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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, & c .

», tnalins sortoient. Ces argumens tirez de JEcriture», font convaincans, & prouvent dune maniéré invin-,, cible que P honneur que nous rendons aux Saints &

», à leurs Reliques est agréable à Dieu , & infiniment», éloigné de toute superstition* êoici cependant ce», que pourroient dire les Hérétiques conformément a», ce que lon dit de notre Neuvaine. Ce qu on vient», de rapporter de P Ecriture nétoit dans le fond qu une,» pure superstition , & Dieu en guérissant ces malades»> a voulu récompenser la simplicité de leur foi sans ap-» prouver le moyen dont ils se servoient. Mais qui»> des Catholiques loseroit dire , ou à qui est-il ja-» mais venu dans la pensée ? Il ne paroit donc pas» quon puisse dire que Dieu récompense la simplicité», de la foi de quelques personnes, pendant quon sou-», tient que la Neuvaine est une pratique superstitieuse.

»> II faut dire tout d'un coup quil ny a rien de mi-« raculeux en tout ce qui sest passé ici depuis près de 900 ans, que ça été une illusion perpétuelle du" Démon qui sest joué dune infinité de personnes» au déshonneur de notre Sainte Religion , & à la

» honte du grand Saint Hubert, pendant même quil» le faisoit un grand nombre de miracles à son tom-» beau qui a été longtems exposé à la vénération des" fidèles. II faut dire que Dieu a permis que f Es*

5 > prit de mensonge ait trompé & séduit de très íain-tes Ames , qui étoient disposées à mourir plutôt« mille sois que de rien faire quelles auraient su>

», plaire à Dieu. , Voilà ce quil faudra dire , si on» continue de soutenir que la pratique de la Neuvai- ne est superstitieuse. Venons aux autres objections.

II nest pas constant , dit-on , que les guérisons qui se font ici, soient miraculeuses, puisquon ne fait point d'information avec les Théologiens & les», Médecins fur chacune, quon ne fait point de pro-», cès-verbal de la rage du chien , de la morsure de» lhomme, de sa guérison &c. En vérité, ajoute-h t-on, il faudroit pour sen assurer prendre les-», mes mesures que prennent les Prélats, avant que de

», souffrir quon publie un nouveau miracle dans leurs» Diocèses.

R. Cette objection seroit de quelque poids &», pourrait avoir lieu , sil ne sagiíloit que de quelques», cas particuliers Sc de la guérison dun petit nombre» de personnes. Mais ou il sagit dun miracle jourria-», lier, pour ainsi dire, comme celui-ci» elle perd tou-», te fa force, comme on espère quon en demeurera», convaincu si on examine la chose à fond. A-t-on», besoin en premier lieu de procès-verbaux pour être», assuré quil court assez souvent des chiens ou autres», bêtes enragées, Sc quun grand nombre de personnes»» en sont mordues à sang , & par- exposées à un», danger évident ? Quand on supposerait quentre ceux" qui viennent ici pour être taillez , il sen trouverait»* qui nauroient point été mordus, ou qui ne lau-», raient été que légèrement, & fans aucun danger ; il», demeure toujours certain quau moins une grande par*», tie lest, Sc même dangereusement: il nest pas moins», «vident que la plupart, Sc presque tous, font préfer-», vez^ de la rage. II est si rare quune personne meure», âpres avoir observé la Neuvaine , que les adversaires» semblent vouloir triompher parcequ'un Auteur qui a»» écrit nouvellement des superstitions » assure quil a» rencontré en 1687. un homme dans la Paroisse de àarenton qui avoit été taillé , & avoit observé la" V^uvaine , qui cependant na pas laissé de mourir»! st S 3 ra 8 e- Les cas étant si rares, les morsures si», h rentes , l e concours des gens qui viennent ici»» nvn ^ rre S u éris si grand , depuis tant de siécles,», bau * C j P as mocquer que de parler de procès-ver-»> de f r, ns Une ehose qui est connue de tout le mon- dérent^ 6 Ceux c l ui nous *° nt cette objection, consi- ici a, h plus lu'on ne s'y prend pas si légèrementiàrfo S serTlbl «nt se limaginer. On est pleinement,» maraup« 5 ^° Ur S en être informé des Médecins, desst attsQu e \i es on peut reconnoitre fi une bers

,, est enragée , on si celui qui est mordu est en quelque danger. Ceux qui viennent ici apportent de boni témoignages de leur Pasteur , ou de la Justice», lieu , & souvent ils sont plusieurs qui exposent fin*

», cérement la vérité du fait. Ce nest quaprès sêtré informé exactement du tout quon les admet, & on en renvoyé plusieurs , quand les marques quils don*

nent de la rage de la bête ne font pas suffisantes , ou quils nen ont été mordus que légèrement. On prend occasion de ce quil y en a quelquefois qui meurent dans la rage, de nous faire une nouvelle ob»

jection à peu près en ces termes.

Puisque la guérison nest pas infaillible , & què les précautions que lon prend sont insuffisantes , quel*

le preuve a-t-on que les guérisons font miraculeuses ?

,, R. On a déja dit ci-dessus quencore que lès ef-», sets quon voit tous les jours, soient tout-à faitmer- veilleux , & quon y remarque assez clairement le», doigt de Dieu qui opère toutes ces merveilles pour», faire éclater les mérites de son Saint ; cependant ne sensuit nullement que lesset soit infaillible. Un défaut de foi, a-t-on dit, une obmiffion volontaire de quelques articles accompagnée de quelque mépris,

labus & la profanation des Sacremens, ou quelquau- tre chose , pourroient être la cause quune personne nobtiendroit point la guérison. Doìi il ne sensuit nullement, comme il est clair , que les guérisons ne soient pas miraculeuses. Et si les précautions que,, lon prend sont delles-mêmes insuffisantes, cest une,, preuve assez grande quil y a ici quelque chose surnaturel & de divin , à moins quon ne demeure,, arrêté à soutenir après tout ce que nous venons de 1 dire, que tout ce qui sest fait depuis tant de sié-,, clés , na été quune pure illusion du Démon , ce qui seroit bien dangereux. Voici une autre objec- tion.

Pourquoi, dit-on , tant de cérémonies, si fessesÍ, est miraculeux ? A quoi on ajoute que la Neuvainé enferme des précautions peu nécessaires; & des om-», bres de mortification, assez singulières.

R. Oh a déja dit que ceux qui ont institué33 Neuvaine ont eu en vue de ne point tenter Dieuà & que cest pour cela quils dressèrent fur lavis dés Médecins quelques articles que ceux-ci jugèrentpropres, pour apporter quelque remède à un mal siredoutable. Ce fut pour engager Dieu ì bénir ceremède 3 quils ordonnèrent la Confession & la Com-munion de neuf jours. Et comme il a plu au Sei-3, gneur de bénir visiblement cette conduite dès le com-3, mencement quon avoit institué la Neuvaine, on Lcru quil falloir continuer à pratiquer la meme ob-servance sans y rien changer. Le Père Roberti ré-pond solidement à cette objection, & il fait voir quèDieu fait souvent dépendre les guérisons miraculeu-ses quil opère, des moyens naturels dont on se sert»qui deux-mêmes feraient insuffisans. Entre plusieursexemples tirez de lEcriture quil rapporte , il se sert de ce que nous lisons au livre I V. des Rois chap, V.& presque tous, sont préfet- 3, de la guérison de Naaman , à qui le Prophète Elisée

ordonna de se laver sept fois dans le Jourdain. Onne peut nier , dit-il, quelque miraculeuse que soiecette guérison de Naaman , que les eaux courantesnayent quelque vertu. Prater Dei manum qtta facilmirabilia , non eji neganda vis fiuviMiuttt aquarunt*II se sert aussi de ce qui est dit au chap. XX. dumême livre de la guérison du Roi Ezechias, oh onvoit que le Prophète Isaïe fit apporter des figuespour appliquer fur son mal- Miraculum grande fuit ,dit fur cela le Père Roberti, fid ficus potius adhibitaquant aliud quidpiant , quia vint h ab et dijeutiendi tu -mores , entolliendi ad fupuratìoncs , & il le dit aprèsles Médecins. II en dit autant de la guérison duvieux Tobie qui recouvra la vue, non sans un grandmiracle , mais pourtant après que.son fils lui eut ap-plique fur les yeux ce què lAnge avoit ordonne.Adoraftda in tanto miraculo , Dei benknitas ; caterumC c c »>

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