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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUÉS SUPERSTITIEUSES, &c.

tnL^ £S ^ ats * ^ ur ' es P ots ' & ^ ur ^ es verres, elle n

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01 * pas non plus. Car elle a tourné plus dun moisspres que les meurtriers les avoient touchez ; & selonUteur , le mouvement de Pair avoìt détaché & âijjìpéa jJ e * promptement la transpiration qui sy étoit dabordfâchée. Ce ne font donc ni les vapeurs , ni les exha-1Io ns , ni la transpiration , qui sont tourner la Ba-guette.

Or ces petits corps, selon l'Auteur de la Physique oc-j ? te > auíïì bien que selon Monsieur Garnier & Mon-eùr Chauvin , sont la seule cause matérielle à laquelle0:1 puisse attribuer ce tournoiment. Donc il est trèsCQ ustant, par les principes mêmes de tous ces Messieurs,S u 2 nul corps ne fait mouvoir la Baguette, fuis, &c.

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A MONSIEUR. * * *.

font on peut découvrir fi les Anges j ou les Démons ,f°ht les Auteurs du tournoiment de la Baguette.

E St-il vrai Monsieur» que les Philosophes de vos

quartiers ne peuvent souffrir quon attribue aucunj líl ' t a °x Intelligences? Seroient-ils semblables aux-ecins dont parle (c) Pseltus ? Et faudroit-il les mettreu nombre de ces personnes ausquelles Perse auroit dit,

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curva ìn terras anima & caleflìum inanes !

, Monsieur , je ne puis me le persuader, tlsapparemment ni Saducéens , ni entièrement Epieu-

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quelques personnes ; comme je convaincrais fans peirie que cela rie se peut naturellement » je ne vois pas qu eje pusse me dispenser de raisonner de la maniéré que jevais faire , pour découvrir quelle est la cause qui faittourner la Baguette. Suivez, je vous prie » ce raison-nement.

Nous navons que deux sortes didées, idées desprit ìidées de corps ; & ne devant dire que ce que nous con-cevons , nous ne devons raisonner que sur ces deuxidées. Or nous avons démontré dans les précédentesLettres, quen certain cas, nul Corps ne fait tourrier laBaguette ; cest donc quelque Esprit qui la reriiue.Voyons quël Esprit ce peut être. Nous connoissonSde trois sortes dEsprits : il y en a qui sont unis auxcorps des hommes : il y en a dautrés qui ny sont pasunis , & ce sont les Anges , ou les Démons, & pardessus tous ëst lEtrë infinitrient parfait, le principetoutes choses.

Cela supposé » voici íordre que jobserve dans la re-cherche de cause de quelque effet surprenant.Commence par ce qtli mest le plus connu ; je la cherchédonc dabord dans faction des Corps ; & si je ne puisly appercevoir , je ne conclus pas pour cela que nulCorps ne peut être la cause que je cherché. Jexamines'il ne répugne point quun Corps produise un tel effet:& jusquà ce que jaye vu clairement que je ne pourroislattribuer à la matière j fans détruire les dotions quejai des Corps , je suspens mon jugement, & ne passépas outre.

Mais lôrsqué je découvre que matière n 3 en peut êtfëla cause , je passé aux Esprits ; & si je reconnoïs qué

siens ; & comme lAntiquité ne leur est pas tout-à- nul Esprit fini ne puisse produire cet effet, sai recours^, ll: inconnue, ils doivent savoir que nul point doc- à la Toute-puissance de Dieu. Cest ainsi que cher-n a été si généralement reçu dans toutes les Na- chant la cause du mouvement des Corps , (e) ou cellé

de la création, je me trouvé obligé.de remonter jusquàlEtre infiniment parfait ; pareeque cest en Dieu seul je trouve une héceffité absolue que tout ce quveut se fasse, & que je ne saurois voir de liaison néces-saire entre la volonté dUn Esprit fini j qui veut remuerun Corps , ou faire de rien quelque chose, & le mou-

l°tis , que celui de lexistence des Esprits ; & que^ e st-dessus quest fondée toute la Mythologie du^ganifrne.

. Ce nest pas seulement parmi le peuple que cette doc-

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E E conservée. Pythagore » le père des Philoso-cs, admettoit dans les airs tine multitude innom-

L .. -«) auuituuil U.119 1» ail, U11C 1I1U1UI.UUC I1UMJIU- ~ -'t 1 ' »

a ple de Génies » (d) quil croyoit auteurs de tout ce vement de ce Corps , ou changement du néant ad Ul st fait ici dextraordinaire , & fur tout des diviria- letre. . .

>> Platon & ses disciples , Jamblic , Porphìre, Revenons à la Baguette ; & puisque noUs avons de-'halcide, Apulée, Maxime de Tyr , & tant dautres, montré que nul Corps ne la fait tourner , voyons quel

J* été dans le même sentiment ; & vous savez, Mon- est TEsprit qui la remue. Seroit-ce le désir de ceux

,l§r , de quelle maniéré cette doctrine est établie dans qui la consultent ? Mais lEsprit de lhomme ne peut

écriture sainte. rien que sur le Corps qui lui est uni. Dailleurs riest-

jj Comment pourrois-je me persuader après cela que des ce pas l'Esprit humain qui consulte la Baguette , & qui

g^hssophes Chrétiens osassent parler si librement sur uri 1 * iir " u " r- T ' s '*

r ; e autorisé par la tradition la plus ancienne , &-

plus ancienne , &-un point de foi ? Ne faut-

if - danS lEcriture commerirn c l u '^ s admettent autre chose que des Corps , &p 0 1 s remontent même jusquà la volonté de Dieu»soi r ex P^ssuer la communication du mouvement , &j 2 Ce passe dans le corps des hommes à locca-^, d e leu rs désirs?

fpjC tout ce que je puis croire de quon dit dej, jjj°/dphes, cest quils craignent quon rie recoure

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et dès quon rie saura pas expliquer quelque

Vo| s r . Ur P renant . Si cest- leur appréhension , je nyt>êcl le en ^ ue de raisonnable ; car il est important dem-seu r ì bien des gens rie fassent des Esprits lazile deexp]iq Uora ri c e. ' Mais autre chose est de rie savoir paset Un phénomène , autre Chose de voir quil estseule communication des

tUouV e à impoffible par la siUn e . ns> Si l'on me disoit, par exemple, que dastsdan s s a S L° rt ^alme uri homme en soufflarit fur un papierdloìg n / , 5Tn bre , fait aller un moulin à vent qui en est rier, Un guart de lieue , apparemment je nen croi-** n* r ^d"'S si après plusieurs observations critiquesS u ett e uàdé du fait , ainsi que je le fuis que la-ns ar t & fans fraude tourne entre les mains

Ci ^ ^e c ,

Soì. ^ ynirum est; Marcùs ait » quòd haec dÎGant Medí-

P° r ìlw 1 , a qu» sensii percipiuntur stihil norunt , sed solis

( )Di °g Sît nt - Ve W-

la consulte sur une chose qui lui est inconnue? Il saiedonc pas ce quelle doit répondre ; comriient pourroit-ilen diriger le mouvement?

Passons donc aux Esprits qui norit pas été faits poufanimer un Corps. íls ont assurément plus de pouvoir& de lumière que nen ont nos Ames , ils sont les Mi-nistres de Dieu, & cest à eux à qui l'on doit attribuesce qui ne fépugsle point à un Etre fini, & qui ne peutêtre opéré ni par les Iôix générales de la communicationdes mouvemens, ni par celles lunion de lAme avecle Corps.

Mais japperçois encore deux sortes de cés Esprits lde bons & de méchari$. Et il imposte de déterminer 'si cest à ceux-ci, ou à ceux- que je dois attribuer lesrévélations qui se forit par la Baguette. Je cherche doncUne régie qui me fasse faire ce discernement , & voicicelle que vous avez pu remarquer dans la Lettre de lAu-teur de la Recherche de la Vérité , & que je trouve dansla Tradition sainte & profane ; cest que les Anges ncfont ríeri dextraordinaire que pour nous piorter à Dieu ;

& que tout ce qui sc fait de merveilleux , qui ne nousporte pas à véritable félicité » doit passer pour lou-vrage dun Esprit séducteur;

Porphyre qui etoit un Payèn fort éclairé» a reconnuCetté vérité; car écrivant au Prêtre Egyptien Anebon,après avoir demandé si ceux qui prédisent lavenir & qui

Çe) Suivant les. principes des Cartéiiens.'

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