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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

£ile de Trente (a) , qu’elle n’exerce sa juridictionj. ur qui que ce soit, qu’auparavant il ne soit entré dans°n sein par la porte du Batême.

Et il est si vrai, pour dire quelque chose de plusP a rticulier à notre sujet , qu’on doit avoir été baptisé® Va nt que de s’approcher de nos Mystères , que S.■Me.llit , Evêque de Londres , puis Archevêque deEantorberi, aima mieux sortir d’Angleterre, & aban-donner la prédication de ^Evangile , que de donnerEucharistie aux enfans de Sabereth, Roi des SaxonsOrientaux, qui la lui demandoient avant que d’avoirî te batizés (b). Ainsi faire servir l’Eucharistie deu Pplément au Batême , c’est un culte indu , un cultet er vicieux , un faux culte , comme l’appellent les Théo-°giens, parce que c’est un culte opposé à la vérité dea soi, & qui signifie une chose fausse (c).

C’est un culte superflu , parce qu’en pensant honorer's'teu extérieurement par la réception de l’Eucharistie,0tl sait une chose qui n’a nul rapport à la vénérationfi est dûe & à Dieu, & à ce redoutable Mystère,qui n’est ni ordonnée de Dieu , ni prescrite par.Eglise , ni conforme à l’usage commun de l’Eglise.

. ar c’est en cela que les Théologiens font consistere euhe superflu (d).

,, C’est une vaine observance , parce qu’on employéEucharistie pour produire la rémission du péché O-fl ginel , 8 c de tous les autres péchés , quoi qu’elled ait pas été établie pour cela (e).

Enfin c’est une vaine Observance des choses sacrées ,Parce qu’on se sert du même Sacrement pour des es-Ets qu’il n’a nulle vertu ni naturelle , ni divine , niEcclésiastique , de produire , & que c’est là un des.points dans lesquels consiste l’ohservance des chosessacrées, selon les paroles de Jean Polman (f), Cha-sioine Théologal, & Pénitencier de Cambrai.

II. On comprend aisément par toutes ces raisons,que c est un culte indu , pernicieux & faux , un culteSuperflu , une vaine Observance des choses sacrées , decroire que l’Ordination puisse suppléer au défaut duWmei r

C’a été néanmoins la pensée de Pierre , surnommena phée , ou le foulon , Patriarche d’Antioche , lequel^Près avoir ordonné Evêque d’Hierapolis un certain■venaïas, ou Philoxéne , quoi qu’il ne fût pas batizé,e Ut la témérité de répondre à ceux qui condamnoientJsee conduite si extraordinaire & si ìrréguliere , QueOrdination lui pouvoit tenir lieu de Batême. Théo-'W , Lecteur de l’Eglise de Constantinople, rap-

porte la chose selon les termes énoncés note (g) dans1 *Action 5. du 7. Concile général, qui est le 2. Con-cile de Nicée en 787. Nicéphore raconte à peu prèsla même chose (h).

III. Ceux-là tombent dans des Superstitions & deserreurs de même nature, qui croyent que quand unefemme grosse reçoit l’Eucharistie , Pensant qu’elleporte dans son sein est tellement sanctifié par la récep-tion de ce divin Sacrement, qu’il n J a point besoin deBatême. Les Ethiopiens font dans cette créance,comme je l’apprens de P Evêque Zaga-Zabo, Ambas-sadeur du Roi d’Ethiopie, en Portugal, dans la pro-fession de soi de ces peuples qu’il a publiée , & quiest rapportée par Damien de Goës , GentilhommePortugais , dans son livre intitulé , Fides , Religio,Moresque Mrithiopum sub Imperio Preciojt Johannis ,{quem vulgo Presbyterum Johannem vocant) degen~tium (i). Le sentiment des Ethiopiens suppose qu’ilssont dans l’Hérésie des Protestans , qui soutiennentque les enfans qui meurent fans Batême sont sauvésprécisément , parce qu'ils sont nés de parens fidèles.Aussi le P. Thomas de Jésus, Carme Déchaux (kj,ne leur attribue-t-il la premiere de ces erreurs qu’enconséquence de la seconde. Et c’est aussi de la mêmemaniéré qu’en parle Edouard Brerewood , Professeurà Londres, dans ses Recherches Curieuses fur la diver-sité des Langues Cr Religions , oû il témoigne (/), queles Ethiopiens croyent que leS âmes de leurs enfans tré-pafldns devant le Batême font sauvées , pour ce qu ellesfont ijfues de per es & mer es fidèles , gr notamment quel’efficace de /’ Eucharistie reçûe par la mere âpres la con-ception , sanctifie l’enfant en son ventre.

IV. Pelbart de Thémefwar , Professeur en Théo-logie, de PEtroite Observance de S. François , assu-re (m) que P opinion commune des Docteurs de sontems (il vivait après le milieu du 15. siécle) étoitqu’un enfant pourroit être sauvé dans le Batême entrois circonstances, x. (n) S’il mouroit entre les bras decelui qui le doit batizer , avant qu’il Peut batizé.z. S’il mouroit en chemin dans le tems qu on le portepour être batizé , & qu’on donnât tous les foins pos-sibles pour qu’il le fût (0). 3. Si étant un avorton,

ses

(g) Huile ( dit'û) Petrus pro Cyro , HÍerapoiiensium EccleíiasEpiícopum transmittit, quem non post multum Episcopi à Per-fide venientes, quasi vernulam arguebant , 8c ut divini exortemBaptismatis. Quo comperto Petrus, quid oporteret fieri non cu-rans dixit sefficere illi Episcopi consecrationem ad supplementumdivini Sacramenti.

» 0 ]

Self 14. c. 2. Ecclesia in neminem iudicium exerces , qui

Vi-i,,-. 1- ___: 1 _ t_ rr.

P r *us in ipíàm per Baptismí jariuam fuerit ingreísesC 2. Hist. Gent. Anglor. c. p. Cùm vidèrent Pontificem^sffienérable Bede) celebratis in Ecclesia Mislârum íòlenniisEu-rz [Jn la F n populo dare, dicebant (ut vulgo fertur) ad eum barba-,, ^ Eti ftultitiâ. ,, Quare non St nobis porrigis 8c panem niti-„ Utîl > quem 8c patri nostro Saba {fc namque eum op fiel lare„ sffiverant) dabas, 8c populo adhuc in Ecclesia dare non de-» ti' S ’ Mpibus ille refpondebat : Si vultis ablui fonte illo saíuta-“ eu’- C ' Uo Pater vester ablutus est > potestis etiam panis sancti,„ c 1 HE participabat, este participes. Sin autem lavacrum vit*,, j; ; . ate mnitis, nullatenus, valetis , panem vit* percipere. At>, Q ’ Eolumus, inquiunt , fontem illum intrare , qui nec illoi, n °s habere noyimus , sed tamen pane illo refici volui-Heq u E’. Cumque diligenter ac s*pe ab illo estent admoniti,°bl â q C l u . arn fieri posté , ut abíque purgatione íàcro-sancta quisïïl ot j 0l ?i sacrosanct* communicet , ad ultimum furore com-i, y a a ]ebant : „ Si non vis assentiri nobis in ta m facili cau->, jA Suani petimus , non poteris jam in nostra Provincia de-E Et expukrunt eum, ac de suo regno cum suis ab-

ss Erunt.

5 liqé q. y;, art 2. Si per cultum exteriorem [dit S .Thomas){,1) .Eíum significetur, erit cultus pernicioius.

& Bec] Si aliquid fit ( dit le même saint Thomas) pr*ter DeiEfiirri u l * institutionem vel contra consuetudinem communem,(c) i}° c reputandum est superfluum 8c superstitiosum.

,y us les autres Théologiens n’en parlent pas autrement.

“Ervantij ( dit le Cardinal Tolet) est cum in ea médiaa ffumuntur , qu* non habent virtutem ullam ad taies

.^ re vi ar . Theolog. p. 2. i.n. 981. Obserrantia factotumHn ? rei sicr* ad consequendum effectum , cujus produ-Eiy, 0n habet efficaciam naturalem, divinam , aut Ecclefiasti-

(h) L. 16. Histor. Eccles. c. 27. Calandion ab Ecclesia Xe-naïam proscripsit. Ubi veto Calandioni Petrus Cnapheus succes-sif, Xenaïam ille non íòlum recepit. verum etiam nondum Bap-tismo initiatum vicin* Hierapolis Episcopum creavit , 8c Phi-loxenum nominavit. Et Petrus, ubi tandem se Episeopatum vi-ro nondum baptízato |mandaíse intellexit, dixiíse fertur , suffice-re illi pro Baptismo consecrationem.

(i) Voici comme il y fait parler cet Ambaflàdeur î InfantesChristianarum mulierum sent electi 8c consecrati ex corporis 8csanguinis Domini nostri Jese-Christi communicatiosle. Nam fe-min* gravid* , cum assumunt venerabile corpus Domini nostriSalvatoris Jese-Christi, infans capiens inde nutrimentum, fit sa-cratus. Quoqiam fient infans existens in utero , ex ejus matrisaffectibus contristatur ac l*tatur , sic etiam ex matris nutriment»nutritur. Et ut ipfe Dominns ait in seo sancto Evangelio, „ Si„ quis cqmederit corpus meum , 8c biberit sanguinem meum,,, non gustabit mortem in sternum. R ur/us , Si quis gustaverit,, meum corpus & biberit meum sanguinem > erit mecum. Aâ,, h&c Paulus Doclor Qentìum ait, Vir infidelis justificatus est per„ mulierem fideiem, 8c mulier infidelis sanctificata est per virum„ fideiem , alìoquin filii vestri immundi estent : nunc autem„ Sancti sent Quod si ita est, ut filii matris infidelis sanctifi.centur in patris fidelitate , multo sacratiores este debent illi , quiex pâtre 8c nratre fidelibus nati sent.

(k) Thesiur. Sap. Divin. p. 1. 1 . 7, c. 8. n. 9. Detestanda est(dit-il) âhiopnm hsresis credentium animas infantium deceden-tium ante Baptisinum , eo folum salvari, quia orti sent à paren-tibus fidelibus. Existimant enim Eucharisti* virtutem , à matretempore praignationis suscepts , prodesse infanti in utero exi-stent!.

(l) C. 25. n. to.

(m) Stellar. Coron. B. Virg. 1 . y. p. art- , n ,

(n) Si puer baptizandus intra manus baptizantis decederet.

(íî).Vel etiam in via moriens quando ad Baptiímum portatur,

Sc diligentia apponitur ut puer baptizetur.

A z