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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE DES

de FIntimé, sar laquelle il fut décrété contre les Ap-pellans le deux Août en suivant 1688.

Le cinquième chef est que les dits Hocques &leur sœur étant revenus au mois dOctobre au dit an1688. au dit Chevry chez le même Rude au pain leurcousin , il mourut le même jour à FIntimé un che-val sous poil noir , de valeur de quarante écus, parla même charge, sort & empoisonnement.

Le sixième est , quau mois dAoût dernier lInti- ayant pris à moitié un nouveau troupeau , le jeu-ne Hocque & fa Sœur , qui en eurent avis, vinrentle vingt trois Septembre en suivant au dit Chevrychez le dit Rude au pain , & que le lendemain deleur arrivée ils firent mourir de la même maniéré unebrebis & la nuit du Mardi au Mercredi en suivantdeux autres ; ce qui obligea FIntimé de fe défaireaussitôt de son troupeau , & le renvoyer au nomméBourdin , chez lequel cette mortalité cessa entiere-ment ; eníbrte que FIntimé a été obligé de renoncerà en avoir aucun.

Et le septième est , que FIntimé ayant fait arresterprisonniers les dits Hocques, en vertu du Decret deprise de corps décerné contre eux , le dit EtienneHocque trouva les moyens de rompre ses menottes& les fers quil avoit aux pieds , fe précipita par lesfenêtres du second étage dune tour dans laquelle ilétoir prisonnier , de hauteur de quarante cinq piedsdans les fossés du Château de Paci , par attentat à favie, & pour éviter le supplice quil fait avoir mérité.Il ne put toutefois parvenir à son dessein , à cause deleau qui étoit dans les fossez, il fut repris.

Tous ces nouveaux crimes joints aux impiétés sacri-lèges , profanations, maléfices, & autres, dont les ditsHocque ont été convaincus, & y ayant la nécessité dunepunition exemplaire pour en arrester le cours dansProvince de Brie , tous les laboureurs gémissentdepuis long-tems fous la tyrannie des dits Bergers,qui en ont ruiné un nombre infini : étant de notoriétépublique quils ont fait mourir depuis trois ans pourplus de cent mille écus de bestiaux, fans ce qui nestpas connu; & que le seul fermier des Chartreux nom- Joigny , en perdit il y a trois ans pour quinze mil-le livres dans leur ferme de Brie, pour raison de quoile dit fermier ayant fait faire le procès à deux Bergersqui Favoient servi, ib surent condamnés aux Galères;8 c ayant trouvé par artifice les moyens den sortircomme prétendus invalides , ils ne furent pas plutôtde retour au Païs lannée derniere , quils recommen-cèrent à faire mourir les bestiaux du dit Joigny, dontles Chartreux ayant porté leur plainte au Roi , il yeut un ordre expédié par Monsieur le Marquis deCroissy Secrétaire dEtat, au Prévôt des Maréchaux,de les prendre morts ou vifs, ce qui ne fe pût exécu-ter sétant absentés , & ne venant que par échappéechez dautres Bergers pour continuer leurs maléfices :à ces considérations dis-je, & la conviction des ditsHocque, les juges qui ont assisté à leur jugement, sontobligés à les condamner de faire amande honorable, à êtreensuite pendus & étranglés, & leurs corps exposés auxfourches patibulaires du dit Paci , préalablement ap-pliqués à la question ordinaire & extraordinaire, pouravoir révélation de leurs Complices, & les obliger dedéclarer en quel lieu font les charges dempoisonne-ment,en outre à trois cens livres de dommages & inté-rêts envers FIntimé & aux dépens.

De laquelle sentence FIntimé espère la confirmation,dautant plus que les premiers juges ont en cela suivi& se sont conformés à la -jurisprudence dun grandnombre dArrests, quelle a ci-devant rendus fur sem-blables maléfices & empoisonnemens de bestiaux,dont les anciens Registres de la Cour sont remplis.

Par un Arrest de 1 a Cour du dix Juin 1551. il pa-rent que Jeanne Maréchal fut condamnée â être pen-due & brulee, pour semblables délits & maléfices.

Par autre Arrest du 20. Mai 1585, -Simonne Re-gnault pour sorcellerie fut pendue & brûlée.

Par autre Arrest du sept Septembre 1585. Antoi-ne Carton pour sortilège sut pendu & brûlé.

Par autre Arrest du quatorze du dit mois , Fran-çois Gesseaume fut aussi pendue & brûlée pour me*me crime.

Par autre Arrest du quatorze Aout 1601. NicolasGuillaume fut condamné à faire amande honorable,& être pendu & brûlé.

Et par autre Arrest du 18. Août 1602. JeanneRolland fut condamnée au même supplice pour sem-blables maléfices fans compter les autres Arrests fi 11 'même matière dont les Registres de la dite CoUtfont remplis.

Outre lesquels FIntimé justifie , quen FanneS1684. le nommé Moreau, Berger de la Cour de Sen-tis appartenant à Monsieur le Président de la Barroi-re , ayant été accusé de semblables maléfices & Em-poisonnemens de Bestiaux, & son procès lui ayant etefait par Messieurs les Commissaires à ce Députés, il í utpar leur jugement du.... condamné â faire amande ho-norable, à être pendu & brûlé, & le jugement fut exécute»

Ce qui fait voir que le juge de Paci avoit par &premiere sentence contre le dit Hocque Père , renduun jugement trop doux , puisqu'il étoit convaincude crimes plus énormes que tous ceux qui ont p artíjusques ici.

Monjleur Hervé Rapporteur.

(C)

F A C T U M

Pour le Procureur Fiscal de la Châtellestsode Paci en Brie Intimé & de sonChef appellant.

ContrePierre Brtaule & Medard LavâUtí*Bergers de la Province de Brie , prifi^nier s en la Conciergerie du Palais , Aspellans de la sentence contre eux reftd^par le Bailli du dit Paci le %6. OttoW1691.

P Ar la sentence dont est Appel les dits Briaub ^Lavaux , convaincus dimpiétés , sacrilég^ 5profanations & maléfices, & par le moyen diceux d 3voir fait mourir de dessein; prémédité deux che^j*& quarante six moutons appartenans au Seigneur dUdit Paci ont été condamnés à faire amande honos 2 ^ce fait, à être pendus & étranglés dans; la principale ?rce du dit Paci, & leurs corps jettes au feu, préal^ment appliqués à la question.

LIntimé ose dire que cette condamnation est tr *douce , pour T énormité & la conséquence de ce S c ^mes , qui sont devenus si communs dans toíltS sg,Brie, quil ny a pas une Province plus malheurs ^Elle attend en cette occasion un effet éclatant d?justice de la Cour , pour la délivrer une bonne _de lefclavage elle est , sous 1a tyrannie d'upe ^balle de Bergers , qui y ont depuis peu dannées ^mourir pour plus de cent mille écus de bestiaux, ca ^pâr' ce moyen la ruine actuelle dun grand nombs c v ^fermiers, & posté leur cruauté jusques ,à attentesvie des hommes , quils réduisent à un étatfaut, dont ils ne peuvent guérir.

Le Seigneur de Paci a ressenti les plus cruels e , xde leurs maléfices : il avoit ci-devant pour ss £ce , ue ,Eustache Visiter , dont le Berger nomméquil avoit chassé pour ses friponeries, lui à fox ^rir pendant trois ans pour plus de 8000. livres f e C a-vaux, vaches & moutons; le principal revenute terre consistant en pâturages.