8 HISTOIRE
Secondement que le mouvement de la Baguette enpeut auffi imposer , & que les sentimens & mouvemensintérieurs, comme les inquiétudes, les envies de vomir,les sueurs &c. font les seuls signes certains ausquels ondoit connoitre si un homme a le don duquel nous par-lons , qui n’est véritablement démontré que par le suc-cès , comme il l’a été dans notre Villageois en poursui-vant si sûrement les assassins & les voleurs, contre les-quels on l’a employé , découvrant un des complices àcinquante lieues de l’endroit où le meurtre avoir étécommis.
Après ces diverses réflexions , je ne veux pas oublierl’application, que j'ai promis de faire de mon hypothèseà quelques circonstances répandues dans le fait.
S’il est vrai qu’un homme de soixante ans n’ait faittourner la Baguette qu'imparfaitement sur le lieu dumeurtre , ne peut-on pas dire que cela vient d'un resser-rement des pores de fa peau, qui ne permettent pas auxcorpuscules d’entrer en suffisante quantité dans le sang ,pour y exciter le mouvement intestin de ses parties ,d’où naissent les agitations, les sueurs, les envies de vo-mir &c.?
Si la Baguette ne tourne que du côté de l’anse de labouteille, & seulement entre les mains du Villageois, ily a apparence que cela arrive parceque la Bouteille depaille est imprégnée de ce côté-là des corpuscules des as-sassins , & que les routes des pores du Villageois pro-portionnées aux corpuscules, sont plus ouvertes par l’u-sage , que ne sont les routes de tous ceux qui com-
CRITIQUE
mencent à faire des expériences. Vérité confirmée pasl’observation qu’on a faite , que plusieurs d’entre k®coiumençans ne sentent l’agitation , qu’une heure apr eSqu’ils sont sortis du lieu où le meurtre a été commis.
Si les corpuscules étoient adhérans à la terre & nenageoient pas , pour ainsi dire , dans l’air , le mortierqu’on a mis en quantité dans la cave fur l’cndroit dumeurtre , auroit éteint la vertu d’agiter les gens, & defaire tourner la Baguette, ce qui n’est pas.
On propose plusieurs autres circonstances fur une dé-couverte auffi utile, mais comme elles ne sont point con-tenues dans l’exposé du fait que vous m’avez reini* >Madame , j’en laisse le soin à Monsieur Gamier monami & mon confrère , qui les proposera & les éclaircir*avec beaucoup plus d’exactitude & de netteté que mo*>dans un Traité complet qu’il promet au public fur cksujet.
Il me reste donc à vous demander grâce sur la lon-gueur & sur le stile de ma lettre , qui sentiroit encorebien plus la Province fans l’amitié que m’a fait Mon-sieur l’Abbé de la Garde de le corriger. Je fuis arespect,
MADAME,
Votre très humble & très obéissantserviteur,
CHAUVIN.
A Lyon ce ai. Septembre 1692.
DISSERTATION wP H Y S I Q U E
EN FORME DE LETTRE
A MONSIEUR
DE SEVE,
SEIGNEUR DE FL E CHERE S, Conseiller du Roi, &c.
Dans laquelle il est prouvé que les talens extraordinaires qu’a Jacques Aymar , de íùivre 2^une Baguette les Meurtriers & les Voleurs à la piste, de trouver de l’eau, l’argent caché)bornes transplantées, &c. dépendent d’une cause très naturelle & très ordinaire.
Par PIERRE GARNIER, DoBeur en Médecine de 1Université de Montpellier ,agrégé au Collège des Médecins de Lyon.
AVIS AU LECTEUR.
On trouvera à la fin de cette lettre l'histoire du fait ,telle qu'elle a été écrite ( b ) par Monfieur l'Abé de laGarde qui est instruit par lui-mème de toutes les singu-larités dont il donne le détail »
Apres cette histoire , on trouvera encore quelques éclair-
(*) Imprimée à Lyon en 1691. chez de Ville in 12.
(é) Cette Relation étant déja inférée dans la Lettre de M.Chauvin, on ri’a pas cru devoir la répéter. Voyez page 1. de cc.Volume.
cistemens fur le fait dont je me Jhis instruit p^ 1 " ,^même pendant trois heures que je pajfai , il y a st 1 ‘ ^tems , avec Jacques Aymar , dans la Bibliothé^ 1 'Monfieur le Lieutenant-Général. Je lui fis plufiesit 5 q ^fions , je pense que les curieux ne seront pasje leur faste part des réponses qu’ Aymar fit aux jeque je lui proposai , est de tout ce que je lui visplus surprenant. ,
C'est pour la commodité du LeBeur que s#
/’histoire du fait, de /'explication Physique qu* f^Jjc^dans k Lettre . Ceux qui ne chercheront que