«8 HISTOIRE
au mouvement des vapeurs & à la dispofition du corpsde Jacques Aymar » nous a donné un système plus é-tendu & plus raisonnable que tous ceux qui l’ont précé-dé. Celui-ci enfin nous a exposé une critique sincèrede tous les livres qui se sont faits, & il ne critique rienmoins que ce qu’il falloir critiquer. Il s’amuse même àdes choses peu utiles par rapport à la question. Carprenez garde à ceci » Monsieur , à quoi bon chicannerM. Régis & son analytique disciple sur ce qu’ils disentde l’union de l’ame & du corps ? Pourquoi faire un pro-cès à M. Descartes , fur ce qu’il a défini l’esprit deThomme un erre pensant , sans nous parler du rapportque cet être a avec le corps ? Ceux qui entendent ladoctrine de ce grand homme , & qui ont lu la secondede ses méditations métaphysiques , jugeront si l'Auteurde la critique sincère a raison dans cet endroit. Mais cen'est pas-là ce que vous attendez de moi. Je dois vousrendre compte de ce que je pense du Traité de la Ba-guette fait par M. de Vallemont. Après avoir examinéla moitié de ce livre avec beaucoup d’attention , j'ai étésurpris d’y avoir lu quantité d’assez belles expériences,qui n’ont aucun rapport au mouvement de la Baguette.Car enfin , quand on lui accorderait tout ce qu’il ditde ces faits extraordinaires, quoiqu’il y en ait beaucoupde fabuleux , on ne voit pas qu’il en puisse tirer ungrand avantage pour le sujet qu’il traite. On convientavec lui que les vapeurs ont beaucoup de mouvement,qu’il s’en élève même beaucoup du sein de la terre, quel’activité de la matière subtile est très rapide , que leshommes respirent & transpirent beaucoup de corpuscu-les. L’Auteur a employé presque tout son livre à nousconvaincre de ces véritez dont les Philosophes tombentd’accord aujourd’hui ; car s’ils ont encore quelque diffé-rend là-dessus , qu’on examine , on verra que ce n’estplus qu’une question de nom , puisque tandis que l’unfait de fades railleries fur le mouvement de la matièresubtile , celui-là même est forcé d’admettre un air sub-til qui sait les mêmes fonctions dans la nature. Maisquel rapport de tous ces mouvemens rapides avec le tou»noiment de la Baguette entre les mains d’Aymar , parrapport aux meurtres, aux chemins perdus &c ? Quelrapport avec l’abondance des sources ? Car , comme dittrès bien le Père Mallebranche dans ses lettres insérées auMercure du mois de Janvier , & que M. de Vallemonta eu la bonté de passer fans en dire mot pour s’arrêter àdes choses de nulle importance, „ la convention de ceux,, qui prennent une pierre pour bornes de leur héritage,„ & qui cessent par un accord mutuel de lui attribuer„ cette dénomination , n’en change point la nature ni„ les qualitez physiques. Il est donc ridicule d’attri-„ buer l’effet physique du tournoiment de la Baguette„ à la qualité de la pierre, &. même à la disposition de„ celui qui la tient. Les vertus naturelles & nécessai-„ res agissent inégalement dans des distances inégales,„ ainsi elles font nécessairement le même effet, lorsque„ le sujet sur lequel elles agissent , est dans des distan-„ ces différentes, mais réciproquement proportionnelles,, à leur force , &c. " Il faut donc conclure que cemouvement tant recherché , tant vanté & tant prouvépar l’Auteur , est la moindre pièce de son système,puisqu’il est obligé de céder au moindre changementqui survient au corps d'Aymar , comme tout Paris lefait très bien ; car les habiles gens se mocquent à présentde son habileté. Cela est si constant que M. de Valle-mont is olerait rapporter aucune découverte attestée pardes personnes qui ne prennent point d’intérêt à la véritéde tous ces faits. C’est qu’apparemment Aymar a chan-gé de tempérament à Paris, & que fa transpiration étantraide, elle rompoit l’enchaînement de toutes les vapeurs.Voilà le plastron qu’on applique au corps d’Aymar,quand il souffre de si violentes syncopes. C’est aussi ledernier retranchement de M. de Vallemont , & qu’ilfaut examiner dans la fuite ; mais pour cela il faut pren-dre la chose dans fa source. L’Auteur voulant éclairerle Père Mallebranche sur une difficulté qu’il a proposéedans fa lettre en disant , qu'ils expliquent ettx-memes ce
CRITIQUE
qu'ils veulent dire par le mot de tempérament . . • • ^tâchera de leur répondre , Cet Auteur, dis-je, éclair-cit cette difficulté en ces termes, p. 413. ,, II est vrai,, que l’Aiman agit également fur le fer, qui que ce (° lt,, qui le tienne, pareeque l’Aiman est la cause totale de,, cette action ; mais il n’en est pas ainsi du mouvement,, de la Baguette. II est produit en partie par les cor-,, pustules qui s’élévent des sources & des minières', &,, en partie par la disposition de la personne qui la tient.„ Voilà qui est intelligible ”, dit l’Auteur en finissantcet article. Pensez-vous , Monsieur , que cela suffispour éclairer les habiles gens ? Pensez-vous qu’il n’y aqu’à dire en l’air que le mouvement de la Baguette vientde la matière subtile , & ajouter ensuite un terme deLogique qui ne signifie rien de distinct à l’esprit ? Pen*sez-vous , dis-je , que le raisonnement de M. de Vall e 'mont soit fort différent de celui-ci ? Le mouvement dela Baguette vient en partie de celui des vapeurs & du.tempérament de celui qui la tient. Il est encore intelssgible , poursuit l’Auteur , que ces vapeurs de la terreagiront fur certaines personnes qui y seront fort sensi'blés , pendant qu’il y en aura d’autres qui n’en ferontnullement émues, pareeque la contexture de leurs fibresest telle, qu’elle ne laiíïe point de pores proportionnezvolume & à la figure de ces atomes volatils. Je fuis sutqu’on n’est pas encore trop éclairé , par rapport à cettedisposition qui concourt avec les vapeurs au tournoimentde la Baguette. Car s’il est vrai que Ce Devinent fot ;sensible à l’évaporation de tous ces corpuscules, qui pè-sent par la contexture particulière de ses fibres , je fou'tiens que ce sentiment n’augmente ni ne diminue le mou'vement de la Baguette. Car quel rapport d’une sens 3 'tion avec un mouvement ? Je dis plus , c’est qu’il de*vroit suffire pour annoncer la découverte des eaux & d e ?métaux, de même qu’il suffit que j'expérimente en m°*le sentiment de chaleur , pour savoir qu’il y a auto*}*-de moi quelque corps qui donne occasion à ce senti'ment ; & comme Jacques Aymar a toujours besoin d esemblables sensibilisez , c’est à quoi l’Auteur se devojttenir , & non pas sc mettre en pièces pour prouvermouvement des vapeurs , &c. Je pourrais démontréque l’Auteur se contredit au sujet de la contexture d#fibres , & que lorsqu’il s’agit d’Aymar , la peau d el’homme est toute percée d’une infinité de pores diff e 'rens , mais lorsqu’il est question d’un autre entre Ij 5mains de qui la Baguette demeure immobile , la peau dl’homme n’a plus cette contexture tant criblée. En ^mot de quelque maniéré qu’il entende cette sensibilité» I epense qu’il ne pourra jamais se tirer d’affaire , qu’en •J'doptant le système de M. Chauvin , quoique l’unl’autre se détruisent réciproquement , comme il s es0facile de le démontrer. Lisez, Monsieur, la page 4^'du livre de M. de Vallemont, & je suis sûr que votstétonnement sera plus grand que celui du Père
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branche. Cet Auteur tâche de s’expliquer enmanières. Il se sert de la comparaison d’un aiman q u j gtient avec des mains chaudes , lequel ne supporte p 3Smême poids qu’auparavant. „ Cette espèce de,, pe , dit-il , qui arrive à l’aiman dans des mains ts s„ chaudes, vient de la dissipation de ces esprits m 3 ^
„ tiques qui font dérangez & écartez par les corP u ^ eS,, les les plus subtils de la transpiration insensible,, mains ; car enfin il faut observer que cette ému ^„ se sait , dit M. Boyle, avec autant de violence 4,, le petit plomb qui sort d’un fusil. , jc
Je prétens premièrement que ce raisonnement de trentièrement tout ce que l'Auteur dit dans le c ^ a P' to utqui devrait être le plus fort de son livre , & slll eson système ne peut plus subsister. Secondement »selon ce raisonnement on pourrait démontrer que * a e ,ce qu’a l’aiman d’attirer le fer , ne dépend pas u0l '^ l3 ísment du mouvement rapide de la matière canelée » ^
aussi de la disposition de celui qui le tien t , ■v f tr èsl’autre est bien facile a prouver. C’est une véritéconstante parmi les Défenseurs de la Baguette » . f ,quand Jacques Aymar fuit un voleur ou un meut ^