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toujours, je l’ai dit, & je n’ai pas changé de sentiment.Distinguez bien le Père André Sehott d’avec le PèreGaspard Sehott. Celui-ci est d'un caractère fort diffè-rent du premier. Le désir d’imiter le Pérç Kirker dontil avoit été collègue à Rome , lui fit prendre le desseinde ramasser beaucoup de choses fur l'histoire naturelle,& quoiqu’il fût les Mathématiques, il s’appliqua davan-tage. à compiler beaucoup de choses , qu’à discerner levrai d’avec le faux. Cent Jésuites vous diront la mêmechose., & vous avoueront qu’il ne faut pas prendre pourdes yéritez tout ce qui se trouve dans ses ouvrages.
Au reste ,' jc vous prie de vous accorder avec vous-même suri le. sujet de ce Père. D’un côté vous faitessemblant de prendre son parti contre moi, & de l’autrevous le mettez au nombre des dupes , des visionnaires ,Cif des mauvais Physiciens. Car prenez y garde , Mon-sieur , son: sentiment sur la Baguette n’est point différentde celui que j’ai suivi. Voyez le dans la source , oudans ce.que -j'en ai fidellement.rapporté , & faites corri-ger í’endroit de la Physique occulte , où il est dit que lePère,Sehott a changé de sentiment. C’est une .erreur.Il est, vrai que si le passage cité dans la [Physique occulteétoit, fidelle, on auroit sujet de le penser ainsi ; - mais ilest tronqué, on y a retranché un siemper , toujours, &qui. quidem non perfuasierunt , & cette obmiffion fait toutun atitre sens. .- . . .
Le beau champ qu’auroit eu votre humeur critique,si vous aviez pu rencontrer une-telle faute dans les Illu-sions de\la Baguette! JPar bonheur, il ne, s’y trouve rienqui vous ait. donné prise , & vous n’avez pu vous em-porter que fur des suppositions & des fautes, dont vousêtes' vous-mêmë l’âuteur. Souvenez-vous que vous êtescause que j’ai parlé de cette; faute , qu’on pourroit ap-peller une infidélité. Elle me détermina à faire un car-tpn, mais n’oíant ouvertement la faire connoitre » je mecontentai, de distinguer toujours par un plus gros ca-ractère. ... : , r _
Une autre .raison .m’engagea à faire ce changement,c’est qu’il étoit à propos dé ne pas parler du Père Sehottd’unê maniéré, qui eût pu faste, de 1a peine àquelqnespersonnes, & vous auriez bien dû ne q>as r révéler ce quej’avòis csndamné à ne point paraître. - .
Voilà punique changement que j'aye fait , mais sij’ayois pu prévoir que l’endroit que vous vous appliquezvous eût fait de la peine , je l’aurois assurément retran-ché. J’aurois fait un second carton , prêt à en faire untroisième & un quatrième,. & à passer l’éponge sur toutle livre plutôt que; de faire de la peine à; qui que cesoit. ' / ■
Puisque vous avez vu les Illusions de si bonne heure,que. ne me faisiez-vous dire par le Libraire que vousvous y croyiez maltraité. ? Un tel avis n’auroit pas étéauísi inutile que celui .qùe vous me donnez dans ,votreLettre. „ Vous ne gardez.pas assez, dites-vous, la. vraí-„ semblance dans vos fictions. Pensez-vous que ce soit,, une chose .bien imaginée.que votre Lettre écrite de», Paris à un Chanoine de Grenoble , pour l’instruire„ de ce qui s’est. passéodáns Grenoble même,
je ne: fais d’ou vient qu’il ne vous parait pas vraisem-blable. que j 'écrive de.Paris; à une persoqne.de Grenoblece qui.se passa il y a quatre.ans dans Grenoble même,;&“que je lui. nomme les personnes qui, furent témoinsdu fait auíii bien que moi ; si cela n’est pas . vraisembla-ble, il est certain que cela est vrai. : ,
, La Lettre dont vous parlez &. la suivante ont été é-crites le mois.de Février dernier à Monsieur Lyons,Chanoine de Grçnoble. Ces Lettres, furent lues parceux-qui.y sont nommez , & comme ils, savent mieuxque vous’ce que je devois dire ou taire , le cas de con-science & les réflexions ^ que vous foites là-dessus sontfort inutiles. .
Pour la contradiction que vous. croyez voir, vous nela verrez plus , íi .yous donnez quelque attention ,à ceque j’ai dit dans la Répons aux dijsicultezj (sic. Art. III.
En un mot on ne doit jamais se servir de la Baguet-te , lorsqu’on est persuadé qu’elle ne peut tourner natu-
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rellement. Quand on en doute, rien n’empêche de voirl’expérience , & d’en observer tous les phénomènes.Gomment s’assurer autrement s’il y a de la fourberie»ou si tout y est physique ? Et à l’égard de ceux quis’en servent communément , pourquoi ne les porteroit-on pas à demander à Dieu de foire cesser ce mouvement,en cas que le Démon y ait part ? Prier de cette maniè-re, ce n’est pas tenter Dieu , mais demander fa protec-tion contre les illusions du Tentateur,
Pourquoi me demandez-vous qu’est-ce que j’entertfpar les Phénomènes de la Baguette , qui font ou faux eUsurnaturels? Cette expression ne se trouve point dansLettres. Je n’ai donc qu’à vous expliquer ce que j’est'tens par surnaturel, puisque vous y trouvez tant dédit*ficulté. Je n’entens pas par ce terme ce qui est produitpar le Démon , mais en général , tout ce qui n’est p aSnaturel , c’est-à-dire , tout ce qui n’est pas fait par unîfuite des Loix que Dieu a établies pour la communies*lion des mouvemens, Quelquefois on restraint le term?naturel , & quelquefois on lui donne une plus grand?étendue. On pourroit absolument dire que tout ce q ulfe.fo.it par les Anges & les Démons est naturel , parce*que s’ils.ont le pouvoir de remuer les corps, il est au®naturel qu’une pierre s’éléve en l’air , lorsqu’ils le défi'rent ,< qu’il est naturel que notre bras se remue lorsqu?nous le voulons. Mais communément on entend pstnaturel -, ce qui se- foit par la rencontre & le choc descorps , fans que les Anges ou les Démons s’en mêlent.
C’est en ce sens que je prens ce terme. Je crois devoism’arréter ici. Si j’en diíois davantage, j’jrois peut-ên?plus loin que vous ne souhaitez , car vous ne parois? 2pas d’humeur à pénétrer Un principe, yi à suivre un rai*sonnement. Je ne puis entrer dans le fond de la quer-tion, pareeque vous ne l’avez pas touchée , & cette s? u 'le raison devrait bien me dispenser de vous foire aucun?réponse. Sérieusement, Monsieur, à quoi aboutit to^ce que vous reprenez dans sei Lettres qui..découvrent l'falusion des Philosophessiur la Baguette? Quand ce que vo^avez critiqué ne roulerait pas fur de fausses-suppositionsquand il serait vrai que j’aurois gardé le silence dans un»conversation , ou que j’aurois usé de quelque fiction ? stécrivant une Lettre , qu’est-ce que cela ferait au p 0 ' lfítcontesté ? Il s’agit de savoir s’il est possible qu’un écou-lement de petits corps ait foit tourner la Baguette. f âquestion n’est pas embrouillée , elle est réduite à de«*points dans l’examen des systèmes de Monsieur Chn u 'vin, de Monsieur Garnier, & de l'Auteur de la Ph/'sique occulte. C’est-là où il en falloir venir , & a 11 *réflexions que j’ai faites , pour montrer que dans l’u/ág £de la Baguette il y a des moralitez incompatibles av'>les causes physiques.
. Ne dites pas , je vous prie , que je ne distingu? P?*assez l’usage que quelques uns font de la Baguette enrigeant leur interition , d’avec ce qu’observent les aU tsCSfons former aucun désir. r Pour peu qu’on lise lesfans des Philosophes fur la-Baguette , on fera convain? 1du contraire. U est vrai que jemontre-pardes faits lli 'contestables que la Baguette s’accommode; souvent aíl ..-désirs & à l’intention de ceux qui s’en servent , tí>i [lorsque j’examine les trois systèmes dont. je. viens deler , je ne dis pas un mot de l’intenrion. Je j afur les-principes des Auteurs mêmes;des systèmes» &conclusion que je tire, est sondée sur des preuves p u foment physiques. Si l’on ne vient à l’examen de ceSverses preuves, tout ce qu’on objectera fera inutil?- •
. Recourir aux injures & n’opposer que des m 0 *- 5 .Lgués, c’est imiter les défenseurs de J’Astrologie í-^ntre ., toujours prêts à apeller dupes ses Auteursdétruit les principes de cet art chimérique , ^ u^nàont découvert les illusions & les mensonges. - £‘ llCfur certaines choses qui ne font rien à,la question » <
perdre le tems & le faire perdre aux autres.. ^! alS ju-geons de ce que vous seriez dans í’examen de » H. (tion principale» par ce-que yous faites dans tout cc ^vous attaquez. Combien de fois avez-vous P
change ? Yoyez quelles-ont été vos ressources.»
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