DES SUPERSTITIONS*
maux , afìn de les euerir de certaines ma-ladies .
L ’Eau vraye Sc naturelle est la mâtiere du Sacre-ment de Batême. Le Concile de Florence l’ádécidé (a) : Et le Concile de Trente a fulminé ana-lème contre ceux qui disent que cette eau n’estP as nécessaire pour ce Sacrement (b).
I. Qu’elle soit froide, ou chaude, cela est tout-à-à indifférent pour la validité du Batême ; & il n’y3 nulle Superstition à fe servir de l’une, ou de l’autreP°ur batizer. Le même Concile de Florence l’a mar-iné formellement (c), Sc le Pàpë Innocent IV. s’enet °it expliqué de même près de deux siécles aupâra-^ a nt dans fa Bulle Sub Catholicà (d ), qui est du 6. deà^s 1254. Ainsi les Grecs ne font nullement Su-P er stitieux pour faire chauler l’eâii aVec laquelle ilsfusèrent le Batême. Ils ont égard à la fantc des en-í an $ lorsqu*ils en usent de la forte. Car comme ils lesJfizent par immersion, & en les plongeant dans l’eâu,11 y auroit du danger à les plonger dans l’eau froide.
H. Il n’y a point aussi de Superstition en adminif-p*ntle Batême, de fe servir d’eau douce, amére, sa-,^ e , trouble , bourbeuse , blanche , verte , noire,eue j rouge, ou de quelqu’autre couleur, pourvuces qualités ne changent pas la substance & l’efpé-de Beau, que Beau prédomine toujours, & qu’elleMineure toujours de Beau vraye Sc naturelle.
III. On ne pourroit fans Superstition Sc fans erreur,oZtizer avec de Beau rose, ou d’autres eaux artificiel-, es j ou de senteur, non plus qu’avec de la bierre , duJus de citron, d’orange, de grenade, ou de Burine,de l’huile, du lait, du vin, du cidre, ou d’autressemblables liqueurs, parce que ces liqueurs ne font pasde Beau vraye & naturelle, fans laquelle il ne peut y®voir de Batême. Et cette Superstition, outre qu’el-e seroit un culte superflu, parce qu’il ne feroit ni òr-nnné de Dieu, ni prescrit par l’Eglise, ni conforme«pratique ordinaire de B Eglise, seroit encore une^•ne Observance , parce qu’on se serviroit de toutesliqueurs pour produire la rémission du péché Ori-"^el, & de tous les autres péchés, qui est un effetelles n’ont aucune vertu de produire.
Il semble néanmoins que le Pape Etienne ÌL ap-j r nuve le Batême conféré avec du vin, lorsqu’il ne íèr ou ve p 0 i n t d’eau pour le conférer. Car dans lesjfponscs qu’il fit â Creffi en 754. aux questions qui^‘ furent proposées par les Moines deBretigni, ilex-un Prêtre qui avoit batizé avec du vin, n'ayant* nt d’eau, Sc il insinue que ce Batême est valide («?).L’Eglise n’a jamais approuvé non plus que dansfy^me cas on batizât avec du fable. Cependant JeanínE ^ ra pporte dans le Pré spirituel , (f) qu’un jeune** s ’étant trouvé à l’extrêmitc dans un désert, où
qu? Ges mots : Decret. Union. Armen. Materia Baptismi est(M V ? a anaturalis.
ss ‘ 7- de Ba P l - cair 2 - Si *l uis d ‘ XCTÌt ac l uam yeram &'■cr^ H* 11 non esté de neceíîitate Baptismi , atque ideo iila>. 9 q u u °mini nostri Jefii Christi, „Nisi quis renatus fuerit exat> ath„ a ^ Spiritu sancto”, ad metaphoram aliquam detorserit,sit -
U\ Nec refert (dit-U) frigida sit, aíi caiida.
i. Builar. Mag. Nec refert utrum in frigida, veí
c 3 li(j a Tom.
baptizent Grœci , cùm parem vim & effectum in. (c] p “ a ptismum habere, aíîêverare dicantur.
^eniçV 11 • Si in vino quis (dit-il) propterea quod aquam noneït índ e ^ - .omnino periclitantem infantem baptizavit, nulla ei^0,) q^stribatur culpa. ( Infantes sic permaneant in ipíb Baptis-as, gj. am si aqua adfuit prsesens, ille Presbyter excommunice-'ctn a Pttnitentise snbmitiatur, quia contra Canonum senten-Nfcr ^ e . re Prœsumpsit. Mais si la parenthèse ( Infantes sc perma-\tUop ’í/“ Baptifno) n’est point une glose qui se soit glissée malCl ' Ultì ^ texte, comme l’a crû le P. Labbe. To. 6 . Con-fite Rén lt ' not - margin. ad illud Respons. pag. 16yz. St quei q (j e jP° n fe soit véritablement du Pape Etienne II. il est mal3 ^l’EgJíf aU j Ve F si’nne Superstition, au moins matérielle, parceM xiçf n>a jamais approuvé qu’on batizât avec du vin, lors-* e Ut ] es e nouvoit point d’eau, dans quelque nécessité que fus-
(/) sonnes qui avoient besoin du Baptême.
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il n’y avoit point d’eau, Sc ayant demandé le Batêméà ceux qui l’accompagnoient, B un d’eux le batiza enlui jettant du sable par trois fois fur la tête, & en di-sent les paroles ordinaires Un tel eft batizé au nom duPere , & du Fils & du Saint Esprit , qu’aussitôt aprèsce Juifs fut guéri ; qu’ensuite on agita la question furla validité de ce Batême ; qu’on allégua des raisons depart & d’autre; & qu’enfin on Benvoya au Jourdainpour y être batizé, 8 c que celui qui B avoit batizé futordonné Diacre. Nicéphore (g) raconté la même cho-se avec quelques circonstances particulières. La pre-mière, que cela arriva fous B Empira de Marc AtirèleAntonio. La deuxième, que le Juif fit de grandes in-stances à ceux qui voyageoient avec lui, de le bati-zer (h): La troisième, que quand ceux qui avoientassisté à ce Batême, Sc celui qui l’avoit reçu, furentde retour dans leur pays, ils firent le récit à S. Denysd’Alexandrie de ce qu’iis avoient fait; que ce saintPatriarche en étant extrêmement surpris, jugea à pro-pos d’assembler son Clergé pour le Consulter sur cequ’il y avoit à faire dans cette occasion; & que lui& son Clergé furent d’avis qu’il falloit batizer une se-conde fois ce Juif j selon la Tradition de B Eglise, a-fin de suppléer par ce moyen aii premier Batême quilui avoit été administré avec du sable (i) : Mais unfait si singulier & si extraordinaire ne peut pas être ti-ré à conséquence pour autoriser le Batême conféré a*vec du sable, qui seroit assurément un Batême Super-stitieux; Sc il est constant «Bailleurs qu’on né crûtpas que ce Juif eût reçu le véritable Batême, puis»qu’on l’envoya áu Jourdain pour y êtra batizé denouveau, parce que le premier Batême qu’il avoit re-çu fut jugé défectueux.
„ V. Les Sorciers & les Malfaicteurs employeur sou-vent Beau benite, telle qu’est celle dont on fe sertdans B administration du Batême, pour faire leurs sor-tilèges & leurs maléfices, ainsi que le témoigne Mar-tin Grilland (k). Mais Cette pratique est une Supersti-tion criminelle, un cultu superflu , Sc une vaine Obser-vance des choses sacrées.
VI. Après que lé Cardinal de Cusa à observé (l) ,qu‘il y a de la Superstition à faire servir les chosessaintes à d’autres usages qu’à ceux auxquels elles sontdestinées, il apporte pour exemple Beau benite queBon boit pour recouvrer la santé quand on Ba perdue,dont on fait des aspersions dans les terres & les champspour les rendre plus fertiles, & que Bon donne à boi-re aux animaux pour les délivrer des maladies qui lestourmentent. Mais ce savant Cardinal, en décla-rant ces trois pratiques Superstitieuses -, ne faisoit pasattention aux paroles dont B Eglise se sert dans 1 a bé-nédiction de Beau. Car elle marque bien nettement queBeau benite est d’un grand usage pour exterminer lesDémons, pour chaíïer les maladies, pour dissiper lémauvais air & les mauvais vents, pour purifier le$maisons, & tous les autres lieux où elle est répandue *& pour en éloigner tout ce qui peut troubler lapaix & la tranquilítc des fidèles qui les habitent (m).
Si
(g) L. hist. Ëccles. c. 37. Marco Aurelio Antonino Impe-
rium administrante, quod tum accidit non est prœtereundum si-silentio. , .. ....
(h) Magna contentione viatoribus íìiis obíecrando institit, utdivin! lavacri participem facerent, Sc jurejurando eos, ut sibi íà-tisfacerent, adegit.
(i) Postquam autem domum sunt reversi, rem ad Dionysiu mAlexandrie Episcopum retulerunt. Ille vero admiratione stupens jÉcclesiam de ea consuluit. Lui visum est aquâ insuper ad eummodum initiatum, juxta Ecclesie Traditionem abluendum este-nt ita quod sacro ei deestèt sarciretur.
(k) De sortileg. q. 3. n. ij\ & q. ly. n. %.
(l) To. 2. Ëxércit. 1 . ex Sermon. Ibant Magî, &c. Si resconfecrat® ad aliud quàm proprium usum applicentur, est Super-stitio; ut aqua benedicta qu* bibitur contra infirmitatem, vclípargitur ad fertilitatem, vel datur aliquando brutis.
(m) Ut creatura tua Mysteriis tuis íèrviens ad abigendos De-mones morbosque pellendos divin* grati* fumât effectum : utquidquid in domibus, vel in locis sidclium hsec unda respecte»
rit,
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