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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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que les mêmes choses que les autres compagnons men-tionnez ci-deísus, au regard du lieu, des parrein &mareine, & de la profanation du iaint Baptême; &touchant le serment q u'ils saifoient fur leur foi, leurpart de Paradis, leur Crème & leur Baptême, de nereveler à qui que ce fut ce quils saifoient ou voyoientfaire; Répondirent, i. Que ce serment étoit pleindirreverence contre la Religion, & nobligeoit en au-cune façon ceux qui lavoient fait à le garder, r. Quelesdits compagnons nétoient pas en feureté de con-science , sils étoient dans le dessein de continuer cesmauvaifer pratiques aufquelles ils dévoient renoncer,z. Que les garçons qui nétoient pas en ce compagno-nage ne pouvoient pas sy mettre fans péché après enêtre avertis.

Telles pratiques ayant été dévolues au for extérieur,furent ensuite condamnées à légard des Cordonniers,par Sentence de M. lOfficial de Paris, le ro. Mai1648. & par une autre Sentence du Bailly du Tem-ple le u. Septembre 1651. 8 c en la même année dé-fendues fur peine dexcnmmunication par MonseigneurP Archevêque de Tholoze, informé quil sut par la-veu même desdits prétendus compagnons, des prati-ques & cérémonies impies de leur serment, & par ladéclaration quils en firent par écrit ler;. Mars 16; i.à laquelle souscrivirent tous les Maîtres Cordonnierspar acte dassemblée du Mai 1651. avec promesse dcnufer plus jamais à lavenir de cérémonies semblablescomme étant très-impies, pleines de facrileges, inju-rieuses à Dieu, contraires anx bonnes moeurs, scanda-leuses à la Religion, & contre la Justice.

Environ le même tems, simprima une feuille danslaquelle on fit voir plusieurs abominables cérémoniescontre le saint Sacrifice de la Messe, pratiquées parplusieurs des Selliers, lors q uun garçon se sait rece-voir compagnon, comme il a déja été remarqué ci-dessus en la déclaration de Messieurs les Docteurs.

Ce qui fut découvert en ces deux métiers a servià quelques compagnons, lesquels ont reconnu que ceserment quils saifoient, de ne se découvrir, nétoitquun artifice de ce démon muet de lEvangile, quiferme la bouche â ceux quil possede : & ils ont décla- plusieurs impietez qui se passoient dans quelques au-tres métiers, comme dans la réception des compagnonsChapeliers & Tailleurs dhabits.

Les sermens abominables, les superstitions impies &les profanations facrileges qui sy font de nos mystè-res font si horribles, quon a été contraint dans lex-posé de cette résolution de nen mettre que la moin-dre partie. Mais la qualité de ce mal est assez connuepar les noms dont les docteurs le qualifient, quand ilsappellent ces pratiques superstitieuses, facrileges, plei-nes dimpureté, & de blasphèmes contre les mystèresde notre Religion.

En effet, quel plus enorme sacrilege, que de sejouer des mystères de la Religion, que de contrefaireles cérémonies du Baptême, que dabuser des parolessacrées? D peut venir cette imitation malheureuseque de celui qui a toujours été le Singe de Dieu ?Pourquoi fermer les fenêtres & la porte de la cham-bre ils font leurs cérémonies, sinon pour faire voirque cest un ouvrage du Prince des ténèbres? Pour-quoi jurer de ne le dire point si la chose est bonne desoiPourquoi ne le dire même à son Confesseur quia la bouche fermée, & qui endureroit plutôt la mortque de reveler ce quil entend au tribunal de la Con-fession? Certes ils font bien connoître par- quil y adu mal dans leurs pratiques, puis quils aprehen-dent tant dêtre surpris, apperçus ou reconnus mêmede leurs plus familiers, & quils font promettre avecdes juremens si folemnels de ne jamais les reveler à quique ce soit. Nest-ce point assez que les cabaretsse retirent ces impies pour faire leurs superstitions,comme dans les temples du démon, ils sacrifient àlidole dc leur ventre, se réduisent à la condition desbêtes par leurs ivrogneries & leurs crapules, interef-

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sent leur santé par les excès, & appauvristerlt leur fa-mille par des dépenses excessives.

Faut-il quil y ait encore des écoles publiques dim-pudicité, comme semblent en faire profession ouver-te les compagnons Tailleurs? Mais faut-il que J. C'mort une fois pour nos péchez, soit de nouveau cru-cifié par les mains facrileges, & par les actions exécra-bles de ces mal-heureux , qui représentent derecheffa Passion au milieu des pots & des pintes ? Pourroit'on se persuader que i parmi des Chrétiens, qui de-vraient sestimertrès-indignes de toucher aux choses des-tinées au culte de Dieu, on voulût se servir dornemenssaints & sacrez, de pain, de vin, &c. pour contre-faire par dérision ce qui se sait au plus saint & au pl uSrédoutable de nos mystères ? Encore si cétoient des ido-lâtres qui nayant aucune connoissance de notre Religiontourneraient en risée ce quil y a de plus sacré paru"nous. Mais que des Chrétiens régénérez en J. C. P arle Sacrement de Baptême, rachetez par le prix de i° nsang adorable, & instruits dans les mystères de nôtffsainte Foi se servent des choses les plus saintes denotre Religion, pour exécuter leurs maudites prati-ques, & qui pis est, que cela fe fasse en présence &en la compagnie des hérétiques ? Quel scandale ! cebne mériterait pas moins que le feu temporel, en at-tendant le feu éternel quils peuvent éviter tandbquils persisteront en cet état mal-heureux.

Cen est trop pour la condamnation de cette impie", & il nen faut pas davantage pour en donner d filhorreur à qui a (je ne dis pas tant soit peu de senti-ment de son salut ) maïs une étincelle de raison. Catje vous prie, quel avantage peuvent-ils remporter d 1 "ci ? est-ce de fe rendre plus fideles aux maîtres, & pl uScharitables envers les compagnons comme ils préten-dent ? tant sen faut, puis quils ruinent & dépoui*'lent bien souvent ceux-ci, & ne travaillent pas &° nle besoin & la volonté de ceux-. Est-ce den tis^plus de profit? tout fe passe en débauches. Est' cepour voyager plus commodément ? Et qui ne fait <í aSplusieurs compagnons des autres métiers font voyagé.?fans pourtant fe servir de ces superstitions ? Ce n Ê jdonc pour aucuns de ces avantages ; quoi quib eprétendent ainsi, mais seulement pour continuer df*leur libertinage. Plaise à Dieu de les vouloir éclatsdans leur aveuglement & que la résolution des D° c 'teurs serve à les faire rentrer en eux-mêmes par lanoissance quils auront du mal quils commettent, yquel ils nont peut-être pas pleinement connu jufqici, & que ce tems sacré de la Passion, si favorable àt^les pauvres pécheurs, leur serve dun puissant fl 1011pour les exciter à la pénitence & au regret de l ellspéchez : afin que renonçant absolument à leurs tf aU 'dites pratiques, ils puissent fléchir la divine raisscorde à oublier toutes leurs superstitions & impià^& que si par malheur cela nétoit suffisant pour l eS . .retirer (ce quà Dieu ne plaise) la Justice fécd ie -vueille employer son bras pour exterminer ces ssf. $ques si injurieuses à la Religion, & si préjudic 13 * 7à la République.

RELATION *

*De ce qui s*est pajsé en 1668 . un sujetReliques envoyées de Rome pourtal de la Salpetriere à Paris-

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P Ersonne nignore que les faux dévots ne f° nl j eScun scrupule dêtre trompez, ou de tromp^jautres en fait des Reliques des Saints. Jen rap° r ^

* On la trouve page 204.. dun Livre intitulé, Décret*

P. h Pape Innocent XI. portantfupprejjìon dun Office de letìon immaculée de la trh-sainte Vierge, &c. 1679. w l2