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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SU

® e nt les illusions & les mensonges des prétendus de-vins (n).

, ? Ce que gagne le Démon en trompant les hommes*c quil fait souvent commettre bien des péchezl Je

suis trouvé dans une Ville, deux ou trois étour-_ ls firent pâíTer Jacques Aymar le long dune rue, pour3v °ir sìl y a voi t. des maisons ouïes filles & femmespuisent mal ménagé leur honneur. La Baguette tournaJ; cinq ou six portes : cela fe répandit dans la Ville , &faire tant de médisances, tant de calomnies , mit un"grand désordre dans deux ou trois familles , que lejr e ®on avoir grand sujet de sen réjouir. Cependante°n toutes les apparences , lés indices quavoient don-nez la Baguette, étoient faux.

Monsieur le Curé dEybens près de Grenoble écritUne personne à qui on avoir volé du ble , eut re-5°urs à k Baguette. Elle tourna à la porte de sept ouI 'r maisons. Celui qui avoir été volé fe persuade quef. blé y xsì. ii Sen plaint hautement , & veut faireperquisitions juridiques. Dabord les soupçons, lésî^edisances , les calomnies, les.querelles, & les injureses plus atroces, soulèvent presque tous les paroissiens les^ ns contre les autres ; voilà ce que gagna le Démon.

_ e pendant Monsieur le Curé apprit par une voye sure,ni j 3 ^guette avoir tourné à faux , & que les voleurse blé volé nétoient point entrez dans ces maisons.

, 4* II importe au Démon que ceux qui doivent veil-ct fur les actions des peuples , ninterdifent pas toutes, s pratiques qui sont à plusieurs personnes une occasione péché. Lexpédient quil prend pour détourner ces0r tes de défenses , - cest de faire manquer le secret enPrésence des personnes les plus qualifiées. On en rit jregarde tous ces prétendus secrets comme des folies7 e des amusemens quil faut laisser au peuple. On laisse°nc dire & faire à chacun ce quil voudra. Voila ceÍUe le Démon prétendoit : il a son compte.

5 - Si toutes les pratiques extraordinaires, qui ne peu-'être naturellement expliquées , réussissaient fans

Vent

quil

h y eût lieu de craindre la fourberie du côté deseìssi 111165 ^ es pl us libertins se persuaderoient peut-êtrej e ^siuis y a des Esprits : & cest- une vérité queDémon assoiblit, & détruit même autant quil peut;^ elle est dune telle conséquence* & dune si grande.on ave s Es autres points de la,Religion , que celui% connoit des Anges prévaricateurs * connoitra bientôttQ ut k reste. :

Le Démon mêle donc dans toutes ses oeuvres beau-<1 billusions parmi quelques vérífez , afin que lav Acuité de discerner le vrai davec le faux fasse prendretr'| aCUn ìo parti qui lui plaît davantage, & que les in-p! 1 es puissent fe soutenir dans leur opiniâtreté. :n> 0 f e a lui réussit si, bien , que .les plus sages mêmes s Cct rien dire fur les faits; Et quoique l'Ecriture §5$ Cr£ s nous avertissent en mille endroits des arti-? bes Esprits séducteurs , quoiquon sache fur cetteïaif ÍCrë beaucoup dhistoires , quon ne peut ce semblemi ^^blement révoquer en doute ; & qu'il y ait par-ílì tic P eil ple un très grand nombre de pratiques fùper-c e qu . U , es qui ont fort souvent leur effet : néanmoins par-tis jJJ.X a a uffi fort souvent de lillusion & de limpos-fol ie ^ > cela fait quordinairement on traite tout de

he

de ] ssuon laisse agir le peuple fans se mettre en pei-tna ns j e 'létromper. Voilà encore un coup ceque.de-Esprit de malice, (p) Que le Dieu de paixpieu? t ° kntot sous nos pieds. La grâce de Notre Set -*1 E S u s-C h R i s t soit avec nous. Je fuis, &c.

No

intetjè* ^ enen t hommes memoriâ falsitates Mathematicorum,t>n pr 0v 1 n l ( l >n ea, qu* illorum responsis provenerúnt, ea qu*1°) MetMf ru , nt obliviscuntur. I. 83. qq. q. ^y...

qu* per

^ ad 'ft nc ^ a vlì aeriorum animalium mira falsifiarij S t 'on 1 lênfùa corporis pertinentium quasdam divínatió- 5 ut I1U asc l uc potentias dccipere animas-íâcillimè consueve-yftatn m P er ' tur arum fortunam curiosas , aut fragilium cupidaslor- °eus De -°rdme l. 2*7.

16 ^ Gi aUtem P lcis conterat Satanam fub pedibus vestris ve-- - ro. atla Domini nostri Jesu Christi vobifeum. M R m.

PERSTITIEUSESi &C. 49

A HONSIEOl **«

Répons aux dijscultek, qui ont été proposées , pour montresque l'ùsàge de la Baguette es naturel , & qu il ne peutêtre mis au nombre des pratiques supersitieuses.

J E ne refuse point de répondre zux difficultez que. pró-posent .plusieurs personnes defprít. Mais quortnexige pas , je vous prie , Monsieur, ,que je fasse desréflexions fur tout te qui fe dit de la Baguette. Toutle monde fe mêle den juger , den parler , den écrire.Des écoliers de philosophie séxercent fur cette matière,& font voir par leurs ouvrages mêmes, fans fe nommer,qu'ils sont écoliers. Que puis-je en dire , si.ee nestquil vaut bien mieux que de jeunes" gens fe divertissentà faire voltiger des corpuscules comme il leur plait, quesils paffoient le tems à mêler des cârteS , ou à faire rou-ler des dez ?

Je nai rien à dire de plus particulier fur les discoursèn l-air que font certains grands parléurs , dont têteest un magazin de plusieurs choses mal digérées , & quilsáppliquent ordinairement de travers. Noubliez pas Cequa dit un Auteur qui a fu fort agréablement parsemertous ses ouvrages du sel attique. 11 (q) y a une insnitéde gens , qui n'ont aucun goût , ni aucune jusejjè d'esprit ,gf qui sont néanmoins les plus décisfs du monde fur ce q 'k s pajjè. Que feroít-ce , sil falloit examiner tout ceque disent des personnes de ce caractèresEnfin il y en a qui ne fe donnent point la- peine deméditer fur ce quils disent* ni fur ce quils font , quiécrivent , ou pour fe divértir , ou pouf faire plaisir àquelques personnes , ou pour décharger vite' des pre-mières pensées qui leur sont vendes dans leípi'it sor lessujets dont on leur a parlé. ' " ' .

Quoi quil en soit , rien ne feroît ni plùs ennuyeux,tìí plus inutile, que de répondre à ce que proposent- ccsgens-. On vient, pár exemple, de me montrer deuxécrits joints ensemble , dont le premier a pour titré laBaguette jusisée , ou réponse k utie Lettre du ¥ére leBrun. Devrois-je faire quelque-réflexion fur cet ouvra - 1ge? Sil va jufqùà vous , vous verrez bien que ce-roit grossir inutilement mes Lettres que deh transcrireune partie pour y répondre. -Ne vaut-il pas mieux sat-fâcher à ce quôn propose de plus net , de plus précis& de plus fort 2 Je vous avoue que je fuis fort'embar-rassé quand je me trouve obligé de répondre à certainespièces, dans lesquelles le ridicule domine. Car je'crainsdun côté de blesser les Auteurs , & je vois de lautrequil feroit peut-être à propos de suivre la régie de Ter-tullien & de Saint Augustin , quí veulent quon ne ré-fute certaines choses , quen sen mocquant , de peur-quune réponse sérieuse ne leur donnât du poids. Lesdifficultez suivantes ne nous mettront pas dans cet «in-convénient -

DIFFICULTE.

On (r) ne doit jamais . donner de consentement,5 entier quaux propositions, qui paroissent si r -évidem-,, ment vrayes , quon ne puisse le leur refuser , sans , sentir une peine -intérieure , & des reproches secrets

de fa raison. ; .

Certainement (s) à sen tenir à-cette admirable- gle , on ne croira point que le mouvement de la Ba- guette soit diabolique , & non naturel. Pourquoi,, cela ? Parcequil faut auparavant avoir connu claire- ment & distinctement toutes les causes naturelles qui peuvent avoir quelque rapport à cet effet ; & il faut être assuré, par lexamen quon en a fait , quaucune de celles quon a passées en revue , ny ont point du

tout

>>

(q) B. M. 86.

(r) Recherche de la Vérité. /. 1. ch. 2.{s) Physique occulte, f. 534. & Z5-

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