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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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^iffertations en ce íìecle. Spencer (a) qui en a fait uneort longue, veut que ce soient de petites figures,quiP ar Wnt comme les Teraphim & autres fausses divi-nite s. Mais Spencer nest occupé quà chercher des^Pports entre les Superstitions du Paganisme, & lesstatiques saintes du Peuple de Dieu. Ce quil ditici nest point fondé , & il a mérite dêtre réfuté168 Un ouvra ^ e ex P r ^ s Imprimé à Geneve (b) en

Sil y avoit quelque choix raisonnable à faire pourneterminer ce que cétoient que Urim & Thummìm ,? u diroit que cétoient ces mots même traduits dans? Vulgate par Doctrina & Veritas , qui étoient écritsdans le Pectoral entre les Pierres précieuses, mais onne voit pas encore comment des Pierres ou des LettresP Q Uvoient découvrir ce quon cherchoit par quelqueec ' a G ou par quelque disposition exterieure,par quel-le changement qui sy faifoit. Si lon eut fait desdemandes fort courtes, comme quand David demandes d poursuivra les Cananéens , & que Dieu répondP°ursuivés les i. Reg. ìo. 8. quand il demande siaiil descendra, & que Dieu dit descendet i. Reg. 11.î 5 *la disposition des Pierres auroit pu servir à le fairec °nnoître. Mais quelquefois la réponse étoit trop lon-pour la prendre de la part des Pierres : comme quandavist consulta par lEphod pour savoir s'il devoir pour-pre les voleurs, qui avoient pillé la ville de Siceleg.*'Reg. ;o. 8. Dieu répond,allez vous les atteindrez,J°ûs les perdrez, & vous aurez même tout leur bu-ln> Quelquefois cet oracle nommoit distinctementne Ville. David demande, irai-je en quelque Ville^Judée? LOracle répond allez vous en à Hébron.

Reg. ir. i. Enfin la réponse étoit quelquefois ac-c ompagnée de tant de circonstances, quil est visible^ Ue la leur des Pierres ne pouvoit pas faire entendreCe détail, comme quand David demande , sil doitjouter vers les Philistins. Dieu lui répond, ne mon-es pas directement vers eux, mais tournés tout autour? leur camp, jusquà ce que vous veniés & foyésls -à-vis des poiriers , & lorsque vous entendras11 siout des poiriers le bruit de quelquun qui marche,° Us commencerés à combattre, parce que le Seigneura jjhera alors devant vous &c. n. Reg. r;.^,"taunius qui a parlé amplement de VUrim & dudans louvrage de vestitu Sacerdotum Hebrao-croit que lEphod nétoit qu'une cause morale0li qccasionelle avec laquelle le Prêtre étoit éclairé in-^deurement & voyoit la réponse quon lui deman-Plusieurs Auteurs habiles croient la même cho-^ cela me paraît tout a fait raisonnable, r' ^ et Ephod précieux ou étoit le Pectoral appel-Y ' lm & Thummìm , cest-à-dire lumière & perfec-"devoit marquer par léclat des Pierres lirradiationv a lumière interieure dont le grand Prêtre sc trou-' flairé, lorsquil sc révérait de ce dernier orne-nt Ppur consulter Dieu.

Si lEphod avoit donné les réponses , on auroiti^fonsulter lEphod seul, cependant cela ne sest ja-a lt, & ne pouvoit pas sc faire, cétoit donc lere stuon confultoit revêtu de lEphod.l u p ' Dès que l e grand Prêtre avoit cet Ephod , oní) a Q r l°ìt comme à Dieu même. Cest ainsi quen usaypli l ' lìeg. 23. 9. 10. & n. dixit ad slbiathar C4 Ephod, Qr ait David: Domine Deus Ifraél.fuit»' knfin on voit que consulter par VUrim ou con-lcud ^ es Urètres, cétoit la même chose, car dansqui'J 0lt du 28. Chap. du premier livre des Rois ,couf^ Heu à cette difficulté, il est dit que Saiilni p ai ' ta , Dieu, qui ne lui répondit ni par les songes,u u j es Driru : ce qui montre que consulter lUrim^sctr S ^ ££tres cétoit la même chose , parce que lesjy 6 o s re pondoient revêtus de VUrim.

I£u Parloir donc aux Prêtres , 1. Par une voix

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, e nt >bus HebrœorsecuK j " DnEOI l

sc) Hebrsor.

T g}) f e Lettres Fevr.

>686. p. 23 fl

PERSTITIEU SES. 9

qui ferrait du Propitiatoire. 2. Par'lEphod de lamaniéré que nous venons dexpliquer.

Enfin on confultoit auffi par les Prophètes. Il nefaut pas croire que les Prophètes nont commencéquavec Osée & Isaïe, que nous regardons comme lespremiers de ceux dont nous avons les écrits : il y en aeu de tout tems & en très grand nombre. Dieu enavoit ailleurs même que parmi son peuple , puisquenous voyons Balaam au tems de Moïse consulterDieu, & être forcé de ne répondre que ce que Dieului montrait. Il y en avoit beaucoup parmi le Peu-ple de Dieu. Dans le premier livre des Rois v. 3. onremarque comme une chose particulière quau tems dujeune Samuel les révélations étoient rares. Sermo Do-mini erat pretiofm in diebus illis , visio non erat ma-nifesta, 1. Reg. 3. Samuel en valoi t plusieurs, on cou-rait à lui de toutes parts, camus ad vìdentem. Cétoitle nom du Prophète. 1. Reg. 9. 9. & nous trouvonsensuite pendant sa vie des sociétés de Prophètes, puisquil parle en ces termes à David , obvium habebis gre-gem Prophetarum , Sic. 1. Reg. 10. 5. On confultoitpar ces Prophètes,comme Saiil par Samuel, Jéroboampar Ahias, dautres par Michée, ou par Elisée &c.Voilà les moyens dont on confultoit Dieu.

Mais me dira-t-on vous avez avancé quon conful-toit Dieu par le Propitiatoire, cependant ce .Propitia-toire étoit dans le Saint des Saints, & on ne pouvoity entrer quune fois lan. Si donc on confultoit plussouvent, comment cela sc saifoit-il ? Je répons quecomme il serrait une voix qui se faifoit entendre duPropitiatoire , on pouvoit lentendre de la porte duSaint des Saints, ou du voile ; & en effet le Saint desSaints étoit appellé lOracle.

Mais comment pouvoit-on être assuré de la réponsedu grand Prêtre? car cétoit lui seul qui entendent lavoix du Propitiatoire, les Laïques nentroient pas.Cétoit lui auffi qui répondoit par lEphod. Nepouvoit-il pas arriver quun grand Prêtre méchant ditce que Dieu ne lui avoit pas apris? Je répons 1. quildevoir paraître alors que lefprit de Dieu sc saisiffoitdu grand Prêtre : Dieu na pas permis quil ait jamaistrompé perfonpe, ce qui se vérifie assez par lévene-ment.

Je répons 2. que peut-être dans la fuite on sen dé-fia ; que dans la fuite on ne voulut consulter queles personnes que Dieu autorisent par des miracles : carj'observe, & cest une remarque fort considérable,que depuis David on na jamais consulté l'Ephod, oulOracle, cest-à-dire les Prêtres. La consultation quefit David dès quil fut Roi dIfraël au 2. des Roischap. 5. v. 19. & 2 3. estla derniere qui soit marquée danslEcriture. Depuis ce tems- Dieu parle à Salomon parles songes, & quand on confultoit Dieu, on ne pen-sent plus quà consulter les Prophètes. Si lon sadres-foit au grand Prêtre pour consulter Dieu , ce grandPrêtre alloit lui-même au Prophète ou à la Prophetés-se. Cela sc voit bien clairement au tems du Roi Jo-sias (c).

A légard des songes & des autres visions, Dieu fai-foit connoître quil parloir. 11 est dit par exemple queSalomon séveillant comprit distinctement que cétoitune vision de Dieu (d) , après que Dieu lui eutdit (e ), je vous ai rempli le cœur de sagesse & din-telligence. Auffi (f) S. Grégoire le Grand observe

quon

(à) Et prarcepit (Josias) Helcise Sacerdoti 8c Ahican fìlio Sa.phan. . . . dicens ite 8c confulite Dominum Riper me, & f U p erpopulo 8c super omni Juda de verbis voluminis istius quod in-

ventum est.Iverunt itaque Helcias Sacerdos 8c Ahican.

ad Holdam Prophetidem uxorem Sellum filii Thecux, 8cc.

(d) Intellexit quod effet somnium. Reg. ,5.

(e) Dedi tibi cor sapiens 8c intelligens.

(/) Ciim aliquid qstenditur vel auditur, si intellectus non tri-buitur, prophetia minime est. Vidit namque Pharao per /omniumquse erant ALgypto Ventura ; sed quia nequivit intelligere quodvidit, prophetia non fuit. Sic aspexit Balthasar Rex articulummanus scribentis in pariete > sed prophetia non fuit , quia intel-lectum rei quam viderai non accepit .Greg.Mord.inJob.L. u,f. 2.