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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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b È S SUPER

ìe d uue cuisse blessée , guérir le mal de cuisse, remet-tre les membres disloquez , guérir le mal de goûte,ni empescher quon ne verse en carosse, par le moyenae certains charmes (a).

Ni faire ce que Bodin raconte en ces termes (b) : II35 y en a en Allemagne qui mettent en un pot bouïl- lr du lait de la vache que la Sorcière aura tarie ,

3 > & en disant certaines paroles que je tairai, & írâp-3 j pant contre le pot des coups de bâton , áu même3 j mstànt ils disent que le Diable frappera la Sorcièrepar le dos autant de coups. Cest chose illicite, car33 cest suivre lintention & volonté de Sathan , qui,3 par ce moyen attire celle qui nest pas Sorcière ,

33 pour en être aussi , voyant chose si étrange.

Ni pratiquer quelquune des choses, dont Léonard V air(c) parle ainsi en Historien seulement ; puisque dans leChapitre ii. du 2. Livre il prouve que les paroles nontpas delles-mêmes la vertu de charmer les maladies, nide produire dautres effets extraordinaires , ainsi quenons lavons rapporté dans le Chapitre zi. 33 Ne fçait-,» on pas assez que daucuns par la vertu de certains,, mots se sont métamorphosez en bêtes, & ont pris3, visage dautres choses ? Daritres aussi ne se sont-ils33 pas fait transporter d'un vol isnel & prefquen un mo- ment, en des lieux fort écartez de leur demeure ? Ce33 qui rtous doit plus aisément être persuadé, entant quë33 les animaux font attestez, & mêmes pris pâr la force de quelques mots. Les mulots, les sauterelles, & au-3 , tres vermines, qui nuisent aux blés, arii vignes, 8 c,, aux vergers , íònt-elìes pas chassées par mots & écri-3, teaux , ou par certains caractères que bien souvent on prononce fans y penser? Les ferpens ne sont-ils pas arrêtez par vertu daucutis mots ?. Et que,, dirons-nous dun certain Magicien, lequel aprész, avoir murmuré trois ou quarte paroles en Toreille33 dun taureau , ìe fit tomber si rudement & lourde- ment à terre ; quil fembloit être mort ? Cela est,, dabondant confirmé par ceux qui engravent fur du3, pain certains caractères, & le preferitent à mangers, pour recouvrer quelque chose perdue ou dérobée.3, II y en a aussi daucuns, lesquels aprés avoir prq-s, noncé quelque charme, marcheront lès pies nuds for des charbons ardens , 8 c fur la plus pointues, épée que soit , & rie sappuyant que fur ust,, doit, de lautrë main ils élèveront en haut iin hom-3, me 3 ou quelquautre plus pezant faix t ils domte- ront d'une feule parole les plus farouches chevaux & les taureaux les plus furieux. On fait aussi mòu- rit les vers & arrêter le sang , encore qu coulât,i de toutes parts, en disant certains mots. Bref, parj, la prolation daucuns mots, tdutes maladies sont de-3, jettées du corps lhomme , les playes sont gue- ries, & les flèches qui tiennent aux os, sont arra-Ì3 chées fans aucune douleur. Et il sen trouve dau-3, cuns qui fe vantent de pouvoir guarir ceux qui fe-33 ront mordus de chiens enragez, ou de ferpens, ou,3 qui feront tourmentez de quelqjue autre venin, en->, cor quils soient absens , & même bien éloignez,, deux , & quils ne saideront eri cela daucun au-3, tre remede que de la prononciation de quelques3> mots;

, Ni arrêter óu faire courir lés chèvaux, les carolíes 1les chariots, les coches 3 & lés charettes , èh récitantcertaines paroles, òu en les écrivant fur le lieu parils doivent passer. S. Jerôme (d) fait mention dunCharmeur qui faiíbit courir ou arrêter des chevaux

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quand il vouloit. Quand cela arrive , il faut faire re-brousser chemin aux chevaux& les faire passer parun autre endroit.

Ni arrêter le sang qui coule du nez, eri écrivant surle front de la personne qui saigne, avec son sang mê-me , certaines lettres 8 c certaines paroles. ^ Ou en luifaisant avaler un billet fur lequel on ait écrit ce motA... ni séchapper dune prison en faisant ce qui suit.

Le jour que lon entre en prison il saut manger so-brement, & le lendemain avaler à jeun une croûte de pain.sur laquelle on aura écrit ces paroles : Senozam , Qo-Z'Oz.a } Gober , Dom , &c. Puis fe coucher 8 c dormirfur le côté droit.

Ni arrêter les carosses, les charettes &c. en mettantâu milieu du chemin un petit bâton sor lequel on au-ra écrit ces mots. Jérusalem omnipotent Detts, conver-tis toi, arrefies toi la , ensuite traverse le chemin parou, tu vois venir les cdrojfes & chevaux 8 cc. Ni tirer decent pas loin dans un fol, & donner dedans en écri-vant fur un morceau de papier les noms des troisRois, y envelopant la balle , puis en retirant son ha-leine ,, en tirant le pistolet, le fusil Lee. dire, je te con-jure daller droit oìt je veux tirer &c. Ni charmer lesarmes à feu & les empêcher de tirer

1. En faiíánt un certain caractère sor du parcheminvierge de loup de bouc lorsque le Soleil entre dans signe à.' Aries , un mardi à la premiere heure du jour.

2. Eri disant Arquebuse, pistolet, ou autre armeb à feu , je te commande que tu ne puisse tirer de par rhomme qui souffrit mort & passion à l'arbrc33 de la croix pour nous pauvres pécheurs, & quil te3, soit donné par penitence de ne point tirer &c.

3. En découvrant la bouche du Canon & de la plati-ne, & disant cés mots , Lematrcm Obstrahot Obstre ma-,ter Lee. ,

4. Eri difint S. Roch aroc férues , au nom du Pere &c.Florido póndo pullo favem diatam flum penigum penetralikdiaboli qui quarunt mala mihi voco adjúro vos reges infcr-éiales gr omnes spiritus immmdos , amen Lee.

5. En disant. Je te conjure au nom de Dieu «I; que tu ayes à perdre ta chaleur, comme Judas per-33 dit fa couleur quand il eut trahi Notre Seigneur 8 cc.

; 6. En portant fur foi, ou en disant ces mots, lorsquelon voit les armes. Valcanda jacem raphit maphit efeor -his , LeC.

7. En portánt fur foi ces lettres écrites dans un billetenvelopé dun linge neuf, aprés quelles auront été neufjours fur un autel : >J«. >J<. f. a, p. h. p. q. ( a. hiq. Lee. Se garentir dun coup depée en disant, Iramquiram frtin fraten fratesquè , Lee. Se garentir de soriennemi en disant Sanguis Christi fit inier >J<, te>J<. & me. 8 cc.

Ni guérir un cheval encldué eri mettant trois fois les pou-ces en croix fur sori pié , & en disant à chaque foisun Pater Le»un Ave au nom du dernier pendu qui atué. Lee, Dire ces mots avant que de jouer aux carteson auxdez : Partiti funt vestimenta me a , mifermt fortemcontra me ad ìncarte elà a jîlii a Èuiol Liebec Fraya Bra-guefa ty Belzebdth. Lee. puis faire trois signes de croixsor les cartes & les dez, polir y gagner toujours. ,

, Ni porter un enfant qui est malade de la fievre fur le toitdune riîaison , ou Ie mettre sor une fournaise pour leguérir. Les femmes qui le font sont condamnées à une an-née de penitence» felori lePenitencielde Bede, ( e ) Bur-çhard. Evêque de Wormes , & Ives de Chartres (JJdans leurs Décréts :

(«) Pline parle cés charmés en cesse maniéré : Lîb. 28. c, 2.Etìam parietes istcendiomist deprecationibus conscribuntur, DixitHo-Werus , profluvium sanguinis vuinerato femme tJlyffeni inbibuíffecarmiae , Theophrastus Ischiadicos sanari. Cato prodidit luxatismembris Carmen auxiliari, M. Varro Podagris. Cxsarem Dictato-rem poft u num an cipitem vehicul casum > ferunt semper, ut pri-mum coníèdiífet, id quod plerosque nunc facere scimus, carmineter ^P e fo° » fecuritatem itinerum aucupari solibam.

(fi) L. 3. de la Demono. c. f.

(c) L. 1. c. p. *

(d) In vira Hilarion,

Ni chausser toujours la jambe gauche la premiere pourse préserver de colique .. Empêcher les chasseursde rien prendre & de rien tuer à la chaste en disant, fiergo me quartât finìte .... Lee. Appaiser la tempete eriécrivant Çonfummamm ejl dune certaine maniéré, êc en

le

(e) C. h: - ....

, (/) L. 10. C. 14. & i. i 9 ; P. íi. C. 41: Mulíer 6suum ponit super tectum , aut in fornacen pro saiútate teD iuiannum unnm pxniteat.