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ses parens l’avoient recommandé à Dieu, & qu’ils eus-sent prié Dieu de suppléer par sa bonté à ce que lanature lui auroit refusé (a). Mais cette opinion,quoi-que pieuse en apparence, n’est pas moins superstitieu-se que celles que nous avons réfutées jufqu’à présent,& on ne sauroit s’y attacher 8c la suivre sans combat-tre cette maxime de Jesus-Christ (b ), qui exclut duRoyaume de Dieu tous ceux qui ne renaîtront pas del’eau 8c de l’Esprit.
Y. Je mets dans le même rang le sentiment du Car-dinal Cajetan , qui s’est imaginé que des prières quedes parens feroient à Dieu pour leurs enfans en les luiprésentant, comme il se pratiquoit dans l’ancienne Loi,pouroient leur tenir lieu de Batême, lorfqu’ils feroientdans rimpuiíTance de le recevoir. Mais les parolesdont ce Cardinal s’est servi pour expliquer ce senti-ment , & que l'on volt encore aujourd’hui dans sé-dition Romaine de ses Commentaires fur la Somme deS. Thomas (c) , ont fi fort déplu au Pape Pie V.qu’il a voulu qu’elles en fussent retranchées ; Etc’est pour cela qu’elles ne se trouvent plus dans aucu-ne des éditions qui ont été faites depuis, ainsi que letémoigne le P. Théophile Raynaud (d).
Quelques Auteurs ont attribué le même sentiment àGerson (e). Mais il s’en faut beaucoup qu’il parle siaffirmativement que Cajetan. II dit seulement queDieu n’est pas si fort attaché aux loix communes dela Tradition Chrétienne, ni aux Sacremens même,qu’il ne puisse sanctifier les enfans dans le ventre deleurs mères par le Batême de fa grâce, ou par la vertudu Saint Esprit : Et il ajoute, que les femmesgrosses, auffi-bien que leurs maris, doivent avoir grandfoin de prier, 8c de faire prier Dieu, les Anges Gar-diens, tous les Saints, 8c toutes les Saintes, que Jesus-Christ, le souverain Pontife, daigne sanctifier par leBatême du S. Esprit, les enfans qui sont encore dansle ventre de leurs mères, si tant est, qu’ils ayent àmourir avant que d’avoir reçû la grâce du Batême del’eau (f). Car qui fait, continue-t-il, si Dieun’exau-cera point leurs prières ? Et qui ne doit pieusement es-pérer qu’il ne méprisera pas l’oraifon des humbles, 8Cde ceux qui ont confiance en lui (g) ? Après quoi ilconclut, que cette considération peut beaucoup con-tribuer à donner de la dévotion aux parens, & à lessoulager dans l’affliction qu’ils pouroient avoir de ceque leurs enfans feroient morts fans Batême, puisquepar ce moyen ils ne sont pas tout-à-fait hors d’espéran-ce que Dieu ne leur fasse miséricorde ( h).
VI. Une derniere superstition sur la nécessité duBatême, c’est de croire que la profession Religieusepuisse suppléer au défaut de ce Sacrement. Cette Su-perstition est de même espèce que les précédentes, jeveux dire un culte indu , un culte pernicieux , un fauxculte, un culte superflu , une vaine observance des choses
(a) Vel ubi parentes precibus obtinuissent abortivo, ut divinaclementia suppleret quod natura negavit.
( b ) Johan. f.
(r) p. ad q. 68. art. i.
(<Ó Lib. de ° rtu infant, contra natur. per sectio. Cîelâream, c.6 . num. 1 6.
(e) Sermon, de Nativit. V. Mar. z. p. considérât, a. ConstatDeum misericordiam salvationis fuse non ita legibus communi-bus Traditionis Christianse , non ita Sacramentis ipsis alligaífe,quin abíque praejudicio legis ejusdem postât pueros nondum na-tos extra uterum, intus sanctificare gratiae fuse Baptismo, velvirtute Spiritus fancti.
(f) Debent igitur mulieres prtegnantes, similiter & viri fui,per fe St alios diligentius preces fundere Deo, 8c ad sanctos An-gelos Custodes hominum, etiam puerorum in utero; debent adceteros Sanctos, Sanctâíque onmes confurgere, quatenus infansnondum natus, si forte moriturus est priuíquam ad Baptismi flu-nnnis gratiam pervenire valeat, dignetur ipfum Dominus Jeius,
.mus Pontifex, Baptismo Spiritus fancti praeveniendo mise-ncorditer consecrare.
(,?) Quis enim fcit, si forte exaudiat Deus? Imo quis non de-votius iperare valeat quod orationem humilium Sc in fe fperan-tjum nequaquam defpidat.
(h) Proncit hœc consideratio ad exercitation devotionis in pa-rentibus. ro ci ad levandam eorum angustiam, dum sineBaptismo decedit puer, quia non omnis inde ípes íàlutis ablataest.
S T I T I O N S.
saintes, par les raisons que nous en avons alléguées.Les hérétiques du dernier siécle, & fur tout les Lu-thériens, l’imputent aux Catholiques (i); mais c’estfans aucun fondement. Car encore que les Catholi-ques conviennent avec quelques Peres de l’Eglise (k ),que la profession Religieuse est un second Batême, st Sn’ont garde pour cela de dire ni qu’elle soit égale,préférable au Batême , ni qu’elle puisse tenir lieu deBatême ; &c s’ils l’appellent un second Batême, ce n’estque dans le sens de S. Bernard, qui en parle de lâf° r 'dans son livre des Commandemens & des Dispenses 0) •„ Vous desirez que je vous dise pourquoi entre l eS,, autres états de pénitence, celui de la Religion,, mérité ce privilège, que d’être appellé un flcow,, Batême ? Je croi que c’est à cause que l’on renonç e„ parfaitement au monde, & que l’on pratique la vie„ spirituelle en une maniéré excellente & particule*„ Ce qui fait que cet état étant élevé au dessus &tous les autres qui sont dans le monde, il rend ce u*qui l’aiment & qui l’embrassent, semblables au*Anges, & différens des autres hommes ; ou pl u jtôt, retraçant dans l’homme l’image de Dieu, j!nous donne la forme & la figure de Jefus-Clst^comme le Batême. Enfin nous sommes comme ha*tizés une seconde fois, parce que mortifians n ° smembres terrestres , nous sommes de nouveau revê-tus de Jesus-Christ, & comme entés en lui dans 1®,, ressemblance de fa mort. Mais comme dans le B®',, tême nous sommes tirés de la puissance des ténèbres»,, &s transférés dans le Royaume de la lumière ét&"„ nelle : ainsi dans cette sainte vie, qui est comme u '„ ne seconde renaissance, nous, sortons des ténèbres»,, non du seul péché Originel, mais de plusieurs p^'„ chés actuels, pour entrer dans la lumière des ve f ',, tus, vérifiant en nous cette parole de l’Apôtre’ 'ha nuit a précédé, & le jour efl venu.
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CHAPITRE II.
Des Superstitions qui regardent la matiétfdu Batême.
Ce n 1 est pas une Superstition de batizerde Peau froide, ou chaude. Lesbatizent avec de Peau chaude & pourqiï 0í jII rìy a point aussi de Superstition àzer avec de Peau douce, amére , ved êìblanche , &c. pourvu que l’efpece de l’ í(lvraye & naturelle demeure. II y en ^roit à batizer avec des eaux de stnt e f!‘ >de la bierre, du lait , du vin, deérc. Sentiment du ‘Pape Etienne II-J jle Batême avec du vin. IIy en aurOÎ {-ôHbatizer avec du fable. Oen est un* b fcriminelle de fe servir de Peau bénit t P°faire des sortilèges & des maléfices. B.en a point , quoi qu’en dise le CardinBCufa, à boire de Peau bénité pour reC nyvrer la santé, à en faire Pasper stle s terres, afin de les rendre plus adant es, ni à en donner à boire aU,c
?■ 3 +-
(í) Lib. Concord. Lutheran. art. De Votis Monast- P'in Apolog. ConfeíT, August. p. 2.50. , oV^c
(k) Voyez. 5 . Jerôme Ep. 8- Lc 2.5. Rupert 1 - op ui '
Spi. S. c. 8. 8. pdon 1 . r. Collât, c. 7. S. Pierre àe vx- scíí fl-16. c. 8. 8c opusi iz. c. 6. 8. Bernard Serm.deDupl 1 - y ^r. de altitud. 8cc. cordis, 8c 1. de pr^cep. 8c disp- f Acto v c 'Geofroi de Vendo 1 . 4. Sp. z. Sc iz. 8c Serin. 11 . - e jn c.ned. Nider de Reformât. Relig. I. Z- c. A. 8c d Bipad Tit. §. 9.
(0 C. 30.