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HI STOIRE DES
ges fixes de consulter Dieu, & de découvrir des cho-ses cachées.
i. On se servoit du sort pour découvrir les crimescachés, pour connoître les coupables, pour savoir quiétoit choisi de Dieu pour quelque emploi considé-rable.
Áu rems de Josué on découvrit le recelateur de laréglé d’or & du manteau de pourpre par le sort, aprèsla défense de rien conserver de la Ville de Jéricho.On reconnut par le sort que Dieu avoit choisi Saiilpour Roi, Samuel le savoir déjà, & le sort tomba di-rectement sur Saiil. On connut par le sort que Jona-thas avoit rompu, quoique par ignorance , le jeûneindiqué par Saiil son pere, & que c’étoit pour ce su-jet que Dieu n’avoit pas répondu à Saiil (a), qui l’a-voit consulté ce jour-là. K)n connut par le sort quele Prophète Jonas (b ), étoit celui qui avoit excité latempête fur la mer par fa désobéissance.
Ce moyen de savoir la volonté de Dieu a été enusage jusqu’au tems des Apôtres, qui élurent S- Ma-thias par sort. Cela ne fût plus en usage après quel’Eglise eut été établie par la réception du S. Esprit lejour de la Pentecôte. Dans la fuite on élut les septDiacres, & on ne les choisit pas par sort.
Des Chrétiens peu éclairés, peu religieux n’ontpourtant pas laissé de tenter divers sorts pour décou-vrir des choses cachées,toutes voyes illicites, qui ontdonne lieu aux termes odieux de sorciers , srtiarii ì asrtibus exercendis.
2. Il y avoit aussi dans l’ancien Testament (c) uneloi pour découvrir les adultères cachés ; cela se saisoitpar les eaux qu’on saisoit boire à une femme, qui nelui nuisoient point si elle étoit innocente , & qui lasaisoient mourir si elle étoit coupable. •'
5. Il étoit beaucoup plus commun de consulterDieu & d’apprendre sa volonté par les songes, par lesPrêtres & par les Prophètes. Ce sont les trois moyensque nous devons expliquer avec soin.
1. On savoir la volonté de Dieu par le songe, rienn’est plus ancien, Dieu parloit souvent à Abrahampar des songes; c’est dans un songe qu’il lui ordonnad’immoler Isaac (d). Dieu parle à Abimelech pendantle sommeil & à Laban ( e ). De même il a parlé plu-sieurs fois à Jacob dans le sommeil. Dieu montra à Jo-seph par des songes tout ce qui devoir lui aariver ,d’oûvient que ses frétés l’appellent songeur, fomniator , &depuis Moïse Dieu déclaré qu’il parleroit aux Prophè-tes (/) par des visions & dans le sommeil.
Dieu parle à Samuel pendant le sommeil, il parlede même à Salomon. IÌ a parlé à Daniel (g) par son-ge, & quelquefois il parloit ainsi aux autres Prophè-tes. C’est pourquoi les faux Prophètes se vantoientd’avoir eu des songes , Je sommasse somnia , & Jere-mie ( h ) appelle leurs songes, somnia falsa. C’est dansun songe que Dieu parle encore à S. Joseph , & qu’unAnge lui ordonna de prendre l’Enfant & sa Mere &de les mener en Egypte (i). Il avoit déja eu un au-tre songe qui le tira de l’embarras, oh il étoit tou-chant la grossesse de la sainte Vierge ( kj. Dieu fitde même connoître sa volonté aux Mages dans le som-meil (/). Dieu parloit donc ainsi par des songes à sesserviteurs lorsqu’ils étoient en peine, & qu'ils le con-sultoient.
Ce moyen manqua à Saul, à qui Dieu ne répondit
PO 1. Reg. ' 4 - ,8. & seq.
\b) [on. 1. 7.
(0 Nomb. c. 5. v. 19.
(<û Genes. 10. 3. 6.
(«) Gen. 18. v. fi.
(f) Si quis fuerit inter vos Propheta Domini, in visione appa-rebo ei, veì per somnium loquar ad eum.
( g ) >. Reg. 3. s. if. Num. 12. 6 , Daniel I. 17. 7.
(h) Jerem. 23. 17. 32.
(i) Matth. 2. 13.
(s) Matth. 1. J°. Hacc autem eo cogitante, ecce Angélus Do-niini apparuit ei in sonmis dicens: noli timere,
• (J) Matth. n. !*•
point par aucun songe ( m ). Il y avoit une autre vôy^iqui étoit de consulter les Prêtres & les Prophètes.Voyons ce qu’on fait touchant ces usages.
Dieu ordonne par Moïse que dans les doutes leGrand-Prêtre consulteroit Dieu («) , & qu’on s’entiendroit à fa parole. Les Prêtres avoient deux moyensde consulter Dieu & de répondre au Peuple. Le pre-mier moyen étoit le Propitiatoire de l’Arche, d’oh Dieuleur parloit.
Le Propitiatoire étoit une table d’or sur l’Archeentre les deux Chérubins. Du milieu de ces Chéru-bins Dieu parloit : il le promit en termes formels àMoïse (0). Ce n’étoit pas seulement une simple in-spiration , Dieu saisoit entendre une voix distincte »ainsi qu’il est dit à la fin du Chapitre 7. (p) des Nom-bres. Cumque ingrederetur Moïses tabernaculum fœderís ,ut consuleret oraculum , audiebat vocem loquemis ad f 1de Propitiatorio quod erat super arcam teflimonii inter duosCherubim , unde & loquebatur ei.
Dieu parloit de même à Aaron & aux Prêtres p arle Propitiatoire, c’est pourquoi le lieu où il étoit,c’est-à-dire le Saint des Saints s’appelloit l’Oracle. Voi^le premier moyen de consulter Dieu par les Prêtres,qui alloient à l’Oracle, c’est-à-dire au Propitiatoire.
Le second moyen étoit de consulter par l’Ephod >ce mot signifie super humer aie , selon les septante, oUsuper indumentum , selon la version d’Aquila , dan STheodoret q. 17. in Jud. comme nous dirions u* 1surplis. Il y avoit des Ephod pour le Prêtre, il y eílavoit pour tous les Lévites, mais quand on dit l’E'phod tout court, on entend l’Ephod du grand Pi' e 'tre , qui étoit un Ephod précieux, auquel étoit atta-ché le Pectoral, ou le Rational, avec les douze PictJres précieuses. II est certain qu’on portoit cet Ephodpour consulter la volonté de Dieu. C’est de cet E"phod dont il est dit au L. 1. des Rois ch. 12. 28.fi)Elegi eum in sacerdotem ut accederet ad altare , & f° r ',taret Ephod coram me , & dans le chapitre 14. v. VAchias port abat Ephod. Mais de quelle maniéré °!?consultoit par cet Ephod, c’est un embarras qu’il u’d 1pas facile de demêler. Joseph dans les Antiquités L.c. 9. croit qu’on découvroit ce qu’on vouloit sav 0lípar l’éclat des Pierres précieuses attachées au Pect° ra ymais ce ne peut-être qu’une conjecture. Joseph ne ‘ esavoir point positivement, car cela n’étoit plus en usa'ge en son tems. Ceux qui font attention à toutqu’il y avoit au Rational, ou Pectoral, remarquesqu’il y avoit quelqu'autre chose , que Moïse y R 11 *"outre les 12. Pierres ajustées par les ouvriers. D í£[llui dit au 28. de l’Exode v. 30. Pones autem innali judicii doEirinam & veritatem , qm erunt in peB»^Aaron : A u lieu de ces termes repetés encore au Ee-vitique 8. 8. Dotlrina & veritas , il y a dans l’Hépt eVrim & Thummim , qui signifient ordinairement, eC 'lumière, irradiation. Origene en parle en ces t erIÏ1 ^dans la 6. homélie fur le Levit. Super rationale ^ ^ft a erat Sfatxnç ttcù àr:$Hct , manifestatio & veritas'-enìm súfficit Pontisci habere sapientiam & sir* orr>rli . ^ratìonem , nìfi pojst etiam populo manifefiare qmresondere omni posent i se rationem de fide gr veritas’Jerôme fait la même réflexion & elle a été fort so liv 'repetée avec raison. ,
Cela dit bien que le grand Prêtre devoir c .° n qLisDieu & découvrir au Peuple ce qu’il falloir fa* 1 ' 2on ne voir pas encore comment il le découvroit, 1
que c’étoit que cet Urim & Thummim du R a sCes deux mots ont été le sujet d’un grand norri jjsor
(m) Qui non respondit ei per somnia.
^ Itr f \^UI tlVll VJ |/ v , ÍWÍilill».
(n) Num. 27. 2i. Si qujd agendum erit, Eleazar jp/êonsulet Dominum , ad verbum ejus egredietur St ing redl£c omnes filii Israël cum eo, & extern multitudo. _ aC ifi(0) Exod. 2 f. 22. Loquar ad te supra prppitiatorium > cl jiiC-nedio duorum Cherubim qui erant super arcam testim oslli quse mandabo per te filii* Iíraèï.
(f) Num. 7. 89.
(q) L. i> Reg.