DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. 115
qu il efi facile de faire une régie pour /’ avenir* C’est pour*
’ quoi (e) il requiert que défenses soient faites d tous Juge idu Ressort de faire ces sortes d’epreuves. II est bon d’ob-server que Mr. Servin avoit vu le Livre de Rsokius,dont il parle ainìt. (f) Encore que quelques uns ayentcherché des raisons pour défendre telles epreuves , même J mRtckius au livre n'a guéres publié à Cologne , qui efi ins-cript , deíènsio Probîe, &c. Si efi-ce que telles procédures
ne peuvent être jugées bonnes par bons Juges.
La quatrième remarque est que le Parlement de Parisavoir déja condamné ces épreuves , comme on le voiedans l’Arrêt : la Cour ... faisant droit fur les Conclusionsdu Procureur-Général du Roi , a fait & fait inhibitions drdéfenses aux juges de Dinteville , dr k tous autres Jugesde ce ressort conformément d autres Arrêts cìdevant domexen pareille caufè , en jugeant les Procès criminels des accu-sez, de sortilège , d’user d’épreuves par eau .
Ce que cet Arrêt a de particulier, est qu’il devoirêtre registre dans tous les Greffes, .& publie clans tousles Sièges du ressort, & qu’il ordonne que les Jugesin-timez qui avoient Fait Faire l’épreuve, comparoitroient
devant 1a Cour.
CHAPITRE III.
Somment Vépreuve de Veau froide se répanditm France. j)es Juges Vaprouvent. LeFarleffîent de Taris la condamne.
Ï L est vraisemblable que ce que Bodin avoit entendudire, ou. ce qu’il écrivit, donnà occasion à 1 epreu-Ve * Qyoiqu’il eût remarqué que les Magistrats ne de-nient pas suivre le méchant exemple d’Allemagne, plu*heurs Juges eurent la curiosité de voir l’expenence , &la mitent en pratique. En effet depuis ce tems la on la^óit en usage en France, principalement en Anjou , d ouBodin, & auprès de Paris ou son Livre fut impri-mé. II f a i ut que le Parlement de Paris s’opposat â cettêPratique superstitieuse, comme on le voit dans un Ar-rêt donhé en l’Audience de la Tournelìe le premier Dé-^tnbre s 6 oi., dans lequel fur les conclusions de MaîtreEouis Servi» Avocat du Roi , efi défendu k tous Juges deQjf w pagne A- autres du ressort de la Cour , déplus fairee prenve par immersion en eau. L’Arrêt est imprime soustitre*. Arrêt de défenses de faire épreuve par eau en ac-Jftition de sortilège , & il est joint au Plaidoyer de Mr 1 .Qtvin ou l’on peut apprendre plusieurs particularitez re-marquables.
La première, que les Juges subalternes se donnerentfcten vite la liberté d’oidonner cette épreuve contraireau* régies de 1* Eglise, & à l’honnêteté , & qu’ils Fai-soiënt raser par tout le corps ceux qui dévoient être j es-tez dans l’eau. C’est ce que demanda lê Procureur-Fisealde Dinteville en Champagne le quinzième Juin 1594.Que tes accusez, mari dr femme fussent tondus , dr toutle poil qu’ils avoient fur eux rasé , ce fait eux conduits &toenez, en la rivière pour y être jettex , suivant ce qu'il ejl’ ce cas accoutumé pour éprouver le fórtilege (a). Ce quiordonné par le Juge à F égard de la femme, & exé-
C H A P I T R E IV;
Continuation de Vépreuve de Veau froide enquelques endroits de France , principale-ment en Bourgogne. Troces-Verbal fait àMontigny-le-Roi , où Von a jette dans Veaubeaucoup de personnes soupçonnées de sorti -
lége.
T’Annrens dé plusieurs personnes s que l’épreuve est enJ usage en bien d’autres endroits qu’en Westphalie. UnOfficier de considération la vit faire il y a deux ans Lce cas accoutumé pour éprouver le jortuege 4m Mayence s où l’on jetta des personnes dans le Rhin,
lt ordonné par le Juge à 1 égard de la somme, & exé- f f av0 } r st elles étoient Sorcières. Un Savant {hjite devant une multitude de personnes de tout état. d'un mérite très distingué a vu la même épreuve, il yUe auroit été dépouillée par Ordonnance du Juge , lequel a i on g tems à Sedan ; & une autre personne digne de foi« avoit fait lier les pieds dr mains , dr âpres j ester en ■ demeurait il y a trente ans fur les confins dé Lorraí-
... r.. L.. ; , ^ ne & de Champagne , a ailffi vu Lire l’ expérience plus
de trente fois dans ces quartiers d’une maniéré qm.l e-ronnoit. Comme bien des gens paffoient pour Sorciers*les Magistrats ordonnoient affeZ souvent qu’on feroit cet-te épreuve, Sc l’on voyoit des personnes maigres , quien toute autre occasion auroìent enfonce comme unepierre* demeurer néanmoins tout-a-fait fur 1 eau commedu liège ; & ce qui est plus étonnant, on ne pouvoicquelquefois les Faire enfoncer dans l’eau , m avec une1 ■ — .oi'.nr on sautant fur eux. Alors tout le
won jatt iter les pieas ç? mains , c r âpres, et an t de hauteur d,'environ sept ou huit pieds , drpar trois diverses fois , a chacune defquelles fitot qu' elletrait ete jettée, elle feroit revenue au dessus fans fe mou-'ùr, dr à chacune des fois quelle fut retirée , étant ad-■onétée en présence de tous les ajfiflans de dire la vérité ,'■le auroit perfifié en fes premières réponses , dr dénégationsh • Cependant quoiqu’elleniat toujours d’avoir jamais été* Sabat , & d’avoir fait aucun maléfice, on la tour-le nta si fort qu’elle mourut en prison, & fut encore
—.nui. fir o-a
JdliJ duvv/n'.v
* instruits se sont
21 - etteZj d {J ns s eati rìallotent point au fond, mais fur- ' Avisez de l'ordonner. Je ne parierai que des faits arrivezvllTr- n- j tíY0Ìt Hn ar f ument ^ c *s g™* 4 * depuis peu . & que je fais avec toute la certitude qu’on»t fait paclton de ne pouvoir etre noyez, en fe donnant ^ àhaiter dans les faits qu’on n’a pas vus soi-meyou m sfi vais > dttquel nous prions tous les jours que Dieu '
2mm C>est Ce P rétendu P acte stu'on énonce ainsi ” ^ ptès de trois ans qu’auprès de la Ville de SaintUnement en manière de Proverbe ou de Sentence: Morentin en Bourgogne,,un Ouvrier qu’on soupçon-
noit d’être Sorcier, fut menacé par le peuple d’être bai*ené. Cet homme qui ne se croyoit nullement Sorcier,8 c qui savoir bailleurs qu’il enfonçoit dans l’eau , lors*qu’il ne se donnoit aucun mouvement, croyant pouvoirfaire cesser tous les bruits qu’on répandoit contre lui,s’avifa de dire tout haut qu’ost le baigneroit quand ori.
vouy
^miinêment en maniéré de Proverbe ou de Sentence :e-toi du feu , je te garderai de l’eau .
^ r * Servin montre fort savamment que ces sortese P eu y es st'ont été introduites que par erreur populai-stx pî e l^ s Pont téméraires , pernicieuses & interdites'ìnttnt j5 et ' ens . D’ou il conclut que la (d) Procédure de'■e du de J emne Simony accusée , faite par Ordonnan-J H ge dont efi appel , efi nulle dr insoutenable , dr
(e) Pag. r;i>
(f) pa S* 22 4-
(g) Pag. r;r.
( h) Le R. P. Mallebranche.