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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, ôcc.

. Í£S appositions relevées par de pures badineries. En dis- endroits! Que veut-il dire avec ses emportemens ?-J5. îrop ? Nest-ce pas tout au moins badiner que de se mande-t-on son avis ? Entend-il ces matières ? Encoreta >te un nliíinrAmo t»n rliirpfcir n ,,p rU 0> fnmpr nmir Monsieur de . . - nasse . ouil nie le Aiif. il e/s

un phantôme pour sen divertir , que de se forgerj 02 ftatue , un muet qui remue la tête Jans desserrer lesj pour pouvoir lapeller Espagnol , Pagode de lalne ) & tout ce quil vous plait.

Ce qui est assez singulier , cest quavec tout celaV ° US parlez comme si vous étiez bien redoutable. QueUa êtes heureux d'avoir affaire à une personne qui-J;. simplement à ce que vous opposez , & qui se fe-I]r Un s cru pule de vous attaquer sur quoi que ce soit !, er oit assurément très facile de vous pousser rudement,ls a Dieu ne plaise que je prenne ce parti ; jaimeroisst 2n mieux prendre celui de garder le silence, il me pa-o ° IC k meilleur , & je ne fais d vient que bien desk etls souhaitent que je vous réponde. La maniéré sim

pie

uiais

. ay ec laquelle je le fais , ne leur plaira peut-être pas,

j - pourvu quelle serve à me tenir dans les bornes de: Modération & dune juste défense , cest tout ce queU Perche.

siez^ ^ ei0 ^ c a souhaiter , Monsieur, que vous vous fus-^ 1 prescrit de telles bornes en composant votre lettre

uiais

pour Monsieur de . . . passe , quil nie le fait, il estPhysicien, on le consulte , il ne sait que répondre, au-cun système ne le contente ; plus court est de toutnier. Voulez-vous quil dise quil y a de la diablerie?

Siéroit-il aux Physiciens de.Permettez-moi de

vous interrompre , reprit le sage Mr- de , vos

réstexions font de fort bon sens. Mais que nous impor-te de découvrir d vient que quelques uns nient lefait ? Ne sait-on pas bien quen semblables occasions ilse trouve toujours de gens qui sobstinent , les uns àcroire tout fans discernement, les autres à tout nier fansraison? Ne nous sachons point contre ceux-ci, ils fontplus utiles quon ne pense â la République des Lettres.Sans eux on ne verroit que conteurs de fables ; & cenest pas peu de chose que de diminuer le nombre detelles gens. Pour moi je nentens jamais de conte lemerveilleux domine , que je ne fois ravi de rencontrer 4quelque Misantrope toujours prêt à vous dire en face »cela est faux. On y regarde de plus près , & il en re-vient ordinairement quelque avantage. Si l'on peut être

vous eussiez aussi fait réflexion quon ne doit ja- témoin du fait, on juge par ses propres yeux , ou bienls  ~-' * - on pèse avec soin les circonstances & les dispositions de

çeux qui le rapportent. Quand il est question , parexemple , de quelque pratique publique, si elle est ré-pandue en plusieurs endroits, exercée indifféremment partoutes fortes de personnes, quon nen fasse ni un mys-tère ni un point de Religion , & quavec tout cela ellese conserve depuis longtems & fasse beaucoup de progrès,il est moralement impossible quelle soit louvrage delimposture. Cette réflexion appliquée à la Baguettesuffit, pour me porter â croire que tout ce que lon endit ne fauroit être faux. Japprens quil nest pas deProvince en France, il ny ait des gens qui trouventdes sources par la Baguette. Je íàis que depuis deuxcens ans on sen sert en Allemagne & ailleurs pour dé-couvrir les métaux , & quon sen est si fort servi dansle Dauphiné pour découvrir les larcins , & les bornesque Monsieur le Cardinal le Camus a été obligé dinter-dire cet usage fous peine dexcommunication. Voyezses Ordonnances imprimées chez Pralard. Après celacomment pourrois-je prendre pour une chimère tout cequon dit de la Baguette ? Supposons néanmoins quonne fait rien de tout cela, je dis encore quil ny a nulleraison de traiter dimposture ce quon écrit de Lyon.Les faits font attestez par cent témoins habiles , criti-ques, attentifs, & les circonstances font de telle nature,que la fourberie nauroit jamais pu fe soutenir jusquaubout. Ne nous mettons donc plus en peine , si quel-ques personnes nient le fait. Occupons nous plutôt, sivous lagréez , â chercher la cause dun phénomène sisurprenant.

Je viens, continua-t-il, à Tendrait fur lequel jai prisla liberté de vous interrompre. Vous alliez dire , ceme semble, quil nest pas dun Physicien de recourir àdautres causes , quà des causes naturelles. Jen con-viens , si les effets dont il est question, en font une fui-te, mais sil voit que ces effets ne peuvent être produitsen vertu des loix générales du mouvement , ne doit-ilpas dire que la cause nen est pas naturelle ? Vous la-vouerez fans doute. Agréez donc que je dise que cequon rapporte de la Baguette, nest nullement naturel;car je vois, ce me semble, fort clairement que cela passeles forces ordinaires de la nature.

Jai lu avec attention les dissertations quon nous a en-voyées de Lyon, & jai été ravi de ny trouver ni qua-litez occultes, ni influences d'étoiles. La matière sub-tile y voltige agréablement; les corpuscules y font d'uneagilité & dune souplesse propre à tout ce quon peutdesirer ; le manège quon leur fait faire ma réjoui, &je voudrais de bon coeur pouvoir être content des sta-

tion CCrue lorfquon fe sent ému. Je isolerais vous(p des avis , les livres saints vous en fourniront§ stables , & si vous en voulez de moins parfaits,la j slec l ue vous en donnera qui ne laissent pas dêtre falu-ç J J en trouve deux , dans le second Livre de laj er£ dont je crois devoir profiter. Le premier est,c J arn ener par de bons offices ceux qui se mettent enere contre nous ; 8c le second , de séloigner deux,j!. a od ils veulent nous fraper. Je ne pourrai peut-êtres ilre un usage du premier que par mes désirs, jmais j'ob-érerai exaéìement le second , en gardant le silence , si°Us écrivez de nouveau contre moi (x).

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L E T T R E

Touchant la Baguette (j~),

T^Roirez-vous bien, Monsieur, que des savans traî-&Uet t > nC à foble , tout ce quon a dit de la Ba-(v | e . Monsieur le Comte ... est de ce nombre,ail ui persuaderait plutôt quun Bœuf a parlé, & vousdén ° ls P ar Une conversation dont je vais vous faire leh , a '|' que le seul récit des faits est capable démouvoir.^ e de certaines gens.

pa»^me on lifoit il y a quelques jours en bonne com-déç Q le des Lettres de Lyon , touchant les vols quon aco^ts depuis peu par la Baguette , voilà tout àss ]! Un savant qui hausse les épaules, fe léve, & crie,dej^Posture ! Vit-on jamais, disoit-il en colère, plusUtiç g ava §ance , de crédulité , daveuglement? Quoi,tri e ,. $ guette découvre les larcins, les voleurs, les meur-qu e 5 fait trouver des trésors, & des sources! NotezgUe u ^ es hommes à Baguette , ces imposteurs font des^Udiè Oui, poursuivit-il, jen ai connu un en Nor-s°ts! ? ds nont pas de pain , & ils trouvent des tre-uils en e ^unde est fou, adieu, Messieurs, je ne veux

s Jattiai?? 1 " 6 P arler de b Baguette,toh

: l Ss 7 homme ne fiit plus interdit que celui qui li~*t>ut,- ^ ett res. Tout le monde fe regardoit fans dire^ au tre 5 e silence alloit le déconcerter entièrement, si> kssifqi, 3Vant » moins impétueux que celui qui avoit11 pr is ? ent stìtitté la compagnie, mais vif & ardent,^lles r , a parole. A-t-on jamais vu , dit-il,depa-^ÍTe j ^montades ? Quel entêtement ! Quelle har-exam' n ^ Craie en f aux contre des faits dont on na0tlt * n ^ ^ es P re uves , & dont de très habiles gensoins ! Contre des pratiques connues en mille

0» répliqua dans le Mercure du mois dAout tions quon leur assigne, des chemins quon leur fait te

£ ^stenu de publier ses réponses , parcequil ny a n ir, & de tous les mouvemens quon leur donne. Mais

h'i'lns' ' raionnement > 2c que TAutcur ne dit que des in- comment paflèr tout ce quon exige des corpuscules?

Qerée da nsi e Mcrcure de Tanvier lÓ93 , p. l6 . On fait demeurer des mois entiers tout le long dun

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