HISTO IRE DES
vre qui a pour titre De Infefiis locis dr de Damo-niacis.
Or entre les marques de la posseffion il cite en-tre autres Revelatio occultorum , Scientia Linguarum ,Cor forts magna vires , Gravia t or ment a.
Et pour commencer par ce dernier qu’on appelleGravia tormenta , il ne faut que faire réflexion furles coups atroces qu’on entend journellement donnerd’une maniéré invisible fur le corps de cette fille ,& dont les marques fe trouvent fur son dos & furses épaules, cela est rapporté du moins par cinquan-te Témoins, lesquels circonstancient la chose de tellemaniéré, qu’ils disent, que pendant qu’on entend cescoups-lâ on voit à ladite Bucaille les mains jointes, ouautrement fur son estomach , d'oh il s’enfuit que c’estnécessairement une opération du Démon , & c’est aussice qui renvoyé bien loin l’opinion qu’on avoit prise àl’Hôpital désavantageuse à cette fille, quand elle di-soit que tous les coups qu’on entendoit décharger furelle, c’étoit elle-même qui fe les donnoit, ce qui estsi faux, qu’il y a eu plusieurs Témoins & entreautres une Demoiselle Marie le Roux qui a rappor-té qu’entendant dire un jour dans l'Hôpital à laditeBucaille que c’étoit elle-même qui fe donnoit lescoups , la Témoin lui soutint que cela ne pouvoitêtre, vu que dans ce même tems-là elle lui avoit vules mains croisées fur fa poitrine, ce qui fait voiren même tems le peu de fonds que l’on doit fairefur les discours que ladite Bucaille doit avoir tenusdans ledit Hôpital , au Pere Saulnier , & qu’elîea perpétuellement méconnus & désavoués quand ellea été en liberté ; l’on joint à ceci les violences épou-ventables que cette Fille a reçues lorsqu’on l’a tiréede son lit par les pieds,qu’on l’a traînée dans fa cham-bre , fans que les personnes qui étoient avec elle Payentpu empêcher, ce qui ne fe peut jamais faire que parî’opération du Démon.
Un autre Article, qui est Corporis magna vires, feprouve en ce qu’il est rapporté que ladite fille ayantun jour les jambes croisées, quatre sortes personnes nepurent jamais les décroiser, & pareil nombre de gensne pouvoient en une autre occasion lui faire perdreterre.
Revelatio occultorum fe prouve en plusieurs manières,ladite Bucaille ayant très souvent su & rapporté deschoses qui fe passoient en des lieux fort éloignés : maiscomme il y a sujet de présumer que c’étoit autant parla vertu de Dieu que par l’opération du Démon, vuque ces chofes-là tendoient à une fin salutaire, l’on nedonne pas en cette occasion cette preuve-là comme sic’étoit une œuvre assurée du Démon.
II faut lire ce que le même Auteur ajoute quand ildit, Si ad verba qmdam prolata aut res aliquas adhibi-tas pati videantur , dr ii qui obfiefjt sunt trépident autcrucientur , in voces prorumpant dr omnino fibi vim inferrimagnis argumentis demonfirent: Il ajoute encor, Si ter-reanmr dr impatientes fiant poftquam Sdntlorum ìpfis ad-hibita reliquìa aut admota certa imagines quas Agnus Deidicimus, aut SanEtiffimum Chrijli Corpus in EucharifiiaSacramento exhibitum , page m.
Sur toutes lesquelles choses l’on pourra remarquerce qui est arrivé si souvent quand on a vu que lesReliques & les choses saintes ont tellement épouventéSc fait crier cette fille, quelle a souvent jetté tout parterre, & particulièrement l’aversion qu’elle sentoit con-tre le Corps adorable de Nôtre Seigneur dans la SainteEucharistie, dont aile faisoit tous les efforts imagina-bles pour s’éloigner plutôt que de s’en approcher ; &ce qui fait bien voir combien le sieur de Sainte Mariea pris les choses de travers dans toute fa conduite, c’estqu au lieu de regarder tout ceci comme une justifica-tion de 1 Accusée en ce que cela prouvoit la posses-sion, il en a sait des crimes & des sujets de condam-nation par là Sentence , en disant qu’elle demeuraitconvaincue d avoir proféré plusieurs paroles de mépriscontpe Dieu & íes Saints, & plusieurs profanations
des Reliques des Saints , même du S. Sacrement dél’Eucharistie.
Le dernier Article, par lequel on finit ce Chapitredes marques de possession , c’est ce que dit ici l’Au-teur qu’on a cité, Scientia Linguarum , en effet, c’estce que l’on a toujours considéré comme le plus palpa-ble en ces matières là quand on a vu que la perfoni^qu’on prétendoit possedée parloir ou entendoit la Lan-gue latine ou quelqu’autre Langue qui naturellementlui devoir être inconnue.
Ici il n’est pas rapporté que Marie Bucaille ait par-lé latin, mais il est bien justifié qu’elle l’entendoit; &que quand elle étoit interrogée en cette Langue-là, elle»ou l’efprit qui étoit au dedans d’elle, y répondoit sorle champ & fort pertinemment en François.
Il faut pour cela lire la déposition du sieur Curé deColleville,très sage & vertueux Ecclésiastique,leqne 1ayant eu la direction de Marie- Bucaille l’efpace dequatre mois pendant qu’elle étoit à Colleville , & en-tendant ses Confessions par la permission du sieur Curede Cherbourg & de Mr. l’Evêque de Coutance, rap-porte qu’il dit un jour à ladite Bucaille , Exi Sat0*ex hac imagine Dei. A quoi elle répondit en ces ter-mes, & d’un ton fort élevé , Nous le voudrions ; F £ayant le Parlant reparti, Certe cite exibitis, elle répon-dit ; nous fipmmes trop enchaînés dans le corps de la fa",dre dr de la pourie. Et le Déposant continuant à so lparler d’un latin un peu plus difficile, lui dit : D e "trudam vos inprofundum Baratri; Elle répondit, N»favoudrions être dans le fond des Enfers , nous y fèriofamieux que dans le corps de la ladre dr de la pourie : B £continuant le Parlant, leur dit; Quot ejlis in hoc cot'pufculo , elle répondit, Plus que tu n as de cheveux *la tête.
A quoi il faut ajouter ce que le sieur de GolleviÏÏ®a dit dans fa déposition, que dans le tems que ladi t£Bucaille paroissoit agité, elle parloit en prémiére p c Tsonne, comme si le Diable dont elle étoit ou paraissspossedée eut parlé, disant : C'étoit moi qui ai obligé ^Rigolette d soutenir devant François de la Lutumiere , ^qu elle a soutenu contre le Pere Saulnier , ç’a été moi $P ai obligée de dire dans P Hôpital de Falognes , ce q# e ^vieille ladre dr la pourie , voulant parler d’elle-même ,dit contre le Pere Saulnier , dont le déposant étant so 1 '*pris, l’interrogea & lui dit : tu as donc grand commis tavec la Rigoktte?\ quoi fut répondu par ladite MaPf'Oui-dd nous en avons , dr n °us couchons toutes les tffa <avec elle , 8c le Parlant ayant reparti en ces term eS 'Maraut tu n as pas de corps , on lui repartit, nousnons des carcasses.
Le sieur Curé de Colleville a redit mot à mot to^tes les mêmes choses, à quoi il a ajouté qu’une a utr ^fois elle lui dit, qu’ils étoient trois Légions dans lede ladite Bucaille , dr qu’ils y étoient pour la purifia ^nt été envoyées dès Pâtre de cinq 0 S $
la sanctifier ,y ayant été envoyeesP Ordre du Très-Haut.
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Mais il faut encore mettre le sentiment de 1’ci-dessus cité, touchant le mal ou le bien qu’o st „croire des personnes qui font en cet état d’obso*ou de posseffion. ^
Surquoi il parle en ces termes : Nihil hic nifi 0e0 ^sua inviti dr quandoque ignorantes accommodant , ^
ojfenfkm hominibus conciliant propterea quod homfafa^ ^peccent causa non funt , nec hommibus ullo modo p ecC ^gosse adfcrtbi quod in ipfis rejìdentes operanturunum . efi quod obfijforum dicere posfumus quod ^eorum membris dr corporibus Dœmones utantUfad formandam vocem , ore ad evomendashac causa efi ut peccatum hominum non fit qX aC ^tandem hic committitur , hac causa efi quod de 0 Jsupplicia non fumantur , page 119. . $0
Et fianéli quidam viri Deoque carijfimi inveutqui Damonum carnificinam in fuorum peccatofXtXditiam d Deo pofiularunt. , , s ’jn-
Si le sieur de Sainte Marie avoit pris foin e ^- ~ ' ‘ de Fais H
struire des maximes qu’il faut savoir, tant
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