DES SUPERSTITIONS.
le mettant ensuite sur la pointe d’un couteau à manchenoir.
Ni charmer les armes en disant .... fois Molatum , &ensuite Molatus dives, fulgiter, regina , .... ou bien k
Jtgnis C&li .... nolite titnere quia ego vobis jubeo .ni
guérir l’epilepsie où le mal caduc en liant au bras dumalade un des clous d’un crucifix. Ni guérir la goûte enécrivant fur une plaque d or ce vers latin traduit d’Ho-mere
Concio turbot<t est y fubter quoque terra sonabat .
lorsque la lune est dans la balance, ou plutôt dans lesigne du lion. Ni guérir la fievre .... en écrivant furune feuille d’oîivier cueillie avant le lever du Soleil ,& portée au cou; CAROY, A...
Ni éteindre le feu qui est dans une cheminée, en fai-sant trois croix fur le manteau de la cheminée, & endisant certains mots.
Ni s’expofer tout nud au Soleil levant, & en même-temps dire certaine quantité de fois Pater 8c Ave ypour guérir les fièvres. Il y a des femmes & des fil-les qui le pratiquent ainsi, ayant plus de foin de leursanté que de leur honnesteté & de leur modestie.
Ni se mettre le cou sur une auge de porcs, ên disant,au nom du Pere , & du Fils , er du S. Esprit , pour êtreguery des fièvres.... & de quelques autres maladies.
Ni étendre fur la ratte d'une personne qui en est ma-lade , la ratte d’une bête, en disant, Oue l’on fait unremede pour la ratte .
Ni employer aucun des moyens que S. Bernardin deSienne (a) décrit , & condamne de la forte: ,, Il y„ en a qui étant fur mer, & voyant une certaine nuée„ s’élever, la conjurent avec certaines paroles en te-„ nant leur épée toure nuë en leurs mains. O'autres„ pour être guéris du mal , ou de l’enfleure de gor-„ ge, prennent un couteau qui a le manche noir, &,, récitent certains mots. D’autres pour guérir le mal„ de reins font coucher le malade le visage contre„ terre , puis une femme qui a eu deux enfans tout„ d’une portée, tenant deux quenouilles dans ses deux„ mains lui marche fur les reins, & passe trois fois par„ dessus lui, en prononçant quelque charme. Quel-,, ques-uns pour remettre les veines de la cuisse qui font„ torses & hors de leur situation ordinaire, prennent„ un bassin plein d’eau , 8c par le moyen de certaines„ paroles font monter Veau de ce bassin en haut dans,, un pot de terre. Quelques autres pour guérir la fièvre,, continue, la fièvre tierce, ou la fièvre quarte , don-„ nent à manger aux malades à jeun pendant trois jours„ des feuilles d’arbres, ou des pommes, fur lesquelles„ ils écrivent certains mots. II y en a enfin qui pour„ guérir des blessures récitent la formule qui commence,, par, Longinus fuit Hebraus , &c. ou celle-ci, Tres,, boni fratres , &C.
Ni empescherqu’un poulet ì qui on aura percé la têted’un couteau ne meure, en diíànt, Gaber st loc , fendu. Niguérir d’autres fièvres .... en prenant d’un certain vin,dans lequel on a fait tremper quelque-temps, ces parolesécrites fur du papier » Conceptio Immaculata Beata Ma-ria Virginie .
Ni ecrire en beaux caractères ces paroles fur un billet ^bouée soit P Immaculée Conception de la tres-Sainte Vierge ,mafcher & avaler ce billet le Samedi matin, afin de gar-der tant qu’on voudra les remedes qu’on nous aura don-nez, & de ne jamais vomir les médecines que nous avonsprises.
Ni mettre un baston entre ses jambes & dire ces paroles,Boston blanc , Baston noir , &c. qui font celles que disentles Sorciers, lorsqu’ils, veulent aller au Sabath , ainsi quele témoigne Henri Loquet (b) dans son discours des Sor-ciers.
Ni empefcherqu’ón ne tire droit avec un canon, un fu-
(») Tom. i. Serin, r. in quadrag. art. z. c. 2 . ' '
(b) C. a 6 .
fil, ou une autre arme à feu, en récitant ces mots, Mtt-laton , Malatas Dinar.
Ni enfin guérir des maladies des hommes ou desbestes, & faire des choses surnaturelles 8c extraordinai-res , en récitant des paroles , soit de l’Ecriture Sain-te , soit des Offices divins, soit quelques autres quel’Eglife n’a point établies pour produire ces effets*Car cela est positivement condamné parmi les Chré-tiens , fous les noms de charmes 8c d’enchantemens ,de Charmeurs & d’Enchânteurs.
„ Lorsque vous ferez entrez dans la terre que jé VOus,, montrerai (dit Dieu a son Peuple ( c ) donnez-vous biest„ de garde d’imiter les abominations des Gentils, &„ faites en sorte qu’il ne fe trouve point d’Enchanteurs,, parmi vous.
Le Roi Manasses est blafmé dans le second Livre desParalipomenes (d) , de ce qu’il avoit â fa fuite & à faCour des Magiciens & des Enchanteurs :
Le Prophète Isaïe (e) prédit à la ville de Babylonequ’elle fera stérile 8c veufue, à cause de la multitude deses maléfices, 8c de l’extrenâe dureté de ses Enchanteurs:
Saint Irenée (/) dit des Hérétiques, appeliez Simo»niens, qu’ils (fe scrvoient d’exorcifmes & de charmes :& des Sectateurs de Basilides (g ), qu’ils mettoient enusage les images magiques, les enchantemens, 8c les in-vocations du Démon : Nicephore (b) témoigne prequela même chose des Helcefeites, qui étoient les Disciplesdu faux Prophète Elxai.
Origene ou Jean de Jérusalem (i) , asseure que „ les,, enchantemens damnables font des piégés & des trom-„ períes du Diable, des restes de l’idolâtrie, des illusions„ & des scandales des âmes. Ce que la plupart des hom-,, mes ( dit-il) ne reconnoissant pas aujourd’hui , auíïx-„ tôt qu’ils ont quelque incommodité , ils ont recours„ aux enchantemens & aux Enchanteurs. D’autres fe„ servent d’enchantemens contre les enchantemens des„ ferpens, contre les suggestions & les blasphémés des> „ Démons. D’autres charment ceux-là même qui char-„ ment les autres, ou qui font charmez. Et toutes ces,, choses font des inventions du Diable.
Le Concile de Laodicée (te) dessend aux Ecclésiasti-ques d’être Magiciens ou Enchanteurs. S. Ephrem Diacrede l’Eglife d’Edesse en Syrie (/) déclaré „ que dans nô-„ tre Baptême nous avons renoncé aux maléfices, aux„ divinations & aux charmes.
S. Jean Chrysostome (m) voulant empescher ses Au-diteurs de fe servir des remedes extraordinaires & diabo-liques que les Juifs leur prefentoient, Sc les exhortant àmourir plutôt que de recouvrer la santé par cette voye,
' leur adresse ces paroles : „ Quand vous voudrez détour-„ ner un Chrétien d’avoir commerce avec les Juifs,„ dítes-lui que nous portons le nom de Chrétiens, 8c„ que nous en avons la qualité, non pas pour avoir re-„ cours à ses ennemis. Que s’il prend pour prétexte queí-„ que maladie dont il reeherche la guérison, 8c s’il vous„ répond qu’il ne va chercher des juifs qu’àcausequ’iís„ promettent aux malades de les guérir , découvrez-luí„ les fourberies, les enchantemens, les sortilèges 8C les,, breuvages empoisonnez dont fe fervent ces malheureux.„ Ils nsont pas d’autres secrets que ceux-là póur guérir„ les maladies en apparence ; car ils ne guérissent pas ef-„ fectivement. Et je ne craindrai pas d’avancer une ve-„ rite qui paroxtra peut-être incroyable ; c’est que quand
„ mê-
[)euteron. 18. . T
C. %x Habebat secum Magos Sc Incantatores.
2 .j . Venient tibi duo hxc íubitò in die una, stérilisas SC
.T* * jm'i in. limer te nr/wt^ - -1, > ,1 i
incmciu. .
(/) L. i. adverí. beres. c. 20. Exorcismis gc Incantationibusutuntur.
(g) Ibidem c. 23. Utuntur & imaginibus, & incantationibus»!Lt invocationibus.
(h) L. 5. Histor. Eccles. c. 24.
(i) Tract. 3 in Job.
(k) Can. ;6.
(l) De abrenunciatione.
(w) Hom. 1 . 6 . advers. Jud. eos.