DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, & c .
», tnalins sortoient. Ces argumens tirez de J’Ecriture», font convaincans, & prouvent d’une maniéré invin-,, cible que P honneur que nous rendons aux Saints &
», à leurs Reliques est agréable à Dieu , & infiniment», éloigné de toute superstition* êoici cependant ce», que pourroient dire les Hérétiques conformément a», ce que l’on dit de notre Neuvaine. Ce qu on vient», de rapporter de P Ecriture n’étoit dans le fond qu une,» pure superstition , & Dieu en guérissant ces malades»> a voulu récompenser la simplicité de leur foi sans ap-» prouver le moyen dont ils se servoient. Mais qui»> des Catholiques l’oseroit dire , ou à qui est-il ja-» mais venu dans la pensée ? Il ne paroit donc pas» qu’on puisse dire que Dieu récompense la simplicité», de la foi de quelques personnes, pendant qu’on sou-», tient que la Neuvaine est une pratique superstitieuse.
»> II faut dire tout d'un coup qu’il n’y a rien de mi-« raculeux en tout ce qui s’est passé ici depuis près„ de 900 ans, que ç’a été une illusion perpétuelle du" Démon qui s’est joué d’une infinité de personnes» au déshonneur de notre Sainte Religion , & à la
» honte du grand Saint Hubert, pendant même qu’il» le faisoit un grand nombre de miracles à son tom-» beau qui a été longtems exposé à la vénération des" fidèles. II faut dire que Dieu a permis que f Es*
5 > prit de mensonge ait trompé & séduit de très íain-tes Ames , qui étoient disposées à mourir plutôt« mille sois que de rien faire qu’elles auraient su dé>
», plaire à Dieu. , Voilà ce qu’il faudra dire , si on» continue de soutenir que la pratique de la Neuvai-„ ne est superstitieuse. Venons aux autres objections.
„ II n’est pas constant , dit-on , que les guérisons„ qui se font ici, soient miraculeuses, puisqu’on ne„ fait point d'information avec les Théologiens & les», Médecins fur chacune, qu’on ne fait point de pro-», cès-verbal de la rage du chien , de la morsure de» l’homme, de sa guérison &c. En vérité, ajoute-h t-on, il faudroit pour s’en assurer prendre les mê-», mes mesures que prennent les Prélats, avant que de
», souffrir qu’on publie un nouveau miracle dans leurs» Diocèses.
„ R. Cette objection seroit de quelque poids &», pourrait avoir lieu , s’il ne s’agiíloit que de quelques», cas particuliers Sc de la guérison d’un petit nombre» de personnes. Mais ou il s’agit d’un miracle jourria-», lier, pour ainsi dire, comme celui-ci» elle perd tou-», te fa force, comme on espère qu’on en demeurera», convaincu si on examine la chose à fond. A-t-on», besoin en premier lieu de procès-verbaux pour être», assuré qu’il court assez souvent des chiens ou autres», bêtes enragées, Sc qu’un grand nombre de personnes»» en sont mordues à sang , & par-là exposées à un», danger évident ? Quand on supposerait qu’entre ceux" qui viennent ici pour être taillez , il s’en trouverait»* qui n’auroient point été mordus, ou qui ne l’au-», raient été que légèrement, & fans aucun danger ; il», demeure toujours certain qu’au moins une grande par*», tie l’est, Sc même dangereusement: il n’est pas moins», «vident que la plupart, Sc presque tous, font préfer-», vez^ de la rage. II est si rare qu’une personne meure», âpres avoir observé la Neuvaine , que les adversaires» semblent vouloir triompher parcequ'un Auteur qui a»» écrit nouvellement des superstitions » assure qu’il a» rencontré en 1687. un homme dans la Paroisse de” àarenton qui avoit été taillé , & avoit observé la" V^uvaine , qui cependant n’a pas laissé de mourir»! st ” S 3 ra 8 e- Les cas étant si rares, les morsures si», h rentes , l e concours des gens qui viennent ici»» nvn ^ rre S u éris si grand , depuis tant de siécles,», bau * C j P as mocquer que de parler de procès-ver-»> de f r, ns Une ehose qui est connue de tout le mon-„ dérent^ 6 Ceux c l ui nous *° nt cette objection, consi-„ ici a, h plus lu'on ne s'y prend pas si légèrementiàrfo S serTlbl «nt se l’imaginer. On est pleinement,» maraup« 5 ^° Ur S ’ en être informé des Médecins, desst attsQu e \i es on peut reconnoitre fi une bers
,, est enragée , on si celui qui est mordu est en quelque„ danger. Ceux qui viennent ici apportent de boni„ témoignages de leur Pasteur , ou de la Justice dú», lieu , & souvent ils sont plusieurs qui exposent fin*
», cérement la vérité du fait. Ce n’est qu’après s’êtré„ informé exactement du tout qu’on les admet, & on„ en renvoyé plusieurs , quand les marques qu’ils don*
„ nent de la rage de la bête ne font pas suffisantes , ou„ qu’ils n’en ont été mordus que légèrement. On„ prend occasion de ce qu’il y en a quelquefois qui„ meurent dans la rage, de nous faire une nouvelle ob»
„ jection à peu près en ces termes.
„ Puisque la guérison n’est pas infaillible , & què„ les précautions que l’on prend sont insuffisantes , quel*
„ le preuve a-t-on que les guérisons font miraculeuses ?
,, R. On a déja dit ci-dessus qu’encore que lès ef-», sets qu’on voit tous les jours, soient tout-à faitmer-„ veilleux , & qu’on y remarque assez clairement le», doigt de Dieu qui opère toutes ces merveilles pour», faire éclater les mérites de son Saint ; cependant iî„ ne s’ensuit nullement que l’esset soit infaillible. Un„ défaut de foi, a-t-on dit, une obmiffion volontaire„ de quelques articles accompagnée de quelque mépris,
„ l’abus & la profanation des Sacremens, ou quelqu’au-„ tre chose , pourroient être la cause qu’une personne„ n’obtiendroit point la guérison. D’oìi il ne s’ensuit„ nullement, comme il est clair , que les guérisons ne„ soient pas miraculeuses. Et si les précautions que,, l’on prend sont d’elles-mêmes insuffisantes, c’est une,, preuve assez grande qu’il y a ici quelque chose dé„ surnaturel & de divin , à moins qu’on ne demeure,, arrêté à soutenir après tout ce que nous venons de 1„ dire, que tout ce qui s’est fait depuis tant de sié-,, clés , n’a été qu’une pure illusion du Démon , ce„ qui seroit bien dangereux. Voici une autre objec-„ tion.
„ Pourquoi, dit-on , tant de cérémonies, si fessesÍ, est miraculeux ? A quoi on ajoute que la Neuvainé„ enferme des précautions peu nécessaires; & des om-», bres de mortification, assez singulières.
„ R. Oh a déja dit que ceux qui ont institué lá33 Neuvaine ont eu en vue de ne point tenter Dieuà„ & que c’est pour cela qu’ils dressèrent fur l’avis dés„ Médecins quelques articles que ceux-ci jugèrentpropres, pour apporter quelque remède à un mal siredoutable. Ce fut pour engager Dieu ì bénir ceremède 3 qu’ils ordonnèrent la Confession & la Com-munion de neuf jours. Et comme il a plu au Sei-3, gneur de bénir visiblement cette conduite dès le com-3, mencement qu’on avoit institué la Neuvaine, on Lcru qu’il falloir continuer à pratiquer la meme ob-servance sans y rien changer. Le Père Roberti ré-pond solidement à cette objection, & il fait voir quèDieu fait souvent dépendre les guérisons miraculeu-ses qu’il opère, des moyens naturels dont on se sert»qui d’eux-mêmes feraient insuffisans. Entre plusieursexemples tirez de l’Ecriture qu’il rapporte , il se sert„ de ce que nous lisons au livre I V. des Rois chap, V.& presque tous, sont préfet- 3, de la guérison de Naaman , à qui le Prophète Elisée
ordonna de se laver sept fois dans le Jourdain. Onne peut nier , dit-il, quelque miraculeuse que soiecette guérison de Naaman , que les eaux courantesn’ayent quelque vertu. Prater Dei manum qtta facilmirabilia , non eji neganda vis fiuviMiuttt aquarunt*II se sert aussi de ce qui est dit au chap. XX. dumême livre de la guérison du Roi Ezechias, oh onvoit que le Prophète Isaïe fit apporter des figuespour appliquer fur son mal- Miraculum grande fuit ,dit fur cela le Père Roberti, fid ficus potius adhibitaquant aliud quidpiant , quia vint h ab et dijeutiendi tu -mores , entolliendi ad fupuratìoncs , & il le dit aprèsles Médecins. II en dit autant de la guérison duvieux Tobie qui recouvra la vue, non sans un grandmiracle , mais pourtant après que.son fils lui eut ap-plique fur les yeux ce què l’Ange avoit ordonne.Adoraftda in tanto miraculo , Dei benknitas ; caterumC c c »>
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