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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.
ìs demeurent longtersi ces ; ce qu’ il falloít démontrer.
EE’FAtTTS DE L'HYBOTHE’SË.
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>> s étonner s’ils demeurent longtems fur les mêmes tra- les soient emportées bien loin, & que la feule vapeur des^rpc. - ' • ' ' ' - meurtriers soit arrêtée ? Pourquoi Pair qui donne passage
à tant de différentes choses, la refufe-t-il à des corpsqu’on suppose si petits & si agitez par la matière fub-
C Ette hypothèse n’àdmet que de Pair & dé làmatière subtile : or les vents font composez‘■on ieulement d’air & de matière subtile , mais encoree yapeurs, d'exhalâisons, & de tout ce qui s’est évâ-P° r é d’une infinité de corps de différente espèce : on à? nc obmis la principale Cause qui doit dissiper la trai-ee des corpuscules, comme on l’a montré plus haut.
, H- t-’Auteur de P hypothèse avoue que si Ces petitsCOr P s nè nageoient que dans Pair grossier , le vent dequelque côté qu’il soufflât les aurait bientôt dissipez ; âp-P ar emrnent parcequ’ils iraient de compagnie avec Pair î„° nc s’il s nagent dans là matière subtile , ils pourrontetr . e emportez avec elle , ou bien il leur ârrivera ce quiîrri ye à un tonneau exposé au courant d'une rivière,^uitié dans Pair & moitié dans Peau. II ne fuit entié-y ei Uent ni le mouvement de Pair ni celui de Peau , maisksi pa s pour cela immobile : il va plus lentement,fil. On veut que les petits corps qui composent làtainee foi ent p 0U ff ez également à contresens , d'un côtéP a 5 1 air Sc de Pautre par la matière subtile , Lé qu’ilsler *t comme un vaisseau pouffé vers un endroit par un°Urant d’eau, & vers un autre par un vent contraire.
» Voilà une supposition bien différente de celle dèMonsieur Chauvin, qui veut que ces petits corps don-J er >t un passage libre à la matière subtile , & qu’ils pas-ent eux-mêmes à travers des pores de Pair, en sorteSy’ils ne puissent être ébranlez ni pâr celle-là, ni par ce-u ';ci. On suppose ici au contraire qu’ils peuvent êtrea 8'tez par tous les deux.
è ^lais i. Pair & la matière subtile n’agiffent pas tout-j, ait à contresens ; car la matière subtile ne va pas toutep Uu côté & tout l’air d’un autre. II y a assurément de«P* accompagne la matière subtile, fy) La compa-p 1 °. n da vaisseau qui demeure immobile , n’est doncP S Juste , puisque le courant d’eau & le vent le pous-j, nt P ar ^ deux cotez tout-â-Fait opposez , au lieu queUu même côté il y a de Pair & de la matière subtileaUi poussent les' corps dont il s’agit.
, 2 " Qyand.même Pair presserait d'un côté & la ma-er y subtile de 1 autre, & qu ainsi les forces feraient op-Wées, elles ne feraient pas pour cà égales ; car la ma-ler e subtile a plus de force que Pair. L'auteur le sup-’ c’est-là le principal fondement de son hypothèse ;° nc elle doit entraîner ces petits corps.tií î* Si l'on suppose que Pair aille d’un côté & la ma-té ^ ^àile de Pautre, cet air qui va vers un même cô-W S ï trou vera enfin si pressé , & si condensé, que saç ti Ce a lasti q ue ne manquera pas de le faire refluer ; &la t . u , an t ne viendra-t-il pas déplacer les petits corps de"aînée?
^ Ee vent peut varier. Il peut aller directement verss u ^ dr °it, y aller doucement avec Pair & la matièrechç'5 ' & entraîner de même ce qui se trouvera sur leurVent ? Don c si le sixième de Juillet il nesaisoit qu’untra 'née° rt ^ oux auprès du pont de Vienne , adieu la
son$ 3 encore revenir aux vapeurs & aux exhalai-fit avç c l Peuvent fort aisément déplacer les petits corpsRiatié re r7* de force même que ne le feraient Pair & lade pi Us s u ?tile ; car comme il y en a de plus grosses &les aviro °'*des que Pair & la matière subtile , lorsqu’el-pas (j e nt été mises en mouvement, elles ne manquerontCo,11 nie ,^s?orter les petits corps qu’elles choqueront,P°rt e c j ç a §lace que la rivière entraîne , pousse & trans-i P)> x Cor P S que Peau ne déplacerait pas.sdòns°' 1 V * ent si ue toutes fortes de vapeurs & d’éx-- e, uç f 1 Ide lesquelles Pair & la matière subtile ont pri-nt pas arrêtées en Pair ? Pourquoi faut-il qu’el-
fi eoutSl 1 , prendre garde aux inconïénkns qui arrireroient,ae la terre étoit fans air.
tile ?
Enfin qu’ori s’imagine si cela se peut, que Pair 8c hmatière subtile rt’en veulent qu’à cette vapeur , & quel’un & Pautre la poussent par des cotez opposez. Je disencore qu’ils ne la retiendront que fort peu de tems dansla même place j & que P exemple du vaisseau ne vautrien.
Un vaisseau qui nage fur l’eáu , ne peut ni monterdans Peau ni tomber au fond, pareeque Pair & Peau sontdes corps fort différens en pesanteur, & qui ne sont pointmêlez í’un âvec Pautre, comme l’air avec la matière sub-tile. Sans cela le moindre coup de vent, la moindre in-égalité dans faction contraire du vent* ou de Peau, pré-cipiterait , ou ferait monter le vaisseau. D’où il fuitque le moindre coup de la matière subtile , ou de l’airsúr un des petits corps èn question , doit le faire mon-ter ou descendre ; de sorte qu’il n’est pas possible qu’ildemeure longtems dans la même hauteur.
Que quand même il ne fait point de vent , ce qui s'exhaledu corps d’un homme ne peut s'arrêter le long d’un che -min , pour y faire me traînée qui dure un jour , maisqu'il doit Jè diffìper en fort peu de tems.
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L ne faut, ce me semble , Monsieur , pour en être
_ convaincu, qu’un peu d’attention à la maniéré dont
se font les transpirations & toutes sortes d’évaporations.Comme les corps ne se donnent pas à eux-mêmes lemouvement ni le repos , les petits corps ne se détachentjamais d’un autre corps qu’ils ne soient agitez ; & quandiîs le sont une fois, ils continuent â se mouvoir., jus-qu’à Ce qu’ils ayent communiqué leur mouvement auxcorps qu’ils rencontrent. Monsieur Garnier & Mon-sieur Chauvin en conviennent ; ils doivent donc conve-nir que ce qui s’est exhalé du corps des meurtriers, n’ademeuré que peu de momens fur Pendrait de la rivièrepar où leur bateau a passé. Je le prouve en bonne for-me par leurs propres principes.
„ Nul corps , dit M. Garnier i. O- r. axiomes , ne» se détache d’un autre , s’il n’est mis en mouvement!,, or tout corps qui est en mouvement, tend toujours,, à s’éloigner de son centre par une ligne droite , & ne„ change cette détermination que par la rencontre des„ corps qui s’opposent à son passage; donc ce qui s’ex-„ hale du corps d’un homme doit continuer à se mou»„ voir, jusqu’à ce qu’il ait rencontré des corps qui lui,, ferment le passage, & à qui il communique du mou-„ vement.
Or par P hypothèse de Monsieur Chauvin, ce que lesmeurtriers ont exhalé , ne peut être ébranlé par aucuncorps : la matière subtile passe librement au travers deses pores fans lui donner aucune atteinte, & il passe aussilibrement dans ceux de Pair fans s’y jamais embarrasser rrien ne fait obstacle à cette matière meurtrière , rien n’aprise fur elle ; elle n’en a donc point non plus fur les au-tres corps, & ne peut par conséquent leur communiquerdu mouvement. Donc il saut qu’elle continue à semouvoir selon la détermination qu’elle a reçue, lorsqu’el-le a été poussée hors du corps.
Concevez après cela, Monsieur, cette prétendue chai-'ne d’atomes qui demeure immobile fur un chemin ? Con-cevez que chacun des meurtriers a laissé la sienne distinc-te P une de Pautre, & que c’est ce qui faisoit impressionfur l’homme à Baguette, lorsqu’il s’appercevoit tantôt dedeux dr quelquefois de trois complices ?
II. Le Soleil a fans doute paru , & les nuits ont étéplus fraîches que les jours au mois de Juillet, tems au-quel Aymar étoit à la quête des meurtriers. Or c’estune vérité qui faute aux yeux que les petits corps mon-tent lorsque la chaleur les ébranle , & qu’ils descendent,lorsqu’ayant communiqué leur mouvement, ils n’en ontplus. Donc, &c.
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III. Qiie