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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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4 HISTOIRE DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES,

pratiquoit dans les épreuves de leau bouillante & dufer chaud &c.

XIV.

On ne fera pas surpris de trouver beaucoup de reditesdans ce volume.

LEditeur à réimprimé un ouvrage du P. le Brunintitulé, Lettres qui découvrent lillufon des Philosophesfur la Baguette, & qui détruisent leurs f sèmes. Com-me le but de ce; Lettres est principalement de réfuterles dissertations de Mrs. Chauvin & Garnier Méde-cins, l'Editeur a cru devoir les inférer avant ces Let-tres: il a ajouté une Lettre du P. le Brun, qui navoitparu que dans un Mercure ; & pour faire un volumeil a recueilli differentes pieces fur la même matière :mais il est faux quon y trouve beaucoup de redites; 8cje défie le Journaliste de le prouver. Il est bien vraique ces diverses pieces ont été écrites à loccafion delavanture du fameux Jaques Aymar; mais il ny en aaucune qui fe ressemble ; chaque écrivain adopte unsystème particulier. Si le Journaliste avoir été enétat de demêler ces diverses opinions , il auroit tenuun langage bien diffèrent. Ce quil y a de singuliercest quil na en exposer aucune. Du reste le mê-me défaut se trouve dans les deux Extraits, & lonnest pas plus lavant après les avoir. Si quelquunsavifoit, par exemple, de recueillir des écrits fur lacause du flux & reflux de la Mer, lon auroit ex-dliqué diversement ce Phenomene, un Journaliste quinauroit voulu ni lire, ni méditer ces differens systè-mes, auroit-il bonne grâce de dire, quon trouve beau-coup de redites dans ce Recueil ? Cest une vaine dé-faite pour cacher la paresse ou lincapacité.

XV.

Au reste il y a lieu dêtre étonné que le Journalistevoulant essayer son talent pour la Critique, ait débutépar louvrage du P. le Brun. II a été pendant plusieursannées membre de la Congrégation de íOratoire; quandmême cet ouvrage nauroit pas été aussi bon quilBest, la reconnoissance exigeoit quil traitai civilementun ancien Confrère. Jaurois voulu quil eût un peu

reílemblé au savant AbbéFraguier qui (a) ayant quittel'habit de Jésuite conserva une affection constante poilsla Société. 11 en usa, ajoute M. lAbbé dOîivet ,comme sont les honnêtes Gens, qui loin de leur paysont trouvé de bons hôtes qui leur tiennent lieu de pa _sens. Revenus dans leur patrie les oublient-ils? Ouplutôt ne rappellent-ils pas avec des fentimens de re-connoissance cette aimable hospitalité ? LEditeur-ritoit encore quelques égards, vu la maniéré obligean-te dont il a parlé de la brochure rimée du Journa-liste (b). Pour moi je ne le plains pas ; & je fuis bienaise quon lui fasse un peu regretter les éloges quunSprévention aveugle lui a dictés. Ce quil y a de sin-gulier cest que le Journaliste , qui est connu poufdoucereux , a fait cette débauche de Critique, pouffe venger de la Censure que le Nouvelliste du Parnasseà faite dun Discours quon voit à la tête de lEssa*fur la Critique ; sétant faussement imaginé que I eNouvelliste 8c lEditeur font la même personne. Voilàun Critique qui a l'odorat bien fin. Le Nouvellistelui a contesté la faculté de raisonner (c) ; je laisse auíLecteurs le foin de decider, si par cette belle Critiqueil a réhabilité fa réputation. Il senfuit de ces obfet'vations que le Journaliste nauroit pas semancipí sà parler du Livre du P. le Brun, 8c quil auroit fastsagement de labandonner à ses illustres Confrères, quipar leurs lumières sont en état de faire conrioître lemérite des ouvrages les plus favans, & les plus abs-traits.

(a) Veste autem mutatâ, Societatis retinuit amorem constatster. In quo id fecisse videtur mihi quod optimus quisque, q ttprocul à fuis holpites nactus fit instar parentum bonos: is Patriefemel redditus, obliviicetur illos fcilicet ? Ac non raagis taf> tJhofpitalium hominum in fe mérita omni officio ac pietate prose-quetur ? Pétri Dan. Huetii & Cl. Fr. Fraguerìi Carmina : in Prafd'pag. 7 & 8.

(b) Voyez la seconde partie du T. 14. de la bibliothèque fr**'frise, pag. 117. lon trouve un Eloge magnifique de lEssai s uCla Critique traduit de lAnglois de M. Pope.

(c) Le discours du Traducteur est fort ingénieux , maisfuite, fans liaison, & presque sans aucun raisonnement.liste du Parnasse. T. I. pag. f 6.