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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SU

séminaires de son père , il a résulter un tel arrange-Bìent 5 ce qui en fait tout le mystère, aussi bien que demutes les différences que nous observons dans presquetous les individus de même espèce»

.. . le Pacte implicite ou explicite que ce pauvrei lageois a fait avec le Diable, & voilà son Etoile. Ga-'mathias & azile de lignorance , que je ne daigne pasm Mer, puisquil y aura toujours des hommes organi-ez individuellement, pour ne donner leur consentementT 1 anx opinions extraordinaires , & qui ne font pointu ressort de la raison. Vérité confirmée par la-e xion suivante. Car enfin ne traiterait - on pas un°tonae de ridicule & de visionnaire, qui diroit quun011 chien de chasse ne fuit les voyes d'un cerf, paroxempfo, une heure après qu'il a traversé une rivière,j e n P arce quil a sait un Pacte du moins implicite avece Diable , ou en vertu de son Etoile? Jamais person-^ sie s'est avisé d'une pareille Philosophie pùur expli-° Uer ce fait , & n'est- il pas le même que celui que

^ examinons?

^ Cependant comme il y a un grand nombre de per-ì n es qui veulent que les Etoiles influent, & que ceste i! es quils attribuent leur bonne ou mauvaise fortune,t . 1 hien que tous les dons singuliers attachez à de cer-^nes gens j je ne puis me dispenser de proposer la-. e -uon suivante, qui nest ni dun Philosophe, ni dunj , e °logien, mais dun homme fans préjugé. Je vou-b rois donc bien quon me dît si cette influence tom-, e hir le moment de notre conception , ou for celuie notre naissance , & qui peut déterminer ce premierOrnent ? Je ne saurois mimaginer quil y ait jamais^Jde père, ni mère, qui sen soient aviser ; & quandP'eme il sen ferait trouvé dun pareil sens froid , iins-Jnt de la conception passe si vite, que je ne crois pasji tl puisse être déterminé. Ce qui est cause à mon^ns que toute lAstrologie na raisonné que sur le tno-j en î- ce la naissance , moment austi incertain , & aussi& Ut e ,P ar raport à notre fortune & à nos dons naturelslexD' t,ICUl ^ S * °l ue celui de notre conception ; puisqueFaïence bous apprend qus de dix personnes nées dans leeme moment, & par conséquent sous le même Signe & lalec ^ constellation, il ny en a pas une, dont les inclinations ,i n V la fortline soient les mêmes ; ce qui est-de r.P s nS 5 31t . P'oposé , puisque dun certain nombrepersonnes qu on fait qm ont le don de la Baguette ,°>t pour les eaux, soit pour les meurtriers , il y e n aP'usieurs qui sont nez sous différentes constellations.Usa* d ° nC au Ciel IeS Etoiles ' & frisons for la terréh \M de t ? 0tre avec laquelle ne connoissant que

ou ° de Dieu pour Etoile , tous Pactes implicitesexplicites nous seront inutiles pour rétablissement de0t £ bonne fortune.

d ei . tes l es raisons que jai avancées, doivent persua-da,. Utl homme fans préjugé que notre Villageois peutse H,. tement ressentir les mouvemens intérieurs dont ilc orn ^ flc'il doit même suivre des assassins à la piste ,h g aie *1 est certain quil a fait. Mais le mouvements deq ] a || Uette qui est le principal signe extérieur par le-les Vo rnarc l ue à ceux qui laccompagnent, quil est furNe j7 es J & qui lui sert aussi de moyen , afin quilrieufj ,r .P as toujours si attentif aux sentimeus inté-pas f,^'"accompagnent, '& qui le guident, ne paroitP° Ur rio - à concevoir. Voyons donc comme nousNe ^ éclaircir la méchanique dun fait si singulier,des trot rr °' t ' on pas dire quelle doit dépendre dunePuisq s c auses suivantes, ou de toutes trois ensemble,tei Uent C r ^ 0t ? t ^ es teuls corps qui la touchent immédia-tert, l* a 'i r av ?te tes muscles des doigts de celui qui senI e ne CQ ciuî lenvironne, ouïes corpuscules supposez?PP'squç ^ois p as q ue ]> a j r puisse produire cet effet >te fait proposé il na point de mouvementlu Ppos e * * Ce ne doivent pas être austi les corpusculesf Uette javec ? r ^ eur intromission dans les pores de la Ba-ve, Pmporti st ue ls ss nest pas vraisemblable quils ayentlignez à 0l ì * puisque toute sorte de bois convient.

ea que ce mouvement se peut faire, sans

PERSTITIEUSES, à.

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quils y ayent de part. Il le faut donc attribuer à uncertain & tel mouvement des muscles fléchisseurs desdoigts de celui qui tient la Baguette , mouvement queje conçois aussi naturel, & méchaniquement aussi invo-lontaire » que celui d dépendent lés inquiétudes,lenvie de vomir » lélévation du poulx, &c. supposé lescorpuscules du meurtrier ou du voleur reçus dans le sangde celui qui les poursuit , ce qui ne doit plus être enquestion.

Toutefois le mouvement de la Baguette fe faisant érirond, il ne paroit pas que le seul jeu, ou la seule pres-sion des fléchissures des doigts, quelque natureel- soit, puisse produire cet effet : car tout au plus»pendemment des raisons proposées, il fe pourroit fairequon tiendrait la Baguette dune certaine maniéré unpeu plus serrée > & qui serait involontaire , ce qui neproduirait pas le mouvement en rond.

Ce nest pas aussi à cette feule pression quil ma paruquon doive lattribuer. Il faut joindre à cette raisonla configuration de la Baguette, & la maniéré dont onla rient. (*)

Imaginez vous donc pour ^intelligence de ce Phéno-mène la Baguette fourchue ; imaginez vous encore quily a deux mains qui empoignent avec une certaine forcelès deux branches L L de II en L L , les mains dispo-sées de manière que les pouces portent for les deux ex-trémité?. LL de la Baguette, & le point de pression dupetit doigt se sait en II.

Cela supposé , je connois fort aisément que si par lemoyen dune certaine force mouvante, & involontaire,telle que celle que jai supposée, lorsque je tiens une Ba-guette de la maniéré décrite, les muscles fléchisseurs demon petit doigt & du suivant, agissant aussi bien queceux qui fléchissent la main du côté de dehors en de-dans , rnéuvent plus fortement que les autres. Les ex-trémité? des deux branches L L feront recourbées de Ien L de dedans en dehors, ce qui interrompra le coursde la matière subtile, & de la Seve (m) de C en L, lespores du bois étant rétrécis & changez en II. Celasupposé, il est constant que ces matières reflueront enC, elles trouveront aussi une maniéré de résistancepar lunion & la disposition des pores des (#) Fibres desdeux branches qui se fait en C, ce qui causera un mou-vement de (o) Ressort aux branches de la Baguette, de-

E uis II jusques en C, de dedans en dehors, ou de de-ors en dedans , selon linclination dans laquelle elle setrouvera entre les mains de celui qui aura ce don , lors-que les muscles supposez agiront, & par conséquent laBaguette tournera en rond : ce qui étoit en question.

Cette démonstration est si vraye que fans avoir lavertu de la Baguette, en donnant à ses mains & à sesdoigts tous les mouvemens décrits , on peut voir tour-ner entre ses mains une Baguette de la même maniéré,quelle tourne entre les mains de ceux qui se piquent da-voir le plus sûrement ce don ; expérience que jai faitemoi-même devant une très nombreuse compagnie, & parce moyen je pouvois en imposer , si je lavois souhaité ,â tous ceux qui sy trouvèrent. De la démonstrationprécédente, je conclus donc deux choses.

Premièrement que le mouvement de la Baguette peutêtre involontaire ; ce qui soit nécessairement de monHypothèse & ce qui me restoit à prouver pour éclaircirentièrement le fait proposé, & rendre mon Analyse com-plette.

r Se-

() Voyez Planche (b) Fig. f.

circulation des

gétaux.

(w) Vibres > Vilets. On apelle ainu les parties longues 8c déliées»dont il íè trouve une quantité presque infinie qui font la compo-sition des corps, qui pour cela font ápellez Fibreux, il y en adans le bois, dans la chair, 8c dans les membranes.

(a) R effort, ou faculté naturelle 8c méchanique, quont les corpsde fe remettre en leur premier état, quand on leur a fait quelqueviolence, qui les est a fait sortir.

B r