HISTOIRE
sonnes, fans qu’il y ait lieu de se défier de quelque four-berie.
Du mouvement de la Baguette a l'égard des bornes ,des voleurs , & des vols.
I L m'a toujours paru qu’on pouvoir démontrer en tou-te maniéra que le toùrnoycment de la Baguette à l’é-gard des bornes, des voleurs & des choses dérobées, n’a-voit aucune cause matérielle, & que ce n’étoit pas là deces effets qu’on apelle naturels, physiques, produits enconséquence des loix naturelles. Je l’avois, ce me sem-ble , démontré , & vous le faites , mon R. P. , avec lanetteté, la pénétration & l’exactitude qui vous font or-dinaires. Je ne voyois pas même qu’on pût opposerrien de solide. Je n’ai garde de vous proposer ce quefont valoir quelques personnes ; vous ririez fans douted’entendre parler d’instinct , de faculté , de sympathie ,de constellation , & de semblables choses que les diseursde mots savent faire admirer aux bonnes gens, & I ceuxqui aiment les mystères. Mais voici quelques objectionsqui paroiffent plus raisonnables , & aufquelles il est àsouhaiter que vous saisi ez un mot de réponse pour la sa-tisfaction de bien des gens.
Seroit-ce , dit-on , en vertu de quelque pacte que laBaguette tourneroit ? Mais i. à quoi pourroit être at-taché ce pacte? Nulle parole, nulle figure, nul caractè-re. Ceux à qui la Baguette tourne sont pour la plupartde bonnes gens , simples , qui n’y entendent point definesse , qui se sont apperçus par hazard , disent-ils, decette faculté, qui ont peur du seul mot de pacte avec leDémon, & qui ne sc serviraient jamais de la Baguette,si tous ceux qu’ils ont consultez & qu’ils consultent,leur disoient qu’il y a du mal. Quelle apparence doncde croire ces personnes coupables de quelque pacte avecle Démon ?
z. Dès qu’une chose telle que pourroit être la Ba-guette produit un effet déterminé en vertu d’un pacteexprès ou tacite , cet effet doit être produit entre lesmains de quelque personne que ce soit ; car pourquoi lemême pacte n’opéreroit-il pas de même maniéré dans lespersonnes qui ont les mêmes désirs , les mêmes inten-tions ? Cependant de cent personnes qui essayeront si laBaguette leur tourne , & qui souhaiteraient même debonne foi qu’elle leur tournât, il n’y en aura pas deux àqui elle tourne. II n’en est pas de même de quantitéd’effets que produisent bien des gens de la Campagne parcertaines paroles ou figures ; il en est peu qui en usentfans opérer les mêmes effets.
3. Ne seroit-ce point ici quelqu’un de ces dons par-ticuliers que Dieu communique quelquefois aux hom-mes ? Les septièmes enfans mâles, disent quelques uns,ne guérissent-ils pas des écrouelles ? Enfin pourquoi semettre tant en peine de chercher la cause des effets de laBaguette? On fait que Dieu peut les produire, l’ufagequ’on en fait, n’a rien de mauvais. Que reste-t-il doncpour se mettre au dessus de tout scrupule, que de re-noncer à tout pacte s’il y en avoit ?
Vos réponses, M. R. P., feront fans doute évanouirces difficultez.
Du mouvement de la Baguette fur les eaux & lesmétaux.
ï. TL est certain qu’on ne fauroit connoitre par des| régies Physiques la profondeur de l’eau, la gros-seur de la source, combien on trouvera de roche, de sa-ble , &c. Il n’est personne qui ne doive être persuadéde çe que vous en dites.
z. A l’égard des personnes aufquelles la Baguettetourne fur les bornes auffi bien que fur les sources , toutm'est suspect; parcequ’il y a lieu de croire que la mêmecause qui fait tourner la Baguette entre leurs mains furles bornes, la fait auffi tourner fur les eaux.
3. Mais lorsque je vois des personnes de piété & de
caiTIQ.DE
mérite aufquelles la Baguette ne tourne que fur des sous*ces; n’est-ce point ici , me dis-je , un effet purementnaturel ? Le Démon agiroit-il dans ces personnes qui I erenoncent de si bon cœur ? J’hésite, je n’ose condam-ner , & voici mes raisons.
II n’en est pas de l’eau comme d’une borne ; l’eau euun corps physique indépendamment de toute pensée &de la communication des hommes ; la Baguette est u"corps. Or entre les corps il y a des communications demouvement que je ne connois pas ; il y en a donc peut'être quelqu’une entre l’eau & la Baguette qui ne m'estpas connue, & ainsi je ne puis la nier absolument coflj'me impossible ; peut-être les vapeurs qui s’élévent d®l’eau , causent-elles ce mouvement : ne pourroit-on p 35en dire de même des petits corps que les métaux exh 3 'lent ?
Mais, dit-on , les corps agissant nécessairement, $doivent toujours agir de la même maniéré dans Ifmêmes circonstances. J’en conviens. Donc si l’eau stfmouvoir la Baguette , elle la doit mouvoir par tout oUelle sera, & par qui que ce soit qu’elle soit tenue. í*conséquence ne me parait pas nécessaire. Différentsmains sont des circonstances différentes. On pourroitfaire voir par plusieurs expériences, que s’il y a quelst uecommunication de mouvement entre deux corps , e ^ epeut être interrompue par un troisième corps , & elJquelque rencontre un troisième corps pourroit causer dumouvement entre deux corps qui n’en avoient pas , Pu* 1vers l’autre ; le mélange des liqueurs pourroit fournir d fsemblables expériences , nous n’en manquerions pas ch&les Chymistes.
II me parait clair que les mains de différentes persomnés peuvent donner occasion à des mouvemens différend1. La tissure de ces mains est différente. 2. Les po reSen font différens. 3. Le flux perpétuel de corpusculequi s’en exhalent, est tout différent. Ces petits corp*sont différens en grosseur, en figure, en vitesse , &° nla différente configuration des parties du sang. Ce ttfidifférence du sang & des parties qui s’évaporent du costfse présente, ce me semble, nécessairement àl’esprit, d eSqu’on pense à la différence qu’il y a entre les homM^sanguins & les pituiteux, ou les mélancoliques &c. C fla étant supposé , ne pourroit-on pas dire que ces pe tlt!corps qui sortent de l’eau , ne produiraient un telque lorsqu’ils se mêlent avec ce qui s’exhale des mainstelles personnes ?
Vous voyez apparemment, M. R. P., de quelleniére je m’y prendrais, si on me pressoir d'explist^comment se fait le mouvement de la Baguette , en sc£posant ; 1. une évaporation très abondante des parties »l’eau ; 2. un écoulement de corpuscules des mains dejflui qui tient la Baguette; 3. cette même Baguette sc'ceptible d’agitation à l’occasion des corps qui s’inísc uraient dans ses pores. J’entreprendrois seulement d epliquer comment la chose se peut faire, & non pas c0
ment elle se fait ; c’est tout ce qu’on doit exiges
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Physicien. Je ne prétens pas pour cela que ce y ^noyement de la Baguette soit physique , je dis \ e jment qu’il pourroit l’être , & je soumets avec pb 1 * 1votre censure les raisons que j’ai de le penser ainsi» ^Vous vous attendez sans doute , M. R. P» » â çgvoir embarrassé fur ce que la Baguette ne tournel’eau qui est cachée. Il est vrai, j’y sens de laté ; & voici seulement sur quoi je tâcherais de si,e a( . I ííSd’affaire. J’apperçois quelque différence entre ses P. ^qui sortent de l’eau qui est cachée, & celles sttent de l’eau qui est à découvert. Celles quide l’eau souterraine sont comme filtrées, elles o& gfé dans la terre ce qu’elles avoient de plus gi' 0 ‘ ‘<{ yde moins flexible , il n’en monte guéres que ce st ^a de plus spiritueux ; ainsi elles pourront peut-etty^duire un effet dont celles qui s’élévent decouvert , fans cette espèce de filtration , seraient «blés. II ne me vient rien de meilleur présentemen * ^nons s’il vous plaît, M. R. P» , à des difficume sont particulières, & qui me tiennent plus a ^