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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SU

En parlant d’abord de cet état de posseffion où cet-te sainte Ame avoit été pendant les huit dernieres an-nees de fa vie, il parle en ces termes :

Pour les horribles tentations dont Dieu á permis que favertu ait été éprouvée , jusques à être obfedée par les Dé-fàons , C est une conduite que Dieu a tenue fur les grandsSaints ; S, Antoine , S. Jérôme , S. Hugues , SainteClaire de Monfalco , laquelle a été sept ans de fuite obfe-ee des Démons ; les Saintes Catherine de Boulogne , deCennes gr de Sienne ; Sainte Madeleine de Paz,A ; laVenerable Mère Alix P a été l'espace de vingt ans , laamte Abejfe Sara en Scythie durant trente ans , fansIf e He ait jamais demandé k Dieu d’en être délivrée ; léslabiés ont fait une guerre cruelle k Sainte Françoise Ro-? a } ne en l’assommant de coups , este. Si le Sieur desinte Marie avoit lu quelques-unes de ces Vies-là,? u s’il avoit seulement vu le Livre qui les cite , il sef r oit peut-être dissuadé des sentimens où il est queeta t de possession ne soit pas compatible avec leslandes grâces de Dieu.

Ee même Auteur dans le même Tome continue fa^ a ûere en son Livre troisième , St le seul titre qu’il°®ne à son Traite est assez sort pour dissuader ceuxfoudroient entrer dans l’opinion du Sr. de Saintecar le Traité porte ce titre : De fa Vie obfede'ees bernons, & possédée de Dieu ; ce qui àit assez en-n dre que T un & l’autre peuvent fort bien se ren-c °ntrer en un même sujet.

Dans ce même Livre au Chapitre dixième , il rap-porte ce que Catherine de S. Augustin en avoit écrit® son Confesseur en Tannée i66z. én ces termes:Mon cher Père , je vous dirai que la conduite de Dieufur moi continue ; je murmure contre Dieu , est cela três-fiuvent , Cr je ne faurois assez, vous expliquer l’indigna-tl °n j ù & contre Lui & contre fa tres-fainte & di-&ie Mère s c est bien loin de les aimer comme vous lePanses , lorsque ces malheureux Démons m'obsèdent , jeifs fur terre le malheureux métier qu ils font eux-mêmésa ns P Enfer , gp pour lors il me stmble que je le conti-ìt!ier a,i k toute l Eternité ; car , mon cher Père , mon oc-^P at f n ordinaire pendant ee tems-lk que qe fuis obfedce ,d l ex preJfion que mes paroles donnent aux sentimensHe tnm eœtir ’ C e ^ P ro f erer ^s blasphèmes exécra-

Ce n est pas fans sujet que Ton cite ici cet Exem-I e > tant il a de rapport à ce que Ton verra dans ls, r °cès, où Ton fait le sujet de condamnation de Ma-* le Bucaille, pour les blasphèmes & paroles de méprisa e Be proférés contre Dieu & les Saints, Sc où Tonteivarq

. lIr Es Reliques & autres choses saintes , qu’on lui

PERSTITIEUSES.

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^Marqué en certaines rencontres tant d’aversionlIr les Reliques & autres choses saintes , qu’<

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^ Vu jetter les Reliquaires & les (Jrucihx par terre,c’ íf J u S e sttii Ta condamnée avoit un peu íu ce ques £ e . siue T état d’obseffion ou de possession , il se0i r ?. 1 , t comporté sans doute beaucoup plus sagementM n ' a Eit.

v ^ v tai S avant que de quitter les remarques que celW eux Auteur a faites dans son Livre touchantPo r e ^ on des Démons, il ne fera pas inutile de ra-ç i ter Thistoire qu’il fait au Chapitre huitième tou-c 0ll fp. E Compagnie de plusieurs Saints qui tinrenti er) e d entr’eux pour savoir s’il étoit à propos deà cette fille les Démons dont il sembloitp 0 Nôtre Seigneur l’avoit pour lors délivrée : &p uis r cela il f aut savoir entre autres choses que de-iiìarr- . m °rt même du Pere de Brebeuf, qui a été

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incise en ces quartiers-là, Catherine de S. An-

te r P a eu des communications fort particulières avectiojj Jésuite, qui saisoit encor envers elle la fonc-ée .fou Directeur, & Ton verra dans le ProcèsQf £l ^ es communications du même Pere de Bre-envers Marie Bucaille.

de donc cette sainte Religieuse vient à parlerafìFair te Ademblée de Saints qui déìiberoient fur sesk s ^ ? ’ v oici comme elle en parle : Alors, - dit-elle,nts je divisèrent par bandes ; S. Jofepb > S, Pierre,

S. Simon & S. Augustin vouloient que j'euffe encor troisans de mes souffrances pour les Prêtres Cr les Personnesconsacrées k Dieu. Sainte Catherine Martyre , & le der-nier des Anges qui m'a été donné, & la Sœur Marie déCoutance demandoient trois ans pour les Sorciers , Magi-ciens & Athées ; S. Policarpe , P Ange Gardien , SuintéCatherine de Sienne est le Pere de Brebeuf trois ans pourles voluptueux, impudiques , yvrognes est autres fortes dévoluptueux est sensuels ; puis tout d'un coup ils demande-rent encor trois ans pour les superbes & personnes fanscharité.

Cette Marie de Coutance dont elle parle ici est unepersonne qui étant morte à Coutance en i6;6. fa mortsut auffi-tôt annoncée à la Mere Catherine de S. Au-gustin en Canada, sans attendre le départ des Vaisseauxde France, qui vont porter les nouvelles en ce país-là :L’on volt dans ce même Livre , que la Sœur Mariede Coutance a eu encor depuis fa mort de fort parti-culières communications avec cette Religieuse, L’onajoutera que Marie de Coutance a eu à peu près unpareil fort que Marie Bucaille j car elle a été mise pri-sonnière en la Conciergerie de ce Parlement , commeprétendue Magicienne & Sorcière , elle a été visitée &a souffert de terribles épreuves ; mais ayant été trouvéevierge elle a été déchargée par Arrest de ce Parlement;elle a été pendant trente deux ans en la posseffion desDiables, & elle a mené fans doute une des plus bellesvies de nôtre siécle.

Il y a bien des esprits qui ne manqueront pas detrouver à redire à toutes ces fortes de Visions, Révé-lations, assemblées de»Saints, & autres choses sembla-bles qui paraissent plutôt des contes & des fables quedes vérités solides: mais il faut que la Cour ait labonté de souffrir qu’en ces sortes de matières extraor-dinaires on s’éleve un peu de terre pour écouter lelangage de ceux quorum, comme dit S. Paul, conver-sât io est ìn cœlis; 8c d’ailleurs c’est avec d’autant plusde raison qu’on cite ici de tels exemples, que Ton enva voir de tous semblables au Procès de Marie Bucail-le , & particulièrement ces communications avec lesSaints de Paradis; ce qui a si fort effrayé le sieur deSainte Marie, qu’à faute d'en vouloir rien croire nicomprendre, il s’est porté aux dernieres extrémitéscontre cette innocente fille : quœ ignorant, blasphémant „Jud<e io.

Tout ce que Ton vient de dire suffira sans doutepour persuader que T état de posseffion n’est pas in-compatible, au contraire, qu’il s’accorde parfaitementavec les autres grâces extraordinaires de Dieu ; car ç’aété fur le prétexte de cette posseffion incompatible quele Juge de Valognes s’est fondé, pour ne rien croiredes merveilles qui font rapportées dans le Procès , &qui justifient son innocence; mais ce qui est étrange ,& qui fait d’autant plus connoître T injustice &Taveù-glement de ce Juge, c’est que par un esprit de con-tradiction dans ses propres principes il n’a pas mêmevoulu croire ladite posseffion, il n’a pas voulu s’eíîéclaircir par les marques visibles qui en font àu Pro-cès , il n’a pas voulu en renvoyer la connoissance àTEvêque, quoique cela fut de son devoir, & que leJuge laïque n’en fût aucunement compétent, & c’estce qui donne ici lieu d’examiner les preuves & mar-ques de cette posseffion, d’autant plus que, commeil a été dit, cela est essentiel pour la justification del’Accusée.

II y a bien de Tapparence que le sieur de Sainte-Marie n’a non plus étudié la matière de la posseffionréelle & actuelle qu’il a fait celle des effets de cettemême posseffion , laquelle il diíoit ne pouvoir pass’accorder avec les grandes grâces de Dieu; car s’ilavoit voulu s’en donner la peine , il auroit reconnuque toutes les marques de la véritable obsession oupossession se rencontrent dans le Procès.

Auquel sujet on citera la belle & saine Doctrined’un savant Jésuite nommé Tyrans , qui traite cet-te matière ex profejfo , dont on produit áuffi le Li-M 2 vre