«ji HISTOIRE
y, nit pas toujours par des châtimens visibles les déré-„ glemens des hommes, mais les attendant à pénitence„ avec une patience infinie , il diffère ordinairement de„ les châtier jusqu’après leur mort. S’il n’y avoit que„ ceux qui s’approchent dignement des Sacremens qui„ sussent préservez de la rage , & si tous ceux qui en3> abusent même sans le savoir mouraient dans la rage,„ cela auroit de grands inconvénient Les premiers se-
roient tentez d'une présomption dangereuse , & les„ seconds mourroient dans le désespoir. On ne veut,, point pourtant assurer qu’il n’arrive jamais que quel-„ qu’un meure dans la rage , en punition des confes-„ fions & communions indignes qu’il auroit faites.,, Car si un défaut de foi, ou une obmiffion volon-,9 taire de quelqu’une des observances, accompagnée de,, quelque mépris, peut empêcher la guérison, suivant„ ce qui a été dit , combien davantage la profanation„ que quelqu’un feroit des Sacremens ? II est tems„ que nous disions quelque chose touchant le répit,,, dont il est parlé dans l’article dixième.
„ On ne peut pas , dit-on , reconnoitre un privilé-,, ge miraculeux , tel qu’est celui-ci dans les impies,„ fans en avoir de très grandes raisons. Or on accor-„ de ce pouvoir de donner répit à toutes fortes de per-„ sonnes qui ont été taillées, & cela fans en avoir de„ bonnes raisons, au moins qu’on sache.
,, R. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit,„ touchant l’origine de la neuvaine. Il est à présumer,„ comme nous avons dit, que ceux qui en ont dressé„ les articles, l’ont fait par l’instinct de l’esprit de Dieu.„ Après en avoir réglé les neuf premiers , il fallut son-„ ger aux moyens de pourvoir aux besoins de ceux qui„ ne íè trouveroient pas en état de se transporter inces-„ famment à Saint Hubert, ou qui ne pourraient pasj, actuellement pratiquer cette observance. Tels que„ sont les enfans, qui n’ont pas atteint l’âge compétant„ pour communier. Tous ceux qui fe trouvent dans,, quelqu’un des cas pour lesquels , selon les régies de3 , l’Eglife, il faut refuser ou différer l’absolution. Ceux„ qui sont trop éloignez pour se rendre ici aussitôt„ qu’ils le devraient ; ou qui ne le peuvent à cause deS , quelque maladie ou infirmité, ou autre empêchement„ considérable. Il fut donc résolu qu’on accorderait„ dans tous ces cas un certain terme â ces fortes de„ personnes, par une humble confiance dans les méri-„ tes du grand Saint Hubert. 11 fallut désigner en mê-„ me tems les personnes qui pourraient accorder ce dé-„ lai, & on n’en pouvoit désigner d’autres plus raison-„ nablement que les Religeux de cette maison, & ceux„ dont il est parlé dans l’article. On ne pouvoit res-„ traindre le pouvoir d’accorder le répit aux seuls Re-„ ligieux ou autres personnes de ce Monastère , com-,, me il est clair, puisqu’il n'aurait servi qu’à ceux du,, voisinage. On y ajoute donc ceux qui auraient été„ taillez, & dont il sèroit facile de rencontrer quelqu’un>, dans tous les endroits , ou le grand saint Hubert sê-,, roit connu. Une infinité de merveilles ont fait voir,, jusqu’ici qu’on ne s’est pas trompé dans la confiance,, qu’on a eue dans les mérites de ce grand saint, car„ ceux à qui on donne répit sont également préservez,, de la rage , tout le tems que dure le répit, comme,, ceux qui ont fait la neuvaine. Le terme que l’on„ donne, est de 40 jours. Il le falloit ainsi pour ceux„ qui font un peu éloignez , & d’ailleurs un plus long„ terme accordé indifféremment à tous, ferait la cause3, que plusieurs négligeraient de fe rendre ici aussitôt»> qu’ils le peuvent, ce qui feroit dangereux ; & parce-» que ce terme ne suffit pas toujours, c’est pour cela3» que l’article porte que la personne taillée pourra don-,, ner répit ou délai de 40 jours à 40 jours. Si ceux„ qui ont institué la neuvaine , n’avoient su le grand,, pouvoir que Dieu avoit accordé à Saint Hubert de,, son vivant meme , on auroit pu les accuser de vou-,, loir tenter Dieu, & risquer l’honneur du saint, ausfi-„ bien que la vie d’une infinité de personnes. Mais les„ merveilles que ce grand Saint avoit opérées de son
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„ vivant, & les miracles qu’il faisoit encore après fa„ mort , furent un motif suffisant pour les porter à ce-„ la , Le il y a tout sujet de croire qu’ils furent con-„ duits de Dieu en cela , & en tout ce qui regarde la„ neuvaine. On ne peut raisonnablement former d’au-„ tre jugement, quand on considère ce qui s’est pas-„ sé depuis près de 900 ans. Car oseroit-on dire quS„ tout cela n’est qu’une pure illusion de l’Esprit ma-„ lin, Le qu’une chose qui s’est passée aux yeux ds„ tout le monde , non seulement de l’aveu des Evê-,) ques Diocésains, mais avec l’approbation de tant ds„ personnes savantes & pieuses , est une superstition„ damnable ? Dieu qui se plait à glorifier ses Saints„ devant & après leur mort , St qui a rendu le non»,» du grand Saint Hubert si célèbre par toute la ter-.„ re, aura-t-il permis que le Diable ait trompé & fé-,, duit une infinité d’ames sous le nom de ce grand„ saint, dans le lieu-même où repose son saint corps,-, & où il a été si souvent chaíïé par l’invocation ds„ ce même nom?
,, Peut-être, dira-t-on, qu’encore que tout ce qu*,, se pratique ici soit en effet une pure superstition,„ Dieu ne laisse pas de récompenser la simplicité de la„ soi de quelques personnes , qui par une ignorance„ sondée sur l’exemple & l’autorité de tant de pér-ir sonnes savantes & pieuses, & par conséquent invin-,, cible, pratiquent cette Neuvaine, & espèrent lagué-„ tison des mérites du grand Saint Hubert. C’est en,, effet ce que disent quelques uns, & nous avons vu„ un petit écrit latin qu’on assure être d’un Docteur„ & Professeur en Théologie qui parle en ces tenues.„ Oui tam m inculpatâ ìgnorantid , quàm cúm pietate îfl„ sanftum Hubert um Novendianos ritrn observât , atqtii„ etiam procrastmationis inducias , quod t amen diffkilÛH„ approbatur , concedit , superfiitionis potefi non infìmtf„ lari , ìmb ex fidei merito immunìtatem k rabie obtineTC„ valet interdum a Deo per preces fanEH Hubertí.
„ II avoue dans le même écrit qu’il n’est pas éví-s dent que la pratique de la Neuvaine soit fuperstitieu-„ fe , sor-tout après l’approbation de l’Evêque Dioce-,, sain Sc des Docteurs de Louvam* ylpcrta çorruptel^„ vacat , dit-il. On laiste à juger aux favans si cS„ qu’il dit est foutenable , & conforme aux principe*„ de la Théologie. Savoir si en supposant, comme il„ fait, que la pratique de la Neuvaine est une pure sb'
„ perstition , on peut dire en même tems que Dieu ne„ laisse pas de récompenser la simplicité de la foi ds„ quelques personnes qui l’observent. Ne sembîeroit-„ il pas appuyer , si cela étoit, cette observance supes'
„ stitieuse , & travailler à tenir des gens simples SC„ idiots dans l’erreur ? Cela s’accorde-t-il avec la doC'
,, trine commune des Théologiens, qui enseignent qt*®
,, Dieu ne peut pas faire des miracles qui tendraient *
„ appuyer une doctrine erronée ? in confirmâtiontm ef“
„ roris. Mais n’est ce pas fournir , fans y penser, de*
„ armes aux hérétiques, pour combatre ce que l’Egl*"
„ fe enseigne touchant l’invocation des Saints, &l’hosl'
„ neur que nous rendons à leurs Reliques? Nous n° uî„ servons pour appuyer ce dernier point de plusieuf*
„ passages de l’Ecriture ; par exemple de ce qui est ^
„ dans l’Evangile de cette femme qui avoit une pe stC„ de sang , & de plusieurs autres qui par un saint e 01 '
,, prestement s’approchoient du Sauveur pour touché„ le bord de son vêtement dans l’espérance qu’ils st'
„ raient guéris de leurs maladies. Rogabant eum , ^
„ vel fimbriam vefiimenti ejus tangerent , efi,, tetigerunt salvì faEli funt. Aíath. XIV. Nous„ servons de même de ce que nous lisons aux„ des Apôtres chap. 5. que le peuple apportoit les„ Jades dans les rues, & les mettoit fur des lits & ^
,, paillasses, afin que lorsque Pierre passerait, fon„ bre au moins couvrît quelqu’un d’eux , &
„ sussent guéris de leurs maladies. Et au chap. ^ , í„ que les mouchoirs & les linges, qui avoient toU c 1„ le corps de Saint Paul étant appliquez aux m^ 3 .’
„ ils étoient guéris de leurs maladies, & les E S P rí y