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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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6 HISTOIRE

tains mélanges appliquez fur la peau, je fais vomir, j'ar-rête la fièvre, je fais dormir , je donne le flux de bou-che, &c. Ce qui arrive par la même O) méchaniqueque si on prenoit intérieurement des {t) Vomitifs , des(v) Fébrifuges, des (w) Narcotiques, &c. Car je con-çois que les corpuscules qui séchapent continuellementdun (x) Topique vomitif, par exemple , peuvent agi-ter dune telle & telle maniéré les esprits animaux & lesang , quil en résultera le même (y) mouvement con-vulsif ou convulsion des (r.) muscles de (a) l'abdomen,des (b) intercosteaux , du ( c) Diaphragme , & des (d)Fibres motrices de leflomach , que si on avoir pris unÉmétique ou Vomitif interne. Ce qui est confirmépar Vexpérience suivante , qui nous apprend qu'il y ades (e) épilepsies sympathiques, cest-à-dire de trèsviolens mouvemens convulsifs dont on a lieu de croireque la cause, ouïe (f) Levain, est en aussi petite quan-tité quon puisse limaginer , & en quelque maniéré ex-térieur aux esprits animaux & au sang, comme sont lesremèdes topiques : ce qui est démontré par la ligaturedu gros doigt du pied dans ces espèces dépilepsies sim-pathiques, laquelle en arrête le (g) paroxisme , parce-quelle empêche le mélange dans le sang de certains cor-puscules contenus dans le gros doigt du pied , en quoiconsiste la cause matérielle des simptomes de cette terri-ble maladie.

On calme de la même maniéré tous les jours, par destopiques appliquez simplement fur le poignet , le mou-vement intestin des parties du sang , en quoi consiste lafièvre ; on fait aussi dormir par lapplication extérieure delOpium, cest-à-dire quon introduit des (b) SouphresNarcotiques , quon conçoit de figure fort branchue ,lesquels passant par les pores de la peau pénétrent jusquesà lextrêmité des tuyaux des (,') Nerfs, & font rappor-tez au cerveau, ils lient en quelque façon les espritsanimaux. Conjecture qui est aisée à concevoir, si Pon

(j) Méchanique , signifie dans cette occasion, un jeu deReflòrtsSc la cause de leur action.

(t) Vomitif Vomit oire. Remède qui provoque le vomisse-

ment.

(v) tíbrifuge. Remède spécifique contre la fièvre , qui lar-rête ou la chasse.

(w) Narcotiques. Remèdes qui endorment & stupéfient les par-ties , & en empêchant que les esprits animaux n 'y viennent, enôtent le sentiment.

(_x) Topiquevomitif. Remède qui par son application extérieu-re provoque levomissement. On entend par Topique en général,tous les remèdes quon applique extérieurement.

(y) Mouvement convulsif , ou Convulsion. Cest un mouvementtrès violent , Se involontaire de quelque partie de notre corps,qui fuit de la contraction des muscles , qui servent naturelle-ment à 1a mouvoir. .

(z,) Muscle en terme dAnatomie, signifie une partie charnue ser-vant au mouvement.

(a) Muscles de íabdomen. Ce sont ceux qui servent au mouve-ment du bas ventre.

(b) Muscles intercosteaux. Ce sent ceux qui servent au mouve-ment des côtes, en quoi consiste une partie de 1a méchanique dela respiration.

(e) Diaphragme. On apelle ainsi une partie ou cloifon museu-leuse, qui est comme un plancher séparant le coeur & le poumon,davec le foye, les intestins, Stc.

(d) Les Vibres Motrices de leflomach. Ce sent trois couches defibres museuleuses , qui forment en partie les différentes tuniquesou membranes de lestomach.

(e) Epilepsie Sympathique. Cest une convulsion de tout le corps,avec lésion de lentendement 8c des sens qui vient par accès detems en tçms. On la nomme Sympathique , lorsque la cause ma-térielle de cette maladie nest pas contenue dans le cerveau. Onlapelle aussi Mal-caduc, ou Haut-mal, que le peuple nomme Malde S. Jean.

(f) Levain. On entend par Levain dans ce cas le principe ma-tériel de corruption qui cause 1a maladie,

(g) Paroxisme. Terme de Médecine qui se dit dune maladiequi se rengréne, ou qui se reprend. On apelle aussi un accès defievre, un Paroxisme.

(h) Par Soufre , jentens le troisième principe actif des Chimis-tes , quils prétendent être une substance homogène , liquide,oléagineuse, visqueuse, 8c inflammable, 8tc. Je lapelle Narcoti-que, parceque je le crois très propre à faire dormir , 8c â calmerles douleurs, lorsquelles sent dune certaine nature , 8c figure dé-terminée.

(r) Nerfs. Tuyaux qui partent ou naiísent du cerveau, 8c de lamoelle de lEpine, 8c qui portent les esprits animaux il est'-ceflàire, pour servir de principal moyen au sentiment 8c au mou-vement.

CRITIQUE

suppose lHypothèse de la circulation des esprits ani-maux , telle que la circulation du sang , cest-à-dire »lon imagine des nerfs, qui portent les esprits animauxdu cerveau aux parties, & dautres nerfs qui en rappor-tent le résidu au cerveau , comme au réservoir des es-prits. Hypothèse que je pourrois établir par un grau-nombre dexpériences & de faits de pratique de médeci-ne. Ce qui nétant pas de mon sujet , il me suffitpouvoir conclure , appuyé sur des faits incontestables»que notre corps a des pores ouverts du dehors en de-dans, comme du dedans au dehors , que ces pores s° ntde figure bien différente les uns des autres, puisquil f-en a de proportionnez aux corpuscules qui constituesla nature des Vomitifs , des Fébrifuges , des Narcoti-ques , &c. corpuscules qui ne peuvent être que éefigure bien différente les uns des autres. Concluonsdonc qne de la part des pores de notre corps , rien n esoppoíè à lentrée des corpuscules supposez , ce que I edevois prouver.

Examinons à présent, toujours par la même métho-de, pourquoi notre Villageois a plutôt cette vertu qu'u"autre.

II est sûr que de toutes les véritez que j'ai jusquss 1proposées, on doit conclure naturellement que, si 1°°peut imaginer dans un certain homme une configurationdes pores de la surpeau, & de la peau proportionnée au<corpuscules supposez; il est constant, dis-je , quautasside fois quun homme , criblé pour ainsi dire de cet&matière , se trouvera environné dun air chargé ou im-prégné de ces corpuscules, il en devra nécessairement êtrepénétré, & par conséquent if faudra quil réssente ton Sles mouvemens intérieurs que notre Villageois nous d#quil ressent fur les voyes dun assassin , ou dansdroit dun meurtre commis ; ce qui arrivera dans cethomme aussi méchaniquement que le vomissement , P 3 *,exemple, dans un autre, à loccasion dun Topique vo-mitif. Cette disposition na rien pour moi dassez ex-traordinaire pour ne la pas concevoir, & le fàit osî.j'examine en est une preuve aussi convaincante & aussiconcluante , que lapproche du fer & de layman enune de la proportion que les pofles du fer ont avec gmatière magnétique , quon suppose sécouler conti-nuellement de layman. Enfin ces mêmes pores m sparaissent des suites nécessaires de la divisibilité &la matière à linfini, qui mue dune certaine m 3 'niére & à une certaine quantité , nous laisse |conC £ 'voir aisément que rien ne peut sopposer à un ^rangement déterminé : ce qui constitue la différencetoutes les espèces de corps, & de tous leurs indivis'II y a donc des hommes, dont les pores peuvent é tsídisposez de la manière dont il sagit ; comme il y a àfhommes dont toutes les inclinations, & tous les rra>^extérieurs font très divers : ce qui ne peut arrivespar un arrangement & une configuration de la mari^»différente dans chaque individu. Mais on me diraêtre que lon convient des configurations particuledans les différens individus, un certain arrangement 10 ^jours conservé , en quoi consiste lespéce : mais en ^me tems on se fera un monstre de la cause pour îacssi^cette telle configuration se trouve dans cet homme >non pas dans tous les hommes. A cela je répons, P°JLquoi est-ce que tous les hommes ne font pas du rt 16 .tempérament, nont pas le même esprit & les mêm eS 1clinations ? Pourquoi enfin leur air est-il si dissi^f ^quentre un million dhommes , il ny en a pas ^ ^dont le visage soit presque semblable ? Tout le 0,0demeure daccord quon doit cela au principe denération ; il mest donc permis de dire la même c tde notre Villageois, & je conçois outre cela assis 0 ^,que (k) loeuf qui a fàit la matière de fa généras 10 ^,étoit individuellement disposé , de manière quà 1 0 ^sion dun certain degré de mouvement des (0 ^pií-

(k) Oeuf. Cest ce qui contient les germes dans lesanimaux. _ - zr ^

(/J Esprits séminaires. C'est la partie la plus ípirituculplus volatile dc la semence,