DES PRATIQUES SU
® e nt les illusions & les mensonges des prétendus de-vins (n).
, ?• Ce que gagne le Démon en trompant les hommes*c qu’il fait souvent commettre bien des péchezl Je
suis trouvé dans une Ville, où deux ou trois étour-_ ls firent pâíTer Jacques Aymar le long d’une rue, pour3v °ir s’ìl y a voi t. des maisons ouïes filles & femmespuisent mal ménagé leur honneur. La Baguette tournaJ; cinq ou six portes : cela fe répandit dans la Ville , &faire tant de médisances, tant de calomnies , mit un"grand désordre dans deux ou trois familles , que lejr e ®on avoir grand sujet de s’en réjouir. Cependante ‘°n toutes les apparences , lés indices qu’avoient don-nez la Baguette, étoient faux.
Monsieur le Curé d’Eybens près de Grenoble écritUne personne à qui on avoir volé du ble , eut re-5°urs à k Baguette. Elle tourna à la porte de sept ouI 'r maisons. Celui qui avoir été volé fe persuade quef. blé y xsì. ii S ’en plaint hautement , & veut faireperquisitions juridiques. D’abord les soupçons, lésî^edisances , les calomnies, les.querelles, & les injureses plus atroces, soulèvent presque tous les paroissiens les^ ns contre les autres ; voilà ce que gagna le Démon.
_ e pendant Monsieur le Curé apprit par une voye sure’,ni j 3 ^guette avoir tourné à faux , & que les voleurse blé volé n’étoient point entrez dans ces maisons.
, 4* II importe au Démon que ceux qui doivent veil-ct fur les actions des peuples , n’interdifent pas toutes, s pratiques qui sont à plusieurs personnes une occasione péché. L’expédient qu’il prend pour détourner ces0r tes de défenses , - c’est de faire manquer le secret enPrésence des personnes les plus qualifiées. On en rit jregarde tous ces prétendus secrets comme des folies7 e des amusemens qu’il faut laisser au peuple. On laisse°nc dire & faire à chacun ce qu’il voudra. Voila ceÍUe le Démon prétendoit : il a son compte.
5 - Si toutes les pratiques extraordinaires, qui ne peu-'être naturellement expliquées , réussissaient fans
Vent
qu’il
h y eût lieu de craindre la fourberie du côté deseìssi 111165 ’ ^ es pl us libertins se persuaderoient peut-êtrej e ^siu’is y a des Esprits : & c’est-là une vérité queDémon assoiblit, & détruit même autant qu’il peut;^ elle est d’une telle conséquence* & d’une si grande.on ave s Es autres points de la,Religion , que celui% connoit des Anges prévaricateurs * connoitra bientôttQ ut k reste. :
Le Démon mêle donc dans toutes ses oeuvres beau-<1 b’illusions parmi quelques vérífez , afin que lav Acuité de discerner le vrai d’avec le faux fasse prendretr'| aCUn ìo parti qui lui plaît davantage, & que les in-p! 1 es puissent fe soutenir dans leur opiniâtreté. :n> 0 f e ‘ a lui réussit si, bien , que .les plus sages mêmeslç s Cct rien dire fur les faits; Et quoique l'Ecriture §5$ Cr£ s nous avertissent en mille endroits des arti-? bes Esprits séducteurs , quoiqu’on sache fur cetteïaif ÍCrë beaucoup d’histoires , qu’on ne peut ce semblemi ^^blement révoquer en doute ; & qu'il y ait par-ílì tic P eil ple un très grand nombre de pratiques fùper-c e qu . U , es qui ont fort souvent leur effet : néanmoins par-tis jJJ.X a a uffi fort souvent de l’illusion & de l’impos-fol ie ^ > cela fait qu’ordinairement on traite tout de
he
de ] ssu’on laisse agir le peuple fans se mettre en pei-tna ns j e 'létromper. Voilà encore un coup ceque.de-Esprit de malice, (p) Que le Dieu de paixpieu? t ° kntot sous nos pieds. La grâce de Notre Set -*1 E S u s-C h R i s t soit avec nous. Je fuis, &c.
No
intetjè* ^ enen t hommes memoriâ falsitates Mathematicorum,t>n pr 0v 1 n l ( l >n ea, qu* illorum responsis provenerúnt, ea qu*1°) MetMf ru , nt obliviscuntur. I. 83. qq. q. ^y...
qu* per
^ ad 'ft nc ^ a vlì aeriorum animalium mira falsifiarij S ’ t 'on 1 lênfùa corporis pertinentium quasdam divínatió-’ 5 ut I1U asc l uc potentias dccipere animas-íâcillimè consueve-yftatn m P er ' tur arum fortunam curiosas , aut fragilium cupidaslor- °eus’ De -°rdme l. 2*7.
16 ^ Gi aUtem P lcis conterat Satanam fub pedibus vestris ve-- - ro. atla Domini nostri Jesu Christi vobifeum. M R m.
PERSTITIEUSESi &C. 49
A HONSIEOl **«
Répons aux dijscultek, qui ont été proposées , pour montresque l'ùsàge de la Baguette es naturel , &■ qu il ne peutêtre mis au nombre des pratiques supersitieuses.
J E ne refuse point de répondre zux difficultez que. pró-posent .plusieurs personnes d’efprít. Mais qu’ortn’exige pas , je vous prie , Monsieur, ,que je fasse desréflexions fur tout te qui fe dit de la Baguette. Toutle monde fe mêle d’en juger , d’en parler , d’en écrire.Des écoliers de philosophie s’éx’ercent fur cette matière,& font voir par leurs ouvrages mêmes, fans fe nommer,qu'ils sont écoliers. Que puis-je en dire , si.ee n’estqu’il vaut bien mieux que de jeunes" gens fe divertissentà faire voltiger des corpuscules comme il leur plait, ques’ils paffoient le tems à mêler des cârteS , ou à faire rou-ler des dez ?
Je n’ai rien à dire de plus particulier fur les discoursèn l-’air que font certains grands parléurs , dont là têteest un magazin de plusieurs choses mal digérées , & qu’ilsáppliquent ordinairement de travers. N’oubliez pas Cequ’a dit un Auteur qui a fu fort agréablement parsemertous ses ouvrages du sel attique. 11 (q) y a une insnitéde gens , qui n'ont aucun goût , ni aucune jusejjè d'esprit ,gf qui sont néanmoins les plus décisfs du monde fur ce q 'uîk s pajjè. Que feroít-ce , s’il falloit examiner tout ceque disent des personnes de ce caractèresEnfin il y en a qui ne fe donnent point la- peine deméditer fur ce qu’ils disent* ni fur ce qu’ils font , quiécrivent , ou pour fe divértir , ou pouf faire plaisir àquelques personnes , ou pour fè décharger vite' des pre-mières pensées qui leur sont vendes dans l’eípi'it sor lessujets dont on leur a parlé. • ' " ' .
Quoi qu’il en soit , rien ne feroît ni plùs ennuyeux,tìí plus inutile, que de répondre à ce que proposent- ccsgens-là. On vient, pár exemple, de me montrer deuxécrits joints ensemble , dont le premier a pour titré laBaguette jusisée , ou réponse k utie Lettre du ¥ére leBrun. Devrois-je faire quelque-réflexion fur cet ouvra - 1ge? S’il va jufqù’à vous , vous verrez bien que ce fê-roit grossir inutilement mes Lettres que d’eh transcrireune partie pour y répondre. -Ne vaut-il pas mieux s’at-fâcher à ce qu’ôn propose de plus net , de plus’ précis& de plus fort 2 Je vous avoue que je fuis fort'embar-rassé quand je me trouve obligé de répondre à certainespièces, dans lesquelles le ridicule domine. Car je'crainsd’un côté de blesser les Auteurs , & je vois de l’autrequ’il feroit peut-être à propos de suivre la régie de Ter-tullien & de Saint Augustin , quí veulent qu’on ne ré-fute certaines choses , qu’en s’en mocquant , de peur-qu’une réponse sérieuse ne leur donnât du poids. Lesdifficultez suivantes ne nous mettront pas dans cet «in-convénient - ■■■
DIFFICULTE’.
„ On (r) ne doit jamais . donner de consentement,5 entier qu’aux propositions, qui paroissent si r -évidem-,, ment vrayes , qu’on ne puisse le leur refuser , sans ,„ sentir une peine -intérieure , & des reproches secrets
„ de fa raison. ; .
„ Certainement (s) à s’en tenir à-cette admirable ré-„ gle , on ne croira point que le mouvement de la Ba-„ guette soit diabolique , & non naturel. Pourquoi,, cela ? Parcequ’il faut auparavant avoir connu claire-„ ment & distinctement toutes les causes naturelles qui„ peuvent avoir quelque rapport à cet effet ; & il faut„ être assuré, par l’examen qu’on en a fait , qu’aucune„ de celles qu’on a passées en revue , n’y ont point du
tout
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(q) B. M. 86.
(r) Recherche de la Vérité. /. 1. ch. 2.{s) Physique occulte, f. 534. & Z5-
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