DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, m.
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caractères , ou quelqu’autre observance bizare - voir des sorciers , & qu’on peut faire des pactes avec le* mutile ï causer le pliement de la Baguette. Diable , mais l’on doit convenir aussi & observer qu’il
Ces Messieurs ne manqueront pas de me dire qu’ils n’est pas au pouvoir du Diable de faire ces pactes avec
mnt point satisfaits des raisons qu’on a apportées jus- ses hommes toutes les fois qu’il le veut , & qu’il n’est
■j u “ présent. Mais je leur demande fi c’eft-là un son- pas non plus au pouvoir des hommes de contracter ces
suffisant, pour attribuer un effet à quelque espé- pactes toutes les fois qu’ils le voudraient. Autrement
Y ma gse î A-t-on apporté jusqu’à aujourd’hui des tant de scélérats qui se font pendre où róuer , ne s’y
.°* qui contentent tout se monde, fur ce que l’aiman exposeraient pas , s’ils pouvoient satisfaire à leurs pas»v lre se fer , fur ce que l’éléphant en furie s’appaife en fions par le secours des Diables. L’ÈcritUrë nous ap-®yant un mouton, & devient aussi doux que se mou- prend que le Démon n’eut se pouvoir de tromper A chah,^ > fur ce que la couleuvre a peur d’un homme nud, qu’après en avoir reçu la permission de Dieu. Elle nous
Poursuit celui qui est vêtu , sur ce qu’une personne apprend qu’il n’eut pas non plus se pouvoir d'affliger
j ^ 1 a b jaunisse en est guérie , aussitôt qu’elle voit un Job, qu’après que Dieu 1e lui eut permis ; & 1e même
* fur ce que le Loup enroue ceux qu’il regarde se texte nous fait connoitre que cette permission que le
» fur ce que 1e coq fait peur au lyon, fur ce Démon obtint , étúit restrainte par cette condition,q la torpille engourdit la main du pêcheur , fur ce qu’il ne pourrait pas toucher ì l’ame de Job* Les Dé-
^ se basilic tue les hommes de son regard, fur ce que mons que Notre-Seigneur chassa des corps de deux Ge-
^apaut fait venir dans fa gueuse k bektte malgré rasensens ne purent se jetter dans les cochons , qu’aprèsj Q e ‘se en ait. Tous ces effets se font donc aussi par lui en avoir demandé la permission 1 & l’avoir obtenue j^cellerie. On n’a pas même apporté fur les effets les mais il y a lieu de croire que depuis la mort du Sauveur
t S eorn muns, des raisons dont tout se monde soit con- du monde , Dieu accorde bien plus rarement de telles
y*' Par exemple , fur la chute des corps pefans, fur permissions au Démon , puifqu’il est dit dans P Apoca*
at *tion de la lumière , fur la production de la cha- lypse. que 1e Démon est lié & garroté pour mille ans,
sist ’ & tnême brfqu’il s’agit de dire en quoi con- c’est-à-dire suivant les interprètes , depuis la mort de
ces effets , quelqu’un le peut-il faire fi ckire- Notre Seigneur jusqu’au dernier tems de 1‘Antéchrist.
- . > Que rrM« W Pk;ir.rr>nh«i trmûpC-Pr,* k snn -vmi:, Voyons maintenant s’il y a lieu de croire que Dieu ait
(sonné au Démon la permission de faire pacte pour semouvement de la Baguette*
Suivant ses Théologiens, il y a de deux sortes de pac-tes l’explicite & l’implicite* L’explicite se fait, lors-que Ton convient expressément par foi ou par autrui a-vee le Démon ; ou bien lorsque l’on fait quelque cho-se , dont on attend un effet que l’on fait certainementprovenir du Démon. Estius en son second livre fur lessentences , se fait tellement fort fur ces paroles, que l'eticertainement , qu’il ajoute que celui qui croirait a-
" v ‘ ,c » que tous les Philosophes acquiescent à. son expli-Cat '°n \ Us f e font des systèmes différens ; ik sont op-koler fe uns 3U x autres : & nul d’eux n’est satisfait desl**sens dc ses adversaires. Ainsi dans ses principes de nos^sffieurs > on devroit rapporter au Démon les effetsles plus communs.
Delrio rapporte qu’on a vu en Espagne certains hom-mes qu’on apelse Zahuris * ì cause de leur vue de Linx.
A dit qu’il en a vu un à Madrid en 157;. » & yue ces^ahuris étoient en réputation de voir à travers l’epais-
7 r de k tarte les sources d’eau, les trésors , & ses vei- , vraisemblance' que lá chose se pourrait faire
/ s des métaux. Il nous apprend qusencore que ces ef* _ , êment » serait exempt de superstition , bien quS^ parussent fort suïprenans, néanmoins ssj les expliqu ] a c h 0 f e ne se pût pas faire naturellement.
^urellç ment , & que plusieurs Philosophes ses rappqr- P implicite fe fait , lorsque sans convenir eà*
*?« aussi à des causes naturelles* Cet Auteur, so-,e, U pacte impuciKi^ Démon , &
^ °a n’accufera pas d’avoir douté de l’existence des De* pr . , r t. cert ainement que l’effet qu’on attendí^° ns & des sorciers , est pourtant plus réserve que nos fan q attribué on pratique cependant des chosesJ^ieurs , lorsqu’il s’agit du fait * savoir si tel ou tel kl ^^^t^Sons vafnes & inutiles, & qui n’ontprovient du Démon* Voici comme il parle dans avec certai . l’effet* Les exemples ra*
^ livre I. de sec -- ° pomt de raport naturel avec i errer. f
portez ci deffus doivent lutnre. ,
n» est bien certain , s- ces MeffieUrs en demeurentd’accord , que l’homme à la Baguette n a fau aucunpL- explicite avec le Démon.' 11 est utême perfuale
ignorons ; & bien que plusieurs choses fe fassent "pTaYàpprabatîon'de son Curé , & est en
, il y a pourtant des sens arn parce- Baguette, u a apf>
^ . — — ««uvu. * vjici v.uuuiic ix pane uan:
•ivre i. de ses Recherches magiques ch. 5 . q. 1 . fect.£. e n traitant k question , savoir , s’il est possible de^ de l’or par 1a Chimie. ,, Nous ignorons , dìt-il,^ *? s causes naturelles de plusieurs effets , & il se peut’’ **te que la cause de l’or soit du nombre de celles que
«nus* ^tureìíement
au*;i.
c ondamnent ces Messieurs , ils ignorent la cause
etj ^° Uvenient de 1a Baguette , l’explication qu’on leurau ne leur plait pas, cela leur suffit pour recourir
^al
plicite consiste précisément à faire une action , ou vaineen elle-même , ou à laquelle on joint quelques circon-stances vaines & inutiles, c’est-à-dire , qui n’ont de soiaucune proportion avec l’effet qui est produit. Or si
Hors que quand bien un effet serait produit ses choses qu’Aymar pratique étoient de cette sorte-là,
<lUeL Puére de l’activité de la cause , si néanmoins il arriverait que tous ceux qui se serviraient de 1a Ba-
effet C flflsosophe disoit qu’il ignore la cause de cet guette dans ses mêmes circonstances , & pratiquant les
° a »e devrait pas juger que l’effet n’eût pas été mêmes choses que lui, contracteraient le pacte implicite
^^tellement , attendu que nous ignorons fort avec le Démon , & qUe par conséquent la Baguette
. t ignorons_ _
avQ 1Cs forces des causes naturelles. Et Delrio , a* tournerait entre leurs mains , ce qui est tellement con-lr ra Pporté ce sentiment de Valentia, ajoute lui- traire à l’expérience, que ces Messieurs demeurent d’ac*
f*»,»» MUe «M " —-- —- i— j: —j —nnmKrp rît» nprshnneç nnî nnr íòî»
, iun flue s’il y avoit entre les Philosophes diversité de cord que d’un grand nombre de personnes qui ont faitVCf* ' Pour savoir si cet effet se peut faire naturel- l’essai de k Baguette, il ne s en est trouve que sort peuété l> on ne devrait pas juger qu’il n’eût pas entre les mains de qui elle ait plie. Cela justifie fort
V^uit par w ÇnrM< Ap ® n r u ^vsn« clairement , qu’au lieu de recourir à aucun pacte , ss
faut nécessairement avoir recours à une certaine consigu-ration des pores » à un certain tempérament , ou à telleautre propriété qui ne convient qu’à quelques párticu-liers.
U y a plus. La volonté implicite de faire une choseest incompatible avec k volonté explicite de faire 1 e con-traire. Dès qu’on renonce positivement à tout pacte,
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v* er >ton
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'Ut Kj c par les forces de la nature. Or les SavansÇ s nt qy, sor se sojet de k Baguette ; les uns tien-A est: e l °ume naturellement , les autres que non*
c hé si c Vra i , que Valentia & Delrio auraient cher-ra Ppoi' tÇ2 U e 1 natur ell e de ces effets, & qu’ils les auraientâii k;,ki 3 A^ovidence de Dieu, 8c non à 1a condui-On d ^ le -
' ÏUre d’accord qu’il y a , ou qu’il peut y a-