmes, pour guérir leursenfans du mal de tête.
II n’en parle pas avec moins de force dans un autreDiscours (g). „ II y a maintenant, dit-il, une certai-.„ ne persécution du Diable, qui est plus cachée Se plus„ sine que n’étoient celles de l’Eglise primitive ". UnChrétien est au lit malade ; il est tourmenté de grandesdouleurs, il prie Dieu; Dieu exauce ses-prières, oupour mieux dire, il ne les exauce pas, mais il réprouve,il l'exerce, il le chastie, afin de faire voir qu’il le traitecomme son enfant. Dans le fort de ses douleurs, il esttenté du côté de la langue. Une femme , ou un hom-me , si on le peut appeller homme. s'approche de fin lit &lui dit: „ Faites cette ligature & vous ferez guéri, celui-ci,, celui-là en ont été guéris, vous le pouvez sçavoir d’eux-„ mêmes. Le malade ne sc rend pas à ce discours, il„ n’y obéit pas , il demeure ferme, il résisté, quoi-,, qu’avec beaucoup de peine. Le mal qu’il souffre„ lui ôte les forces ; mais cela n’empesche pas qu’il ne„ vainque le Démon. Il devient martyr dans son lit,,, & celui qui a été attaché pour lui à une Croix , lui„ donne la Couronne du martyre.
,5 La Vie de l'homme ( dit-il encore ) est exposée à„ une perpétuelle tentation. Quelquefois un fidelle est,, malade, & il est tenté dans fa maladie. Pour le gue-
(a) Catech. 1, Mystagog.
(b) Homil. in Psaí. 45.
(r) Orat. 4. in S. Baptisma.
(d) Serm. zz.
(e) L. 2. de Doct. Christ, c. 20.
(/) Ibid. Quando filiis caputdolet, mal® 8cinfidèles matresliga-turas sacrilegas & incantationes quasrunt.
(g) Serm. rz. w Fest. SS. Gervas. 8c Frotha. inSuppl.Vigner.
STITÏONS.
„ rir on lui promet ún sacrifice illicite, une ligature cri-„ minelle & sacrilege , un enchantement abominable ,„ une conjuration magique. On l’affeure & on lui dit„ que celui-ci ou celui-là ont été en même danger que„ lui , & qu’ils en ont été délivrés par un semblable,, remede. Faites le donc , ajoute , t’on, fi vous voulez,„ vivre. Si vom ne le voulez, pas faire vous mourrez, in-,, fdliblement. Prenez bien garde s’il n’y a point, Vous,, mourrez , fi vous ne reniez Jesus-Christ. Ce que„ les persécuteurs disoient ouvertement aux Martyres,,, le tentateur vous le dit secrètement. Faites ce remede,, & vous fierez guéri. N’est ce pas la même chose que„ s’il vous disoit, sacrifiez aux Idoles & vous fierez„ guéri. Si vous ne le faites, vous mourez, n’est ce„ pas comme s’il vous disoit, Vous mourez , fi vous no,„ leur sacrifiez ? Vous avez trouvé un combat, cher-„ chez une pareille victoire. Vous étés dans votre lit,, & vous étés dans la carrière. Vous étés couché &„ vous combattez. Demeurez ferme dans la foi &„ vous remporterez la victoire lors même que vous„ ferez fatigué ( h).
II dit ailleurs (i) , que ceux qui ajoutent foi auxGraveurs de préservatifs, aux Devins, aux Aruspices,aux Phylactères & aux Augures, quoiqu’ils jeûnent,quoiqu’ils prient , quoiqu’ils aillent continuellement àl’Eglise, quoiqu’ils fassent de grandes aumônes, quoi-qu’ils mortifient leurs corps , ne gaigneront rien ,s’ils ne renoncent à ces observances impies & sacrilè-ges , qui étouffent & ruinent tout le bien qu’ils pour-raient faire.
11 ne fera pas hors de propos d’observer ici, que lemot Car agi, qu’on lit dans le passage de ce Pere, signi-fie ceux qui gravent des lettres ou des caractères furles préservatifs. De là vient que les lettres & les ca-ractères Rappellent en Grec xufayiiceret , à cause qu’ilsfont gravez ou écrits, & que caraxare en Latin veutdire graver ou écrire , selon ces paroles du Poète Pru-dence dans l’Hymne de saint Romain:
Cardxat ambas ungulis feribentibusGênas , cruentis & fiecat faciem notis.
Le Concile Romain tenu fous le Pape Gelafe Tari494; déclare apocryphes tous les Phylactères , qu’il as-seure être faits par l’art du Démon (ífi) :
Le Concile d’Agde (/) en 506. dit la même chosedes préservatifs, que le Concile de Laodicée que nousvenons de rapporter.
S, Grégoire le Grand, dans un Synode Romain ( m ),fulmine des anathemes contre ceux qui se servent de pré-servatifs.
S. Eloi Evêque de Noyon (n) , conseille à sespeuples ,, de ne point s’arrêter aux Graveurs de preser-„ vatifs , qu'il , appelle , Caragos ou Caraïos, comme„ fait saint yíugufiin (0) , & de ne point attacher de,, ligatures au cou des hommes ou des bêtes, quand„ même ik verraient des Ecclésiastiques en user ainsi,„ & 'qu’on leur dirait que cette pratique serait sainte,„ & qu’elle ne renfermerait que des paroles de l’Ecri-„ ture , farce que ces fortes de remedes ne viennent„ pas de J e s u s-C h r i s t , mais du Démon. .
Le Concile de Constantinople (p) en 6z>r. veut qué
ceux
{h) Serm. z f. inter editos à Sirmundo.
,(/) Serm. .241. de Temp. Qui prsedâs malis, id est cartagis Scdivinis, aruípicibus vel phylacteriis , 8c aliis quibuílibet auguriiscredideria, etsi jejunet, etlì oret, etíi jugiter ad Ecclelìam currat,etsi largus eleemoíynas faciat, eríì corpusculum in omni aíflictioneíuum cruciaverit, nihil ei proderit quamdiu illa sacrilegia non re-liquerit : quia impia illa sacrilegii oblèrvatio ista omnia bona obruit8c evertit.
(k) Phylacteria omnia, qu® non Angelorum, ut illiconfingunt,íèd daemonum magis arte conscripta sunt, apocrypha.
(/) Can. 68.
(m) C. 12.
(») Lib. r. Vit. cap. >y-
(o) Serm. 241. de Temp.
(p) Concil. Trullan. Can. 6r. Sexennii Canoni subjieiantur A-muletorum praebitores. Eos autem qui in iis pcriìstunt, Ecclelìa
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