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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, m.

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caractères , ou quelquautre observance bizare - voir des sorciers , & quon peut faire des pactes avec le* mutile ï causer le pliement de la Baguette. Diable , mais lon doit convenir aussi & observer quil

Ces Messieurs ne manqueront pas de me dire quils nest pas au pouvoir du Diable de faire ces pactes avec

mnt point satisfaits des raisons quon a apportées jus- ses hommes toutes les fois quil le veut , & quil nest

j u présent. Mais je leur demande fi ceft- un son- pas non plus au pouvoir des hommes de contracter ces

suffisant, pour attribuer un effet à quelque espé- pactes toutes les fois quils le voudraient. Autrement

Y ma gse î A-t-on apporté jusquà aujourdhui des tant de scélérats qui se font pendre róuer , ne sy

.°* qui contentent tout se monde, fur ce que laiman exposeraient pas , sils pouvoient satisfaire à leurs pas»v lre se fer , fur ce que léléphant en furie sappaife en fions par le secours des Diables. LÈcritUrë nous ap-®yant un mouton, & devient aussi doux que se mou- prend que le Démon neut se pouvoir de tromper A chah,^ > fur ce que la couleuvre a peur dun homme nud, quaprès en avoir reçu la permission de Dieu. Elle nous

Poursuit celui qui est vêtu , sur ce quune personne apprend quil neut pas non plus se pouvoir d'affliger

j ^ 1 a b jaunisse en est guérie , aussitôt quelle voit un Job, quaprès que Dieu 1e lui eut permis ; & 1e même

* fur ce que le Loup enroue ceux quil regarde se texte nous fait connoitre que cette permission que le

» fur ce que 1e coq fait peur au lyon, fur ce Démon obtint , étúit restrainte par cette condition,q la torpille engourdit la main du pêcheur , fur ce quil ne pourrait pas toucher ì lame de Job* Les-

^ se basilic tue les hommes de son regard, fur ce que mons que Notre-Seigneur chassa des corps de deux Ge-

^apaut fait venir dans fa gueuse k bektte malgré rasensens ne purent se jetter dans les cochons , quaprèsj Q ese en ait. Tous ces effets se font donc aussi par lui en avoir demandé la permission 1 & lavoir obtenue j^cellerie. On na pas même apporté fur les effets les mais il y a lieu de croire que depuis la mort du Sauveur

t S eorn muns, des raisons dont tout se monde soit con- du monde , Dieu accorde bien plus rarement de telles

y*' Par exemple , fur la chute des corps pefans, fur permissions au Démon , puifquil est dit dans P Apoca*

at *tion de la lumière , fur la production de la cha- lypse. que 1e Démon est lié & garroté pour mille ans,

sist & tnême brfquil sagit de dire en quoi con- cest-à-dire suivant les interprètes , depuis la mort de

ces effets , quelquun le peut-il faire fi ckire- Notre Seigneur jusquau dernier tems de 1Antéchrist.

- . > Que rrM« W Pk;ir.rr>nh«i trmûpC-Pr,* k snn -vmi:, Voyons maintenant sil y a lieu de croire que Dieu ait

(sonné au Démon la permission de faire pacte pour semouvement de la Baguette*

Suivant ses Théologiens, il y a de deux sortes de pac-tes lexplicite & limplicite* Lexplicite se fait, lors-que Ton convient expressément par foi ou par autrui a-vee le Démon ; ou bien lorsque lon fait quelque cho-se , dont on attend un effet que lon fait certainementprovenir du Démon. Estius en son second livre fur lessentences , se fait tellement fort fur ces paroles, que l'eticertainement , quil ajoute que celui qui croirait a-

" v ,c » que tous les Philosophes acquiescent à. son expli-Cat '°n \ Us f e font des systèmes différens ; ik sont op-koler fe uns 3U x autres : & nul deux nest satisfait desl**sens dc ses adversaires. Ainsi dans ses principes de nos^sffieurs > on devroit rapporter au Démon les effetsles plus communs.

Delrio rapporte quon a vu en Espagne certains hom-mes quon apelse Zahuris * ì cause de leur vue de Linx.

A dit quil en a vu un à Madrid en 157;. » & yue ces^ahuris étoient en réputation de voir à travers lepais-

7 r de k tarte les sources deau, les trésors , & ses vei- , vraisemblance' que chose se pourrait faire

/ s des métaux. Il nous apprend qusencore que ces ef* _ , êment » serait exempt de superstition , bien quS^ parussent fort suïprenans, néanmoins ssj les expliqu ] a c h 0 f e ne se pût pas faire naturellement.

^urellç ment , & que plusieurs Philosophes ses rappqr- P implicite fe fait , lorsque sans convenir*

*?« aussi à des causes naturelles* Cet Auteur, so-,e, U pacte impuciKi^ Démon , &

^ °a naccufera pas davoir douté de lexistence des De* pr . , r t. cert ainement que leffet quon attendí^° ns & des sorciers , est pourtant plus réserve que nos fan q attribué on pratique cependant des chosesJ^ieurs , lorsquil sagit du fait * savoir si tel ou tel kl ^^^t^Sons vafnes & inutiles, & qui nontprovient du Démon* Voici comme il parle dans avec certai . leffet* Les exemples ra*

^ livre I. de sec -- ° pomt de raport naturel avec i errer. f

portez ci deffus doivent lutnre. ,

n» est bien certain , s- ces MeffieUrs en demeurentdaccord , que lhomme à la Baguette n a fau aucunpL- explicite avec le Démon.' 11 est utême perfuale

ignorons ; & bien que plusieurs choses fe fassent "pTaYàpprabatîon'de son Curé , & est en

, il y a pourtant des sens arn parce- Baguette, u a apf>

^ . ««uvu. * vjici v.uuuiic ix pane uan:

ivre i. de ses Recherches magiques ch. 5 . q. 1 . fect.£. e n traitant k question , savoir , sil est possible de^ de lor par 1a Chimie. ,, Nous ignorons , dìt-il,^ *? s causes naturelles de plusieurs effets , & il se peut **te que la cause de lor soit du nombre de celles que

«nus* ^tureìíement

au*;i.

c ondamnent ces Messieurs , ils ignorent la cause

etj ^° Uvenient de 1a Baguette , lexplication quon leurau ne leur plait pas, cela leur suffit pour recourir

^al

plicite consiste précisément à faire une action , ou vaineen elle-même , ou à laquelle on joint quelques circon-stances vaines & inutiles, cest-à-dire , qui nont de soiaucune proportion avec leffet qui est produit. Or si

Hors que quand bien un effet serait produit ses choses quAymar pratique étoient de cette sorte-,

<lUeL Puére de lactivité de la cause , si néanmoins il arriverait que tous ceux qui se serviraient de 1a Ba-

effet C flflsosophe disoit quil ignore la cause de cet guette dans ses mêmes circonstances , & pratiquant les

° a »e devrait pas juger que leffet neût pas été mêmes choses que lui, contracteraient le pacte implicite

^^tellement , attendu que nous ignorons fort avec le Démon , & qUe par conséquent la Baguette

. t ignorons_ _

avQ 1Cs forces des causes naturelles. Et Delrio , a* tournerait entre leurs mains , ce qui est tellement con-lr ra Pporté ce sentiment de Valentia, ajoute lui- traire à lexpérience, que ces Messieurs demeurent dac*

f*»,»» MUe «M "--- i j:jnnmKrp rît» nprshnneç nnî nnr íòî»

, iun flue sil y avoit entre les Philosophes diversité de cord que dun grand nombre de personnes qui ont faitVCf* ' Pour savoir si cet effet se peut faire naturel- lessai de k Baguette, il ne s en est trouve que sort peuété l> on ne devrait pas juger quil neût pas entre les mains de qui elle ait plie. Cela justifie fort

V^uit par w ÇnrM< Ap ® n r u ^vsn« clairement , quau lieu de recourir à aucun pacte , ss

faut nécessairement avoir recours à une certaine consigu-ration des pores » à un certain tempérament , ou à telleautre propriété qui ne convient quà quelques párticu-liers.

U y a plus. La volonté implicite de faire une choseest incompatible avec k volonté explicite de faire 1 e con-traire. Dès quon renonce positivement à tout pacte,

Q, * le

v* er >ton

î PtQdvn,. . 1 » o J í

'Ut Kj c par les forces de la nature. Or les SavansÇ s nt qy, sor se sojet de k Baguette ; les uns tien-A est: e l °ume naturellement , les autres que non*

c si c Vra i , que Valentia & Delrio auraient cher-ra Ppoi' tÇ2 U e 1 natur ell e de ces effets, & quils les auraientâii k;,ki 3 A^ovidence de Dieu, 8c non à 1a condui-On d ^ le -

' ÏUre daccord quil y a , ou quil peut y a-