PRATIQ.U.ES SUPERSTITIEUSES.
quatre mille livres de Bestiaux. Le Suppliant s’é-tant plaint au juge dudit Paci , il auroit été informédesdits faits contre le dit Hocque Pere , qui auroit
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® te condamné aux Galères, & la sentence confirmée
saisoit auparavant ; le dit Visier supplie très-hurnbíe-ment Votre Majesté, Sire, de défendre aux Officiersde les laisser en liberté’; attendu que pour fe vangerdu suppliant, s’ils avoient la liberté , ils le fésoient
P ar Arrest du 4. Octobre dernier, depuis laquelle con- mourir & fa femme par les empoifonnemens & malé-uainnafinn ri if. Píu-omp i,mnó pMnr à la c baî- fi ces dont ils font convaincus. Cette faveur , Sire,
engagera le suppliant & sa pauvre famille ruinée à prier
a ®nation le dit Hocque auroit avoué étant à la chaî-ne que le sort desdits Bestiaux de Paci étoit pour
£ ln q ans ; & qu'il n’y avoit que le nommé Bras de* er qui pourroit le lever. Bras de fer étant allé au ditj a ci pour travailler à lever le dit fort, les nommésJardin & Petit-Pierre, autres Bergers complices duditsocque, s’étant indignés de ce que Bras de fer ve-n °‘t de 25. lieues loin lever le dit fort, dont ils pré-tendoient tirer une grande somme d’argent, ils auroient,
Dieu toute leur vie pour ía conservation Le prospéritéde Votre Majesté.
FAIT MEMORABLE
kour empêcher que le dit Bras de fer ne levât le sort raporté par J. Badin Jurisconsulte , dans là> fur les brebis & moutons, comme il avoit levé ce- ‘Préface de son Traité contre les Sorciers.
111 des chevaux & vaches, redoublé le dit fort , &
soient cause une nouvelle mortalité defdites betes a F f, me fuis avisé de faire ce traité. ... en partie
J pour répondre à ceux qui par livres imprimés s’ef-
aitle , dont s’étant fâchés les uns eontre les autres, ilssoient ainsi découvert une partie de leurs maléfices** e ®poifonnemens : Ce qui auroit donné lieu à unen °Uvelle information, & à un nouveau procès , quiJ^oit été j ugé par une autre sentence dudit Baillis dedu 2j. Janvier dernier, par laquelle les dits Jar-ln > Bras de fer, Petit-Pierre & Nicolas Hocque ,? Ur oient été condamnés d’être pendus & brûlés & le^Une Hocque aux Galères perpétuelles, & ladite fillea Œster à l’exécution: de laquelle sentence les ditsBer-ps en ont interjetté appel, & par Arrest dudit Par-^®ent ladite sentence a été infirmée , les dits Jardin,■pas de fer, 8c Petit-Pierre condamnés aux Galères,^ les deux Hocques & leur Sœur au bannissement.
Et d’autant qu’il est de notoriété publique que lesBergers de la Province de Brie ont ruiné presque tous‘es fermiers en leur faisant mourir leurs Bestiaux , ena yant fait mourir pour plus de trois cens mille livresppuis deux ans & qu’il y a tel fermier qui en a perduPpur plus de quinze mille livres. Pour raison de quoiJ®, les dits fermiers ront présenté leur placet à Votreyisjesté , pour la supplier très-humblement , atten-jp qu’ils n’oferoient pas même entreprendre de leur^ a “e faire le procès , tant par la crainte qu’ils ontattirer la haine des dits Bergers , que par la diffi-
forcent de sauver les sorciers par tous moyens, enfor-te qu’il semble que Satan les ait inspirés & attirés à facordelle pour publier ces beaux livres , comme étoitun Pierre d’Apone, Médecin, qui s’efforçoit. à faireentendre qu’il n’y a point d’Esprits ; 8c néanmoins ilfut depuis avéré qu’il étoit des plus grands sorciersd’Italie. Et afin qu’il ne semble étrange ce que j’aidit, que Satan a des hommes'attitrés pour écrire, pu-blier , & faire entendre qu’il n’est rien de ce qu’ondit des sorciers , je mettrai un exemple mémorable,que Pierre Mamor , en un petit livre des Lami.es , aremarqué, d’un'nommé M. Guillaume de Line, quifut accusé & condamné comme sorcier , le douzièmeDecembre 1553. lequel enfin se repentit, 8c confessaavoir plusieurs fois été transporté avec les autres’ sor-ciers la nuit pour adorer le Diable qui se montroitquelquefois en forme d’homme ., & quelquefois enforme de Bouc , renonçant à toute religion , 8c futtrouvé saisi d’une obligation- qu’il avoit avec Satan,portant promesses réciproques , A entre autres étoitobligé par Satan à prêcher publiquement que tout cequ’on difoit des sorciers n’étòit qúe fable & chose im-possible , 8c qu’il n’en falloit rien croire : & par ce
riili-' -d , h ui " L ai moyen , que les sorciers avoiént multiplié & pris
osn G Jo,,. aU i r01 . en,: à trouver aucune^ personne qui grand accroissement par lui ayant les juges laiíïe la
poursuite qu’ils faisoient contre les sorciers. Ce qui
at deposer contre eux , tant ils se sont rendus re-ntables au dit pays ; & pour donner aux dits ser-j^ers un prétexte de s’en de faire , ils ont présentéPlacet à Votre Majesté Sire , pour vous supplier^-humblement de leur défendre de fe servir d’hom-s au delà de vingt ans pour la garde de leurs trou-y Ux » & de commettre telle personne qu’il plaira ìMijdtó P our informer fur les lieux des ditsPro ' CS & empoifonnemens , faire & parfaire leurh p es aux coupables, à l’exemple du feu Roi HenriÌ6 ran< ^ ayeul de Votre Majesté , qui nomma enLes Sieurs Defpagnet , Président au ParlementUjg “yenne , & le Sieur de Lancre , Conseiller auParlement , pour faire & parfaire le procès auxde n .* es de pareils crimes que ceux que les BergersVi n rie commettent tous les jours dans la dite Pro-ç e s dont ils en firent mourir plus de six cens.de e § race , Sire, que les fermiers de Brie espèrentq ll >ij 0tre justice , les garantira d’une ruine totale,a ttç n j ne Peuvent éviter fans un promt secours, qu’ilsWant nt c ' e ^otre Majesté ; 8c à l’égard du sup-Pon r ’. att endu que les dits Bras de fer 8c petit-PierrePeìn e r °i etlt lbus prétexte d’invalidité fe garantir de laVe n i r des Galères à laquelle ils font condamnés, 8c re-P a ^b êc continuer leurs maléfices ainsi que lel Dì er ^ * • • . . Berger, que le nommé Joigny, fer-
J
montre bien que Satan a des loyaux sujets, même en-tre les grands.
Le même au même Traité pag. 40 f.
Ai dit ci-devant , que Satan a des sorciers de tou-tes qualités. Il a eu autres fois plusieurs grandspersonnages Ecclésiastiques , comme écrit le CardinalBenon , Naucler, & Platine. II a des Rois, des Prin-ces , des Prêtres , des Prêcheurs en plusieurs lieux,des Juges, des Médecins. Bref il en a de tous mé-tiers. Mais il n’a point de meilleurs sujets à son gréque ceux qui font les autres sorciers , & qui les atti-rent par dits, ou par écrits en fes filets, ou qui| em-pêchent la punition des sorciers. J’ai remarqué ci-devant que Guillaume de Line, Docteur en Théolo-gie , grand Prédicateur, fut condamné comme sorcierà Poitiers l’an 1553. le I2 - Decembre, convaincu partémoin , & par fa confession propre , qui fe trouveencore és registres de Poitiers , comme j’ai sû de Sal-vert, Président de Poitiers ; que par obligation réci-proque , qu’il avoit avec Satan , de laquelle il futtrouvé saisi, il avoit promis , en renonçant à Dieu &sacrifiant au Diable, de prêcher, comme il fit, q Ue
tout ce qu’on difoit des sorciers n’étoit que fable , 8cque c’étoit cruellement fait de les condamner à mort :& par ce moyen, dit-il, la punition des sorciers cessa,
Une terre près de Melun , qui appartient aux
luì av ? Ux _, avoit fait condamner aux Galères pour . . . _ ,
hq lle i° lr frit mourir pour quinze cens livres de bestiaux; & le régné de Satan fut établi , croissant le nombret°u rn / ’ * • Berger s’est fait déclarer invalide , & essre- infini des sorciers. Tous les compagnons de ce Prè-de au dit lieu, où!pour fe vanger il a recommencé cheurs ne font pas morts.e mourir les bestiaux du dit Joigny , comme il
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