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font des prodiges, ont des Ames plus puissantes que lesoutres, ou s’ìis reçoivent ce pouvoir de quelques Espritsétrangers, il fait entendre ,, que cette dernière opinion„ est la plus véritable , parcequ’ils se servent de pierres„ 8c d’herbes pour lier quelques personnes , ou pour,, ouvrir des portes, ou pour d’autres effets merveilleux.„ D’où vient, dit-il, que quelques-uns croyent qu’ily a un certain genre d’EÍprits qui écoutent Ses voeuxdes hommes , qui font' naturellement fourbes , quiprennent toutes sortes de formes, & que c’est eux quifont tout ce qui -semble arriver de bien ou de rnàl,,, qu’au fond ils ne portent jamais les hommes à ce quiest véritablement bien?
Ce que Porphyre ne pròposóií que comme une opi-nion , (apparemment par respect poúr le Prêtre Egyp-tien à qui il écrivoit) Saint Augustin rassure commeune vérité. II dit nettement , après avoir rapporté lesparoles de Porphyre : „ Que tout ce qui se fait d’ex-„ traordinaire par le moyen d’herbes, de pierres, d’ani-„ maux, par certains tons de voix , par quélques figu-„ res faites à plaisir , & par î’observation du cours de„ quelques astres , c’est un badinage des Démons qui„ se jouent des Ames qui leur font asservies , & qui„ font leur paíîètems de Terreur & de Taveuglement des», nommes.
t, Ce Philosophe ajoutoit même , poursuit Saint Au-îî guftû* , que quand les prédictions de ces Esprits se-,, roient véritables , néanmoins comme ils n’avertissent„ pas les hommes de ce qu’il faut faire pour arriver à,, la félicité , ce ne sont ni des Dieux ni de bons Dé-„ mons; mais que c’est ou l’Esprit séducteur, ou une„ imposture des hommes.
„ Toutefois comme par le moyen de cet art il se sait„ tant de choses qui surpassent la puissance des hommes,que reste-1-il sinon de dire , que tóut ce qjti
s’oPe'RÉ DE MERVEILLEUX , ET NE SE RAP-PORTE POINT AU CULTE DU VRAI DIEU ,LA JOUISSANCE EST SEULE CAPABLE„ DE RENDRE HEUREUX, SELON L’AVIS DES
,, Platoniciens memès , doit passer pour
,, UNE ILLUSION DES DEMONS , QTj’uNE PIE’te’
„ ve’ritable doit faire rejetter avec
,, SOIN (f).
De cette feule régie on peut aisément conclure queT usage dé la Baguette ne peut venir des Anges. Maisnous avons une autre marque plus palpable & plus déci-sive de Vopération du malin Esprit , c’est Terreur & latromperie. ' Ce caractère ne peut être équivoque ; &c’est par-là tot ou tard que Ton apperçoit les pièges dutentateur. Comme il est Esprit d’erreur & de menson-ge , il est rare qu’il dise vrai durant longtems. Auísil’Auteur du Traité de /’Esprit & de la Lettre , (g) ad-met-il pour une régie assurée du discernement du bonEsprit d’avec le méchant, que T un instruit , & l’autretrompe (h).
Qyelquefois néanmoins, dit Saint Augustin , le ten-tateur se contraint , il se déguise, il dit vrai, 8c ensei-gnant des choses utiles, il se transforme en Ange de lu-
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(/) Cseterum illos quibus conversatio cum Diis ad hoc effet, utob inveniendum fugitivum, vel prœdium comparandum, vel prop-ter nuptias , vel mercaturam, vel quid hujusmodi, mentem di-vinam inquietarent , frustra eos vider! dicit coluisse sapientiam.Illa etiam ipsa numina cum quibus couveríàrentur , etsi de caete-ris rébus vera praedicarent » quoniam tamen dè beatitudine nihilcautum nec satis idoneum monerent , nec Deos illos esse nec be-nignos Dsemones , sed aut illum qui dicitur fallax aut humanumomne commentum.
Verùm quia tanta 8c talia geruntur his artibus , ut univerfummodum humant facultatís excédant : quid restât , ni si ut ea quxmirificè tanquam divinitùs prsedici vel fieri videntur , nec tamenad unius Dei cultum referuntur , cui simpliciter inhaerere , faten-tibus quoque Platonicis , 8c per multâ testantibus , íòlum beatifi-cum bonum est , malignorum Daemonum ludibria 8c ièductoriaimpedimenta , quse verâ pietate cavenda sunt , prudenter intelli-gantur. De Civit. Dell. to . c . u. n.
(g) Inter opéra August.
(b) Humanum spiritum aliquando bonus, aliquando malus afïu-mit Spiritus , nec facile discerni potest à quo Spiritu affumatur,pisi qui bonys instruit K malus fallit. r. a 7 .
C R 1 T I Q.U E
miére. Commerìt s’y prendre alors pour îe reconhoi*tre ? Cela n’est pas facile, (i) Mais dès qu’on aper-çoit de la fraude , de T illusion , du mensonge > toutedifficulté est levée ; le séducteur s’est montré.
11 ne faudroit. donc plus examiner si c’est un bon p 1 *uïi méchant Esprit qui fait tourner la Baguette ; carmais plus d’iliusions & de mensonges que dans les sigstfqu’elle donne. Il faudroit un gros volume pour décbre les variations & les contradictions de la Baguette. J ene parle pas de celles qui ont trompé tant de personnE s *depuis qu’on s’en sert pour chercher des trésors, & ssj*font fait appeller la Baguette au vent virgnla vent osa i I edis seulement pour décrire les tromperies de la Bagu £tt£d’Aymar , depuis îâ découverte du meurtre de hy ot !°Ce fameux Devin fur un Prophète de mensonge à V 01 'ron auprès de Grenoble , fa Baguette tourna fur un g®*çon faussement acculé d’un larcin , 8c ne tourna pas 6®îe véritable voleur. Deux jours après Tépreuve de J*Baguette , Taffaire fut éclaircie , & Aymar quitta j*pays. Le fait est constant, plusieurs personnes de Vai-ron en ont donné des attestations autentiqnes : & p ourne vous laiíïèr aucun lieu d’en doutes, je n’ai qu’à vo uSdire que Monsieur le Cardinal le Camus m’a fait The# 1 *neur de me T écrire.
„ Mais depuis qu*Aymar est à Paris combien de fbb **Baguette a-t-elle manqué ? Chez Monsieur le Pfio ceelle fut immobile fur T or & sor T argent qu’on avoirché , & ne tourna que fur un sac de cailloux. Ost/conduit Aymar dans une rue de Paris, fur Tendroic lst^me où tout récemment il s’étoit fait un meurtre ; & ^son sang ni la Baguette n’y ont été agitez (k).
Ne saut-il donc pas conclure que , si le tournoiist en£de la Baguette n’est pas l’esset de la fourberie des h ost 1 'mes , il ne peut être que T ouvrage des Esprits fouffi e& menteurs, tels que le sont les Démons ? z
Mais pourquoi le Démon tromperoit-il , dit-on*N’est-ce pas—là le moyen de perdre toute créance ? V-veut attirer les hommes à lui, quel avantage trouverO' 1 'il à les tromper en de si petites choses? , 5
Je répons , i. Que le Démon trompe quelquefoisparcequ’il ne fait pas ce qu’on lui demande. II ne f® 1pas toutes choses. II ne fait pas attention généraient 1 !à tout ce qui fe passe dans le monde. On lui deniast^si une telle borne n’a jamais été changée de place, ps^.être n’en fait-il rien. 11 est même bien difficile qst'H .sache; ainsi il n’en dira rien, ou bien il répondra à8c à travers tout ce qu’il voudra , fans fe mettre en p eIne si c’est la vérité ou un mensonge. ..
r. Les Démons trompent , parcequ’ils aiment à f^leur métier (/). Ils fe font un plaisir , dit Saintgustin (m) , de faire tomber les hommes dans Terre& dans T illusion, & ne craignent pas pour cela de st/.quer de gens qui recherchent ies pratiques qu’ils jj í5rent. Premièrement, parcequ’ils trouvent toujours ^défenseurs qui expliquent tout favorablement » & ss,attribuent les erreurs où Ton tombe , non pas au P^tendu secret ou à celui qui en est Táuteur , mais à cqui le mettent en pratique. En second lieu , Pqu’ils font deviner assez de choses pour exciter lasite & la cupidité des hommes. Ils rivent que ^dre apparence de vérité les contente ; qu’ils rostf® ^le souvenir des occasions où ils n’ont pas été tr °dans leur attente ; & qu’au contraire ils oubliest^^f
(ì) Discretio íànè difficillima est, cùm Spiritus Bialig nU * j; c at >dicit quod potest , quando etiam vera dicit 8c utili* P s^pc attransfìgurans sc sicut icriptum est velut Angelum lucis, D*cùm ilii in manifestis bonis creditum fuerit , seducat r
Gents; ad lin. L n. c. iz. pffi'
sens.
(k) Deux Princes , M. le Procureur du Roi, Lee.
:ns. pr0p sî> s
(0 Non est Veritas in eo , cùm loquitur mendacium ‘loquitur, quia mendax est, 8c pater ejus. jfean. 8. 44 1 -(m) Fallunt etiam studio fallendi , 8c invidâ voluntateminum errore isetantur. Sed ne apud cultores íùos P on< Vq U eritatis amittant , id agunt ut interpretibus fuis i)gnorumM^. sltrum conjectoribus culpa tribuatur, quando vel decepUnaentiti. De Divirnt. Dzm, c. 6.