PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.
§non, après avoir pris pour Parrein & Mareine deuxla compagnie j qu’il a éleus pour ce sujet, jureUr le Livre des Evangiles qui est ouvert fur la table,par la part qu’il prétend au Paradis, qu’il ne reveleraP as même dans la Confession, ce qu’il fera ou verraaire , ni un certain mot duquel ils fe fervent, com-^ d'un mot du guet, pour reconnoître s’ils fontCompagnons ou non ; & ensuite il est reçû avec plu-Eurs cérémonies contre la Passion de Notre Seigneur* le Sacrement de Baptême, qu'ils contre-font ento utes fes saintes cérémonies.
Les compagnons Tailleurs fe passent compagnons enCette autre forme.
,Us choisissent aussi un logis dans lequel font deuxCambres l’une contre l’autre ; en l’une des deux ilspfeparent une table, une nappe à l’envers, une fallie-íe \ un pain, une tasse à trois pieds à demi pleine,î/ois grands blancs de Roi, & trois éguilles. Celactant préparé, celui qui doit passer compagnon jureUr le Livre des Evangiles qui est ouvert fur la table,^ il ne revelera pas même dans la Confession ce qu’ile Ça ou verra faire. Après ce serment, il prend un Par-eitl » & ensuite on lui apprend l’histoire des troisPaniers compagnons, laquelle est pleine d’impureté,ç a laquelle fe rapporte la signification de ce qui estc ette chambre & fur la table. Le mystère de lacs-fainte Trinité y est aussi plusieurs fois profané.^Les compagnons Selliers fe passent en cette autre
k à choisissent un logis dans lequel font deux cham-/ Es j en l’une defquelles après que celui qui doittf e reçû compagnon a fait le même serment que lesPtecédens, de ne reveler pas même dans la Confession^qn'il fera ou verra faire; ils préparent tout ce qui^ neceííaire a celebrer la íainte Messe, & en contre-nt toutes les actions, avec plusieurs cérémonies &croies hérétiques & impies. II est aussi à observerB ' ! es Catholiques font reçus indifféremment par lescretiques, & les Hérétiques par les Catholiques.tlrç^ es corn P a b nona § es font suivis de pftisieurs desor-
ïuV àsieurs de ces compagnons manquent souventH e cernent qu’ils font de garder fidélité aux Maîtres,travaillant selon le besoin qu’ils en ont, & les rui-a t souvent par leurs pratiques.y Us injurient & persécutent cruellement les pau-garçons du métier, qui ne font pas de leur ca-
rJ* Us s’entretiennent en plusieurs débauches, impu-fj"*’ ivrongneries, &c. & fe ruinent, eux, leurso^.?cs & leurs enfans, par les dépenses excessivest res s nt en ce compagnonage en diverses rencon-Otit ’ ^ arce stti'ils aiment mieux dépenser le peu qu’ilsa vec leurs compagnons , que dans leur famille,bi* profanent les jours consacrez au service ded’t?? parce que quelques-uns, comme les Tailleurss* assemblent entre eux tous les Dimanches,de p . te vont au cabaret où ils passent la plus gran-Q 3r tie de la journée en débauches,leu,./ P arce que ces compagnons susdits croyent quequ> il s Pi-atiq ues font bonnes & saintes, & le sermentÈe Urs : 0nt de ne les reveler juste & obligatoire ; Mes-Co ns . Cs Docteurs font suppliez pour le bien de la<Jiii t) ence des compagnons de ces métiers, & autresHer u° Uri '°>ent être en semblables pratiques, de don-L o S aV ^ S à' ce qui fuit, & le signer.gtì 0 ^ s Vl péché ils commettent fe recevant compa-r. ç- n , ces façons susdites?
dap s j 1 I e ferment qu’ils font de ne les reveler, mêmeEssion, est bon & légitimé?
6s all er I j S , ne Ibnt pas même obligez en conscience, deCoinm déclarer à ceux qui y peuvent porter remede,4, ^, a . ux Juges Ecclésiastiques & Séculiersle f,:.. 1 s fe Peuveni- soi-vír de ce mot du su
i fâi F g ils 1e peuvent servir de ce mot du guet pour5. j>j reconn oître compagnons ?
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>£<3* stui sont en"ces compagnonages font en
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seureté de conscience, & ce qu’ils doivent faire?
6- Si les garçons qui ne font point encore enga-gez en ce compagnonage s’y peuvent mettre fanspéché ?
J\JOus foufsignez, soldeurs en la sacrée Faculté de Théo-logie d Paris , ejlimons.
1. Qu’en ces pratiques il y a péché de facrilege, d’im-pureté Q de blasphème contre les mystères de notre Reli -g ion.
2. Que le ferment qu'ils font de ne pas reveler cespratiques, même dans la ConfeJJìon, nef ni juste ni légi-timé , & ne les oblige en aucune façon ; au contraire ,qu ils font obligez, de s'accus r eux-mêmes de ces péchez,gf de ce frment dans la Confefìon.
3. jíu cas que le mal continue, & qu'ils n y puissentautrement remédier, ils font obligez, en confìience de dé-clarer ces pratiques aux Juges Ecclésiastiques, & mêmefi befìin est , aux .Séculiers , qui y peuvent donner re-mède.
4. Oue les compagnons qui f font recevoir en tellesformes que dejfus, ne peuvent fans péché mortel fe servirdu mot du guet qu'ils ont pour fe faire reconnoître com-pagnons, & s'engager aux mauvais s pratiques de ce com-pagnonage.
5. Que ceux qui font dans ces compagnonages ne fontpas en seureté de conscience, tandis qu'ils font en volontéde continuer ces mauvaises pratiques aufquelles ils doiventrenoncer.
6. Oue les garçons qui ne font pas en ces compagnona-ges ne pouvent pas s'y mettre fans péché mortel.
Délibéré à Paris le 14. jour de Mars 16;;. Signé»J. Charton. Morel. N. Cornet. J. Coque-rel. M. Grandin. Grenet. C. Gobinet. J.Perou. Chamillard. M. Chamillard.
OBSERVATION
S U R L A
RESOLUTION CI-DESSUS.
L Es impietez effroyables qui se pratiquent dans lesmétiers de Cordonniers, Chapeliers, Tailleursd’habits, & Selliers au passage des Compagnons qu’ilsappellent du devoir, ayant été depuis peu découver-tes par une providence toute particulière; Quelquespersonnes zélées pour anéantir ces damnables pratiques,& poussées de l’interêt de la gloire de Dieu & du ía-lut du prochain, après avoir fait assembler les Doc-teurs & pris fur ce sujet leurs avis, ont crû ne pou-voir différer davantage, fans un danger évident de la,perte de plusieurs âmes engagées dans ces désordres, àdonner au public la connoissance d’une chose si im-portante au salut, afin que les Confesseurs, les Pas-teurs, les Maîtres, & tous ceux qui y ont intérêt ypuissent prendre garde.
A peine pourroit-on croire que notre Siécle, toutCorrompu qu’il est, eût pû produire des monstres decette nature, & si la chose n’avoit été déja vûe, exa-minée & condamnée par la Justice, on ne pourroit sepersuader que cela pût monter seulement dans l’espricdes Chrétiens. L’esprit malin qui ne sait jamais mieuxses affaires que dans les ténèbres & dans l’obscurité ,& qui sait bien que publier ses pratiques, c’est le dé-crier, les a tenues cachées le plus long-tems qu’il apû: Mais enfin Dieu toujours riche en miséricorde,Sc qui ne veut pas que l’homme périsse, a voulu queces fourberies fussent découvertes.
Dès le 2i. Septembre de Tannée 164;. MM. lesDoóteurs en la Faculté de Théologie à Paris , con-sultez sur ce qui se passoit dans la réception descompagnons Cordonniers, lesquels pratíquoient prés-
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