HISTOIRE DÈS
trerdansla fosse; il y passa toute la nuit fans y rienvoir , ni rien entendre. Cela lui 6t prendre la ré-solution d’aller à Rome, d’en parler au grand Peni-tencier, qui représentant au Pape Alexandr» VI. quece prétendu Purgatoire étoit un abus, écrivit au Prin-ce , a l’Evêqué, & au Prieur du prétendu Purgatoire,qu’il vouloir que ce lieu fut démoli.
Cette histoire convient fort bien avec ce que ditWarteus dans ses Antiquités d'Irlande qu’en 1497. unGardien de l'Ordre de S. François fit démolir ce lieupar l’autorité du Pape Alexandre VI. Cependant au16. siécle quelques personnes revenant encore en celieu du Purgatoire, on recommença presque tout denouveau d’en parler (a). Ensuite on mit à Venisedans le Missel Romain l’histoire de S. Patrice &du Purgatoire : mais dans l’Edition de l’année sui-vante 1515. l’Eglise de Rome le fit ôter entiere-menst, & on a seulement permis dans la fuite de fai-re mémoire de S. Patrice fans leçons. Peu-à-peuon alloit oublier entierement le Purgatoire de S. Patri-ce , lorsque Thomas Meffingham Supérieur du Collegedes Hibernois, dit le College des Lombards, publia unpetit in folio en 1624. où il donna au long l’histoired u Purgatoire de S. Patrice, comme un fait parfaitementconstant, & ce lieu comme un lieu où quantité de per-sonnes alloient éprouver les peines du Purgatoire. Cebon Auteur ne savoit pas que lors même qu’il íaisoitimprimer son livre, ce lieu, qui étoit déja assez désert,étoit examiné sort serieusement, & qu’on le démolis-sent entierement pour n’en plus laisser de vestiges.C’est ce que le Sieur Gérard Boate, nous a apprisdans l’Histoire naturelle d’Irlande pag. 137. On nefera pas fâché d’en lire les propres termes.
„ 11 y a une de ces petites Isles dans le lac dej, Dirg, qui est de ceux de la moyenne forte, laquel-„ le a été en grande réputation dans toute la Chré-,, tienté pendant plusieurs siécles, parce que l’on a-,, volt fait croire au monde que les Fauxbourgs du„ Purgatoire se trouvoient en ce lieu là, & que ceux,, qui avoient le courage d’y entrer, & d’y demeu-„ rer le tems prescrit y voyoie'nt 8 c y remarquoient,, des choses terribles, 8 c extraordinaires. Cette opi-„ nion a duré jufqu’à notre tems, mais enfin on a dé-„ couvert que ce n’étoit q u'une pure illusion. Cette„ découverte fe fit pendant le gouvernement de Ri-„ chard Boile Comte de Cork & d’Adam Lossus Vi-„ comte d’Eli, Chancelier d’Irlande, qui gouver-,, noient ce pays pendant les dernieres années du régné,, du Roi Jaques, lesquels portés de curiosité de sa-„ voir la vérité de cette affaire, envoyerent fur les,, lieux des personnes de probité pour en faire une„ exacte recherche ; lesquels, après avoir bien examiné,, toutes choses, trouvèrent que cette prétendue &,, miraculeuse caverne, que l’on faisoit passer pour,, descendre jusqu’en Purgatoire & en Enfer, n’étoit„ autre chose q u’une petite cellule creusée dans un„ fonds de rocher, fans fenêtre, & fans ouverture,,, & si obscure que quand la porte étoit fermée, il,, n’y entroit pas un raison de lumière : au reste si bas-„ fe qu’à peine un grand homme y pouvoit il entrer,, débout, & si petite qu’elle ne pouvoit pas conte-,, nir six ou sept personnes au plus. Quand il venoit„ quelqu’un dans cette Isle, qui avoit envie de faire„ le voyage du Purgatoire , un petit nombre de„ Moines, qui íaisoient leur séjour ordinaire là au-
(ít) Voici comme parle de ce Purgatoire Guillaume Pépin Ja-cobin dans son Exposition des Evangiles du Carême pag. 102.versa de l’Edition de Venise en 1572. in 8. „ Deus voluit ut ap->> pareat Purgatorium S. Patricii, videlicet ad terrorem illorumj, qui negant Purgatorium Sclnfernum, quamvis audierim à vi-„ ris probatis de Hybernia apud quos dicitur esté hujusmodi Pur-,, gatorium, quod à parte rei talia non sunt neque videntur, qua-„ lia finguntur. Dicunt tamen illic esse quandam abbatiam, 8c„ in ea foveam feu locum subterraneum, apud quem intranti-„ bus multa in somniis íìve secundum fantasiam aut imaginariam,, vision em apparere dicuntur”. Ce bon Moine n’auroit pas par-ié avec tant de naivete, fì le Purgatoire de S. Patrice eût été deïinvention de lès Conrreres,
,, près, saisoient jeûner & veiller extraordinairement,, ce voyageur, l’entretenant pendant ce tems-là des„ choses terribles qu’il verroit dans son voyage souter-„ rain, 8 c après savoir préparé de la forte, l’enfer-„ moient dans ce trou obscur & ténébreux, d’où ils,, le retiroient quelque tems après tellement étourdi,,, que ce pauvre voyageur fans avoir bougé d’une„ place, disoit qu’il avoit été fort avant sous terre»„ & racontoit des choses étranges, qu’il disoit avoiï„ veues en chemin, conformes aux idées & aux in 1 ',, p restions que les Moines lui en avoient données avant„ que de le mettre dans ce trou, & dont ils avoient„ rempli son cerveau creux, & affoibli par les longues„ veilles & par les jeunes excessifs qu’ils lui avoient,, fait souffrir auparavant, capables de démonter une,, cervelle mieux faite.
„ Pour empêcher à l’avenir ces fourberies & ces i®'„ postures, ces Seigneurs obligèrent les Moines à f e,, retirer de là, firent démolir leurs habitations , &■,, rompre cette cellule , qui a demeuré découverte„ depuis ce tems-là, & exposée à la vue de tout | e„ Monde, desorte qu’on n’a plus ouï parler dep® s„ du voyage du Purgatoire.
,, Pour donner réputation à ce fabuleux voyage dit„ Purgatoire, on avoit fait accroire au peuple idiot„ 8 c superstitieux, que Saint Patrice, par lequel„ Irlandois furent convertis au Christianisme 400. anî„ ou environ après la naissance de notre Seigneur J e '„ fus-Christ, l’avoit établi & obtenu de Dieu p 3s„ ses prières, pour convaincre ceux qui ne croyoient,, pas l’immortalité de l’ame, & les peines ordonnés,, pour là punition des méchants après la mort. C’ e *\.„ pourquoi on lui donna le nom de Purgatoire de„ Saint Patrice : mais il est très certain que l’on,, avoit aucune connoistance en Irlande du vivant de„ ce ce Saint Personnage, & que l’on n’en a parlést u . e,, bien long-tems après, & la vérité est que c’ét® c„ une invention des siécles suivants autorisée par 1 1 "„ gnorance du tems, qui íavorisoit beaucoup les aû'„ teurs de ces impostures, qui introduisirent par,, la Superstition, & qui fe servirent finement de„ dévotion du peuple, pour satisfaire leur infâme ^,, sordide avarice. .
RESOLUTION
DES
DOCTEURS
DE LA
FACULTE DE PARIS.
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Touchant les pratiques impies , sacrileg ^^JuperJìitieiif ?s , qui se font dans lestiers de Cordonniers , Tailleurs dìh^ S \Chapeliers & Selliers , pour passer Co^M'gnons , & qu"ils appellent du devoir , * *puis peu reconnues & advouêes par fsieurs dédits Métiers.
L Es compagnons Chapeliers fe passent comp a » n °en la forme suivante. . ^
Ils choisissent un logis dans lequel font deux c 1 ^bres commodes, pour aller de l’une dans l’autre-l’une des deux ils dressent une table, fur laque! ^mettent une Croix, & tout ce qui sert à représ £ ^ t£l £ílf ,instrumens qui ont servi à la Passion de NotreUs mettent aussi sous la cheminée de cette cha ,,une chaire, pour fe représenter les Fonts de
terne. , , ■ tr co&? r
Ce qui étant préparé, celui qui doit paster c