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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. --s

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[SUx en repos, & quelques uns ont quité le pays avecW famille..

î^olc ou neuf ans auparavant il s’étoit fait une fem-■ e e P r enve par l’autoriré du Bailli de Montigny ; &C£ux av oient succombé à l'épreuve , ne surent pas.

r '^ n P| lls poursuivis en Justicè, toutes choses ayant étérend ^ KS ^ 3r une vo )' e st u i appaisè beaucoup de diffé-

, C efï un bien qu’en toutes ces occasions les Juges_ a yent pas poursuivi & paffe outre. Car selon les.rn.axi-çs équitables du Parlement de Paris , dont le Ressort^ornprend le Presidial d* Auxerre , les juges qui autori-té ces fortes d’épreuves, peuvent être pris à partie enséparation d'injure. Tout ce que nous avons dit auxnapitres précédens suffit pour convaincre toutes per-onnes qu e p c 'p,- euve n’est pas naturelle , qu’elìe est fu-P er stéieuf e , capable de confondre les innocens avec lescoupables, qu’on y tente Dieu , quelle est défendue^ressèment par l’Eglise, & que les Curez qui l’auto*^ eroient, mérìteroient d’être mis en pénitence par leur

„ le a si bien prouvé son innocence ; mais si elle se brûle„ on la livre à ses parens qui la font mourir fur Their

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Dans le Procès de Marie Bucaille , qui a fait tant de.bruit en Normandie , parmi plusieurs faits douteux, ily en a un fort singulier qui demandoit une attentionparticulière , c’est que la Bucaille ait paru en mêmetems & dans la prison où elle étoit enfermée, & ailleurs,suivant la déposition des témoins, fa propre confession ,& le jugement de Mr. de Sainte Marie, Lieutenant-Gé-

néral de Valogne.

11 y a actuellement à * * * une personne dont on ditdes choses très singulières , qui feront fans doute exa-minées, avec beaucoup de foin 3 c de lumière par des per-sonnes sages & éclairées, qui est savent des particularitezsurprenantes.

Dès qu’on eut introduit l'épreuve de Peau en West*phalie, en Sâxe & en Allemagne, un grand nombre de8a van s la condamnèrent. Outre ceux que j’ai citez , jeviens de lire un Traité fort rare d’un Auteur Saxon

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- A —.*4, x.v.v,..at d’être mis en pénitence par Jeur viens uc m*. 4... 4 - .

■^veque. Mais il y a lieu d’espérer que ces épreuves qui nommé Conradus ab Antm , qui déplorant Paveuglement? nt été si communes au voisinage d*Auxerre, ne seront des Magistrats qui autorifoient cette épreuve , fit uft

J a stiais tenouvellées. Livre intitulé : (d) Le Bain des femmes , ou f

” c.~-J» s, Is AiZAía à 1 ’ Arrsievênue de, T

fit UftEpreuve

•noî- .n/ i^ivre UHH.U1V. . —-*• —j *• i

és renouvelle». , , , rpau froide, & le dédia à L’Archevêque de Brême*

Quoi de plus singulier qu’un grand nombre e per- p Auteur montre qu’il y a eu beaucoup d’éprei

ss'Unes qui s’accusoient mutuellement de sortilège , n a- Cet . .. „- — j—*-

4-^ vìx j a \,s* uic/i vu» * 4 * -- - - w

yent pu enfoncer dans Peau, où elles avoient été jetteesféds & poings liez , comme leProcès-VerbaldeceCha-fhre en fait foi ?

Cet usage ne cesse point ; car Mr. le Curé d’Heryqui est le lieu de la résidence du Notaire qui a dressé leProcès-Verbal en question , envoyant à Paris une nou-velle copie de ce Procès , écrit du 17. de ce mois deÙlars 1701. que dans la Parroisse de Cheu , Diocèse

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ves superstitieuses parmi les Payens, & ne doute pas quecelle-ci n’en soit une. Il ne parle pas exactement de Po-rigine & du progrès de P épreuve , non plus que les au-tres Auteurs que nous avons citez, parcequ’il n’avoitpas vu les disputes excitées fur ce point au neuvième fié*de, & les autres faits que nous avons observez. Maisil aperçoit distinctement que P épreuve de Peau , auífi

bien que celle du feu , étoient superstitieuses, parce-~ rL & rtíaKnlirme . lorfau’il

Mars 1701. que dans la Parroille de Cheu , Uioceie mer‘ ^"‘^“^stitie'ûx'& dkbolique , íorfqu’ilde Sens , plusieurs personnes de diffèrent sexe, pour se qu un eue ^ nat P ure llcment , ni par un miracle, (e)justifier des reproches qu’on leur íaisoit qu’ils étoient nelt p(° u per f onne si stupide, dit-ìl, qui ne voye queSorciers, demandèrent d’être baignez publiquement. Il » 1 ” gjj ei ù ent ] e f eu brûle, & que les choses pesantes

dit nil’on les lia a la maniéve nrdinaire . OU On les jetta jj ua , r , A—nr nac natairelle . Rr

„ naturellement le feu brûle, & que les choies pelantes„ vont en bas. L’épreuve n’est donc pas naturelle, &

„ l’on voit auífi clairement que ce n’est pas un mira-„ cle, mais plutôt une tentation de Dieu condamnée„ par le Droit Canon.

2. (f) Il remarque que Pépreuve est trompeuse , &que l’on n.e doit pas être surpris que diverses personnessoient trompées & tombent en confusion en surnageant.Elles le méritent bien, ne craignant pas de s’en rappor-ter à la décision de l’esprit de mensonge.

3. (g) II appelle avec esprit cette épreuve par Peau,une hiaromantie plutoníque , puisqu'elle ne sert qu’àfaire brûler les femmes qui Pont subie.

Cette réflexion me remet dans P esprit ce que j’ai peut-être dit quelque part, qu’il est étrange qu’on ait prisun íurnagement qui n’est pas naturel pour une preuve du. . crime , au lieu que dans toutes les autres épreuves, le

re> prodige ou le miracle étoit la preuve de Pinnocence. Ën

Çcs épreuves de Peau bouillante & du fer chaud, quoi Pon voit la bizarrerie des superstitions, quiréuffis-- ° n a eu bien de la peine à faire cesser parmi les Chré- sent selon les désirs ou les différentes pensées des hom-mes , comme le dit Saint Augustin (h),

Con-

,—4 qu’on les lia à la manière ordinaire, qu’on les jettadans un endroit profond de la rivière d’Armanfon, assezPrès de Saint Florentin ; & que ces malheureux ayantla confusion de demeurer toujours fur Peau fans pouvoirenfoncer , furent par-là reconnus vrais Sorciers. IÍ ajou-te que Pépreuve se fit P Eté dernier en présence de plusde huit cens perlònnes.

Cette lettre & une autre relation plus.détaillée nousapprennent une maniéré singulière dont on s’est avisé de-puis plus de cent ans , de Iiér ceux qu’on jettoit dansT eau. La posture est plus gênante que celle que nousAvons exposée plus haut, & elle est aussi plus propre àfrire enfoncer dans l’eau. On leur lie les coudes fous le-Jarret, & les mains avec les pieds, en forte que le pou-Ce de la main droite est lié au gros orteil du pied gau-c h<e , & le pouce de la main gauche au gros orteil duPied droit. La (a) figure le fera plus facilement enten-dre.

stu’on a eu bien de la peine à faire cesser parmisiens, font encore en usage parmi divers Peuples bardases, comme on le voit dans plusieurs relations, & dansh description historique (b) des Royaumes de EO/v-Oo, MATA MB A & ANGOLA , dans la balle*~ffiiopie. Voici ce qui est dit de ces épreuves dansftiftoire de l'Isle de Cejlan, présentée au Roi de Portugal*68^. par le Capitaine Jean Ribejro, & donnée enf^nçois au commencement de cette année' (c) 1701.J - 0rsc ìu’une femme est accusée ou soupçonnée de quel-

fitie saute contre fon linnnpur & ciu’il n v a point dePreu

(íí) Mulierum

e contre son honneur & qu’il n’y a point de,, j> V \ ’ r " on ,a c »te devant le Mareillero, (ou le ]u-Un E , on P oblige d’enfoncer le bras dans

,, c i _ e cPauditi-e d’eau bouillante, ou de prendre un fer ous y e us m hujuuuuu, -

" si àt’ V* H tenk qUel i qUe t£mS £I î tre seS m3ÌnS ' prol “ bìta ’ f Jredidcnnu "ÎStur , ncleantur, Sc nonlecus nalo,

„ qui , £ le drule pas, on la renvoyé chez ses parens, « “ r “ uljs asini , aucantur 8c suspetidantur ; volenti Sc consenûen-

°ient plus foi rien reprocher, & tous ses parens t j i n ; ur i a m fieri leges negant. L. cum donationis. c. de trans.

at uis viennpi-i. h» ,-/;^nìr avec elle. de cenu’el- (,') Plutonicâ'istâ delatas i yeneficií fœminas damnari

. . un lavatío , quam purgationem per aquarn frígidam

vocant: Item vulgaris de potentià Lamiarum opinío, quòd utra-que Deo, naturse, omni juri & probatœ consuetudini sit contraria.

Autore Conrado àb Anten. J. V. L. Lubec* 1590. 8.

(e) Quod porro effectua hi ex naturâ non sequantur, lèd ignemurere, gravia deorsum vergere, vel Terebinthus intelligat; ex di-vino nairaculo , feu voluntate íèqui, quis dixerit? cum in mani-festant Dei tentationem vergant, comonochiam. 2. q. 4. qu* abipfoDeí filio interdicta, iegitur Math. & Luc* 4. c. fin. de purg.vulg. dum quis habeat quod rationabili confilio faciati ut D. Au-gustinus conqueritur. q. 1. & fabricante diabolo, stata lit pur-gatío. c. Mennam. 1. q. 4. íèu ut quidam, q. f.

(f) Qu* ri penitius quis rimetur, non admirabituv , si Domi-nus Deus in hujuírnodi institutis & c exercitiis, qu* à se aliéna Sc

- ■ - *r demonstrata sunt, conniveat,

ndeantur, & nonsecus naso.

jj & s es

viennent fe réjouir avec elle, de ce qu’el-

S) Fi S- *•

fi) A Trévoux & ' b 1 ’. i6 ? 7 ’ j -

“t a Parts chez Boudot,

iniurìam nen lège. --------

(g) Plutonicâ ista delatas veneficu fœmmas damnant

( quis 7 enim purgare dixerit, cùm Huila sic Iota flâmmas evitave-

rit. ) .

(b) Et ideò diversis diverse provenîunt fecundùm cogitatione*

& prsfumptiones suas. Dqcì, ÇhriJÎ. I. 2. c, 44.

LU

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