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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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194 HISTOIRE

,, sel ad abftergendas albugines mile ejjs tradìt Plinius, L c. .n. Mais il est inutile de sarrêter ici davan-,, tage. On trouve à redire de ce que la Neuvaine renferme des précautions peu nécessaires, comme de coucher seul en draps .blancs & nets , ou bien tout,, vêtu , & ne point baisser la tête pour boire aux fon-,, taines, ou rivières. Mais il est facile de répondre que sil y en a plusieurs à qui ces précautions parois-,, sent peu nécessaires, il y en a dautres qui font si grossiers, quil íàut leur marquer jusquaux moin- ares choses , & cest pour cela quon a pris tant de,, foin de régler ce qui regarde le boire , le stianger, &,, le dormir. Entre plusieurs raisons qùe le Père Ro- berti donne pourquoi on ordonne de coucher seul, il eri rend celle-ci : afin, dit-il, de, fe conserver dau- tant plus pur pour Rapprocher pendant les neufs jours de la Sainte Table. Nie quid immunditia animas ex,, corporis alieni contagione contrqhat , quern ammum No- vendiali hoc tempore purisimum feryare , ratio , (st Sa- cramentorum quotidie percipiendot'mn fanélitas , fiiadet*j, Cest fans raison quon nous objecte, que la neuvai- ne renferme des ombres de mortification assez singu-,, liéres. La mortification ne consiste pas, comme ils sc limaginent, à manger, par exemple, de la chair duns, porc mâle dun an ou plus, ou de chapons, ou pou-s, les dun an au plus. On sétonne quils puissent,, avoir cette pensée, après lexplicasion quon a don- née. Cest dans le retranchement de tout autre cho-,, íè quelle consiste , ceux qui appellent cela une om-j, bre de mortification nont quà léprouver , & on neí, doute pas quils ne diront auffi-bien que ceux quis, en ont fait lexpérience, que la mortification est très3, réelle. Quils fe souviennent de plus que cet article appartient à Ja médecine , auffi-bien que plusieurs au-,, tres , & quainsi encore quil soit, vrai quil renfer-,, me quelque choie bien mortifiant, on y doit don- ner le même sens , & la -même raison quen a donnéle Père Robert!, il y a 8 o ans. Optimi succi , dit- il, cenfentur sttis carnes k Medicis , çj* nmrimenti con-,, venientijsimi. Porro ante explewm annum , humidio- 4 res , (st prodigiostres sttnt -, & ad putrefaSíonetn faci- liores , quo nihil perniciojìus ejfe pot est us qutbus rabiesf, Mncttur.

On continue de former plusieurs objections. Une« des principales est celle-ci. Tout le fondement quon a pour appuyer cette neuvaine, est un miracle non approuve touchant la sainte Etole quon dit être enson entier. Quis non miretur obfervantiam mirant),, miramlo non probato , nimirum stola intégra confuetu~ dine fola defendt, \

R. On répond que cela est entièrement faux. On5, permet aux adversaires de croire ce quils voudront touchant la sainte Etole. 11 importe peu q'uelle soit encore entière ou non ; cest assez quelle vient cer-,, tainement de saint Hubert, pour que Dieu opère tou- tes les merveilles que nous voyons. II a toujours passe pour constant ici que cest la même avec Ia-3, quelle il fut sacré ì Rome , & que les Historiens as-3, furent unanimement avoir été apportée du Ciel.3, Voici ce qui est très constant. II y a près de neuf cens ans quon en coupe , & cependant elle paroit avoir encore aujourdhui la même longueur, que cel-3, les dont on se sert ordinairement. On laisse à un3, chacun à en tirer la conséquence. On ne la déplie point 3 parceque quelques uns ayant entrepris de le3, faire, entre autres un Nonce du Pape, sy sont trou-ai vez trompez , & fe sont vus obligez de íè désister ,a> par un mouvement subit de tremblement, dont ilsa> furent saisis. Ï 1 a plu au Seigneur de nous conserverp, jusquà présent ce précieux trésor, par une espèce de3, miracle, nonobstant plusieurs ravages que les Barba- res & les Hérétiques ont faits dans ce Monastère,a 3 ete presque tout réduit en cendres plus dune fois. Nous soutenons donc indépendamment de ce miracle touchant la íàinte Etole, que non seulement« on ne peut accuser k neuvaînede superstition , mais

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que lesset merveilleux qui en résulte, doit être,at- tribué à la toute-puissance de Dieu , qui îaccordô aux mérites & aux prières du grand Saint Hubert. Cest comme nous avons vu le sentiment de M eS ' sieurs les Docteurs de Louvain , qiìe noiis croyon? avoir raison de préférer à celui des Docteurs de P a ' ris, parcequils font mieux informez du fond de cet',, te affaire , & que la question à souvent été agitée dans leur école. Si les Médecins de Paris ont crtl,, que nôtre neuvaine est superstitieuse, il nous suffi 1 -,, pour être très persuadez quil ny a pas lômbre de superstition pour les articles qui regardent la Méde >,i cine , que les Docteurs en Médecine de Louvaffi soutiennent le contraire de ceux de Paris. A quoi on doit ajouter que les Médecins qui ont ordonné dès le comrnenceihytìt régime, ònt ; íâns doute été du même sentiment. On ne savisera jamais daC',, cuser de superstition sine personne qui se régie su s,, lavis des Médecins, quoique les fentimens soient partagçz,

Après avoir satisfait aux objections que les Théo',, sogîens forment contre plusieurs articles , hoirs9i pouvons nous empêcher de témoigner lëtonnement nous sommes de. voir que lés Docteurs de' ris, non contens dàvôir décrié la confession & ^ communion de neuf jours, forment en partie le ju- gement désavantageux quils ont porté de la neuvai',, ne, fur ce qui est dit dans larticle septième, savoirs, qùe le dixième jour on doit faire délier son bandeaU par quelque Prêtre, le faire brûler , & mettre 1 # cendres dans la piscine ; & quil faut garder tous 1 ^ ans. la fête de Saint Hubert , qtìi est le z. de No's, vembre. Certainement il faut être prévenu dune maniéré étrange, pour en venir jusques la. Le cíì pouvant-arriver, comme dit lexplication du premi# de ces deux articles , que la parcelle quon inseff dans le front, Relique si considérable , en forte avee le sang , & sattache au bandeau ; quy a-t-ilz, plus juste que de prendre cette précaution par res'ì, pect pour.une Relique si considérable? Il nest p moins juste que la personne qui a été préservée de b rage par les prières de Saint Hubert , en conférs toute fa, vie les fentimens de récónnoissance , Sc & donne des marques au moins une fois lan au jde la fête.

99 ,11 est bon que nous ajoutions ici un mót touchas un passage Gerson quon nous objecte. Voie* comme on la. cité dans un écrit dont nous venons d®,, parler. Quidam fanElorum cultus (st plurium siepefsi*" tionis habere videntur , ut qUod noi/enafiat , & ^ siptimana. Quod ad sianélum Hubertum pro mórju ^

nis rabidi siant inventa particulares obfirvantia , (st tsi,, lis ritus transit in siuperfiitíonem. Tract. côrdís d 1 ' rectione.

R. L'autorité de ce pieux & savant homme sec° lt plus considérable , sil avoit été instruit à fond de cC qui fe pratique ici. Anresté il paroit beaucoup modéré que ceux qui lOnt suivi , puisquil propos son sentiment en témoignant quil ne le tient assuré, .vìdetun dit-il, il se seroit bien gardé de l âC '

cuíër de superstition sil avoit eu une parfaite c o(i,, noissance du sens quil faut donner auf articles,

de lorigine de cette Neuvaine. On avouera ,

99 exemple , que cest fans fondemèht qiion laccust superstition, pareequon ordonne plútot neuf g,, quune semaine. Car quy a-t-il de plus facile < 1 ^

de répondre quil a fallu fixer le tems, quon ne P°0 voit pas le laisser indéterminé , ce qui auroit des Pèlerins à mille peines : quon auroit pu ^

ment le déterminer à une semaine comme on a f aI ^

,, neuf jours, & quenfin on na pas fait un mist ere ^,p,/ ce nombrè de neuf? Si on accuse cela sup erl,, tion , il faudra de même en accuser la plupart de S ?s, nitences que les Confesseurs ordonnent , & q ul sistent en un certain nombre de prières , ou co >taines mortifications à pratiquer vendant un n ofí}

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