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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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P R A T IQU ES S U P

ta Terre, dans les Enfers ?' Samuel ce grand Prophe-te > consacré à Dieu dès sa naissance, Prêtre d u Sei-gneur , & dont les prières ont attiré la pluye du Ciel.

1 vous mettes Samuel dans les Enfers, mettes y doncMoïse, Jeremie, Isaïe, & enfin tous les Prophètes.

e ft ainsi que plusieurs raifonnoient au tems dOri-gene. r

Mais (a) Origene fait voir que Jefus-Christ, pré-, . par les Prophètes, & plus grand queux , étantUl -même descendu dans les Enfers, Samuel y est de-nieur é fans quon puisse tirer aucune induction désa-vantageuse à la sainteté de ce Prophète. Jajoute à^ e tte réponse dOrigene, quavant la résurrection deV'us-Christ les âmes des justes étoient dans un lieue tenebres, que Jefus-Christ descendit aux Limbes,ra u e cest de- quil retira ces âmes des justes. CestCe flne Zacharie avoit prédit au 9. chap. car après yav °ir dit : Exulta satìs fìlia Sion. Ecce figx tms venitliftas ct jàlvator, ipfe pauper , ajcendens super afmam ,

« f u per pullum filium afînœ : le Prophète {b) dit duUveur ; Tu quoque in sanguine Tefiamenti emijifii'\ ln P :os tuos de lacu nbi non efi aqua. Voilà le lac desj J es , ou il ny avoit nulle peine que lattente du«aérateur : état de fecheresse exprimé par le défautc eau - Don c à la lettre on peut dire que lame estde la Terre.

^ Mais le Démon peut-il avoir quelque pouvoir furs âmes des Saints, pour les faire venir par ses artifi-j| s * ^ Pourquoi supposer que si cest le vrai Samuel,a été excite par lart magique? Il sagit du fait &^ pas encore de la cause. Je sais que cest ce qui aJit dire que ce nétoit pas Samuel, puisquil avoitete évoqué par le Démon : donc sil fe pouvoit faireWil neut point été excité par le Démon , la diffi-çMté cesseroit. Examinons donc par quel pouvoiria muël a parlé à Saul.

La premiere réflexion qui peut faire voir que Sa-na pas été excité par fart magique, cest quilPrévenu tous les préparatifs que les Necromantienss e °l ent coutume de faire. Ces préparatifs étoient as-, longs. Lucain qui les décrit dans le VI. Livre^ L Pharfale, Horace dans la Satyre VIII. du I. Li-q e * ^ ^ enec l ue ûans son Oedipe , nous apprennentç r ^ falloir bien des cérémonies, des habits, des feux,terre, des libations, des sacrifices, immo-

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différentes victimes , chanter quantité de vers &j^iter quantité de prières pour appaiser les Manès. Or^ égard de nôtre Pythonisse, dès que Saisi lui eut^fasiita mihi Sammlem , Samuel parut; elle le vit,* fût toute étonnée. Samuel parut dans une autrefl ue r> étoient les âmes évoquées ; cest pourquoi* cllt » je vois des Dieux sélever de la terre,arn 3 ^conde réflexion, cest que selon le Sage, lesdes Saints font entre les mains de Dieu (c). Lesset 1 6tIl0ns ne peuvent rien fur elles, ils ne les connois-tj^Pas même. Véritablement avant la résurrectione J. es tas-Christ, elles étoient dans des lieux dont lesatjj e lts ma Uns étoient déclarés les Princes (d) ; mais lesûes Saints étoient dans ces prisons, comme pour-

J'uële. P Ul \ Inferos ? Quare non & Moïses, qui unà cum Sa-âiAum elì, conjungitur. Jer. i$\ i. Neque fi fieterit% i Sa *»Hël, eoj excmd'mm. Samuel apud Inferos? Quarerem as apud Inferos ? Ad quem dictum est Jer. ip.r te in utero cognovi te, ct untequam exires de

* e »iia s ' mSii fica,vì te ? Apud Inferos & Esaïas, apud Inferos & Je-C ' rf e a p Ud Inferos denique omnes Prophète? Orïg. in 1. Reg.rv . £ oflrìmytho. Crit. Sacr.Tom. 8. p. 410.

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an 1 T a í or ? Samuel an Jésus Christus? Quis major? Pro-iv C ^ rst us ? Quis major? Abraham an Jésus Chris-

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tafutn Cstf-n 0 nera ° eorum qui vel unâ vice tantum scire potuitt ' Ce te Chrq U m oste qui à Prophetis prasnuntiatus est > audebitt) ^ tna ìor U,Tl non elfe majorem prophetis. Cum itaque Chris-j fateberis, Christusne apud Inferos ? Nonne illucin A£n ne verum est quod in Psalmis dicitur, & ab Apos-

T^dite, , * Act. 2. si. Interpretatur Salvatorem ad InferosU)/q ? Ibid. s r

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( ) Pr lnrp ' ani «* in manu Dei sunt,

P S tenebrarum harum.

ERSTITIEUSES. 7

roient être des prisonniers masqués que le Roi enver-rait à la Bastille, & quil en retirerait encore mas-qués peu de tems après. Le Gouverneur de la Bastillepourrait dire que ces Prisonniers font dans ses terres ;cependant il ne les connoitroit pas. Ces saints étoientainsi dans ces lieux souterrains. Cest pourquoi, quandJefus-Christ les retire de cet endroit, S. Paul écrivantaux Colossiens & aux Galates dit, ex spoliant princìpa-tus ct poteflates , traduxit confidenter.

Mais comme le Sage assure, que la mort na pointd'empire fur ces âmes saintes (<?) , les Démons ne peu-vent rien fur elles fans un ordre particulier de Dieu.Ce nest donc plus ici le Démon qui peut avoir agide lui-même fur Samuel fans un ordre particulier ; &lon pourrait appliquer ici tout ce que dit Eustathíuspour prouver que Samuel na pas para par les artsdiaboliques.

Mais si ce nest pas par le pouvoir du Démon, parquel pouvoir cela sest-il fait ? Car cest le Démonqui a commencé le jeu.

II faut faire attention que Dieu, qui tempere lesforts, dit lEcriture (f) , finit faction, & quil ar-rive en cette occasion ce que Dieu fit à f égard de ladivination que Nabuchodonofor tira des baguétes oudes flèches (g). Tout commence par la Superstition ,& Dieu fait mouvoir les flèches vers Jérusalem pourdéterminer Nabuchodonofor à aller ruiner cette Ville.

DISSERTATION

Sur les Moyens par lesquels on c on fui toitDieu dans l'ancienne Loi.

A Près avoir examiné lhistoire de la Pythonisseque Saisi consulta, il reste à developer ce quidétermina ce Prince à recourir à cette femme. Il ré-solut daller à la Pythonisse, parce quil avoit consul- Dieu, qui ne lui répondit point ni par les songes,ni par les Prêtres, ni par les Prophètes (h).

Comme on voit en plusieurs endroits de lEcritureque Dieu faifoit connoître ses volontés, & découvraitles choses cachées par divers moyens, il faut avoir unenotion de ces pratiques, & du tems quelles ont duré,de la maniéré dont elles réussissaient, & comment onpouvoit les distinguer des pratiques presque sembla-bles, mais Superstitieuses. Ainsi nous férons lhis-toire des Moyens par lesquels on confultoit Dieu pourdécouvrir des choses cachées.

Dans létat de la Loi de Nature Dieu parloir trèssouvent aux SS. Patriarches , & ils ne mánquoientpas de le consulter dans toutes les occasions considéra-bles. Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Job conful-toientDieu, mais nous ne savons pas distinctement àquels signes ils avoient recours pour consulter la vo-lonté de Dieu. Il semble que Dieu leur inspirait deprendre quelquefois des signes qui fembloient arbi-traires, comme quand lIntendant de la maison dA-braham dit à Dieu, quil ne douterait pas quil neutdestiné pour épouse dIfaac , celle qui viendrait luioffrir de seau pour ses chameaux. II semble aussi quily avoit des lieux ou Dieu étoit consulte, & ou il-pondoit -. puisquon dit de Rebecca perrexit m confit,leret Dominum.

Dans létat de la Loi écrite, nous trouvons des usa-ges

(e) Non tanget illos tormentum mortis.

(f) Sortes mittuntur in íìnum sed temperantur à Domino.Vroverb. c. 16. v. J J.

(g) Stetít rex Babylonis in bivio,divinationem quvrens.com-miseens sagittas. . . . ad dexteram ejus fact a e st divinatio superJérusalem Lee.Ez.ecb. c. 21. v. 21. & seq.

(h) t. Reg. 18. 6. Saiil consuluit Deum, 8c non reípondit eineque per Somnia , nequjj per Sacerdotes, neque per Prophe-tas.

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