P R A T IQU ES S U P
ta Terre, dans les Enfers ?' Samuel ce grand Prophe-te > consacré à Dieu dès sa naissance, Prêtre d u Sei-gneur , & dont les prières ont attiré la pluye du Ciel.
1 vous mettes Samuel dans les Enfers, mettes y doncMoïse, Jeremie, Isaïe, & enfin tous les Prophètes.
e ft ainsi que plusieurs raifonnoient au tems d’Ori-gene. r
Mais (a) Origene fait voir que Jefus-Christ, pré-, . par les Prophètes, & plus grand qu’eux , étantUl -même descendu dans les Enfers, Samuel y est de-nieur é fans qu’on puisse tirer aucune induction désa-vantageuse à la sainteté de ce Prophète. J’ajoute à^ e tte réponse d’Origene, qu’avant la résurrection deV'us-Christ les âmes des justes étoient dans un lieue tenebres, que Jefus-Christ descendit aux Limbes,ra u e c’est de-là qu’il retira ces âmes des justes. C’estCe flne Zacharie avoit prédit au 9. chap. car après yav °ir dit : Exulta satìs fìlia Sion. Ecce figx tms venitliftas ct jàlvator, ipfe pauper , ajcendens super afmam ,
« f u per pullum filium afînœ : le Prophète {b) dit duUveur ; Tu quoque in sanguine T’efiamenti emijifii'\ ln P :os tuos de lacu nbi non efi aqua. Voilà le lac desj J es , ou il n’y avoit nulle peine que l’attente du«aérateur : état de fecheresse exprimé par le défautc eau - Don c à la lettre on peut dire que l’ame estde la Terre.
^ Mais le Démon peut-il avoir quelque pouvoir furs âmes des Saints, pour les faire venir par ses artifi-j| s * ^ Pourquoi supposer que si c’est le vrai Samuel,a été excite par l’art magique? Il s’agit du fait &^ pas encore de la cause. Je sais que c’est ce qui aJit dire que ce n’étoit pas Samuel, puisqu’il avoitete évoqué par le Démon : donc s’il fe pouvoit faireWil n’eut point été excité par le Démon , la diffi-çMté cesseroit. Examinons donc par quel pouvoiria muël a parlé à Saul.
La premiere réflexion qui peut faire voir que Sa-n’a pas été excité par fart magique, c’est qu’ilPrévenu tous les préparatifs que les Necromantienss e °l ent coutume de faire. Ces préparatifs étoient as-, longs. Lucain qui les décrit dans le VI. Livre^ L Pharfale, Horace dans la Satyre VIII. du I. Li-q e * ^ ^ enec l ue ûans son Oedipe , nous apprennentç r ^ falloir bien des cérémonies, des habits, des feux,terre, des libations, des sacrifices, immo-
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différentes victimes , chanter quantité de vers &j^iter quantité de prières pour appaiser les Manès. Or^ égard de nôtre Pythonisse, dès que Saisi lui eut^’fasiita mihi Sammlem , Samuel parut; elle le vit,* fût toute étonnée. Samuel parut dans une autrefl ue r>’ étoient les âmes évoquées ; c’est pourquoi* cllt » je vois des Dieux s’élever de la terre,arn 3 ^conde réflexion, c’est que selon le Sage, lesdes Saints font entre les mains de Dieu (c). Lesset 1 6tIl0ns ne peuvent rien fur elles, ils ne les connois-tj^Pas même. Véritablement avant la résurrectione J. es tas-Christ, elles étoient dans des lieux dont lesatjj e lts ma Uns étoient déclarés les Princes (d) ; mais lesûes Saints étoient dans ces prisons, comme pour-
J'uële. P Ul \ Inferos ? Quare non & Moïses, qui unà cum Sa-âiAum elì, conjungitur. Jer. i$\ i. Neque fi fieterit% i Sa *»Hël, eoj excmd'mm. Samuel apud Inferos? Quarerem ‘ as apud Inferos ? Ad quem dictum est Jer. ip.r te in utero cognovi te, ct untequam exires de
* e »iia s ' mSii fica,vì te ? Apud Inferos & Esaïas, apud Inferos & Je-C ' rf e a p Ud Inferos denique omnes Prophète? Orïg. in 1. Reg.rv . £ oflrìmytho. Crit. Sacr.Tom. 8. p. 410.
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an 1 T a í or ? Samuel an Jésus Christus? Quis major? Pro-iv C ^ r ‘st us ? Quis major? Abraham an Jésus Chris-
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tafutn Cstf-n 0 nera ° eorum qui vel unâ vice tantum scire potuitt ' Ce te Chr’q U m oste qui à Prophetis prasnuntiatus est > audebitt) ^ tna ìor U,Tl non elfe majorem prophetis. Cum itaque Chris-j fateberis, Christusne apud Inferos ? Nonne illucin A£n ne verum est quod in Psalmis dicitur, & ab Apos-
T^dite, , * Act. 2. si. Interpretatur Salvatorem ad InferosU) •/q ? Ibid. s r
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( ) Pr lnrp ' ani «* in manu Dei sunt,
P S tenebrarum harum.
ERSTITIEUSES. 7
roient être des prisonniers masqués que le Roi enver-rait à la Bastille, & qu’il en retirerait encore mas-qués peu de tems après. Le Gouverneur de la Bastillepourrait dire que ces Prisonniers font dans ses terres ;cependant il ne les connoitroit pas. Ces saints étoientainsi dans ces lieux souterrains. C’est pourquoi, quandJefus-Christ les retire de cet endroit, S. Paul écrivantaux Colossiens & aux Galates dit, ex spoliant princìpa-tus ct poteflates , traduxit confidenter.
Mais comme le Sage assure, que la mort n’a pointd'empire fur ces âmes saintes (<?) , les Démons ne peu-vent rien fur elles fans un ordre particulier de Dieu.Ce n’est donc plus ici le Démon qui peut avoir agide lui-même fur Samuel fans un ordre particulier ; &l’on pourrait appliquer ici tout ce que dit Eustathíuspour prouver que Samuel n’a pas para par les artsdiaboliques.
Mais si ce n’est pas par le pouvoir du Démon, parquel pouvoir cela s’est-il fait ? Car c’est le Démonqui a commencé le jeu.
II faut faire attention que Dieu, qui tempere lesforts, dit l’Ecriture (f) , finit faction, & qu’il ar-rive en cette occasion ce que Dieu fit à f égard de ladivination que Nabuchodonofor tira des baguétes oudes flèches (g). Tout commence par la Superstition ,& Dieu fait mouvoir les flèches vers Jérusalem pourdéterminer Nabuchodonofor à aller ruiner cette Ville.
DISSERTATION
Sur les Moyens par lesquels on c on fui toit‘Dieu dans l'ancienne Loi.
A Près avoir examiné l’histoire de la Pythonisseque Saisi consulta, il reste à developer ce quidétermina ce Prince à recourir à cette femme. Il ré-solut d’aller à la Pythonisse, parce qu’il avoit consul-té Dieu, qui ne lui répondit point ni par les songes,ni par les Prêtres, ni par les Prophètes (h).
Comme on voit en plusieurs endroits de l’Ecritureque Dieu faifoit connoître ses volontés, & découvraitles choses cachées par divers moyens, il faut avoir unenotion de ces pratiques, & du tems qu’elles ont duré,de la maniéré dont elles réussissaient, & comment onpouvoit les distinguer des pratiques presque sembla-bles, mais Superstitieuses. Ainsi nous férons l’his-toire des Moyens par lesquels on confultoit Dieu pourdécouvrir des choses cachées.
Dans l’état de la Loi de Nature Dieu parloir trèssouvent aux SS. Patriarches , & ils ne mánquoientpas de le consulter dans toutes les occasions considéra-bles. Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Job conful-toientDieu, mais nous ne savons pas distinctement àquels signes ils avoient recours pour consulter la vo-lonté de Dieu. Il semble que Dieu leur inspirait deprendre quelquefois des signes qui fembloient arbi-traires, comme quand l’Intendant de la maison d’A-braham dit à Dieu, qu’il ne douterait pas qu’il n’eutdestiné pour épouse d’Ifaac , celle qui viendrait luioffrir de seau pour ses chameaux. II semble aussi qu’ily avoit des lieux ou Dieu étoit consulte, & ou il ré-pondoit -. puisqu’on dit de Rebecca perrexit m confit,leret Dominum.
Dans l’état de la Loi écrite, nous trouvons des usa-ges
(e) Non tanget illos tormentum mortis.
(f) Sortes mittuntur in íìnum sed temperantur à Domino.Vroverb. c. 16. v. J J.
(g) Stetít rex Babylonis in bivio,divinationem quvrens.com-miseens sagittas. . . . ad dexteram ejus fact a e st divinatio superJérusalem Lee. ’Ez.ecb. c. 21. v. 21. & seq.
(h) t. Reg. 18. 6. Saiil consuluit Deum, 8c non reípondit eineque per Somnia , nequjj per Sacerdotes, neque per Prophe-tas.
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