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tant de pouvoir sur elle, que les agitations de laditeMarie Bucaille cessoient lors qu’on lui parloit au nomdu Frere Sauinier, & le Procès est tout rempli de l’in-telligence qui étoit entre eux. Il faudrait fans douteun miracle pour faire croire la sainteté dudit FrereSauinier, l’Official qui Pa condamné n’en a pas étépersuadé.
Louïs-François Ravend Ecuyer , Françoise Briône& plusieurs autres rapportent la crainte que ladite Ma-rie Bucaille avoit d’être mises aux mains des Juges, &ses Lettres le contiennent. Damoiselle Susanne Osbert,Françoise Briône, la Damoiselle de Briqueville dépo-sent, que le Frere de ladite Bucaille lui ayant dit pen-dant son séjour dans l’Hôpital qu’elle étoit accuséed’être Sorcière, elle changea de conduite & de dis-cours, & qu’au lieu qu’elle disoit auparavant que toutétoit extraordinaire en elle ; elle dit qu'il n’y avoit rienque d’ordinaire, & leur voulut persuader qu’elle mê-me se donnoit les coups que l’on entendoit. Cela estrapporté par Jeanne le Briseur, la Damoiselle le Rouxfemme du Sieur du Hecquet, Pierre Chapelle & plu-sieurs autres.
Jeanne de la Cotte dépose qu’étant dans la cham-bre de Marie Bucaille lorsqu’on lui emmena un Muetdans l’esperancc qu’elle lui rendroit la parole , laditeBucaille dit au Frere Sauinier, qui s’y trouva , defaire retirer ladite de la Cotte, parce qu’il y en avoitlà à qui elle ne plaisoit pas. Ladite de la Cotte ayantvoulu se retirer, les mains lui devinrent crosses, sesdoigts s’attacherent au fond de ses mains, & fa langues’attacha au palais ne pouvant marcher ni parler : ellefut demi heure en cet état, jusqu’à ce que le FrereSauinier par l’aspersion de l’eau benite & impositiondes doigts sacrés fur les lèvres lui fit recouvrir l’usagede la parole.
Jeanne dc Lmaey a dit en son Interrogatoire du 15de Janvier 1699. que c’étoit au diable à qui ladite dela Cotte ne plaisoit pas, & cela paraît assez par le re-couvrement de l’usage qu’elle fit de la parole par l’eaubenite 8c Mr l'attouchement des doigts sacrés du Fre-re Sauinier. On ne peut pas douter que ce ne soit unmaléfice.
Marie Bucaille étant dans les momens (qu’elle appel-le extase) appella Jeanne de Launey sa servante. Celle-ci couchée sur des chaises dans une sale proche , né-gligea d’aller parler à Marie Bucaille , au même temsla servante fut prise d’un mal de gorge , prête à é-touffer.
Marie B.ucaille avertie du péril oh étoit sa servantey va, touche la gorge de sa servante avec ses doigts,aussitôt ladite Servante est guerie, & ladite Bucaillelui dit (par forme de correction) voilà ce que c’estque de ne point venir quand on vous appelle; ce faitest rapporté par Nicolas de Caux, Georges Folliot &Robert de Caux dans leurs recolemens.
Marie Bucaille dit à Jean Moinet pendant le Carê-me qu’il fera pris de mal d’estomac : après Pâques ce-la arriva avec des douleurs violentes, il en accuse Ma-rie Bucaille,il s’en plaint, & est guéri dès ce moment:c’est ledit Moinet qui le rapporte.
M. Jean Martin Prêtre, le lendemain du jour qu’ilfut assigné pour être recolé, sent une démangeaisonau doigt, dans quatre heures le mal se communiquaau bras, aux jambes & à tout le corps fans pouvoir feremuer, & fans qu’il ait eu aucune fièvre ni accident.II a fallu faire mener ladite Bucaille à Cherbourg, pourla confronter contre lui. Ce témoin fait une des prin-cipales charges de impudicité de ladite Marie Bu-caille.
que tems après elle est reprise de mal , on consultéMarie Bucaille, qui dit que c’est que ladite Feuill* 6n’a pas dit les choses comme elles étoient. Anne Feuil'lie publie qu’elle avoit été guerie par les prières deMarie Bucaille, & au même tems son mal cessa toutd’un coup. Ce sait est rapporté par Marie Dorange»& Anne Feuillie. Cefi le miracle qu on a rapporte ct'dejfus que Marie Bucaille dit avoir été fait exprès p of{1juftifier l'innoceme du Frere Sauinier & d’elle.
Marie Bucaille a reconnu dans l’Interrogatoire du2,2. Mai 1698. qu’elle a souffert en sa personne fmal que ladite Feuillie & les autres qu’elle guérissesdévoient souffrir. On lui a fait voir que cette condui'te (si on en eroit les histoires) n’est pas celle de Diejjqui ne fait point de grâces à moitié , & que c’estle caractère du diable , qui n’ôte jamais le maléficequ’il a jetté fur une créature, que pour le jetter fi 1 *un autre.
C’est donc fans fondement & fans raison, que ceu<qui protègent ladite Bucaille prétendent la justifies'parce que dit-on, il ne paraît point qu’elle ait s ílltmal à personne. Il est vrai qu’il ne paraîtra pas qu’eH®ait fait d’empoisonnemens; mais le genre de vie qu’ejstaffectoit ne lui permettoit pas d’en faire fans détruisdans les Peuples l’opinion de sainteté, qui est le butunique ou elle tendoit. Elle a pris une voye plus ca-chée pour faire du mal, mais qui n’est pas moins dan-gereuse.
Elle dit dans l’ínterrogatoire du 10. Mai 169$’qu’elle avoit connoiffance certaine de Pétât des atn eSdu Purgatoire , & consultée par des esprits (bibles»fur l’état des âmes de leurs parens, elle a toujours ré-pondu du salut des âmes de ceux qui étoient morts •jusqu’à dire qu’un Huguenot n’avoit plus besoin dsprières, ce qui est une maniéré d’engager ceux à q lltelle parloit dans une vie libertine, & de les empêchesde se corriger , âuffi fine que dangereuse ; car celsqui est persuadé que son voisin, qu’il croit plus ro-chant que lui, est en Paradis, fe flate aisément ».l’esperance d’y aller , 8 c continue dans son libeit*"-nage.
Jeanne & Anne Cochard , Guillaume Tantel ^plusieurs autres déposent qu’il salloit user de viole° c s 5 ’& même mettre l’Etole au col de ladite Marie Bucs’sle, pour la faire communier; qu’elle tournoit la tes
Anne Feuillie est malade d’une rétention d’urine ,souffre pendant neuf jours beaucoup de douleurs, Ma-rie Bucaille la vient voir contre la défense du SieurCuré de Cherbourg, lui promet de prier Dieu pourelle, ses douleurs cessent ; elle est encore vingt-quatrejours fans faire d eau, après lesquels ladite Marie Bu- t .
caille la vient voir & dans le moment elle guérit.-Quel- fait plusieurs maléfices-
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& le dos au Prêtre, & faisoit plusieurs contorsionsgrimaces. . ;
Robert le Comte, Jean Harel,Giranne Jallot,deleine Biret, & Jeanne Vimar Gìflot déposent qu’ e .a craché sur l’hoítie lorsque le Prêtre la lui présent 01 *’& sur les Reliques & Images de la Vierge & desSahj*?*& dit plusieurs paroles contre l’honneur qui leur est " 'Nicolas de Caux, & Laurence Lécureuil rapp 0l t Ê - ejqu’après avoir communié, elle rejetta partie de l’h° ^Elle a désavoué tons ces faits dans l'Interrogatoirela Sellette. f ^
Toutes ces prophanations dans ladite Bucai" e .peuvent être excusées fous prétexte d’infirmité,o 11Pacte qu’elle fit en relevant ladite hostie. Elle ^passer pour possédée & pour sainte : par cette a j £Îqui est toute volontaire, elle satisfait à t° uSdeux. fî eí
Il est rapporté que lorsqu’elle entendoit la ^ fielle ouvrait la bouche, avançoit la langue coiU^telle avoit communié; qu’elle a dit que véritabelle communioit par les mains du Père Bre^. jjElle l’a reconnu par ses Interrogatoires, ccpen ‘ <rr pn’est point rapporté qu’elle fit pour lors ce
mace ni contorsion : d’ou il faut conclurre fiqu’elle faisoit lorsqu’elle communioit véritaétoient des Actes volontaires, & tous ces f altconstans & prouvés. ,• e Sti-
II n’y a personne qui puisse douter que fcaille ne soit une malheureuse, une hypocrite , g£impudique, qu’elle n’ait prophane les Sacre
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