DES PRATIQUES SU
c . e ft à cause que toutes ces choses n’ont pas de propor-tl0n a vec l’effet qu'oú en attend. Donc si ce qu’onei Dploye fans aucune vaine observation , n’à pas de pro-Pp r fiou avec l’efFet qu’on veut produire , la pratiquen en sera pas moins superstitieuse.
Si l’on disoit à un homme prêt à se faire arracher uneeilt > qu’en mettant une fève dans la main, la dent s’ar-ra chera d’abord d’elle-même, ou bien qu’il n’a qu’à pro-^oncer pana gana fana ; je dis que ces deux pratiqueser oient également superstitieuses, parceque si trois motsne peuvent ébranler & déraciner une dent » la fève neP Cuc pas non plus le faire.
Qpand ces Messieurs citent , les uns Saint Thomas ,
& ks autres tous les Théologiens , c’est une marqueì Ue ni les uns ni les autres ne lisent guéres ni SaintThomas, ni les Théologiens. Car Saint Thomas,a *nt Bonaventure , Alexandre d’Alés , Gerson , &Guillaume de Paris, disent en plusieurs endroits qu’uneP r atique n’est exempte de superstition , que lorsque 1a^ a use qu’on employé , a naturellement la vertu de pro-l're l’efFet qu’on en attend. Donc s’il n’est pas natu-. st u ’une Baguette fe torde pour marquer qu’une cer-ltle pierre a été prise pour borne » quoiqu’òn ne pro-Da^ 3 Ucunes paroles en tenant la Baguette, il ne laisseq . „ tre constant que cette pratique est illicite , &
^ e ' e part d’un méchant principe. Je pourrois citers e cens Théologiens qui vous diraient la même cho-> mais il suffit de mettre ici la régie qu’établit SuareZr les principes généralement reçus.
. » Lorsqu’on (v) attend un effet d'une cause qui n’aP as naturellement la vertu de le produire , il est cer-'' ta in que le secret est diabolique. On le prouve ainsi.
Les moyens dont on fe sert pour produire cet effet,
5> Ne peuvent être de vrayes causes ; car ces moyens” j 0nt » 011 des actions des hommes , ou Fapplication» de certaines choses naturelles. Or l’effet est au dessusJj du pouvoir des hommes & de la vertu des choses na-3> Jurelles. Donc il ne faut les regarder en cette occa-' 10tl > que comme des signes de la présence d’un au-»» re agent. Or cet agent ne peut être , ni Dieu , ni’’ Ange ; parceque ces signes ne font pas d’institu-' ^ divine, & qu’il ne s’y trouve rien qui ait le ca-,J re des actions de Dieu , & qui porte â la piété.
3 > auteur donc de ces signes 8 c de l’effet produit ne
*’ peut être que le Démon.
Cette régie est tout-à-fait conforme à cë que les Pé-c s °nt dit fur cette matière. Saint Augustin & Saint^rysostome k supposent en Cent endroits ; & c’est furp e Ç nnc 'P e qu’ils mettent au nombre des pratiques fu-pat i. U ’ eu ^ es & des illusions des Démons les divinationst e$ eail > p a r k feu , par le froment, par des Baguet-s Ur * & par une infinité d’autres choses. C’est encoreles Ce . tïl ® me principe qu’ils condamnent les talismans,c Ql ^ re k rv atifs ou amulétes , quoiqu’ils fussent souventsans paroles & fans caractères. Auffi lorsquese S î Augustin fait le détail des pratiques superstitieu-se*' ' outre celles qui font évidemment telles par dess > ou par des caractères , compte-t-il celles qui
ÍCs e st^ lan ^° effectus qui per hanc artem promittitur, supra vi-, g. eatar um cauíàruna , certum est talem artem esse diaboli-S efF e Q, rria g' c am deceptionem. Probatur , quia média qux adss s adhibentur , non possunt esse causse , ex se habenteser ° nes r«ru ’^ 0s . quia média funt actiones humanx, vel applica-0 S° uaturalium , effectus autem funt longé superiores :
jJ er atu r . ^ at ur ut signa , ad quorum pracsentiam aliquis aliusQ eUs nuj, ed *Ue non est Deus , nec sanctus Angélus ; tum quiaJ» ^ e um ï 11 ta ' ia % na instituic , tum quia in eis uih.il est,r ° n > à q u <aece at, nec quod pietatem promoveat : est ergo Da>Pffiit. ^ 0 n °n vers, sed per prxstigia fit talis effectus L. i. deM A Ai r ' » S
itdJ Ad j. *■-c at'fy. genus pertinent omnes etiam ligaturée , atquere-in ^âicorurn quoque disciplina condemnat , five impré-cis * Ve ’ n quibusdam notis quas characteres vocant, five
oy * HUod a î i ret ’ us suspendendis atque alligandis, vel etiam aptan-si» - non ad temperationem corporum, sed ad
c îr»° r ' I 'orn- Cationes aut occultas aut etiam manifestas , qusen,Q J sed na j" e J’ h ysi c a vocant, ut quasi non superstitions impli-gìti aur 'Utn si n r ^ f r0(ie sse videantur : sicut funt in aures in sum-S ’ £>ocìnn4çf,™ ' aut de ^rutltionum oíîibus ansulse in di-
. 10.
PERSTITIEUSES, &c. 5 t
consistent seulement à porter sur foi quelque petite partied’un os , ou d’une racine , & qu’on veut faire passerpour des secrets Physiques, comme, si c’éfoient des cho-ses qui pussent d’elíes-mêmes produire certains effets fortsinguliers*
DIFFICULT E‘>
(y) Si l’usage de k Baguette âvoit pour âuteur les, Démon, il ne réussi roi t qu’en vertu de quelque pâc-„ te. Or ceux qui sont tourner 1 a Baguette , n’ont„ point sait de pacte avec le Démon ; car tout pacte„ est , ou explicite , ou implicite. T'explicite fe sait,
„ lorsque l’on convient expressément par soi , ou paf„ autrui avec le Démon > on bien lorsque l'on saitquel-„ q us chose, dont on attend un effet que l’on fait cer-,, tâinement provenir du Démon. Et il est bien cer-i>) tain que l’homme à la Baguette n’a pas fait un pacte„ de cette nature.
„ Le pacte implicite consiste précisément à faire une„ action ou vaine en elle-même , ou 3 laquelle on jointj, quelques circonstances vaines & inutiles , c’est-à-dire,, qui n’ont de foi aucune proportion avec l’esset quiest produit. Or (ï les choses qu'Aymar pratique é-„ toient de cette sorte-là , il arriverait que tous ceux„ qui se serviraient de k Baguette dans les mêmes cir-„ constances > & pratiquant les mêmes choses que lui 4„ contracteraient le pacte implicite avec le Démon , &,, que pár conséquent k Baguette tournerait entre leurs,, mains; ce qui est tout-à-fait contraire à l’expérience,„ puisque d’un très grand nombre de personnes qui Ont„ fait l’essai de 1 a Baguette , il ne s’en est trouvé que„ fort peu entre les mains de qui elle ait plié»
R £’ P O N S E*
Je répons , t. Que le Démon peut agir fans avoiffait de pacte avec les hommes. II à transporté Jésus*Christ d’un lieu à uft autíe. |1 Fa tenté , & tentesouvent les justes 'qui n’ont point fait de pacte avec lui»Comme il ne reçoit pas des hommes le pouvoir qu’il afur les Corps , il peut remuer une Baguette , & touteautre chose indépendamment de nos volontçz* 11 nçsuffit donc pas de dire qu’on ne s’est jamais donné auDiable, & qu’on ne Fa ni vu, ni invoqué. On, plai-sante quelquefois fort mal à propos fur cet article , &on le fait d’une maniéré qui marque beaucoup d’igno-rance & peu de Religion.
L’Ecriture ne nous défend pas seulement de recouriráux Démons, elle nous avertit perpétuellement de noustenir fur nos gardes , d’observer les pièges qu’il noustendent , & de repousser f*) toutes leurs attaques parune vive foi. Les Docteurs & les Pasteurs de l’Egliseont toujours donné aux Fidèles les mêmes avis , & onn’a jamais douté que le Démon ne puisse faire plusieurschoses surprenantes pour séduire les hommes, fans qu’ilsayent fait de pacte avec lui. Il peut donc agiter uneBaguette entre les mains d’uri homme qui n’a jamaisfait de semblable pacte. II pourrait même k remuer,malgré cet homme , comme il a possédé plusieurs per-sonnes qui n’auroient pas voulu être possédées»
II est vrai que si ceux qui se font servis de la Ba-guette , ou de quelque chose de cette nature dans unegrande simplicité , renonçoient au Démon au premierdoute, souhaitoient que F usage ne réussit point, & de-mandoient à Dieu la grâce de ne pas permettre que le sé-ducteur agît dans eux j il y a lieu de croire que le Dé-mon qui ne gagnerait rien-là , n’agiroit point. Je fuistémoin que cela est arrivé de cette manière à l’égard dequelques personnes qui s’étoient servies plusieurs fois dek Baguette avec succès. Après qu’elles furent entréesdans ces dispositions , la Baguette ne tourna plus. Rc-fîjìez, ait (à) t>iable , A- H s'enfuira de vous. Vous
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(y) Mercure de Février 169;.
(L) Jac. 4. f. 1. P et. y. é» 9’
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