Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
JPEG-Download
 

remarques

Sur quelques endroits du Traité dès Superstitions, par MhThiers, avec t Explication de plusieurs PratiquesSuperstitieuses representêes dans les Figures .

P Age r8. ligne 3 r. Jean Garmer Loup-garos <.] 11

ny a jamais eu de Loup-garou. A u lieu de lesbrûler, comme on a fait autrefois, il auroit fallu les en-fermer comme des fous. Les Loup-garoux sont des misé-rables à qui dordinaire la solitude ou ils vivent dérangéìimagination de telle façon quils deviennent furieux &courent les champs, comme des bêtes feroces. Cestce qui leur a fait donner le nom de Loup-garou Loupà cause de leur fureur , & Garou , comme qui diroitgare , mot que lon dérivé de lHebreû , & signifierapide. Telle est l'Etymologie que donne Borel dumot Garou. Ainsi Loup-garou devroit signifier selon luiun Loup qu'il faut éviter. Je crois que Garou doitson origine à Wer. Werdaar en Alleman se rend enFrançois par qui vive. Du mot de Wer on a fait gare ,& de gare on a fait Garou.

Ibid 1 . 34 & suiv.J Tout ce que Mr. Thiers rapor-te ici de ce grand nombre de Sorciers ne fera crû quedes femmelettes Sc des enfans : au moins si par Sorcieron entend une personne , qui se dévoue au Démon parun pacte formel & en lui rendant ensuite un hommagepareil à celui que lon doit rendre à Dieu. Quil y aitdes gens assez médians pour nuire aux autres par despratiques dangereuses que lon appelle Maléfices , empoi-sonnemens &c. personne nen doute. Ici je dirai en pas-sant , que selon la confession de quelques Sorciers exé-cutés comme tels , ils avoient accoutumé dadorer leDiable & de lui prêter le serment de fidélité au milieud'un cercle tracé dans lendroit se tenoit le Sabat.Le Diable le vouloit ainsi , disoient-ils , pour mieux.imiter la Divinité quon represente par un Cercle. Le-quel des anciens Prêtres dEgipte se seroit imaginé quunde leurs hiéroglyphes pourroit être un jour le principe

des hommages religieux que le Diable se seroit rendreau Sabat?

Page 30. 1 . 64. Les Sorciers ont copulation charuelleavec le Diables Voyez touchant les incubes & les suc-cubes ce que jai remarqué fur un endroit du ChapitreXVI. de 1 ' Apologie pour les grands hommes &c. parNau-, & Naudé lui-même, ibid. Les Incubes & les Suc-cubes font dûs à limagination du peuple, qui donnedans deux extrémités en attribuant tout ce qui est sur-naturel , ou merveilleux , ou mystérieux aux Saints ouaux Diables. Cest par la fable des Incubes que plusieursnations ont voulu relever léclat de leur origine , ouplutôt cacher la naissance honteuse de leurs fondateurs.En Pologne cette fable a sauvé lhonneur de la meredu premier des Jagellons que lon fait naître dun Ours ;dans le Poitou celui de la Mere des Lusignans, & de mê-me en plusieurs autres endroits.

Page 31. ligne 8. En empêchant qu'm homme &c.]Nouer /aiguillette se sait ordinairement , dit-on, par lemoyen dune ligature accompagnée de certaines parolesprononcées pendant la bénédiction nuptiale, & qui ren-dent lhomme impuissant. Mais laiguillette nest ja-mais mieux nouée que quand limagination se frappedune aversion subite ou de trop dimpatience & de pré-cipitation en amour. Laversion retient les esprits, unamour impatient les dissipe. Certains alimens causentaussi lun ou l'autre de ces effets. Il est vrai-semblablest Ue quelque amant frappé dun soudaine impuissance in-venta su r champ, & pour sauver son honneur, la fablede laiguillette ; aimant mieux attribuer son impuissanceau Démon quau manque de vigueur qui laiffoit une

maîtresse en défaut.

Page 35. j. 1 1. Ceux qui portent fur eux du sel nonbéni .J Le sel entre, dans plusieurs sortilèges , & cest àcela quil faut attribuer toutes les superstitions du vul-gaire daujourdhui au sujet du sel ; comme le malheurqui suit dune saliere renversée , ou lorsqúon a oubliéde mettre la saliere sur la table &c. Lorigine des Super-stitions touchant le sel est due au grand usage quon ensaisoit autrefois dans les sacrifices ; on sen servoit aussicomme dun signe de paix & dunion. Cest ainsique successivement répandre du sel ou renverser une salie-re a été regardé comme une marque dirreligion , en-suite comme un signe de rupture & de désunion, & en-fin comme un présagé de toutes sortes de malheurs.Lusage superstitieux du sel a été fort connu des A 11 e-mans & des Peuples septentrionaux. Je regarde commeun reste de cette Superstition la coutume de pressurerdu pain & du sel aux étrangers. Les Saxons & les Ba-taves éprouvoient autrefois les criminels avec du sel & dupain, ce qui se pratiquoit de la maniéré suivante. Aprèsune priere &quelques conjurations prononcées fur du pain& du sel , celui qui étoit accusé de quelque crime étoitobligé de manger lun & lautre. Si laccusé avaloitsans peine le pain & le sel, il étoit absous. Dans la basseLatinité cette pratique a été appellée Ojfa judkiaria,

Ibid ligne penultieme.J à 1 a note que jai miss& qui commence, il falioit dire remede superstitieux &c.ajoutés ce qui fuit pour servir supplément au Cha-pitre & expliquer en même tems la planche quon voieici. Pour trouver lusage superstitieux dès Images, ilfaut remonter au premier tems , repasser les Theraphimsdes anciens Hébreux , & toutes les Idoles domestiquesdes anciens peuples. Dans le tems moderne nous trou-vons une partie de ces Superstitions chez les Indiens &c.Les Juifs suppléent aux Theraphims par labus des Mez.-z-uzoth , 8 c , disons le à notre honte, les Chrétiens duvulgaire par une confiance ridicule au Crucifix &aux Images , comme ayant une vertu particulière &intrinsèque : au lieu que le Crucifix & les Images nedoivent servir quà fixer notre espérance & notre foi àJésus-Christ , rappelles dans notre mémoire lesmerveilles de fa vie & ses soufiances, les vertus & la pié- des Saints. Les Mez.uz.oth des Juifs font des mor-ceaux de parchemin quils cachent avec foin dans lespoteaux des portes de leurs maisons , par une supersti-tion qui leur sait prendre à la lettre ce que dit Moise,vous graverés la Loi de Dieu fur les poteaux de vos portes&c. On doit donc à ce passage , aux fausses explica-tions des Rabins , & enfin aux exagérations de ceuxqui, dans la Religion déclament plutôt les vérités quilsne les enseignent, ces morceaux de parchemin q narrés,préparés exprès, ou fur lesquels quelques passages du Deu-teronome sont écrits dune encre particulière , & dun ca-ractère bien quarré, roulés ensuite & mis avec beaucoupde précaution dans un tuyau de roseau ou tout simple-ment de bois , à lextrémité duquel on écrit Sadai , quiest un des noms de Dieu. On attache ces tuyaux auxbatans de la porte , au côté droit : quand on entre dansla maison , ou quand on en sort , il saut toucher'cecendroit du bout du doit » & baiser le doit par dévo-tion.

Les differens signes ou caractères, que lon a repré-senté ici fur un fond noir sont des marques superstitieu-ses que les Indiens se font sur le front par un principede dévotion avec du íàndal de plusieurs couleurs, aux-quelles on mêle souvent des cendres. Les signes de U*Ff ' ?re-