P R A T I QJJ ES SU
*}ér si la conduite de ladite Marie Bucaille pouvoit per-suader que tous ces faits extraordinaires croient de* Ouvrage de Dieu ou des opérations du diable.
C’efi ce qu on -a fait.
Damoiselle Marie Guerin a déposé avoir oui dire âladite Marie Bucaille que dans ses plus tendres années,Ee avoir été soupçonnée d’avoir eu commerce avecìuae sorcière , & que cela avoir bien fait du bruit,damoiselle Barbe Pasquier dit, que ladite Marie Bu-toille lui a dit qu’elle étoit accoutumée de voir le dia-des sa tendre jeunesse»
Catherine Guerin dépose que ladite Marie BucailleS etant plainte des mauvais traitemens de fa mere fur leprétexte qu’elle né vouloir pas lui donner le tems dePrier Dieu, en fit correction à fa mere, laquelle s’enex cusa, & la Déposante pour en être informée , exa-mina l a conduite de ladite Marie Bucaille , Sc vit unJ °Ur que ladite Bucaille après avoir communié sortita uíìkôt de l’Eglise. Elle la suivit pour en savoir la rai-croyant que l’obéissance qu’elle devoit à sa mereJobligeoit de sortir, mais fut surprise de la trouverdans le Cimetiere où elle causoit, d’où elle s’en allaCa user dans le marché.
^ Un Auteur de mérite a rapporté qu’une certaineMadeleine de Cardone dont il est dit, que les mu-ía tlles de la Cellule s’ouvroient pour là laisser voiretl priere, qu’on la voyoit s’élever en l’air, & fairetatlt de choses extraordinaires, que la Cour de Ro-^ y fut trompée, fut enfin condamnée, 8 c qu'un,ger mensonge qu’une Religieuse de son Couvent
5 a pperçut que ladite Madeleine avoir sait, donna lieu
6 sut le principe fur lequel on s’appuya pour exa-miner íà conduite»
Cette sainte Religieuse qui sut depuis canonisée ,tonnoissoit parfaitement quelle doit être la pureté d’u-P e ame élevée à la contemplation.
Damoiselle S usanne O sbert, Damoiselle Susanne dé^tiqueville, 8 c Jeanne Briône dans leurs dépositions** récolemens, ont déposé que ladite Marie BucailleP°ur assurer qu’elle n’avoit pas écrit une Lettre, dit^ il n’étoit pas plus vrai que Dieu étoit Dieu, qu’iltoit vrai qu’elle n’avoit point écrit la Lettre dont onì toouva saisie dans le moment ; cette conduite est bien•oignée de celle d’une ame sainte, Sc ces paroles en-c °te plus.
. Guillaume Larcher, Jean Frôlant 8 c plusieurs ait-Jto, ont déposé des faits qui font une preuve certainej,® l’hypocrisie de ladite Marie Bucaille, elle est con-^ a nte au Procès par la déposition de plus de 30 té-
J* Sieur de Golleville , Hubert de Caux 8 c plu-fÇç ‘ rs autres déposent qu’elle les assura qu’elle avoitqtr° n , nu J e fù s_ Christ fous la figure d’un petit pauvrer ‘/toit venu demander l’aumône chez ledit Sieur de
Avilie.
loir arie Bucaille a reconnu le fait dans ses interroga-s toc î 1>a soutenu véritable, parce que cette connois-surçV UÌ avo « été donnée dans l’Oraison, où elle as-l’us tre tellement penetrée de Dieu qu’elle perdoifcp eu a § e de tous les sens , & qu’ên cet état elle netoUh^ trompée par aucune illusion. Après beau-té f j ® peine ce petit pauvre a été trouvé, il a don-hqApposition, il a été confronté à ladite Bucaille,«lU-j. e convaincue de mensonge , a dit pour excuseelle -^. av °it changement d'O raison, & que pour lorsle jjftoit dans son Oraison intellectuelle, terme qu’el-
Sc~p t P u expliquer. C’est dans l’interrogatoire du 2 de^°ntat‘ e art. 6. & fuivans, & dans la con-
L’eft 10 - 11 Hubert de Caux, elle l’a désavoué,r^tée 4 e paroître sainte aux yeux des peuples l’aNt en rhre des extravagances qu’elle a cependantÏ(S 98 e ^ ans son Interrogatoire du 2 de Septembren Viè r e e a dit qu’elle avoit goûté du lait de la sain-! ‘avoi t ge > ^’un saint étoit venu au devant d’elle,&Vf 'i'en t x ^ce dans une Chapelle dont les portes s’ou-- avivée , 8c â fait entendre que Jésus-,
PERSTITIEITSES. e s -
Christ l’avoit épousée & lui avoir donné un anneau.
Son impudicité & commerce infâme avec Frere Saul-nier est rapportée dans l’Interrogatoire de CatherineBedet ci-dessus, elle parle de Vìfu , elle l’a soutenudans fa confrontation avec Marie Bucaille , avec descirconstances qui prouvent la vérité de ces réponses.
Marie Bucaille l’a reconnu, elle a soutenu en faceaudit Frere Saulnier qu’il avoit abusé d’elle. Elle luia reproché qu’il étoit la cause de l’état où elle étoit >elle a dit qu’il le salloit chasser, parce qu’il perdroitd’autres filles qui étoient sous fa direction.
Ce fait est constant par les Lettres de ladite MarieBucaille qui sont au Procès, par le rapport de Guil-laume Larcher Prêtre , de Jean Baptiste Grout , deClaude Bertin, Jobart,& de plusieurs Prêtres préfenslorsque ladite Marie Bucaille s’en plaignit devant léSieur Blouet Archidiacre de Costentirt. II n ’y a p asun témoignage plus assuré & dont elle puisse moins seplaindre, puisqu’elle même l’a donné.
Elle a fait ce même aveu eu particulier à M.Jean Martin Prêtre : il n’y a donc pas lieu d’endouter.
Les circonstances qui ont accoutumé de préceder&suivre ce crime ; se trouvent toutes pour confirmer cScommerce criminel.
Robert Chaulieu, Marie Tiphagne, Marie Gue-rin & plusieurs autres déposent qu’ils ont averti laditeBucaille du scandale que saisoit le commerce qu’elléavoit avec le Frere Saulnier, & que cependant elle l’àcontinué. Elle l’a désavoué dans son Interrogatoire, 8 cdans celui du 4 de Septembre 1698. art. 21. elle areconnu que, l’on avoit mal parlé d’elle & du FrereSaulnier.
Les mêmes témoins, Sc Pierre Tasset dépoíènt quële Frere Saulnier étoit souvent seul avec elle dans lâChambre la porte vérouillée fur eux. Elle l’a méconnudans l’Interrogatoire du 22 Mai 1698. art» 23.1e Fre-re Saulnier l’â fait peindre Sc gardoit son portrait dansíá chambre. Elle l’a excusé dans toutes les occasionsoù elle l’a pu faire, & soutenu qu’il étoit un Saint, &a dit dans son Interrogatoire du 5» Septembre 7698.'art. 19. & fuivans, que Dieu par un miracle visible 8 cfait exprès , avoit rendu la santé à Anne Feuilliepour faire connoître l’innocence du Frere Saulnier& la sienne» On verra dans la fuite que c’est un ma-léfice.
Sans doute elle ne favoit pas tout ce qui est rappor-té au Procès contre le Frere Saulnier, en outre les faitscontenus dans l’Interrogatoire de Catherine Bedet ci-dessus j 8 c dont la preuve est faite en partie par les dé-positions de Jacqueline Goubert, Jeanne le Traifle &Jean Moines. Jeanne Girette dit,qu’il l’a violée dansle Portail de l’Eglise des Cordeliers de Valognes ; Ma-deleine Durel dépose qu’étant à confesse au Frere Saul-nier, il lui ordonna de le venir trouver le lendemaindans ladite Eglise où il voulut abuser d’elle ; mais quevoulant së retirer il l’arrêta par le bras , & fe polutdans ladite Eglise. Arthus le Chevalier dit qu’il l’avu plusieurs fois saoul & plein de vin. Plusieurs fillesfe sont contentées de dire qu’il les avoit sollicitées, Scvoulu faire des attouchemens sales, & d’autres ontdéposé qu’en qualité de Confesseur , il les a vouluobliger de prendre pendant neuf matins dans du vin oud’autres liqueurs, des pâtes qu il composoit de cen-dres, de Reliques Sc d’autres choses»
Germaine le Sauhaitier, dit qu’elle a oui plaindreson fils, que ledit Frere Saulnier avoit voulu abuserde lui.
Le Sieur de Golleville Sc le Sieur du Hecquet luiont entendu dire qu’il favoit faire de sept sortes d’eaubenite, Sc s’en étoit servi, qu’il leur a donné des pâ-tes qu’il composoit.
Marie Lécureuil, Susanne Lucas, Marguerite Par-lant dans son récoleirient, Dame Marie le Roux, Ca-therine Mercént, & Louïs-François Ravend déposentde son commerce avec ladite Bucaille , 8 c qu’il avoitR. tant