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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.

ìs demeurent longtersi ces ; ce qu il falloít démontrer.

EEFAtTTS DE L'HYBOTHE.

ï.

>> s étonner sils demeurent longtems fur les mêmes tra- les soient emportées bien loin, & que la feule vapeur des^rpc. - ' ' ' ' - meurtriers soit arrêtée ? Pourquoi Pair qui donne passage

à tant de différentes choses, la refufe-t-il à des corpsquon suppose si petits & si agitez par la matière fub-

C Ette hypothèse nàdmet que de Pair &matière subtile : or les vents font composezon ieulement dair & de matière subtile , mais encoree yapeurs, d'exhalâisons, & de tout ce qui sest évâ-P° r é dune infinité de corps de différente espèce : on à? nc obmis la principale Cause qui doit dissiper la trai-ee des corpuscules, comme on la montré plus haut.

, H- t-Auteur de P hypothèse avoue que si Ces petitsCOr P s nageoient que dans Pair grossier , le vent dequelque côté quil soufflât les aurait bientôt dissipez ; âp-P ar emrnent parcequils iraient de compagnie avec Pair î° nc sil s nagent dans matière subtile , ils pourrontetr . e emportez avec elle , ou bien il leur ârrivera ce quiîrri ye à un tonneau exposé au courant d'une rivière,^uitié dans Pair & moitié dans Peau. II ne fuit entié-y ei Uent ni le mouvement de Pair ni celui de Peau , maisksi pa s pour cela immobile : il va plus lentement,fil. On veut que les petits corps qui composenttainee foi ent p 0U ff ez également à contresens , d'un côtéP a 5 1 air Sc de Pautre par la matière subtile , quilsler *t comme un vaisseau pouffé vers un endroit par un°Urant deau, & vers un autre par un vent contraire.

» Voilà une supposition bien différente de celleMonsieur Chauvin, qui veut que ces petits corps don-J er >t un passage libre à la matière subtile , & quils pas-ent eux-mêmes à travers des pores de Pair, en sorteSyils ne puissent être ébranlez ni pâr celle-, ni par ce-u ';ci. On suppose ici au contraire quils peuvent êtrea 8'tez par tous les deux.

è ^lais i. Pair & la matière subtile nagiffent pas tout-j, ait à contresens ; car la matière subtile ne va pas toutep Uu côté & tout lair dun autre. II y a assurément de«P* accompagne la matière subtile, fy) La compa-p 1 °. n da vaisseau qui demeure immobile , nest doncP S Juste , puisque le courant deau & le vent le pous-j, nt P ar ^ deux cotez tout-â-Fait opposez , au lieu queUu même côté il y a de Pair & de la matière subtileaUi poussent les' corps dont il sagit.

, 2 " Qyand.même Pair presserait d'un côté & la ma-er y subtile de 1 autre, & qu ainsi les forces feraient op-Wées, elles ne feraient pas pour égales ; car la ma-ler e subtile a plus de force que Pair. L'auteur le sup- cest- le principal fondement de son hypothèse ;° nc elle doit entraîner ces petits corps.tií î* Si l'on suppose que Pair aille dun côté & la ma- ^ ^àile de Pautre, cet air qui va vers un même-W S ï trou vera enfin si pressé , & si condensé, que saç ti Ce a lasti q ue ne manquera pas de le faire refluer ; &la t . u , an t ne viendra-t-il pas déplacer les petits corps de"aînée?

^ Ee vent peut varier. Il peut aller directement verss u ^ dr °it, y aller doucement avec Pair & la matièrechç'5 ' & entraîner de même ce qui se trouvera sur leurVent ? Don c si le sixième de Juillet il nesaisoit quuntra 'née° rt ^ oux auprès du pont de Vienne , adieu la

son$ 3 encore revenir aux vapeurs & aux exhalai-fit avç c l Peuvent fort aisément déplacer les petits corpsRiatié re r7* de force même que ne le feraient Pair & lade pi Us s u ?tile ; car comme il y en a de plus grosses &les aviro °'*des que Pair & la matière subtile , lorsquel-pas (j e nt été mises en mouvement, elles ne manquerontCo,11 nie ,^s?orter les petits corps quelles choqueront,P°rt e c j ç a §lace que la rivière entraîne , pousse & trans-i P)> x Cor P S que Peau ne déplacerait pas.sdòns°' 1 V * ent si ue toutes fortes de vapeurs & déx-- e, f 1 Ide lesquelles Pair & la matière subtile ont pri-nt pas arrêtées en Pair ? Pourquoi faut-il quel-

fi eoutSl 1 , prendre garde aux inconïénkns qui arrireroient,ae la terre étoit fans air.

tile ?

Enfin quori simagine si cela se peut, que Pair 8c hmatière subtile rten veulent quà cette vapeur , & quelun & Pautre la poussent par des cotez opposez. Je disencore quils ne la retiendront que fort peu de tems dansla même place j & que P exemple du vaisseau ne vautrien.

Un vaisseau qui nage fur leáu , ne peut ni monterdans Peau ni tomber au fond, pareeque Pair & Peau sontdes corps fort différens en pesanteur, & qui ne sont pointmêlez íun âvec Pautre, comme lair avec la matière sub-tile. Sans cela le moindre coup de vent, la moindre in-égalité dans faction contraire du vent* ou de Peau, pré-cipiterait , ou ferait monter le vaisseau. D il fuitque le moindre coup de la matière subtile , ou de lairsúr un des petits corps èn question , doit le faire mon-ter ou descendre ; de sorte quil nest pas possible quildemeure longtems dans la même hauteur.

Que quand même il ne fait point de vent , ce qui s'exhaledu corps dun homme ne peut s'arrêter le long dun che -min , pour y faire me traînée qui dure un jour , maisqu'il doit diffìper en fort peu de tems.

I

L ne faut, ce me semble , Monsieur , pour en être

_ convaincu, quun peu dattention à la maniéré dont

se font les transpirations & toutes sortes dévaporations.Comme les corps ne se donnent pas à eux-mêmes lemouvement ni le repos , les petits corps ne se détachentjamais dun autre corps quils ne soient agitez ; & quandiîs le sont une fois, ils continuent â se mouvoir., jus-quà Ce quils ayent communiqué leur mouvement auxcorps quils rencontrent. Monsieur Garnier & Mon-sieur Chauvin en conviennent ; ils doivent donc conve-nir que ce qui sest exhalé du corps des meurtriers, nademeuré que peu de momens fur Pendrait de la rivièrepar leur bateau a passé. Je le prouve en bonne for-me par leurs propres principes.

Nul corps , dit M. Garnier i. O- r. axiomes , ne» se détache dun autre , sil nest mis en mouvement!,, or tout corps qui est en mouvement, tend toujours,, à séloigner de son centre par une ligne droite , & ne change cette détermination que par la rencontre des corps qui sopposent à son passage; donc ce qui sex- hale du corps dun homme doit continuer à se mou» voir, jusquà ce quil ait rencontré des corps qui lui,, ferment le passage, & à qui il communique du mou- vement.

Or par P hypothèse de Monsieur Chauvin, ce que lesmeurtriers ont exhalé , ne peut être ébranlé par aucuncorps : la matière subtile passe librement au travers deses pores fans lui donner aucune atteinte, & il passe aussilibrement dans ceux de Pair fans sy jamais embarrasser rrien ne fait obstacle à cette matière meurtrière , rien naprise fur elle ; elle nen a donc point non plus fur les au-tres corps, & ne peut par conséquent leur communiquerdu mouvement. Donc il saut quelle continue à semouvoir selon la détermination quelle a reçue, lorsquel-le a été poussée hors du corps.

Concevez après cela, Monsieur, cette prétendue chai-'ne datomes qui demeure immobile fur un chemin ? Con-cevez que chacun des meurtriers a laissé la sienne distinc-te P une de Pautre, & que cest ce qui faisoit impressionfur lhomme à Baguette, lorsquil sappercevoit tantôt dedeux dr quelquefois de trois complices ?

II. Le Soleil a fans doute paru , & les nuits ont étéplus fraîches que les jours au mois de Juillet, tems au-quel Aymar étoit à la quête des meurtriers. Or cestune vérité qui faute aux yeux que les petits corps mon-tent lorsque la chaleur les ébranle , & quils descendent,lorsquayant communiqué leur mouvement, ils nen ontplus. Donc, &c.

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III. Qiie