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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, & c .' , 5Î

n de jours déterminez. Le Prophète Elisée n 5 en sera pas3j exemt, soi qui ordonne à Naaman de íe laver sept« fois dans le Jourdain ; car pourquoi, dira-t-on, septj, fois plutôt que cinq ou six &c?

s. Nous espérons après ce nouvel éclaircissement qtiej> nos adversaires céderont de décrier notre Neuvaine,3, & de jetter de vains scrupules dans les âmes. Ilsloue-’> ront ávec nous la bonté infinie de Dieu, qui s est ren-du admirable dans le grand Saint Hubèrt depuis tant-- de siécles, pour la consolation d’une infinité de per-sonnes affligées. Ils aimeront mieux reconnoitre ici Ie3, doigt de Dieu, que d’attribuer à P Esprit malin cetté3> foule de merveilles, qui obligent les peuples a lui en,3 ïf n r re continuelles actions de grâces.

seul attouchement ils avoìent été préservez de toutes for-tes de bêtes enragées. Ces Lettres Patentes sont dattéesde Pâris le dernier jour de Décembre 1649. & le septdu régné de Louis XIV. signées Louis, & plus bas parle Roi, la Reine; Régente fa mère présente.

II faut remarquer que dans ces Lettres Patentes, aussi-bien que dans le billet imprimé, il est nommé le Cheva-lier de S. Hubert issu de la lignée & génération du.glo-rieux S. Hubert d'Ardenne , fils de Bernard Duc d’Aqui-taine , avec cette différence que dans le billet imprimée,en 1701; il fe dit fèttl issu dé la noble race du glorieuxS. Hubert & s’associe une sœur qui avoir auísi la mê-me vertu. Il est dit expressément dans les Lettres Paten-tes, que ce Chevalier avoit le privilège de quérir toutes

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faut avouer aue P Auteur de cette réponse n’a rien les personnes mordues de loups ou chiens enragez,, & antres

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Hubet/ 0 n P , Ur S a ' de superstition la Neuvaine de Saint bestiaux atteints de la rages en touchant au chef Can, n ■— _ -U abandonne THistoire de l’EtoIe env ' ' '' * an*

Ci el, ou du moins il n’en parle pas. On peut conjectu-re de ce silence que cette Etole ri’est pas aussi miracu-leuse qu’on le dit. Si cela est , on ne doit plus direstu’elle ne s'use jamais, &Pon a droit de penser que de-Puis tant de tems qu’on taillé les gens mordus par des?uimaux enragez, on a substitué plus d’une Etole. Maisd s’appuye fur des Historiens qui ne méritent aucuneséance ; ainsi quë lè fait voir P Auteur de la Differta-^on latine. Cet écrit paroit avoir été composé pour di-minuer la force des raisonnemens qui se fait sentir dansi ouvrage latin , & on ne rapporte rien qui établisse pardes preuves incontestables , les faits qui seuls pòurroienta utorifer la Neuvaine. Je persiste donc à dire qu’elle estpleine de pratiques superstitieuses ; & fcju’íl fâudroit s’ëntenir à faire, toucher quelque Relique du Saint ■ ainsique je Vai marqué dans le chapitre précédent.

envoyée du curie application de remède ni médicament.

C H A F I T R F. IV:

Çe qtCil faut penser de ceux isùì se dïfeniChevaliers de Saint Hubert , <& issus defa race. fiDe la guérison des écrouelles parles Rois de France & d'Angleterre, Quel-ques autres vertus attribuées à ces derniers\Princesi

C È que nous venons de dire fur ìa Neuvaine deSaint Hubert, nous engage à éclaircir un autre«it. Outre le miracle opéré dans le Monastère de SaintHubert aux Ardennes, on a dit pendant longtems qu'ilY avoit une famille issue de ce S. Evêque, laquelle avoitja vertu , en touchant à la tête, au nom de Dieu, dek Vierge , de préserver de la rage, & de guérir par lefeul attouchement ceux qui avoient été mordus par desm^Oaux enrage?., quand même ce seroit au visage & ausang. Cette famille avoit encore droit de relever du fe-pit, & de toucher avec la clef de Saint Hubert, toutessortes d animaux fans la chausser. Tous ces privilèges fesouvent dans un billet imprimé que répandit un célébrénevaher de Saint Hubert., II s^appelloit George Huberthévaljer issu en droite ligne de la race du glorieux^ lnt Hubert d’Ardennes , Gentilhomme de la maisonr 1 Ce sont les titres qu’on soi donne dans P extraitaptiftaire de son fils nommé Jean-Louis, qui après avoirj e ondoyé reçut en 1681. les cérémonies du baptêmedansla Paroisse de Saint Merry.

Hu/ dernier jour de Décembre ce George

ter f 61 ' 1 0 . lnt des Lettres Patentes, pour pouvoir exer-Co . ranc l u diem e nt son merveilleux talent. Comme ellesen r ntient quelques faits particuliers , je crois devoirs’é/ Pp p rter ìci la substance. Il yèst dit que Louis XI ILde dem ait Rucher , qu’il avoit ordonné à ce Chevalierléans so et X ^ siffle, que Louis XIV. le Duc d’Or-tous les U svi nde ' les Princes de Condé & de Conti ,Viaison d « dçrs de la Couronne, & tous ceux de lau ^oi, s’étoient fait toucher, & que par lè

En conséquence de cette permission, il fit courir dansParis des billets imprimez , où il marquoit son adresse àceux qui voudroient se faire toucher. Nous-apprenonspar la permission. que lui accorda M. Jean-François deGondy premier Archevêque de Paris le. 2. Aout 1652.què George Hubert jeûnoit la veille du jour qu’il de-voir toucher j & que le jour de l’attouchement, il feconsessoit & communion. Ce Prélat lui accorde par lámême permission , la Chapelle de Saint Joseph situéedans Péíendue de la Paroisse de Saint Eustache, pour ytoucher ceux qui se présenteroient. ,, II déclare que par„ graCe spéciale de. Dieu , de la Sainte Vierge, & de,, Saint Hubert, il touche toutes personnes de P un &

,, de l’autre sexes qui sont mordus de chiens, loups, &

,, autres animaux enragez, en touchant au chef fans ap-„ pliquer aucuns médicamens ni autres remèdes , &

„ qu’étant arrivé il y a quelques années qu’un chien en-,, ragé avoit mordu tant en fa maison de Gondy & Sainej, Cloud , qû’au Château de Noisy & ès fermes dudit„ Château, quelques chiens, chevaux, porcs, & au»

„ tres bestiaux, il avoit convié ledit Sieur Chevalier de„ s’y transporter pour toucher tous ses domestiques„ qui furent tous garantis, & lesdits bestiaux guéris.

M. .Hardotiin.de Perefixe son successeur accorda lé26. Mai 1 66ói la même permission à ce Chevalier deSaint Hubert, précisément à cause de la prétendue gué-rison des domestiques de M. de Gondy. En i( 58 p- M„ Jde Harlay la lui accorda simplement ; ainsi que fit le14. Juin 1691. M. Louis-Antoine de Noailles quîétoit alors Evêque de C halons» ;

M. Henri de Gondrin dans la permission qu’il accor-da le 2. d’Avril. 1654. au Chevalier de Saint Hubertde toucher ses Diocésains, déclare que George Hubert„ en a fáit l’expérience devant le feu Seigneur^ d’heureu-„ se mémoire Octave de Bellegarde son prédécesseur,„ & devant lui plusieurs fois , spécialement en la Ville„ de Provins, Brai-sur-Seine, & autres Villes & Bourgs„ de. son Diocèse, dont il a pleine & entière connois-„ sance , à raison même que le sieur du Rollet, jadis„ Grand-Vicaire de fondit feu Seigneur Sc Onclé , au-;„ roit deílors certifié que P un de ses neveux étant erì„ frénésie de rage, en avoit été guéri par ledit sieur de„ S. Hubert ; pourquoi ledit feu Seigneur avec ledit„ sieur du Rollet avec ses Officiers se seroient deslors„ fait toucher par précaution ; ce qui Pauroit invité, 1„ bien informé desdits faits,’ de se faire toucher pareil-„ lement, & ses Officiers.

Ces certificats & les Lettres Patentes engagèrent MJHenri Arnauld Evêque d’Angers à accorder la mêmepermission au Chevalier de $. Hubert; il se fit toucherlui-meme, & ses domestiques. C est ce qu’il déclaredans fa permission du 2. d’Octobre 1657.où il estdit expressément que ce Chevalier „ par le seul attou-,, chement préserve de toutes les bêtes enragées, aprèstoutefois que ledit Chevalier de S. Hubert a jeûnéía vigile, & le lendemain reçu les saints Sacremens de„ Pénitence Sc de P Eucharistie, que même il touche 8c„ guérit ceux qui ont pris répit , fans être obligez de,3 plus prendre aucun répit, ni aller faire k voyage de

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