Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
Seite
190
JPEG-Download
 

HISTOIRE CRITIQUE

190

,, animante rabido : quia eo tempore cubicularìus Adeleï-,, dis Comitijfe Areleonis ad fujfragium finfti Haberti adduElas incisas legitar . Si íusage dës lors en étoit

j, ancien , il y a bien de lappárence quil tiroit son origine du reins même que le saint corps fut trans- féré. Ce Saint Abbé étoit bien éloigné de regarderj, la Neuvaine comme superstitieuse , puisquautrement} il ne lauroit jamais soufFerte. II attribuoit donc les merveilles qu'il voyoit tous les jours, non à 1a so-,, perstition , mais à la puissance de Dieu, lequel se plait à faire éclater les mérites du grand Saint Hu-

*3

bert , comme parle lEvêque Diocésain dans son ap-

^ probation. Le sentiment d'un Saint Abbé qui étoitinformé à fond de ce qui regarde la Neuvaine, nest

í J

pas d'un petit poids , & il ny a personne qui ne juge quon doit le préférer à celui de Gerson dail- leurs très pieux & très éclairé , mais qui if étoit pas assez informé de cette affaire. Nous en dirons un mot ci-après.

Jentrevois ici une objection quon pourra former.

j En effet on la déja faite à une autre rencontre. Dans^ les paroles de f Auteur , que nous venons de rappor- ter , il est bien parlé , dira-t-on , de lincision,,, mais non pas de la Neuvaine , qui peut navoir été en usage que longtems après. Mais il est aisé de-3, pondre que , quoiquil nen parle pas positivement, il le suppose [comme une chose constante. En effet il est certain quelle étoit en usage longtems aupara- vant. Un miracle arrivé en 879. en fera foi. Un,, homme du voisinage qui avoir été mordu dun loup enragé , eut recours à Saint Hubert fous promesse,,, sil guérissoit, de donner au Monastère un cheval,, quil montoít ordinairement. Après sêtre fait tail- 1er , & avoir observé ce qui est de coutume , il ob- tint une parfaite guérison. Nous obmettons les au- tres circonstances dun miracle qui arriva pour lobli- ger dexécuter fa promesse , 8 c nous allons voir que la Neuvaine étoit alors en usage. Auro ígitur ficra-à, ta fiolœ , dit 1 * Auteur qui rapporte ce miracle , ca- pi 11 periclitantis de more injito , & fe obfervandi or dîné dilate domum rediit. On ne peut entendre autre-, } ment ces paroles ; & fi obfervandi or dine diffato , que de la Neuvaine dont on donnoit alors les articles par

écrit, au lieu quon les donne aujourdhui dans un petit imprimé. LAuteur vivoit du tems de Saint Thierry, & il y a de lapparence que ce fut ce Saint,, Abbé qui lui fournit les mémoires dont il se servit,3, pour continuer lHistoire de Saint Hubert en rap- portant les miracles quil a faits après fa mort. II3, trouva donc dans ces anciens mémoires ce que nous33 avons rapporté ci dessus, & fi obfervandi ordine dic-,, tato .... Ces autres paroles qui font de lAuteur- me font remarquables : Efl enim , dit-il auísirot a- près, eo in loco certiffma filas hujus horrendi diferi-3, minis , rabiei , Ji adfit vera fides periclitantis , (7* ob-3, fervetur diclata condìtio collata finitatis. Elles nous,, apprennent dun côté, quau tems de Saint Thierry k Neuvaine étoit en usage comme il a été dit ci- dessus 3 & de lautre côté pourquoi il y en a quel- quefois qui ne guérissent point, quoiquils ayent eu recours à Saint Hubert. On croyoit en ce tems- aussi bien quaujourdhui , qu'un défaut de foi, ou une négligence à observer les articles de la Neuvai-3, ne , accompagnée de quelque mépris, en peut être 1 a cause. Aureste si 1 a Neuvaine étoit en usage dès 879 , il est à présumer que ce qu'on a toujours cru ici touchant son origine est véritable r savoir quelle a commencé dès 825 , le saint corps ayant été trans- féré avec ses habits pontificaux , les Evêques qui as- sistérent à k Translation en ôtèrent la Sainte Etole pour k faire servir à lusage auquel elle sert encore3, 3ujourd hui. Et certes qui lauroit osé faire sans leur participation , ou fans laveu au moins de lEvêque3, Diocésain . On n avoit obtenu le corps du grand33 Saint Hubert qui repoíbit auparavant dans lEgliíe3, de Saint Pierre à Liège » que par beaucoup de prié-

res & de sollicitations.

LEvêque Walcaud de qui la chose dépendoit, & qui auroit bien voulu en gratifier les Religieux ds ce Monastère quil avoit établis lui-même tout nou-3, vellement » crutjjuil ;ne pouvoit rien faire fans est3, parler à lEmpereur , qui avoit son Palais proche de Liège. Celui-ci en parla au Métropolitain , & ils,3 crurent quil seroit à propos den parler dans un Con- cile dEvêques qui se devoir tenir à Aix-la-Chapel-,, le. Ce fut dans ce Concile quil suc arrêté que le saint corps seroit transféré , ce qui se fit avec beau»,3 coup de solemnité. Les Evêques donc qui assisté-3, rent à k Translation , réglèrent entre eux ce qui fe pratique aujourdhui touchant k Neuvaine. Ils ni-3, gnoroient pas le grand pouvoir que notre Saint avoit3, exercé de son vivant même fur k rage , & sor leS autres maux qui en approchent. Un Auteur dont le Père Roberti fait mention , parlant de ce qui ar-3, riva immédiatement après son retour de Rome , rap-3, porte de lui quil fit quantité de miracles, 8 c parti» culiérement touchant k rage, dont Dieu punit est3, ce tems- plusieurs personnes pour vanger 1a mort3, de Saint Théodard & de Saint Lambert, aussi biest3, que plusieurs autres crimes qui étoient leffet dune3, passion enragée. Diverfi patrat miracala , H- pra-3, cipne circa ràbiem canam , luporum & urforum , qui' bus tune temporis jujfo Dei judìcio puniebantar Tuú'33 gria , Taxandria & viciniores Jylvefires Provincia . ra* bìofe enim five prìnceps sive populas occiderant finílut» Theodardum , Epifiopum fuam Lambertum fecerant,3 exutes finftum Amandum , finflam Remaclum Epis -,3 copos : bona Ecclejta pradatì sacrant. Cela sacorde parfaitement avec ce que les Historiens racontent de plusieurs visions que notre grand Saint eut à Rome» qui 1 assuraient du pouvoir quil exercerait un joiss sor les Démons, sor k rage, & les autres maux qui en approchent. II semble donc , tout cela bien con*,, sidéré , que ce ne sut pas fans raison ni fans un ist' stinct particulier de lesprit de Dieu , que les Eve-,, ques résolurent entre eux demployer k Sainte Eto- le pour leffet que nous voyons encore aujourdhui»», Ils jugèrent sagement que pour ne pas tenter Dieu* il ne falloit pas se contenter de faire une simple in ci*,» sion dans le front en y insérant une parcelle de k,, Sainte Etole, mais quil falloit employer les moyen* naturels & surnaturels pour arrêter un mal si dangf reux. Et comme il est clair quune partie des arst' clés de 1 a Neuvaine appartient à la Théologie, # lautre à la Médecine, ils réglèrent entre eux le pr e ",, mier point sor les principes de la Théologie, &pouf lautre ils sen rapportèrent aux Médecins. Voyons» cela supposé , ce quil faut répondre aux objections» en donnant en même tems un éclaircissement pl<k ample aux principaux articles de k Neuvaine.

,, premier & le dernier article sont ceux que lon com' bat davantage ; cest aussi par ceux- que nous com' mencerons. Voici ce que porte le premier arti<d á avec son explication.

La personne à qui on a inséré dans le front o parcelle de 1 a Sainte Etole , doit fe confesser & com'

munier neuf jours consécutifs.

33 Sous 1 a conduite & le bon avis dun sage 8 c P 1 "^ .,, dent Confesseur , dit lexplication , à qui il a PP 3 ^

3, tient de juger de k disposition de 1a personne , tastl3, pour 1 a Confession que pour 1 a Communion. , ,

Larticle ainsi expliqué ne souffre pas la mom^

difficulté. Car la Confession & 1 a Communion choses bonnes en elles-mêmes, on ne peut fans m*

piété accuser une Confession & Communion de jours, si elle fe fait sor lavis dun sage & P rl r 3- Confesseur , 8 c comme on suppose , avec les dkP^

,, sirions requises dont il appartient au Confesseur ^

,, juger. Et pareequon na jamais entendu autrem^

cet article 3 & que cest fans aucun fondement ^

suppose le contraire pour avoir quelque prétexte ^

condamner 1 a Neuvaine ; cest pour cela que le