PRATIQUES SU
Eors du procès ci-devant jugé contre le dit Hoc-st Ue ( a ) y l'on avoit cru d’abord qu’il ne s’étoit servit l Ue de gogues & autres voyes naturelles pour FaireCourir les bestiaux ; & c’est pour cela qu’il fut feule-^nt condamné aux Galères , par sentence confirméepar arrest. Mais ce qui s’est passé dans la fuite a bienconnoître le contraire ; parce que l’on a veu, quedepuis fa condamnation la mortalité ne cessoit pointIdr les bestiaux du dit Visier, dont la cause s’est dé-couverte par des voyes surprenantes , & comme pardk effet de la justice de Dieu.
Hocque étant à la chaîne avoit pour camarade un® u tre forçât, attaché proche de lui, nommé Béatrix,homme d’efprit , avec lequel il bûvoit ordinaire-ment. Béatrix le faisant raisonner sur les moyens donts’étoit servi pour faire mourir un si grand nombre^ bestiaux, tira de lui dans le vin un aveu ingénu deto Utle mystère, qui est, qu’il fe fervoit d’une char-8e d’empoifonnement, appellée entre eux , les neufCo »juremens, laquelle fubíistoit toujours. Il lui dit quefétoit une chose en usage parmi tous les Bergers deî'e; lui expliqua même de quelle maniéré cettecharge étoit composée. Béatrix croyant que c’étoitdpè occasion de faire un service considérable au ditle ur d e p ac i 3 & q U ’il en pourroit tirer quelque re-J 0r npense , en avertit le Commandant de la Tournel-& ayant encore fait boire le dit Hocque, lui con-e Ula de faire lever cette charge, qui causoit un mal,jjpot il ne pouvoit tirer aucun profit; ce que celui-ci luidit ne pouvoir faire en l’état ou il étoit : mais qu’il voitdn amis nommé Bras de fer , demeurant proche dehtns en Bourgogne, qui en favoit les moyens, & an-nuel , à la persuasion de Béatrix , il écrivit une Let-ste , qu’il adressa à Nicolas Hocque son fils , lui^andant de se transporter chez Bras de fer, & lui dé-fendant de lui dire que ce fut lui qui avoit fait cetteeharge , ni 1* état où il étoit. Cette Lettre étantP a rtie, & les fumées du vin passées, Hocque fit ré-gion fur ce qu’il avoit fait, & commença à sc tour-h^nter , fit des hurlemens, & se plaignit d’une ma-hiere étrange, disant que Béatrix l’avoit surpris, qu’ilv^oie cause de fa mort , & qu’il falloit qu’il mourut1 instant que Bras de fer leveroit la charge à Paci,se jetta fur Béatrix qu’il vouloir étrangler, & excitahscme les autres forçâts contre lui par 1a pitié qu’ilsNoient du désespoir de Hocque , enforte qu’il fallut%e le Commandant de la Tournelle vint avec ses8 a rdes les armes à la main pour appaiser ce défor-re , & qu’il tirât le dit Béatrix de leurs mains.
^ En effet Bras de fer à son.arrivée à Paci étant entréatlS les écuries , & par des figures & des impiétésArables ayant trouvé effectivement la charge d’em-nonnement , qui étoit fur les chevaux & fur les
kìe^ tems à premier procès , comme les juges objec-lç s nt > que la mort de ces bestiaux procedoit de causes naturel-<Juè cela se faisoit peut-être en arrosant les herbes de quel-c e ] a ? ot ion, poison & choses semblables, on leur répondoit queVb etant ’ il faudroit que les autres Bestiaux qui paîtroientla mêmeìtiotj ’ ou qui féroient usage des mêmes choses qui causent laeft CQ a «ux-ci, mourussent pareillement. Cependant l’effet yce ux ? tra î re > ayant mis des bestiaux appartenant à d’autres avec»iag e “dit Visier, qui pourtant n’ont reçu aucun mal ni dom-^ tant m ' mcs Estables , pâtures, 8c autres choses commu-IH 0 A aux uns qu’aux autres. ^
íer p Q * leur le Févre à raconté à Mr. . . que les bestiaux de Vi-quatre° receve ur périssant ainsi ; 8c voyant son troupeau dedrç à c^nt bestes réduit à cent soixante, il lui dit , de les ven-tila n a utre fermier; ce qu’il fit. Néanmoins la mortalité ne£ as > 8c il en mouroit toujours de même, quoique le trou-te de v r 62 cet autre setmier. Pendant ce teros-là le beau pé-Jte , g*“er f ut vo j r f on gendre , de qui ayant appris ce déias-"etgçj Etant retourné chez, soi ; comme il se plaignait à soní e la ve^ 6 , CeIa alloit ruiner son gendre ; ce Berger lui dit, qued ^° r t a?' 1 - ce q ue ces bestes n’avoient pas été payées , & que]' Phx sert effet , tant que Visier ne seroit pas remboursév ’ qu’il a vente < étant toujours censées lui appartenir jusquesput, » s , e . n gageassent ce fermier acheteur à leur en livrer l’ar-iv 1* la rn Promissent plutôt de le dédommager 8c le satisfai-le n Uionr ° rtalilé continuoit 8c qu’il en souffrit ; 8c qu’alors ildit Beroî. 0111 plus - Bs suivirent cc conseil, Se il arriva ce que
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PERSTITIEUSËS. t,
vaches , 1a jetta au feu en présence du dit Visier &de ses domestiques ; mais à l’instant il témoigna y a-voir grand regret, parce que l’Efprit lui avoit révélé,que c’étoit Hocque qui avoit fait la dite charge (b) ,& qu’il étoit mort à six lieues du dit Paci dans letems qu’il l’avoit levée, fans savoir qu’il fut à Paris,ni en prison. Cela se trouva véritable , tant pafrinformation faite paf le Commissaire le Marié , auChâteau de la Tournelle , que celle faite par le jugede Paci fur les lieux, qu’au même jour & à la mêmeheure que Bras de fer avoit commencé â lever la ditçcharge, Hocque, qui étoit un homme des plus forts& des plus robustes , étoit mort en un instant dansdes convulsions étranges, & se tourmentant comme unpossédé , fans avoir voulu entendre parler de Dieu,ni de confession : ce qui fait voir sensiblement qu’ily a quelque chose de surnaturel dans les maléfices deces Bergers.
Si la Cour désire s’éclaircir de ce fait concernantl'étrange mort de Hocque, elle en trouvera la preuvedans son Greffe, avec le procès qui a été depuis faittant au dit Bras de fer , qu’aux Enfans du dit Hoc-que , & aux nommés petit Pierre & Jardin Bergerstrouvés complices.
Ce qui donna lieu à ce second procès, àst que Isdit Bras de fer , après avoir levé la charge qui étoitfur les chevaux & fur les vaches du dit Visier, s'étantmis en devoir de lever celle qui étoit fur les moutons,& ayant connu qu’elle avoit été faite par les Enfansdu dit Hocque refusa de la lever , en disant qu’ilne les voulbit pas faire mourir.
En effet ayant été décrétés & arrestés , ils furentconvaincus d’avpir fait la dite charge : & lorsque ledit Jardin & petit Pierre, chargés par leurs interroga-toires , furent aussi arrestés , on les trouva saisis decaractères & mémoires manuscrits pour faire & com-poser des charges d’empoisonnernent , & Jardin futencore trouvé saisi d’un livre manuscrit contenant plu-sieurs moyens de faire mourir les dits bestiaux, d’atten-ter à la vie des hommes, & à l’honneur des femmes,plusieurs oraisons à l’Esprit, Tinvocation de plusieursDémons, & un grand nombre d’autres impiétés. Celivre est au Greffe de la Cour. Par les interroga-toires des abusés, ils reconnurent avoit fait gr composéCette charge d’empoisonnement fur les Moutons , appelléeentre eux , le beau Ciel'Dieu avec des hofiies , des excre-mtns d’animaux; d! avoir écrit avec du sang des mêmes ani-maux , mêlé d’eau bénite , les paroles & profanationsmentionnées au procès. Et comme Bras de fer se trou-va le maître de cette abominable Caballe, il intervintsentence contre eux tous le r?. Janvier r<588. par la-quelle les dits Bras de fer , Jardin , & le petit Pierrefurent condamnés à être pendus & brûlés , les deuxfils & la fille de Hocque condamnés au bannissementperpétuel. Cependant fur l’Appel , cette sentencesut infirmée par Arrest de 1a Cour du ir. Mars ensuivant, par lequel les dits (c) Bras de fer, J ardin &
pe-
(l) Paci est situe' près de Brie Comte Robert , à six lieues sicParis.
(c) Voici la fin de ce Bras de fer, telle que Monsieur le F. . .l’a contée , êc qu’il avoit soe par le mpyen du nommé Béa-trix , Sergeant au Châtelet. Ce Béatrix avoit été transpor-té aux Iíles avec d’autres Galériens : ou ayant guéri dp la fièvreun Patron qu’il íèrvoit, par le moyen d’une herbe qu’il connois.soit, il demanda 8c obtint pour récompense » d’ètre chargé serson vaisseau quand il seroit voile en France comme un de íesgens, dans l’esperance de faire confirmer ici son retour par amis.Ensuite il vint trouver Mr. ie F. . . 8c lui rapporta; que Bras défer a voit fini de la façon que je vais dire. Un ordre duRoi portoitque tous les Galériens qui ne ppurroient servir fur les Galère?stant invalides, ferment portés dans les Isies. On en avoit em-barqué environ cent ou quatre-vingt, entre lesquels étoient Béa-trix , le dit Bras de fer 8c Jardin , qu petit Pierre. (Mr. le F.qui nommait Jardin , ne l’a pu assurer positivement , ne s’cnsouvenant pas bien. Parlcçttç Requeste , c i jointe (cottée E)laquelle fut présentée au nom des habitans de tout le pays . &qui étoit signee de plus de deux cens personnes d u lieu » dontl’effet fut un ordre de rendre justice; par cette Requeste, dis-je,il semble que ce doive être petit Pierre.) Or entre ces deux for-